œdème localisé l.m.
localized œdema
Devant un œdème d'apparition brutale, les localisations au visage ou à un membre correspondent à des causes différentes et l’orientation diagnostique est différente selon que le patient est fébrile ou non, et l'œdème douloureux ou non.
- Parmi les œdèmes localisés au visage,
- les uns apyrétiques et indolores :
œdème de Quincke (qui peut s'accompagner d'un œdème de la glotte), trichinose, virus d'Epstein-Barr ;
- les autres fébriles :
thrombophlébite du sinus caverneux ou éthmoïdite aigüe (œdème palpébral, œdème hémorragique aigu du nourrisson, streptococcie maligne de la face (souvent dû à furoncle négligé).
- Parmi les œdèmes des membres apyrétiques douloureux :
- indépendamment d'un effort musculaire :
piqûre d'hyménoptère, morsure de serpent, maladie de Lyme, anisakiase, périartérite noueuse, œdème après pontage vasculaire, tumeur osseuse, maladie de Paget, sarcome musculaire, arthrite septique ou inflammatoire, myosite localisée, thrombose veineuse, revascularisation tardive (ex. levée de garrot), rupture d'un kyste poplité, rupture d'un anévrisme poplité ;
- survenant après un effort musculaire :
rupture tendineuse, claquage musculaire, syndrome des loges par inextensibilité
- Parmi les œdèmes des membres fébriles avec érythème et douleur :
lymphangite, érysipèle streptococcique, fasciite nécrosante.
Étym. gr. oïdêma : gonflement (de oïdein : grossir)
→ œdème
Édit. 2017
glomérulonéphrite aigüe l.f.
acute glomerulonephritis
Atteinte rénale glomérulaire aigüe, réversible, habituellement consécutive à une infection rhinopharyngée ou cutanée due à un streptocoque β hémolytique de groupe A essentiellement des groupes 4 ou 12.
D'autres causes infectieuses, virales ou parasitaires sont possibles.
Le tableau clinique associe des signes urinaires (avec oligurie, protéinurie, hématurie micro ou macroscopique, cylindrurie), une rétention sodique entraînant souvent des œdèmes périphériques, une hypertension avec parfois des signes de défaillance cardiaque. Les explorations biologiques montrent souvent une altération fonctionnelle rénale, et un taux sérique de C3 abaissé. L'évolution est habituellement favorable en quelques semaines, voire quelques mois. La guérison sans séquelles est la règle.
Alors que l’atteinte de la valeur fonctionnelle rénale est habituellement modérée, il existe une forme avec insuffisance rénale aigüe caractérisée par une oligurie, une hypertension artérielle élevée et des œdèmes volumineux. La guérison sans séquelles est la règle.
Les lésions histologiques sont essentiellement glomérulaires marquées par une prolifération cellulaire endocapillaire pure (prolifération mésangiale associée à la présence de cellules inflammatoires dans les capillaires glomérulaires dont des polynucléaires) et par la présence de dépôts extramembraneux à forme conique (humps) fixant de façon prédominante la fraction C3 du complément et de façon moins constante l’immunoglobuline G. Dans des formes sévères des nécroses focales du floculus avec croissants peuvent être observées. La réversibilité des lésions n’est alors pas complète et des cicatrices fibreuses peuvent se développer.
Sigle GNA
→ humps
hyperhydratation n.f.
hyperhydratation
L'hyperhydratation globale ou intoxication par l'eau, qui se manifeste cliniquement par une prise de poids et des œdèmes cutanés et séreux correspond à une inflation hydrique parallèle des deux secteurs hydriques et sodés.
Dans les formes sévères, elle entraîne des troubles cliniques graves d'ordre digestif et surtout nerveux avec risque de convulsions et de coma.
L'hyperhydratation extracellulaire s'observe en cas d'atteinte rénale (syndrome néphrotique), cardiaque (insuffisances cardiaques droite ou globale) ou hépatique (cirrhose décompensée sur le mode œdématoascitique). On peut observer une hémodilution avec un retentissement rénal secondaire à une hypovolémie «efficace», qui tend à entretenir le mécanisme œdémateux. L’hyperhydratation constitue l’une des composantes des tableaux d’hémodilution liées aux hypervasopressinsimes, resposables d’états d’intoxication par l’eau.
