insulino-résistance de type A (syndrome d') l.f.
insuline resistance type A
Syndrome caractérisé par la triade : hyperinsulinisme, acanthosis nigricans et signes d'hyperandrogénie chez la femme, en l'absence de surpoids ou de lipodystrophie.
Rare, de prévalence exacte inconnue, il est en général diagnostiqué chez la femme jeune, en raison des signes d'hyperandrogénie marqués. L'insulino-résistance et l'acanthosis nigricans peuvent être dépistés chez l'homme et dans l'enfance. Le syndrome peut parfois s'accompagner d'un faciès acromégaloïde ou de crampes musculaires. L'hyperinsulinémie s'associe souvent, au cours de l'évolution à un diabète. Les troubles de la fertilité sont liés à l'hyperandrogénie (associée à des syndromes des ovaires polykystiques ou des hyperthécoses ovariennes).
Le syndrome d'insulino-résistance de type A est dû classiquement à des mutations hétérozygotes du gène du récepteur de l'insuline (INSR) atteignant la région codant pour le domaine tyrosine kinase, la maladie se transmettant sur le mode autosomal dominant. Des mutations homozygotes affectant le domaine de liaison de l'insuline du récepteur ont aussi été décrites. Lorsque ces mutations ne sont pas retrouvées, la maladie est de cause inconnue et parfois considérée comme un syndrome HAIR-AN.
Le syndrome d'insulino-résistance de type A fait partie des syndromes d'insulino-résistance extrême comprenant aussi le lépréchaunisme, le syndrome de Rabson-Mendenhall, les syndromes lipodystrophiques généralisés ou partiels et le syndrome d'insulino-résistance de type B Le diagnostic différentiel avec le syndrome d'insulino-résistance de type B repose sur l'absence d'auto-anticorps anti-récepteurs de l'insuline.
Le traitement utilise des mesures hygiéno-diététiques et/ou médicamenteuses (metformine, glitazones, autres anti-diabétiques) pour réduire l'insulino-résistance et traiter le diabète. Le pronostic est lié aux complications du diabète insulino-résistant.
C. R Kahn, médecin diabétologue américain (1976) ; S. M. Rabson et E. N. Mendenhall, anatomopathologistes américains (1956)
Étym. lat. insula : île
→ acanthosis nigricans, hyperandrogénie, ovaires polykystiques (syndrome des), hyperplasie thécale adénomatoïde, HAIR-AN (syndrome), lépréchaunisme, lipodystrophies, Rabson-Mendenhall (syndrome de), INSR gene
insulino-résistance de type B (syndrome d') l.f.
insuline resistance type B
Forme très rare de syndrome d'insulino-résistance extrême d'origine auto-immune affectant les individus d'âge moyen avec une prédominance féminine.
Le syndrome apparaît généralement dans un contexte dysimmunitaire, parfois cliniquement défini ou suspecté sur des anomalies biologiques évocatrices. La maladie se manifeste en général par l'apparition, rapidement progressive, d'un diabète non cétosique, très insulino-résistant, accompagné de la lésion cutanée associée à la résistance à l'insuline, l'acanthosis nigricans, et d'un hirsutisme. Des hypoglycémies paradoxales, parfois gravissimes, peuvent être observées.
Ce syndrome est dû à la présence, dans le sérum des patients, d'auto-anticorps dirigés contre le récepteur de l'insuline. Le diagnostic différentiel inclut les autres syndromes d'insulino-résistance extrême (lépréchaunisme, syndrome de Rabson-Mendenhall, syndromes lipodystrophiques généralisés ou partiels et syndrome d'insulino-résistance de type A).
Le traitement de la maladie auto-immune sous-jacente par des immunosuppresseurs non spécifiques est associé à une insulinothérapie à très fortes doses pour tenter de juguler l'hyperglycémie majeure. Le pronostic est celui de la maladie auto-immune sous-jacente, mais est fortement altéré lorsque des hypoglycémies sont observées (conduisant au décès dans 50% des cas).
S. M. Rabson et E. N. Mendenhall, anatomopathologistes américains (1956)
Étym. lat. insula : île
→ acanthosis nigricans, lépréchaunisme, Rabson-Mendenhall (syndrome de), lipodystrophies, insulino-résistance de type A (syndrome d')
insuline n.f.
insulin
Polypeptide hormonal sécrété par les cellules β des îlots de Langerhans du pancréas, indispensable à l’équilibre glucidique.
