Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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récepteurs à domaine discoïdine n.m

discoidin domain receptors (DDR)

Récepteurs à activité tyrosine kinase se liant au collagène et possédant dans la région amino-terminale extracellulaire un domaine homologue à la discoïdine, lectine initialement décrite chez l’amibe.
Il existe deux gènes distincts codant pour deux types de récepteurs, DDR1 et DDR2, liant tous deux les diverses formes de collagène. Les DDR s’ajoutent donc aux intégrines comme deuxième famille de récepteurs du collagène, mais s’en différencient par leur activité tyrosine kinase. Ce sont des protéines glycosylées de 125 et 130 kDa, respectivement. DDR1 lie les collagènes I à V ainsi que le collagène VIII alors que DDR2 reconnaît seulement les collagènes fibrillaires I et III. DDR1 est exprimé dans l’ectoderme chez l’embryon, dans les épithéliums, les fibroblastes et les macrophages chez l’adulte. L’expression de DDR2 est restreinte aux muscles, cœur, vaisseaux et tissu conjonctif. A la différence des autres récepteurs à activité tyrosine kinase, les DDR s’activent lentement après plusieurs heures de contact avec leurs ligands. Les DDR interviennent dans l’embryogenèse, le développement tumoral et la fibrose d’organes.

tyrosine-kinase, discoïdine, lectine, intégrine

récepteurs alpha et bêta des catécholamines l.m.p.

α and β catecholamine receptors

Récepteurs membranaires sensibles à l'action de l'adrénaline et de la noradrénaline, présents à la surface de nombreuses cellules de l'organisme, réagissant à l'adrénaline hormonale circulante ou au système nerveux sympathique.
Ce sont des protéines à 7 domaines transmembranaires, associées à des protéines G et à des enzymes (adénylate-cyclase ou phospholipase C).
Selon les tissus, on trouve différents types de récepteurs de catécholamines : les récepteurs bêta (bêta1, surtout dans le cœur, bêta 2 surtout dans le poumon, bêta 3 surtout dans le tissu adipeux) qui sont des activateurs d'adénylate-cyclases par l'intermédiaire de protéines GS, induisant la glycogénolyse et la lipolyse dans les adipocytes, hépatocytes, myocytes, etc. ; les récepteurs alpha2 (alpha2A, alpha2B, alpha2C) qui ont un effet inhibiteur sur l'adénylate-cyclase par l'intermédiaire de protéines GI ; et les récepteurs alpha1 (alpha1A, alpha1B, alpha1C) qui agissent en ouvrant des canaux calciques ou en activant les phospholipases C pour former des messagers secondaires tels que l'inositol-triphosphate et le diaglycérol. Les récepteurs β2 sont plus spécialement actifs sur le poumon, comme bronchodilatateurs et comme inhibiteurs de la contraction des myocytes.

Syn. récepteurs alpha et bêta du sympathique

récepteurs chimériques d'antigènes n.m.p.

chimeric antigen receptors (CAR)

récepteurs chimériques de cellules T

récepteurs chimériques de cellules T n.m

chimeric antigen receptors (CAR)

Cellules T autologues à la surface desquelles sont fixés des récepteurs leur permettant de reconnaître des antigènes spécifiques des cellules tumorales du patient.
Des lymphocytes T sont recueillis du sang du patient. Des gènes leur permettant de synthétiser des récepteurs membranaires spécifiques d’antigènes de la tumeur du patient leur sont transférés. Il s’agit habituellement du transfert à l’aide de rétrovirus de gènes d’anticorps monoclonaux. Ces cellules transformées sont multipliées in vitro et la population obtenue est administrée au patient. Là, les lymphocytes T manipulés se lient aux cellules tumorales et les détruisent. Ce mode de traitement appelé « transfert adoptif de cellules (adoptive cell transfer) » est de plus en plus utilisé dans le traitement des cancers par immunothérapie.

récepteurs chimériques d'antigènes

récepteurs des lymphocytes B l.m.p.

B lymphocytes receptors

Récepteurs d'antigène des lymphocytes B qui sont des immunoglobulines fixées sur la membrane des lymphocytes B.
Quand ces anticorps se lient spécifiquement à l'antigène, le lymphocyte B est stimulé, il prolifère et se différencie en cellules B mémoire et plasmocytes sécréteurs d'immunoglobulines spécifiques de l'antigène.

récepteurs des lymphocytes T  l. m. p.