L'hyperhydratation intracellulaire isolée est rare. Elle est la conséquence d'une hypotonie plasmatique (p. ex. par déficit sodé isolé) à l’origine d’un mouvement de l'eau du secteur extracellulaire, vers le secteur intracellulaire plus hypertonique. Elle se manifeste par des signes digestifs (anorexie, vomissements) un dégoût sélectif de l'eau et des signes neuropsychiques (myoclonies, crampes, fasciculations, signe de Babinski, avec céphalées, troubles de l'humeur et de la vigilance, puis des convulsions et un coma).
Le traitement doit être adapté à chaque cas : restriction hydrique soit isolée soit associée à la correction des autres désordres électrolytiques présents (p. ex. restriction sodique en cas d'œdèmes, apports salés en cas de déficit sodique). Le recours à la classe thérapeutique des aquarétiques est possible au c ours des situations d’hyervasopressinisme.
→ intoxication par l'eau, œdème, potomanie
[M1,L1,H1]
hypoalbuminémie n.f.
hypoalbuminemia
Diminution de la teneur plasmatique en albumine au-dessous de 30 g/L souvent associée, en fonction de la cause, à des anomalies des autres fractions protidiques.
La diminution de la pression oncotique du plasma qu’elle entraîne expose à la constitution d'œdèmes généralisés.
Les causes sont multiples et diverses : syndrome néphrotique, brûlures étendues, carence protidique sévère, insuffisance hépatique, etc.
Lorsque l’hypoalbuminémie est secondaire à une insuffisance hépatocellulaire telle qu’on peut l’observer au cours de la cirrhose, les œdèmes sont absents ou discrets, l’épanchement liquidien prédomine dans la cavité péritonéale constituant une ascite.
L’hypoalbuminémie est un élément essentiel de la définition du syndrome néphrotique.
[M1,L1,R1]
néphrotique (syndrome) l.m.
nephrotic syndrom
Ensemble pathologique caractérisé dans sa forme complète, par une protéinurie forte, supérieure à 3 g/24 h, essentiellement constituée d'albumine, une baisse des protides sanguins totaux avec hypo-albuminémie et inversion du rapport albumine/globulines, une élévation des lipides sanguins avec hypercholestérolémie enfin, la présence d'œdèmes souvent importants mais inconstants.
Le syndrome néphrotique est dit "pur" lorsque le sédiment urinaire et la fonction rénale sont normaux et en l'absence d'hypertension artérielle. Il est dit "impur" en présence d'une hématurie microscopique et d'une altération de la fonction rénale.
Ce syndrome s'observe dans de nombreux types de néphropathies. On distingue les formes primitives en fonction des lésions histologiques glomérulaires : lésions glomérulaires minimes, formes extra-membraneuses, membrano-prolifératives, avec hyalinose segmentaire et focale, etc. et les formes dites secondaires à une maladie générale telle qu'un lupus, une amylose, un diabète.
Le traitement comporte le traitement symptomatique des œdèmes, la corticothérapie, éventuellement les immunodépresseurs. On oppose les formes corticosensibles le plus souvent associées à des lésions glomérulaires minimes, aux formes corticorésistantes.
œdème n.m.
edema
Infiltration par un liquide séreux d’un tissu conjonctif de soutien, s’accompagnant souvent d’exsudation dans une cavité parenchymateuse ou séreuse, p. ex. alvéole pulmonaire, plèvre.
On distingue :
1) l’œdème inflammatoire (exsudat) dû à une fuite plasmatique d’eau, d’électrolytes et de protéines au cours de la réaction inflammatoire, à partir des vaisseaux sanguins ou lymphatiques ;
2) l’œdème hémodynamique ou de stase (transsudat) qui traduit une modification de l’équilibre défini par une augmentation de la pression hydrostatique, essentiellement dans le secteur artériolo-capillaire.
Il se développe surtout dans les tissus lâches comme le tissu conjonctif sous-cutané. Quand la pression du doigt sur la peau laisse une empreinte en godet l’œdème est dit mou ; dans le cas contraire il est dit dur. Il est mal toléré dans les tissus bridés par une enveloppe résistante, gaine ou aponévrose, comme dans le rein, le foie, les muscles ou le cerveau. Dans les cavités, il se manifeste par un épanchement séreux. Il existe des œdèmes localisés, p.ex. consécutifs à une compression veineuse ou lymphatique et des œdèmes viscéraux, p.ex. œdème pulmonaire secondaire à une défaillance cardiaque. Au cours de la toxémie gravidique, sa localisation à la face indique l’imminence d’une crise d’éclampsie.