Cette hormone facilite la pénétration du glucose dans les cellules périphériques en augmentant le nombre de transporteurs membranaires pour le glucose. Simultanément, elle active dans les hépatocytes, les enzymes de biosynthèse du glycogène, des triglycérides et des protéines, entraînant une baisse de la glycémie, des acides gras plasmatiques et de l’urée. Polypeptide (PM environ 6000), formé de deux chaînes reliées par des ponts disulfure (-S-S-) provenant de deux cystéines, c’est une substance incolore, cristallisable. La cellule pancréatique biosynthétise la pro-insuline formée de 86 acides aminés, scindée secondairement en deux parties : l’insuline et le peptide C (ou peptide de connexion) constitués respectivement par 51 et 31 acides aminés. L’insuline est dégradée dans le foie et le peptide C dans les reins. L’insuline peut être dosée par radio-immunologie ou par électro-chimio-luminescence. La concentration d’insuline dans le sang d’un sujet à jeun est inférieure à 11 mU/L. Elle augmente en période postprandiale. Les insulines des différents mammifères ne se distinguent entre elles que par un ou trois aminoacides (ex. : en position terminale 30, celle du Porc possède une alanine et celle de l’Homme une thréonine). La substitution de cet aminoacide terminal, a permis la préparation de l’insuline dite humaine (ou monocomposée) à partir de celles du Porc ou du Bœuf, obtenues par extraction et purification.
Actuellement en France, toutes les insulines sont produites par génie génétique, grâce au colibacille K12 doté d’un plasmide recombiné contenant le gène de l’insuline humaine. L’insuline ainsi obtenue est une protéine basique de point isoélectrique 12, soluble dans l’eau acidifiée. Sa présentation en solution, sous forme d’hexamère, implique avant son activité, sa dissociation en dimères puis en monomères, à l’origine d’une latence (90-150 minutes) alors que la sécrétion physiologique agit 30 et 60 minutes après le repas. L’insuline rapide (Actrapid) commence à agir 1 heure après l’injection sous-cutanée et son effet persiste en moyenne 6 heures. La durée d’action des insulines a pu être augmentée grâce à la formation de cristaux obtenus par l’association à la protamine ou au zinc. L’insuline NPH (Neutre Protamine Hagedorn), d’action intermédiaire, agit 1 à 3 heures après l’injection et pendant 8 à 12 heures. Les insulines au zinc ont une action prolongée pendant 24 à 36 heures avec une variabilité de résorption inter et intra- individuelle. De nouvelles molécules obtenues après modification de la structure de l’insuline originelle, ayant des profils d’action différents, sont dénommées analogues de l’insuline. Obtenus par le remplacement de deux acides aminés, les analogues rapides sont les insulines Glulisine (Apidra) et Lispro (Humalog) dont l’effet débute 15 à 30 minutes après l’injection et persiste pendant environ 3 heures. Plus rapides que l’insuline ordinaire, ils assurent un meilleur contrôle du pic glycémique induit par le repas et réduisent la fréquence des hypoglycémies post-prandiales. Les analogues retard sont obtenus par modification de la structure aminée de la molécule. L’insuline Glargine résulte de l’adjonction de deux arginines à l’extrémité C-terminale de la chaîne B en position 31 et 32 et du remplacement d’un résidu asparagine par la glycine en position 21 de la chaîne A. Sa solution précipite en cristaux dans le tissu sous-cutané et assure une libération régulière durant 24 heures. Elle ne doit être mélangée à aucune autre insuline. Dans l’insuline Detemir, la lysine en position 29 de la chaîne B est liée à un acide gras C14 (N-palmitoyl). Son association à l’albumine dans le tissu sous-cutané, lui confère un effet retard avec une durée d’action de l’ordre de 20 heures. Les analogues retard ont une meilleure stabilité que les insulines au zinc. Leur principal avantage est de réduire la fréquence des hypoglycémies nocturnes et des excursions glycémiques secondaires responsables du phénomène de l’aube avec une moindre prise de poids. Leur usage s’étend de plus en plus en association avec les analogues rapides selon la technique du « basal-bolus ». Les analogues de l’insuline sont moins immunogènes que les insulines classiques et ne paraissent pas, aux doses utilisées, avoir une action mitogène. Pour limiter la fréquence des injections, sont proposés des mélanges d’analogues rapides avec la protamine, combinant les effets rapide et prolongé.
L’insuline est injectée en sous cutanée en traitement quotidien et en intra veineuse lors des situations d’urgence (cétoacidoses). L’administration par voie pulmonaire, d’une insuline d’action rapide, en poudre, agréée dans certains pays, laisse persister des incertitudes sur sa biodisponibilité et sur son innocuité respiratoire. La voie digestive fait l’objet de recherches encore peu concluantes.