T lymphocytes receptors

Ce sont des structures de membrane permettant aux lymphocytes T de reconnaître spécifiquement les antigènes.
Leur combinaison avec l’antigène transmet un signal d’activation à la cellule par l’intermédiaire de complexes moléculaires CD3 auxquels ils sont associés. Ils sont tous identiques pour un même lymphocyte. Ils sont constitués de deux chaînes polypeptidiques dont il existe quatre sortes : α, β, γ, δ construites sur le même modèle :
-une partie constante prolongée par une séquence hydrophobe (assurant son ancrage dans la membrane) et par un segment intracytoplasmique ;
-une partie variable (tournée vers l’extérieur de la cellule) qui, comme pour les immunoglobulines, est du fait de la variabilité le support de leur spécificité pour l’antigène.
Il existe deux sortes de récepteurs :
-les récepteurs α β, formés d’une chaîne α unie par un pont disulfure à une chaîne β, sont présents sur les lymphocytes  T CD3+, CD4+ et sur les T CD3+ CD8+. Ils reconnaissent l’antigène présenté par les CPA en association avec des molécules HLA de classe II (T auxiliaires) ou de classe I (T cytotoxiques) ;
-les récepteurs γ δ formés d’une chaîne γ associée à une chaîne δ sont présents sur les lymphocytes T CD3+ CD4- CD8- représentant 1 à 10 % des lymphocytes circulants mais ils sont plus nombreux dans certains tissus. Ils peuvent se lier à des épitopes non associés à des molécules HLA.

CPA, TCR, lymphocyte T

récepteurs glycoprotéiques l.m.p.

glycoprotéique receptors

Récepteurs des plaquettes sanguines dont l’activation entraîne in fine l’agrégation plaquettaire.
Les récepteurs GP IIb-IIIa sont bloqués par des antiagrégants spécifiques.

récepteurs à la vasopressine l.m.p.

 Les effets de la vasopressine reposent sur l’activation de  deux récepteurs : les récepteurs V1a,  situés sur les cellules musculaires lisses, responsables de la vasoconstriction périphérique et les récepteurs  V2 situés au niveau du tube contourné distal responsables d’une augmentation de la réabsorption hydro-sodée.
 Le blocage seul ou combiné des récepteurs  avorise la vasodilatation et s’oppose à la congestion ou à l’hyponatrémie.

récepteurs de type Toll l.m.p.

Étym. toll ang. génial

Toll (récepteurs de type)

récepteurs couplés aux protéines G l.m.

G protein - coupled receptors

Famille de récepteurs transmembranaires dont l'activité est assurée par l'intermédiaire d'une protéine G.
Les récepteurs couplés aux protéines G sont caractérisés par leur structure à 7 traversées de membrane et par  leur association à une protéine G qui régule leur activité. Ils assurent la transduction du signal apporté par de très nombreuses hormones et médiateurs, ainsi que par des stimuli extérieurs (lumière, odeurs, etc...). Ils constituent une famille extrêmement nombreuse avec environ un millier de membres identifiés, dont près de la moitié sont des récepteurs olfactifs. 

Sigle RCPG

Réf. Bockaert J. Les récepteurs couplés aux protéines G : caractéristiques générales et mécanismes d’activation. Bull. Acad. Natle Méd., 2012, 196, no 9, 1765-1775,

récepteur, protéine G

[C1, C2]

Édit. 2019

récepteurs olfactifs l.m.

olfactory receptors

protéines dans la membrane des neurones récepteurs olfactifs de l'épithélium olfactif.
Ces protéines ouvrent un site récepteur vers le milieu extracellulaire. Ce site récepteur est sélectif, il ne peut accueillir que certaines espèces moléculaires. La multiplicité des récepteurs olfactifs (plusieurs centaines chez la majorité des vertébrés, appartenant à une super-famille de protéines couplées à des protéines G) et leur diversité permettent un encodage combinatoire des espèces moléculaires qui les atteignent.

Linda Buck et A. Richard, biologistes américains, prix Nobel de médecine en 2004 (1991)

protéine G

[C1, P1]

Édit. 2020

antagonistes des récepteurs de l'angiotensine II l.m.p.

angiotensin II receptors antagonists

Famille de médicaments réduisant les effets de l’angiotensine II par action antagoniste sur ses récepteurs membranaires (candésartan, irbésartan, valsartan, etc.)

Étym. gr. ant : qui combat ; agonistes combattant

[G3,G5]

Édit. 2017

antagoniste des récepteurs H2 l.m.