L’œdème généralisé est un anasarque.
Étym. gr. oïdêma : gonflement (de oïdein : grossir)
→ congestion, hyperhydratation, loge (syndrome de), pression oncotique, pression osmotique, anasarque, syndrome œdémato-ascitique
Édit. 2017
albumine n.f.
albumine
Protéine plasmatique (M.m. 69 000 Da) soluble dans l'eau, biosynthétisée par le foie.
Elle assure 70% de la pression oncotique du plasma (concentration de 40 à 45 g/L, demi-vie 20 jours environ), et participe au transport dans le sang de certaines hormones et médicaments par des liaisons peu spécifiques mais de grande capacité (par ex. barbituriques). Elle traverse l'endothélium capillaire, sa concentration dans les liquides interstitiels va de 20 à 80% de la concentration plasmatique. L'albumine interstitielle retourne au sang circulant par la lymphe.
La pression oncotique de l'albumine retient les liquides dans le secteur intravasculaire où elle s'oppose à la pression hydrostatique intracapillaire qui tend à en chasser l'eau vers l'interstitium tissulaire (l'hypoalbuminémie favorise les œdèmes interstitiels).
L'albumine est un médicament dérivé du sang, Comme tel, elle est soumise aux règles de la traçabilité. La pasteurisation des solutions élimine les virus type VIH et hépatite C, la filtration sur des filtres à 15 nanomètres élimine les virus (le poliovirus a un diamètre compris entre 18 et 20 nm), restent les agents transmissibles non conventionnels (prions ?) encore inconnus.
La solution à 4% est presque iso-oncotique au plasma. On emploie aussi une solution à 20%. Ces solutions sont utilisées dans le traitement des hypovolémies de la femme enceinte, de l’enfant et en cas d’allergie aux colloïdes artificiels. Autres indications : brûlures graves, syndrome de Lyell et hypovolémies lorsque les colloïdes artificiels ont été utilisés à posologie maximale.
Étym. lat. albumen : blanc d'œuf
→ demi-vie, pression osmotique, traçabilité
[C1,C2]
Édit. 2017
analbuminémie n.f.
analbuminemia
Absence ou très basse teneur de l’albumine plasmatique.
Affection rare, à transmission autosomique récessive qui est parfois asymptomatique ou à l’origine d’œdèmes des membres inférieurs secondaire à l’insuffisance de la pression oncotique des protéines.
H. Bennhold, médecin interniste allemand (1954)
[C1,C2,Q2]
Édit. 2017
angioœdème héréditaire l.m.
herÉdit.ary angioedema
Affection débutant le plus souvent avant l'âge de 20 ans et se manifestant par des œdèmes aigus frappant essentiellement les tissus sous-cutanés, le plus souvent aux extrémités, mais aussi les organes abdominaux dont l'atteinte, spécifique de l'œdème angioneurotique héréditaire, se traduit par des douleurs abdominales parfois pseudochirurgicales, ainsi que l'appareil respiratoire supérieur, avec risque d'œdème laryngé qui fait la gravité de cette maladie.
Cette affection, transmise sur le mode autosomique dominant, est aujourd'hui considérée comme due à une mutation du gène de l'inhibiteur de la C1 estérase. La prophylaxie des épisodes aigus fait appel aux androgènes atténués tels le danazol ou le stanozolol.
Syn. œdème angioneurotique héréditaire
[A3,K1,K4,L1,Q2]
Édit. 2017
capillariose hépatique l.f.
hepatic capillariasis
Parasitose rare due au Nématode Calodium hepaticum (autrefois dénommé Capillaria hepatica).
La présence du parasite dans le parenchyme hépatique entraîne des cavités abcédées et de granulomes évoluant vers la fibrose. Les signes cliniques de cette parasitose sont une hépatosplénomégalie fébrile, des douleurs abdominales, des vomissements, une diarrhée, des œdèmes des extrémités. On note une hyperéosinophilie, une anémie, des signes d'insuffisance hépatique. Dans les cas sévères, l'évolution peut mener au décès. Il existe des cas asymptomatiques ou pauci-symptomatiques. Le diagnostic repose sur l'examen histopathologique d'une biopsie hépatique. On a proposé le recours à divers anti-helminthiques en cure prolongée. Compte tenu de la très large répartition du parasite, la maladie est potentiellement cosmopolite.