Les injections se pratiquent à l’aide de seringues et d’aiguilles adaptées au conditionnement ou de stylos préremplis d’emploi plus facile. Les pompes à insuline utilisent les analogues rapides. Elles permettent une administration souple, modulable, adaptée aux besoins. Les pompes externes sont les plus utilisées. Les pompes internes permettent un apport intra péritonéal, suivi d’un drainage vers le foie, se rapprochant ainsi des conditions physiologiques. L’usage des pompes nécessite une éducation préalable et renouvelée des patients, assurée par une structure spécialisée assurant une veille permanente.
Les essais en cours de pancréas artificiel ayant pour objectif d’adapter à tout moment la sécrétion d’insuline aux fluctuations glycémiques, n’ont pas encore abouti à des applications pratiques.
J. Banting, Sir, médecin scientifique canadien et C. H. Best, physiologiste canadien, prix Nobel de médecine en 1923
Étym. lat. insula : île
→ îlots pancréatiques, pro-insuline, peptide C, génie génétique
[R1]
Édit. 2018
insuline recombinante l.f.
recombinant insulin
Expression incorrecte pour désigner une insuline obtenue par génie génétique.
C’est le génome qui est recombiné et non l’insuline elle-même
Étym. lat. insula : île
→ insuline
insuline (allergie à l') l.f.
insulin allergy
Au début de l'utilisation du traitement insulinique, accident allergique observé avec une grande fréquence : soit incident local à type d'œdème et d'urticaire autour du point d'injection, soit accident général à type de choc.
Ces incidents se sont raréfiés grâce à l'utilisation d'insuline purifiée, puis actuellement à celle d'insuline biosynthétique.
Étym. lat. insula : île
prépro-insuline n.f.
preproinsulin
Protéine précurseur de la pro-insuline, telle qu'elle est synthétisée sur les ribosomes des cellules bêta ou B des îlots de Langerhans du pancréas.
Le peptide signal est détaché par protéolyse lors du transport de la protéine dans l'appareil de Golgi. La pro-insuline ainsi formée passe dans les granules de sécrétion où elle est stockée avant sa transformation en hormone.
pro-insuline n.f.
proinsulin
Protéine précurseur de l'insuline qu'on trouve dans les cellules bêta ou B des îlots de Langerhans du pancréas et qui comporte 86 acides aminés.
La molécule enroulée en spirale permet la formation de ponts disulfure entre des cystéines de la région NH2-terminale (Cys 7 et 19) et des cystéines de la région C-terminale (Cys 72 et 85 respectivement). La transformation de la prohormone en hormone est due à un clivage protéolytique qui respecte ces ponts, mais qui détache une séquence peptidique d'une trentaine d'acides aminés du milieu de la pro-insuline, constituant le « peptide C » qui sera sécrété en même temps que l'insuline.
pompe à insuline
l.f.
[B3]
Édit. 2020
syndrome de résistance ovarienne aux gonadotrophines l.m.
ovarian resistance to gonadotrophins syndrome
Insensibilité des ovaires aux stimulations par les gonadotrophines hypophysaires entraînant une ménopause précoce.
Elle serait due au développement d'auto-anticorps dirigés contre les récepteurs de FSH et de LH.
A.P.Netter, gynécologue et endocrinologue français (1984)
Syn. syndrome de Netter
gangliosidose généralisée GM1 de type 2 ou juvénile et de type 3 de l'adulte l.f.
generalized gangliosidosis, GM1, type 2 or juvenile type and type 3 or adulte type
Dégénérescence cérébrale avec surcharge de gangliosides dans le cerveau.
L'affection de type 2, a une évolution assez lente, elle débute vers 1 an avec un faciès dysmorphique en gargouille, un retard de croissance et psychomoteur, puis une cécité. Il n'est généralement pas décrit d'anomalie oculaire, mais il existe histologiquement une atteinte des cellules ganglionnaires rétiniennes. Le décès intervient entre 3 et 10 ans. Dans ce déficit en β-galactosidase, seuls les isoenzymes B et C sont en cause et la surcharge de gangliosides a lieu dans le cerveau et non dans les viscères (il y a tout de même surcharge viscérale en mucopolysaccharides). La gangliosidose généralisée GM1 de type 3 ou de l'adulte ne donne pas de macula rouge cerise mais une atteinte neurologique et intellectuelle lente. Le gène de l'enzyme GLB1 est situé en 3p21.33. L’affection est autosomique récessive (MIM 230650, type 2 ; MIM 230650, type 3).