H2 receptor antagonist

Substance capable d'inhiber un type particulier d'effets de l'histamine (l'effet de type H2).
Les antagonistes entrent en compétition avec l'histamine directement au niveau de son site d'action cellulaire.
La principale action de type H2 de l'histamine est de déclencher une sécrétion gastrique abondante. Les antagonistes des récepteurs H2 sont donc utilisés chez l'homme pour inhiber la sécrétion acide gastrique dans des cas pathologiques associés à une hypersécrétion acide.

Étym. gr. ant : qui combat ; agonistes combattant

[F3,G3,G5]

Édit. 2017

changement des récepteurs l.f.

receptor editing

Mécanisme par lequel une cellule B au cours de son développement peut exprimer une première espèce moléculaire de récepteur (BCR).
L’interaction de ce récepteur avec l’antigène peut conduire à un nouveau réarrangement génétique par action de la recombinase, aboutissant à l’expression d’un nouveau type de chaine lourde.

Syn. édition des récepteurs, substitution des récepteurs.

[C3]

ciliogénèse des photorécepteurs l.f.

ciliogenesis

Formation des cils dans les segments internes des photorécepteurs.
La ciliogénèse des photorécepteurs débute vers la 13ème semaine et parfois un peu avant et commence lorsqu'apparaît dans la cellule un diplosome formé de deux centrioles dont l'un, le corpuscule basal, va provoquer une invagination dans le cytoplasme avec cil puis vésicules et premiers disques des articles externes.

Étym. lat. cilium : cil, paupière

[O6]

déficit congénital en récepteurs de l'acétylcholine l.m.

acetylcholine receptors congenital defect

Syndrome assez hétérogène, qui correspond à une insuffisance de synthèse ou à un excès de destruction des récepteurs.
Chez le nourrisson, il se traduit par des troubles respiratoires et un retard moteur ; chez l'adulte, par un ptosis avec fatigabilité à l'effort.
Les anticholinestérasiques sont efficaces.

GMPc-d'ouverture du canal cationique des photorécepteurs l.f.

cGMP-gated cation photoreceptor channel

Nucléotide cyclique responsable de l'ouverture du canal cationique des photorécepteurs, situé dans la membrane plasmatique du segment externe.
Le gène codant ce canal,qui intervient dans la transduction visuelle, est localisé en 4p12, (MIM 123825). Des mutations sont responsables d’une rétinite pigmentaire autosomique récessive.

T. P. McGee, biochimiste américain (1994)

inflammasome n.m

Ensemble de récepteurs du système immunitaire inné qui contrôlent l’activité des caspases 1, 4 et 5 chez l’Homme et produisent une réponse inflammatoire à des agents pathogènes ou à des molécules provenant des protéines des cellules ciblées

Les caspases sont à l’origine d’un processus de mort cellulaire appelé pyroptose. La caspase 1 contrôle également la formation de cytokines comme les interleukines 1 et 8 libérées après rupture de la membrane cellulaire. La mort par pyroptose des cellules permet aussi d’éliminer les niches de replication des bactéries intracellulaires.

caspases, pyroptose, interleukines

nicotiniques (récepteurs) l.m.p.

nirotinic receptors

cholinergiques (récepteurs)

opioïde endogène l.m.

Endorphine, biosynthétisée par l'organisme, agissant sur les récepteurs morphiniques µ, κ et δ

Il y a trois familles d'opioïdes endogènes : encéphalines, dynorphines et β-endorphines. Les endorphines sont libérées à partir de précurseurs peptidiques, proencéphalines, pro-opiomélanocortine et prodynorphine.

Syn. endorphine

endorphine

Édit. 2017

périphérine-RDS l.f.

peripherin-RDS

Glycoprotéine transmembranaire des photorécepteurs dont la fonction est mal connue.
La périphérine-RDS forme un hétérodimere avec la ROM1 ou ROSP1 (protéine 1 du segment externe des bâtonnets) et serait nécessaire pour maintenir la forme des disques membranaires du segment externe des cônes et bâtonnets. La périphérine de type photorécepteurs est impliquée dans la rétinite pigmentaire, certaines dégénérescences maculaires, la dystrophie en aile de papillon de Deutman, le fundus flavimaculatus, et la rétinite ponctuée albescente, son gène est localisé en 6p12 (MIM 179605).