[D1,L1]
chlorure de sodium l.m.
sodium chloride
D’origine marine ou minière (sel gemme), servant à assaisonner ou à conserver les aliments, il constitue la forme essentielle de l’apport de sodium à l’organisme.
Les besoins physiologiques, sous un climat tempéré, sont de 6g par jour. Son usage excessif par la population générale est actuellement bien établi. Sa suppression de l’alimentation, prescrite en présence d’une insuffisance cardiaque, d’une hypertension artérielle ou d’œdèmes, s’avère difficile en raison de sa présence « masquée » dans de nombreux aliments sans goût salé. L’élimination urinaire est accrue par la prescription de diurétiques.
Symb. Na Cl
→ sodium, diurétique (traitement)
[C2,R2]
cirrhose cardiaque l.f.
cardiac cirrhosis
Mode évolutif de certaines atteintes hépatiques d’origine cardiaque, particulièrement précoce et grave dans certaines sténoses tricuspidiennes sévères.
Elle entraîne un tableau clinique de subictère, des œdèmes des membres inférieurs et une ascite abondante. La cirrhose cardiaque, indépendamment de l’évolution de la cardiopathie, est grave par ses conséquences nutritionnelles et métaboliques.
→ foie cardiaque, cirrhose hépatique
[L1,K2]
coqueluche n.f.
whooping-cough, pertussis
Maladie infectieuse, endémo-épidémique, très contagieuse, due à une bactérie, Bordetella pertussis.
Dans sa forme classique, elle atteint surtout l’enfant de 4 à 5 ans. Après une période d’invasion de 10 jours, marquée par une toux nocturne, cyanosante et émétisante, elle se caractérise, à la phase d’état, par des quintes de toux spasmodique, durant plusieurs semaines. Avant l’ère des antibiotiques et de la vaccination, elle se compliquait principalement de bronchopneumonies, dues à des bactéries de surinfections, et de malnutrition du fait des vomissements succédant aux quintes, ce qui s’observe encore dans les pays en développement. Dans les pays qui vaccinent depuis longtemps les nourrissons, la coqueluche de l’enfant a disparu, mais on observe une résurgence de la coqueluche chez de jeunes adultes, anciens vaccinés et chez les très jeunes nourrissons de moins de 6 mois, non encore vaccinés, contaminés par de proches parents atteints par la maladie. La forme du nourrisson est grave, caractérisée par la survenue d’apnées et d’accès de bradycardie ; la coqueluche maligne associe une tachycardie importante et permanente, des troubles vaso-moteurs, des œdèmes, des troubles de la conscience ou des convulsions, une hyperlymphocytose ; son pronostic est très péjoratif (mortalité proche de 75 %), justifiant une hospitalisation d'urgence en service de réanimation. La prévention est efficace, grâce aux vaccins de la coqueluche, à germes entiers ou acellulaires. Des rappels tardifs sont proposés en France et dans d’autres pays, pour diminuer les cas chez les adultes et pallier ainsi à la contamination des nourrissons.
→ vaccin coqueluche, Bordetella
[D3]
déshydratation (syndrome de) l.m.
dehydratation syndrome
Ensemble de désordres organiques causés par une perte ou un manque d'apport d'eau, quelle qu'en soit l'origine, lorsque la masse d'eau devient inférieure à la normale (60% du poids corporel chez l'adulte).
L'eau dans l'organisme est répartie entre deux compartiments, cellulaire (40% de la masse d'eau) et extracellulaire (liquides interstitiels, sang, liquide céphalorachidien, etc.). La déshydratation peut être globale ou porter sur l'un des compartiments.
La déshydratation globale associe les signes intra- et extracellulaires : il existe une hémoconcentration et une hypernatrémie. Ce syndrome est provoqué par un déficit simultané d'eau et de sel non compensé et se voit surtout chez le vieillard, le nourrisson et des patients comateux. Une déshydratation importante peut entraîner un état de choc.