D. M. Derry, pharmacologue canadien (1968)
Syn. gangliosidose à GM1 infantile tardive, gangliosidose à GM1 adulte
allèle de résistance l.m.
resistance allele
Allèles qui confère à l'individu porteur, une résistance vis-à-vis d'un prédateur, d'un parasite particulier, d’un antibiotique ou d’un pesticide.
Syn. gène de résistance déconseillé
→ résistance horizontale, résistance verticale
[Q1]
Édit. 2017
antibiotiques (résistance aux) l.f.
resistance in antibiotics
Inefficacité de l’action des antibiotiques, naturelle (intrinsèque) ou acquise par le patient, sur les bactéries d’une espèce donnée.
Il existe, pour chaque antibiotique, une liste des espèces de bactéries habituellement sensibles, appelée spectre de l’antibiotique. Certaines associations médicamenteuses peuvent élargir le spectre par ex. l'association amoxilline + acide clavulanique ou ticarcilline + acide clavulanique.
L’utilisation des antibiotiques a fait apparaître de nombreuses résistances acquises qui sont la conséquence de modifications de la bactérie portant sur les chromosomes ou sur l’ADN plasmidique. La résistance chromosomique se transmet par filiation aux descendants de la bactérie modifiée. La résistance plasmidique peut, en outre, être transmise par contact à une bactérie d’une espèce différente.
Les modifications acquises portent sur divers processus métaboliques de la bactérie :
- par modification de la structure de la paroi fermant les sites de fixation ou de passage des antibiotiques dans le protoplasme de la bactérie ;
- par modification de la structure des protéines ne permettant plus la fixation sur le ribosome 30 S ou sur certaine enzymes de la synthèse de l'ADN ;
- par synthèse d’enzymes dégradant les molécules antibiotiques qui ont pu pénétrer dans le cytoplasme de la bactérie en formant, par exemple, des bêta-lactamases pour dégrader les bêta- lactamines ou des acétyltransférases, adényltransférases et phosphotransférases pour dégrader les aminosides.
Étym. angl. antibiotic, du gr. anti : contre ; biotikos : qui sert à l’entretien de la vie
exercice en résistance l.m.
exercise of resistance
Pratique d’activités physiques effectuées pour étendre au maximum les muscles et les structures adjacentes (tendons, articulations) pour augmenter ou préserver l’ampleur des mouvements.
[I3]
Édit. 2018
facteur de résistance l.m.
resistance factor
[E1]
Édit. 2018
gène de résistance l.m.
resistance gene
Synonyme déconseillé d'allèle de résistance.
Par extension, gène dont l'un des allèles confère à l'individu porteur une résistance vis-à-vis d'un prédateur, d'un parasite particulier, d’un antibiotique ou d’un pesticide.
→ résistance horizontale, résistance verticale
index de résistance cérébrale l.m.
cerebral resistance index
Rapport des vitesses moyennes des hématies en systole et en diastole mesurées par effet Doppler dans l'artère cérébrale antérieure ou sylvienne du fœtus, employé pour évaluer les résistances vasculaires cérébrales et estimer le degré d'hypoxie chronique du tissu cérébral.
index de résistance de Pourcelot l.m.
Pourcelot’s index
En échographie doppler, index de mesure de la résistance artérielle définie par le rapport, dans lequel S est la vitesse moyenne systolique, D la vitesse moyenne diastolique.
Cet index est utilisé en particulier en échographie obstétricale au niveau de l'artère ombilicale dans le dépistage d'une souffrance fœtale.
L. Pourcelot, médecin et ingénieur français (1974)
index de résistance placentaire l.m.
placental resistance index
Rapport de la vitesse moyenne des hématies mesurée d'une part en systole et d'autre part en diastole dans une des artères ombilicales, permettant d'évaluer le degré de résistance vasculaire dans le placenta.
L'indice est perturbé en cas de maladie vasculaire maternelle ou d'anomalie chromosomique du fœtus.
indice de résistance cardiaque l.m.
cardiac resistance index
Indice est destiné à évaluer de façon chiffrée la vigueur et la résistance du cœur à l’effort.
Il est ainsi formulé :
P’ + P’’ - 2 (70-p)
I = ------------------------------
10
P’ : fréquence cardiaque/minute après 30 flexions sur les genoux en 45 secondes.
P’’ : fréquence cardiaque, 1 minute après la mesure de P’
p : écart entre 70 (pouls moyen d’un adulte de 20 ans) et le pouls du sujet debout au repos.
