sentiment océanique l.m.
oceanic feeling
Syn.vécu océanique
vécu océanique l.m.
oceanic feeling
1. Reviviscence d'affects agréables liés à des "souvenirs" de la petite enfance et de la fusion symbiotique avec la mère.
2. Dans une dynamique de secte, englobement du sujet dans "le grand tout" après sa mise en état de réceptivité, l'abandon de son autocritique, une identification massive au gourou et au groupe, et un retour à des vécus très archaïques.
Cette adhésion absolue à des éléments doctrinaux que l'on peut qualifier de psychotiques devient fréquemment chronique. Des crises graves ne sont pas rares, pouvant atteindre le suicide collectif.
Syn. sentiment océanique
→ collective (psychose), délire à deux ou à plusieurs
[H3]
Édit. 2020
incomplétude (sentiment d') l.m.
feeling of incompleteness
Sentiment de "n'être pas assez un, de n'être pas assez vivant, de n'être pas assez réel".
Ce vécu, constitué en particulier d'insatisfaction abstraite, d'insuffisance, d'inachèvement, peut s'intégrer dans la dépersonnalisation. Il est rencontré surtout dans la psychasthénie, la névrose obsessionnelle et certains états dépressifs.
P. Janet, médecin, philosophe et psychologue français, professeur au Collège de France (1903)
→ dépersonnalisation, infériorité (sentiment, complexe d')
infériorité (sentiment, complexe d') l.m.
inferiority complex
État psychologique élémentaire qui se manifeste par une impression permanente d'insuffisance, le sentiment d'être toujours en deçà de sa tâche ou incapable d'atteindre l'idéal désiré.
A. Adler, qui en a fait la base de sa "Psychologie individuelle" (1918), l'a imputé à des déficiences d'ordre organique, familial et social plutôt que sexuel. Il a décrit les réactions défensives et les efforts de compensation normaux et pathologiques, aboutissant parfois à une surcompensation réussie (p. ex. l'art oratoire de Démosthène, réactionnel à ses troubles de l'élocution), sinon à une inadaptation accrue (volonté de puissance, notamment).
Seulement névrotique selon S. Freud, cet état est lié à des éléments de culpabilité et se rencontre en fait dans diverses conditions et affections pathologiques, comme la classique psychasthénie et le délire de relation des sensitifs ("paranoïa de compensation", selon J. Delay).
J. Delay, neuropsychiatre français, membre de l’Académie de médecine (1907-1987)
persécution (sentiment de) l.m.
persecution feeling
État affectif qui peut se développer à plusieurs niveaux et selon des degrés différents : simples sentiments de menace, fantasmes névrotiques, délires organisés.
Une de ses caractéristiques est sa propagation possible, liée notamment aux tendances de chacun de nous à la projection défensive sur une force extérieure. Celle-ci permet de plus ou moins protéger de conflits internes, non seulement des individus, mais des familles, des groupes plus importants, voire des sociétés.
Dès lors, s'associent souvent une autotransfiguration, un sectarisme avec simplification des idées prônées et un rejet des opposants intérieurs, alors que sont occultées les pulsions internes. Par là même, de telles organisations, bien que parfois étendues, peuvent heureusement rester fragiles.
préjudice (sentiment de) l.m.
prejudice, detriment, injury feeling
Conviction d'être lésé dans un bien, un sentiment, une promotion par le fait d'autrui, ou même victime d'une machination.
Le sentiment de préjudice est surtout rencontré chez les personnalités paranoïaques, dans certaines débilités mentales et dans des démences au début.
Non critiquées, inébranlables, les idées délirantes de préjudice s'observent essentiellement dans les psychoses paranoïaques chroniques de revendication, en particulier les sinistroses délirantes.
De telles croyances sont à la base de comportements quérulents, processifs, voire justiciers.
En clinique, le partage entre un délire proprement dit et une réaction excessive à un dommage subi est souvent très délicat.
sentiment de culpabilité l.m.
sense of guilt
État affectif résultant d'une faute réelle ou imaginaire, ou même n'entretenant aucun rapport avec un fait précis.
Dans la névrose, des désirs non acceptables pour les exigences idéales du sujet sont la cause de reproches dont celui-ci s'accable. Dans la mélancolie, le moi est le centre d'un procès dans lequel il a pris la place de l'objet d'amour (et de haine).
La psychanalyse postule l'existence d'un sentiment de culpabilité inconscient, si paradoxal que ce soit, à l'origine de multiples conduites autopunitives. Sous ses formes consciente ou inconsciente, il est référé dans la deuxième topique du surmoi, héritier du complexe d'Œdipe.
En criminologie certaines personnes n'éprouvent aucune culpabilité malgré une infraction grave, en raison de leur égocentrisme ou de leur indifférence affective. Chez l'adolescent p. ex., on a discuté une simple inhibition, un "caractère indifférent" lié à des carences affectives majeures mère-enfant, ou un état de psychose indifférenciée au pronostic très réservé.
J. Bowlby, psychiatre britannique (1950)
Étym. OEdipe, héros de la mythologie grecque.
[H3,H4]
étrangeté (sentiment d') l.m.
feeling of strangeness
Impression d'éprouver le monde et l'environnement familier comme distants, surprenants, voire bizarres, jointe à une perception altérée de sa propre personnalité.
Ce sentiment constitue souvent le stade initial de la dépersonnalisation. Il est fréquent, notamment, dans la psychasthénie, la confusion mentale au début et lors de l'entrée dans un état schizophrénique.
dépersonnalisation, psychasthénie, schizophrénie
[H3]
Édit. 2018