oxygénothérapie hyperbare l.f.
hyperbaric oxygenotherapy
Traitement, par des séances d'inhalation d'oxygène en milieu hyperbare, des accidents de plongée, de certaines intoxications (monoxyde de carbone), d'infections à germes anaérobies et de certaines ischémies périphériques.
Son emploi a été rationalisé par Paul Bert (1878), Haldane (1908) et Priestley (1935). Les premières tables de traitement des accidents de plongée de Van der Aue (1947) ont été revues après une meilleure connaissance de la physiologie de la plongée, grâce aux travaux expérimentaux de Boerema (1956) et cliniques de Ledingham (1962). Ce traitement n'est pas sans risque du fait de la toxicité de l’oxygène et surtout de la décompression (barotraumatisme) en fin de séance. Un tel traitement nécessite une surveillance par du personnel spécialisé (risques inhérents aux caissons hyperbares et connaissance des signes de toxicité de l’oxygène) et doit se faire par séances d'assez courte durée pour éviter les effets toxiques de l’oxygène.
Le traitement des accidents de plongée et des embolies gazeuses utilise essentiellement l'effet mécanique de la compression en caisson hyperbare (réduction de la taille des bulles). L'oxygénothérapie joue un rôle complémentaire en activant l'élimination des bulles grâce à la dénitrogénation et à une meilleure oxygénation des tissus.
Le traitement des encéphalopathies postanoxiques et des intoxications, qui bloquent le transport de l’oxygène par l'hémoglobine (CO, etc.) ou dans les cellules (cyanure), doit se faire le plus précocement possible (utiliser les camions à caisson hyperbare si besoin) afin d'éviter les lésions cérébrales ou du moins de limiter leur extension.
Le traitement des infections à germes anaérobies ou mixtes, très sensibles à l'action de l’oxygène (gangrène gazeuse, ostéites nécrosantes, brûlures, ostéomyélites chroniques réfractaires), est un appoint au traitement médicamenteux à ne pas négliger, car il peut améliorer le pronostic vital, permettre la guérison ou, pour le moins, réduire les séquelles.
Des séances itératives sont indiquées pour le traitement d'une ischémie chronique des extrémités chez un patient diabétique ou artérioscléreux.
P. Bert, physiologiste français (1878) ; A. E. Boycott et J. S. Haldane, physiologistes britanniques (1908) ; J. S. Haldane et J. G. Priestley, physiologistes britanniques (1935) ; O. E. Van der Aue, physiologiste américain (1947) ; I. Boerema, chirurgien néerlandais (1956) I. M. Ledingham, chirurgien britannique (1962)
→ oxygène (accidents provoqués par l'), oxygène (toxicité de l'), plongée (accidents de)
Édit. 2017