Un indice voisin de 0 caractérise un sujet vigoureux. Supérieur à 10, il désigne un cœur peu résistant.
J. E. Ruffier, médecin français (1951)
Étym. lat. indicium : indication
multidrug resistance proteins l.f.p. angl. pour protéines de résistance multimédicamenteuse
Famille de protéines, numérotées de MRP1 à MRP9, chargées de l’élimination de substances toxiques, en particulier la bilirubine et de nombreux médicaments.
La surexpression de MRP explique la résistance à la chimiothérapie de certaines tumeurs malignes.
Sigle MRP
plasmide de résistance l.m.
resistance plasmide, resistance factor, R factor
Plasmide codant un ou plusieurs gènes de résistance à un antibiotique.
Ces gènes codent des enzymes capables d’inactiver les antibiotiques.
→ plasmide, facteur RTF, plasmide conjugatif
[D1,Q1]
Édit. 2018
psychotropes (résistance aux) l.f.
non-response to psychotropes
Insensibilité du patient à un traitement médicamenteux bien conduit.
Dans la dépression résistante (environ 20% des cas selon certains), l'évolution naturelle n'est pas influencée par les mesures thérapeutiques (J. Angst).
La définition d'une schizophrénie résistante pose divers problèmes méthodologiques : critères de définition, évolutivité hétérogène, absence de codification des traitements, critères de réponse. Pour Brenner, les critères de résistance sont fonction de la sévérité de la pathologie, qui impose une dépendance quasi totale vis-à-vis du système de soins hospitaliers.
Dans les états psychotiques, certains estiment que l'action des neuroleptiques s'exerce essentiellement sur l'agitation, l'inhibition et les phénomènes aigus. De plus, la disparition d'un délire n'est pas toujours recherchée.
Dans un cadre médicolégal (traitement après un dommage corporel matière à litige, injonction thérapeutique concernant un toxicomane, par ex.), les résistances peuvent s'associer à une médiocre tolérance, bien que contrastant avec une coopération extériorisée en contenu manifeste.
Répondre ou résister sont souvent considérés comme des expressions du transfert.
J. Angst, psychiatre suisse (1960)
résistance n.f.
A - En biologie
1) processus par lequel une cellule, un individu, une population surmonte, sans dommage apparent, l'agression d'un agent infectieux ou d'une substance toxique, des conditions physiques et chimiques du milieu, etc.
2) par extension, propriété permettant ce processus.
La résistance est le plus souvent un caractère génétique monogénique ou oligogénique spécifique de l'agression.
B - En psychiatrie
Nom donné à tout ce qui entrave le progrès d'une cure psychanalytique.
À l'origine de la résistance, S. Freud reconnaît les forces de refoulement, les mêmes que celles qui ont refusé la prise en charge des représentations dans le conscient. Il s'aperçoit vite aussi que le transfert peut servir à la résistance, l'analysant reportant sur l'analyste les affects qu'il ne peut se remémorer.
Dans sa deuxième topique, Freud ajoute au refoulement venant du moi l'attraction qu'exerce le ça sur des groupes de représentations. Le surmoi joue aussi un grand rôle dans l'installation de résistances : des dispositions masochistes trop importantes peuvent déterminer une opposition durable à la guérison (réaction thérapeutique négative).
→ équilibre hôte-parasite, tolérance immunologique
résistance à la dénaturation alcaline (test de) l.m.
alkali denaturation test
Méthode de dosage de l'hémoglobine fœtale reposant sur sa résistance à la dénaturation alcaline, supérieure à celle de l'hémoglobine A.
Il consiste à mesurer la proportion d'hémoglobine restant dans un hémolysat après précipitation de l'hémoglobine A par une exposition à un pH alcalin pendant un temps donné précis. La sensibilité de ce test n'est pas uniforme dans toute la gamme de concentration et il tend à être remplacé par des dosages par chromatographie haute performance sur échangeur d'ions.
Syn. test de Singer, test de Betke
résistance à la protéine C l.f.
Défaut de l’ajout de protéine C activée lors de la réalisation d’un temps de céphaline activé (TCA) qui ne provoque pas d’allongement de celui-ci.
Dans la plupart des cas cette anomalie est liée à une mutation univoque du facteur V.
La mutation Q506 du facteur V est le principal facteur de risque d’origine génétique impliqué dans les thromboses veineuses. Sa présence à l’état hétérozygote multiplie de 5 à 7 fois le risque de présenter un accident veineux thromboembolique.