Marie Madeleine Portier, biochimiste française (1983)

Syn. équivalent humain de la protéine RDS, périphérine des photorécepteurs

RDS (protéine), rétinite pigmentaire

phosphodiestérase du GMP cyclique des photorécepteurs l.f.

rod photoreceptor cGMP phosphodiesterase

Enzyme intervenant dans la phototransduction, constituée d'une protéine hétérotétramérique avec une sous-unité alpha, une bêta et deux gamma.
L'enzyme phosphodiestérase du GMP cyclique est une protéine dont les sous-unités alpha (MIM 180071, PDE6A gene), bêta (MIM 180072, PDE6B) et gamma (MIM 180073, PDE6G), peuvent porter des mutations responsables de dystrophies rétiniennes.

Syn. PDE, phosphodiestérase des photorécepteurs

sous-unités α, bêta et γ de la phosphodiestérase GMP cyclique des photorécepteurs bâtonnets rétiniens, GMPc-d'ouverture du canal cationique des photorécepteurs, rétinite pigmentaire, PDE6A gene, PDE6B gene, PDE6G gene

récepteur n.m.

1) En physiologie, cellule ou terminaison nerveuse ayant pour fonction de recevoir divers stimulus et de les transmettre aux organes correspondants : récepteurs et effecteurs

Récepteurs tactile, auditif, olfactif, gustatif. Thermorécepteur. Nocicepteur.
2) En biochimie molécule, ou ensemble de molécules, capable de se lier spécifiquement à une molécule exogène, dite « ligand », et de permettre son internalisation ou de transmettre un signal à l'intérieur de la cellule.
P. ex. les protéines intégrines qui reçoivent un signal hormonal à la surface d'une cellule ont un domaine extra-membranaire susceptible de fixer l'hormone, un domaine hydrophobe transmembranaire et un domaine intra-membranaire en relation immédiate avec des systèmes enzymatiques susceptibles de répondre au signal hormonal.
Il existe des récepteurs dans la membrane plasmique qui ne quittent pas la membrane et qui transmettent ainsi le signal par « transduction » ; c'est généralement le cas pour les hormones peptidiques et les facteurs de croissance : ce sont les récepteurs dits de classe I. Mais certains récepteurs pénètrent dans le cytoplasme avec leur ligand (internalisation) : ce sont les récepteurs membranaires de classe II ; ils permettent à la cellule de capter spécifiquement des macromolécules circulantes, comme les lipoprotéines p. ex. D'autres récepteurs existent dans les différents compartiments de la cellule : les récepteurs cytoplamiques des hormones stéroïdes et des hormones thyroïdiennes sont transportés sur la chromatine du noyau et peuvent agir directement sur les gènes ; les membranes des mitochondries ont des récepteurs pour les molécules qu'elles peuvent capter, etc. Les récepteurs sont rarement constitués d'une simple protéine, serait-ce une glycoprotéine ou une lipoprotéine, ou un glycolipide (certains gangliosides sont des récepteurs de virus) ; ils se présentent souvent comme des édifices dimériques et même comme des systèmes à plusieurs sous-unités.
Des récepteurs spécifiques particuliers existent sur la membrane de cellules participant aux réactions immunologiques : récepteurs pour les antigènes, pour certaines fractions du complément, pour la partie Fc des immunoglobulines etc.

TCR, TCB, dégranulation des basophiles, ADCC, ligand

scintigraphie des récepteurs l.f.

receptor scintigraphy

Scintigraphie réalisée, en recherche biologique, à l'aide de substances marquées se fixant électivement sur des récepteurs normaux ou pathologiques.
Elle peuvent être marquées soit à l'aide d'un émetteur de photons (par exemple octréotide marqué à l'indium 111), soit à l'aide d'émetteurs de positons.
Cette technique est particulièrement utilisée pour l'étude des récepteurs cérébraux.
 Étym. lat. scintilla : étoile ; gr. graphein : écrire

scintigraphie

sous-unité alpha de la phosphodiestérase du GMPc des photorécepteurs bâtonnets rétiniens l.f.

retinal rod photoreceptor cGMP phosphodiesterase, alpha subunit

Partie de la phosphodiestérase du GMP (guanosine-monophosphate) cyclique, qui est un enzyme clef de la phototransduction des bâtonnets rétiniens.
La phosphodiestérase du GMPc est une protéine hétérotétramérique avec une sous-unité α, une β et deux γ (MIM 180071). Le gène de la sous-unité α de la phosphodiestérase du GMPc est localisé en 5q31.2-34 : c'est un gène candidat à la rétinite pigmentaire (MIM 180071).

S. J. Pittler, biologiste américain (1990)

transduction visuelle, GMP, GMP cyclique

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