La déshydratation intracellulaire est secondaire à une hypertonie extracellulaire. Elle est caractérisée par de l'asthénie, de la torpeur, de la soif, une sécheresse de la langue, une fièvre légère et parfois des œdèmes, une oligurie et l'élévation de l'azotémie. Elle se voit au cours de certaines glomérulonéphrites, d'intoxications par désoxycorticostérone, de restrictions hydriques sans restriction salée, de pertes d'eau par sueurs, de diarrhées, de brulures étendues, et de vomissements répétés.
La déshydratation extracellulaire est caractérisée par une diminution de la quantité totale des sels des liquides extracellulaires avec déperdition proportionnelle d'eau, d'où hémoconcentration avec isotonie du plasma. Les signes cliniques sont ceux d'un collapsus vasculaire progressif : hypotension, tachycardie, oligurie avec azotémie élevée, etc. Diverses causes de perte d'eau et d'électrolytes entraînent ce syndrome (restriction hydrique, évaporation exagérée sans apport compensatoire d'eau, diarrhées, exsudations de brulures étendues, vomissements prolongés, diurèse excessive du diabète insipide ou de l'insuffisance surrénale, etc.).
diarrhée de malabsorption l.f.
diarrhea of malabsorption
Syndrome caractérisé dans sa forme avancée par des signes coprologiques (selles graisseuses et mousseuses), caractérisant la stéatorrhée).
Il est responsable d’une atteinte de l’état général (amaigrissement, œdèmes).
Étym. gr. diarrhoê : écoulement
dirofilariose sous-cutanée l.f.
subcutaneous dirofilariasis
Helminthose provoquée par certaines espèces de Dirofilaria : D repens D. conjunctivae et D. tenuis, d’origine animale (carnivores), dont les larves migrent dans le tissu sous-cutané où elles deviennent des filaires adultes responsables de nodules.
D. repens est l'espèce la plus fréquemment eu cause chez l'Homme. La maladie débute par une dermite rampante, des œdèmes prurigineux, puis le malade présente un ou plusieurs
nodules, plus ou moins inflammatoires, siégeant aux zones découvertes exposées aux piqûres des moustiques, avec une prédilection pour zones péri-orbitaires et la région cervicale. Le parasite étant en impasse, il n'existe ni microfilarémie ni hyperéosinophilie. Le traitement repose sur l'ablation chirurgicale de la lésion contenant le parasite.
La maladie s’observe dans divers pays : États-Unis, Canada, Russie, Asie, bassin méditerranéen. Elle existe en région méditerranéenne, notamment dans le sud de la France.
→ dirofilariose, Dirofilaria, Dirofilaria repens, Dirofilaria tenuis, Dirofilaria ursi
ébullisme n.m.
ebullism
Accident de décompression en haute altitude dû à la formation de bulles des liquides de l'organisme, en particulier lorsque la pression atmosphérique ambiante devient inférieure à 63 hPa (< 47 mm de Hg), soit une altitude de 19 200 m, ce qui correspond à la température d'ébullition de l'eau à la température du corps (37°C).
Expérimentalement, lors de la décompression, les animaux à sang chaud présentent des troubles graves qui entraînent la mort en 90 secondes environ : perte de conscience, paralysies puis convulsions et relâchement des sphincters ; le nez, la bouche et la langue se couvrent de givre. Il se forme de nombreuses poches de vapeur à l'intérieur du corps, notamment un vapothorax (épanchement de vapeur d'eau dans les plèvres) : le sujet peut doubler de volume. L'autopsie montre des œdèmes, une congestion hémorragique des poumons, du cerveau et d'autres organes. Après recompression, les poches de vapeur contiennent de l'azote.
L'ébullisme est la principale cause de mort des astronautes lors d'accidents de décompression dans l'espace.
Étym. lat. ebullitio : bouillonnement, bullire : bouillir
→ décompression rapide en aéronautique, vapeur d'eau
[B1, G2]
Édit. 2019
entéropathie exsudative l.f.
protein losing enteropathy
Perte excessive de protéines plasmatiques dans le tube digestif, manifestée par une diarrhée chronique et un syndrome œdémateux qui peut être due à un obstacle au drainage lymphatique intestinal ou à une altération de la barrière épithéliale.
