Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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oxygénothérapie normobare l.f.

normobaric oxygenotherapy

Inhalation d'oxygène à la pression ambiante, en ventilation spontanée ou au cours de la ventilation mécanique.
Le gaz utilisé provient d’oxygène liquide (évaporateurs), d’oxygène gazeux comprimé (bouteilles à 150 ou 200 bars), d’oxygène extrait de l'air ambiant (extracteurs) ou, exceptionnellement en secours, de «chandelles» chimiques (au chlorate de potassium).
Individuellement, il est administré à partir de bouteilles d’oxygène comprimé de diverses tailles (les plus petites sont portables), de petits évaporateurs portables ou d'extracteurs (utilisés par les insuffisants respiratoires chroniques à domicile) et, collectivement dans les hôpitaux, à partir de canalisations à 3 bars, venant de gros évaporateurs d’oxygène liquide (avec une réserve de sécurité d’oxygène comprimé).
Au niveau de l'utilisateur on délivre un débit fixe ou ajustable. L’oxygène doit être humidifié, il peut être délivré sans perte par une sonde intratrachéale (notamment en cas de ventilation mécanique), mais avec les autres méthodes (lunettes, masque, capuchon ou tente à O2) il y a une perte de gaz qui peut être très importante et même dangereuse (incendie de tentes à O2).
Dans l'insuffisance ventilatoire pure, l'objectif est d'enrichir l'air inspiré en O2 pour obtenir une PAO2 satisfaisante : pour un sujet normal au niveau de la mer, respirant l'air ambiant (21% d’oxygène) cette PAO2 = 137 hPa = 103 mm de Hg, mais chez l'insuffisant respiratoire chronique la PAO2 peut s'abaisser à 80 hPa = 60 mm de Hg et plus (limite de la perte de conscience 53 hPa = 40 mm de Hg environ). Il suffit de relever un peu la PIO2 pour ramener la PAO2 à la normale en enrichissant légèrement en O2 l'air inhalé pour supprimer l'hypoxie : pour une insuffisance ventilatoire, il suffit d'un débit d’oxygène d'environ 1 L/min pour normaliser l'air alvéolaire (soit en pratique 3 L/min pour tenir compte des pertes inévitables). Des débits plus élevés, 8 à 12 L/min en pratique, sont nécessaires en cas de troubles circulatoires ou d'intoxication, pour essayer d'obtenir une PAO2 convenable, mais cela n'est pas toujours possible (on parle d'hypoxémie réfractaire). Ces grands débits, s'ils sont maintenus longtemps, peuvent avoir des effets secondaires défavorables (irritation des muqueuses et épaississement du mucus bronchique si l'humidification est insuffisante).
L’oxygène est indispensable pour éviter l'hypoxie en anesthésie générale, en aviation militaire et pour la ventilation mécanique. Son usage en réanimation peut être nécessaire à tout moment : les salles d'opération et celles de soins intensifs doivent impérativement être équipées de prises d’oxygène.
Pour éviter les accidents mortels par inversion de la distribution des gaz, une commission de sécurité (présidée par le directeur de l'établissement, comprenant l'anesthésiologiste et le pharmacien) doit vérifier chaque prise de distribution d’oxygène avant la mise en service à la réception et après tous travaux sur les canalisations. De même tous les appareils comportant une admission d’oxygène doivent être conformes aux normes.

extracteur d'oxygène, Fenn (diagramme de), normalisation, oxygène (accidents provoqués par l')

Édit. 2017