A la diarrhée chronique et aux œdèmes, peuvent s’associer un lymphœdème, des complications infectieuses secondaires à une lymphopénie ou à une hypogammaglobulinémie et des complications thromboemboliques.Le diagnostic repose sur la mesure de la clairance fécale de l’alpha1-antitrypsine. Parmi les causes lymphatiques, figure la lymphangiectasie intestinale primitive ou maladie de Waldmann, plus souvent secondaire par obstacle sur le trajet lymphatique, par exemple l’hyperpression veineuse centrale en rapport avec une péricardite constrictive, un lymphome abdominal etc. Les causes épithéliales entraînant une altération de la perméabilité intestinale sont nombreuses, avec ou sans ulcérations. Le diagnostic nécessite des examens endoscopiques et d’imagerie qui permettent de confirmer l’origine de la fuite protéique, d’en évaluer l’étendue et la cause.
→ lymphangiectasies intestinales primitives, Maladie de Waldmann, antitrypsine (clairance)
[L1]
Édit. 2020
éosinophilie-myalgie (syndrome) l.m.
eosinophilia myalgia syndrome
Syndrome subaigu fait de fatigue, de myalgies, de signes cutanés, de manifestations respiratoires fugaces et d'œdèmes des membres inférieurs, accompagnés d'une franche éosinophilie, dû à la consommation de tryptophane.
L'arrêt de l'ingestion de tryptophane entraîne une disparition lente des signes cliniques.
[N1,F1,R2]
Édit. 2018
fibrose rétropéritonéale idiopathique l.f.
retroperitoneal fibrosis
Maladie caractérisée par le développement dans l'espace rétro-péritonéal lombaire d'un tissu conjonctif fibreux susceptible d'enserrer les uretères et les vaisseaux de la région, notamment veine cave et vaisseaux rénaux.
L'affection peut être longtemps latente, et ne se révéler que tardivement par les conséquences graves de la compression vasculaire (phlébites, œdèmes des membres inférieurs) et surtout urétérale (dilatation rénale, insuffisance rénale, anurie). Probablement de type immuno-allergique, à point de départ péri-vasculaire, la fibrose peut être considérée comme idiopathique dans 2/3 des cas. Cette fibrose histologiquement bénigne doit être distinguée des cellulites néoplasiques rétro-péritonéales ; elle comprime mais n'envahit pas la paroi urétérale. Elle réagit aux anti-inflammatoires mais la libération chirurgicale des uretères peut être nécessaire, après levée de l'obstacle par cathétérisme ou endoprothèses urété.rales.
J. K. Ormond, chirurgien urologue américain (1948 et 1965) ; J. M. Albarrán Y Dominguez, chirurgien urologue français (1905)
Syn. maladie d'Ormond, syndrome de Albarrán-Ormond, sclérose rétro-péritonéale idiopathique
→ cellulite néoplasique rétro-péritonéale, péri-urétérite, urétérolyse
[M1,M2,K4]
Édit. 2018
gnathostomose n.f.
gnathostomosis
Helminthiase causée en Extrême-Orient par un nématode normalement parasite des félidés (Gnathostoma spinigerum) ou, en Australie, au Mexique et en Californie, par un nématode parasite du Porc et du Sanglier (G. hispidum).
Les larves se développent chez un petit crustacé du genre Cyclops puis chez un poisson d’eau douce ou un batracien. Les adultes de ce nématode vivent chez les chats, les félidés et les canidés qui ont ingéré l’hôte intermédiaire. L’Homme se contamine en ingérant de la chair crue d’animaux contaminés (poisson, grenouille, poulet). La maladie existe surtout dans le Sud-Est asiatique, mais aussi en Australie, Moyen Orient, Mexique. N’importe quel tissu, foie, système nerveux central, œil,, peau ou la cavité péritonéale peut héberger le parasite qui provoque des pseudotumeurs.. La peau est le siège d’œdèmes récidivants, prurigineux douloureux et erratiques, surtout du thorax et de l’abdomen, accompagnés de troubles digestifs et éventuellement respiratoires, le tout pouvant se prolonger pendant plusieurs années. Il existe une hyperéosinophilie sanguine avec des infiltrats d’éosinophiles dans les tissus.
Syn. gnathostomiase (désuet)
HELLP syndrome l.m. sigle angl. pour Hemolysis, Elevated Liver enzymes and Low Platelet count.
Ce syndrome associe une hémolyse (H de hemolysis), une élévation des enzymes hépatiques (elevated liver enzymes) et un nombre abaissé de plaquettes (low platelet count).
Il s’agit d’une variante ou d’une complication grave de la pré-éclampsie de la femme enceinte.
Une atteinte hépatique est présente dans la moitié des cas de pré-éclampsie. C’est une forme particulière de la toxémie gravidique, survenant avant ou après l'accouchement et associant hémolyse, anémie de type macrocytaire avec diminution de l'haptoglobine, réticulocytose élevée avec présence de schizocytes, cytolyse hépatique avec élévation des enzymes hépatiques (phosphatase alcaline, alanine-amino-transférase, aspartate amino-transférase) et thrombopénie. La cholestase est inconstante (60%). Il s’associe à une hypertension artérielle sévère, des œdèmes et une protéinurie. Le diagnostic différentiel avec la stéatose hépatique aigüe gravidique peut être difficile d'autant que les deux conditions peuvent être associées. Hématomes, infarctus hépatiques et rupture du foie sont les complications les plus graves. La constatation de cet ensemble doit être considérée comme un signe d'alarme annonciateur d'une éclampsie et justifie l'interruption rapide de la grossesse. Celle-ci est pratiquée dans les cas extrêmes lorsque la vie de la mère ou du fœtus est menacée. Elle est pratiquée au-delà de 34 semaines d’aménorrhée. La physiopathologie est celle de la toxémie gravidique.
L. Weinstein, gynécologue obstétricien américain (1982)
→ toxémie gravidique, stéatose hépatique aigüe gravidique
HIVAN (syndrome) l.m. sigle angl. pour HIV-Associated Nephropathy
Manifestation la plus fréquente des atteintes glomérulaires au cours du sida manifestées par une protéinurie, qui est le plus souvent néphrotique, associée à une élévation de la créatininémie.
Les œdèmes néphrotiques peuvent être absents en raison d’une hypotension artérielle ou d’une diarrhée chronique. Le sédiment urinaire est généralement normal. Les lésions répondent à une glomérulosclérose segmentaire et focale qui a la particularité de s’associer à des dilatations tubulaires microkystiques et à une inflammation interstitielle. L’évolution vers l’insuffisance rénale est classiquement rapide mais ce pronostic a été amélioré par les thérapeutiques antivirales.
→ sida, néphrotique (syndrome), insuffisance rénale
[M1,,D3]
hydrothorax n.m
hydrothorax
Epanchement séreux de type transsudatif siégeant dans la cavité pleurale, pouvant être unilatéral ou bilatéral.
Il s’associe généralement à des œdèmes et à d’autres épanchements de même type. Il survient au cours de certaines affections cardiaques ou rénales. Il peut accompagner un hydrops fœtoplacentaire.
Etym. gr. hudôr : eau ; thorax : poitrine
[K2,M1]
Édit. 2015
hyperperméabilité capillaire (syndrome d') l.m.
Affection très rare, caractérisée par un épisode parfois réitéré, d’hyperperméabilité capillaire paroxystique responsable d’une fuite du liquide plasmatique vers le secteur interstitiel entraînant des œdèmes diffus et un choc hypovolémique
Après une phase initiale œdémateuse diffuse avec hypotension artérielle survient la restauration massive du secteur vasculaire avec polyurie, risques d’œdème pulmonaire et de décès. L’élévation de l’hématocrite s’associe paradoxalement à une hypoprotidémie. Il existe une dysglobulinémie monoclonale IgG, le plus souvent Κ. Une teneur plasmatique élevée en interleukines 1 et 6 a pu être observée. La thérapeutique est empirique. Elle associe le remplissage vasculaire avec des solutions macromoléculaires, les glucocorticoïdes, le furosémide et la terbutaline : ces thérapeutiques sont peu efficaces.
Par contre l'administration prolongée d'immunoglobulines à dose immunomodulatrice réduit nettement la fréquence et la gravité des crises.
Ce syndrome est différent des phénomènes œdémateux observés chez la femme jeune, habituellement pendant la période prémenstruelle (syndrome des œdèmes idiopathiques orthostatiques).
B. Clarkson médecin interniste américain (1960) :M. Pineton de Chambrun, médecin français (2017)