Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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résistance vasculaire périphérique l.f.

peripheral resistance

Résistance à l'écoulement du sang le long des vaisseaux, exprimée par le rapport de la différence de pression (mmHg) entre l'origine et le point considéré du système vasculaire, et le débit cardiaque (mL/s).
Elle concrétise l’opposition à l’écoulement du sang dans les vaisseaux sanguins.
Le débit dans un vaisseau est déterminé par trois facteurs : la différence de pression du sang entre ses deux extrémités, la force de propulsion du sang, et l'opposition à son écoulement.
Elle peut être calculée à partir d'une formule dérivée de la loi d'Ohm :
R = (Pi – Pf)/ Q ou Pi est la pression moyenne initiale du vaisseau, Q le débit, Pf la pression moyenne finale dans le vaisseau.
Dans la circulation systémique, la résistance à l’écoulement du sang est pour ses deux tiers environ le fait des artérioles dont le diamètre peut varier dans un rapport de 1 à 4 selon la loi de Poiseuille :
R = 8 η l / π r4 (η est la viscosité du sang, l la longueur et r le rayon du vaisseau).
Ce phénomène de variation du diamètre des vaisseaux appelé vasomotricité est un facteur majeur de régulation de la pression artérielle systémique et localement des débits régionaux. De plus, les résistances systémiques favorisent la transformation du débit pulsatile artériel en débit continu capillaire et veineux nécessaire aux échanges entre les cellules et le compartiment vasculaire.

Poiseuille (loi), Ohm (loi d')

résistance vasculaire l.f.

vascular resistance

Force qui s’oppose à l’écoulement du flux sanguin dans les vaisseaux, qui est fonction du débit cardiaque ou vasculaire, et de la pression régnant dans le cœur ou le vaisseau considéré : elle s’exprime en unités Wiggers.
On distingue : la résistance vasculaire périphérique (normalement 1000 à 1500 unités Wiggers), et la résistance artérielle pulmonaire (normalement 350 unités Wiggers) dont l’élévation joue un rôle considérable dans le pronostic et les possibilités thérapeutiques de certaines cardiopathies avec hypertension pulmonaire.
On rapporte souvent le débit cardiaque à la surface corporelle : on parle alors d'index cardiaque (exprimé en litres par minute et par mètre carré) : valeur normale  de l'ordre de 3 L/min/m2.
On mesure le débit cardiaque par différentes méthodes .La méthode de référence est basée sur le principe de Fick, mais elle nécessite la pose d'un cathéter au niveau du cœur pour prélever un échantillon de sang veineux mêlé. La technique utilisée en clinique, méthode de Stewart-Hamilton, dérivée de celle de Fick, est fondée sur l'injection intravasculaire d'un bol d'indicateur (colorant, isotope radioactif ou solution froide) ; elle est utilisée avec un cathétérisme cardiaque si l'on veut enregistrer le débit en continu.
Un bas débit se voit au cours de certains chocs hypovolémiques et lors de l'insuffisance cardiaque aigüe ou chronique.
L’unité Wood peut être utilisée pour la mesure de la résistance vasculaire, elle correspond à 80 unités Wiggers. 

C. J. Wiggers, physiologiste américain (1915)

défaillance cardiaque, Fick (principe et équation de), index cardiaque, insuffisance cardiaque, pression, viscosité du sang, Stewart-Hamilton (méthode de), unité Wiggers, unité Wood

résistance vasculaire pulmonaire (RVP) l.f.

pulmonary resistance

Résistance opposée par le lit de l'artère pulmonaire à la progression du sang expulsé du cœur droit.
Elle résulte de la combinaison du débit sanguin et des pressions qui règnent dans l'artère pulmonaire et éventuellement dans l'oreillette gauche.
On distingue théoriquement :
- la résistance pulmonaire totale qui ne tient pas compte de la pression auriculaire gauche ; cette résistance est de 200 à 350 unités CGS (dynes/sec/cm3). En fait, cette résistance est sans fondement physiologique.
- la résistance artériolaire pulmonaire tient compte du gradient de pression entre l'artère pulmonaire et l'oreillette gauche. Normalement, la résistance artériolaire pulmonaire est de 50 à 100 unités CGS. Cependant ce terme est ambigu puisque la résistance artériolaire pulmonaire n'est qu'une partie de la résistance vasculaire pulmonaire.
Quoique critiquable, la notion de RVP s'avère utile en pratique quotidienne. Elle augmente quand le nombre des vaisseaux perfusés diminue ou lorsque le diamètre de chaque branche diminue.

résistance vasculaire pulmonaire totale l.f.

résistance vasculaire pulmonaire

analgésique périphérique l.m.

non-narcotic analgesic, non-opioid analgesic

Médicament non opioïde qui atténue ou supprime la douleur par une action prédominante sur ses mécanismes périphériques.
Ils inhibent la synthèse ou la libération de médiateurs algogènes comme les prostaglandines, la sérotonine, l'histamine et la bradykinine. On distingue 3 classes d'analgésiques périphériques :
1) antipyrétiques (paracétamol) ;
2) anti-inflammatoires (acide acétyl-salicylique, anti-inflammatoires non stéroïdiens) ;
3) analgésiques purs (glafénine qui n’est plus commercialisé).

Étym. gr. an, privatif; algos: douleur

[G1,G3,G5]

Édit. 2017

anévrysme périphérique l.m.

1 - Anévrysme  d’une petite artère périphérique.
2 - Anévrysme axial.

anévrysme axial

[K3,K4]

Édit. 2017

cathéter périphérique l.m.

peripheral catheter.
Cathéter court, utilisé pour perfusions et transfusions, introduit dans une veine périphérique et laissé en place, en moyenne, 2 jours et demi.
Une infection locale sur un cathéter périphérique est possible mais rare (incidence : 4,6 à 6,1 %) et sans conséquences graves le plus souvent. L’incidence par jour de traitement est voisine de 1 %. Les paramètres favorisant l’infection sont :
- une durée supérieure à 72 h (mais le plus souvent une semaine),
- la colonisation du site d’insertion,
- la contamination du pavillon du cathéter,
- de l’humidité ou la présence de sang sous le pansement.

Étym. gr.kateter : sonde

cathéter

[B3,K4]

cholostase avec sténose pulmonaire périphérique l.f.

cholestasis with peripheral pulmonary stenosis

D. Alagille, pédiatre français (1975)

Alagille (syndrome d')

[L1,Q2]

dégénérescence rétinienne périphérique l.f.

peripheral retinal degeneration

Ensemble des lésions dégénératives de la rétine périphérique, dont certaines prédisposent au décollement de rétine.

Étym. lat. degenerare : dégénérer

distichiasis avec anomalie congénitale du cœur et de la vascularisation périphérique l.m.

distichiasis with congenital anomalies of the heart and peripheral vessels

Rangée de cils dédoublée et anomalie du septum ventriculaire avec bradycardie sinusale, varicosités et œdème des membres inférieurs.
Une famille est connue, une mère et 4 de ses enfants. L’affection est autosomique dominante (MIM 126320).

S. Goldstein, pédiatre américain (1985)

dysplasie épiphysométaphysaire à forme périphérique l.f.

peripheral epiphysometaphyseal dysplasia

N. O. Silfverskiöld, chirurgien orthopédiste suédois (1925)

Silfverskiöld (syndrome de)

dystrophie rétinienne périphérique l.f.

dystrophy of the peripheral retina

rétinite pigmentaire

embolie artérielle périphérique l.f.

systemic arterial embolism

Migration dans une artère de substances diverses aboutissant à l'occlusion du vaisseau à distance de l'origine de l'embole.
L'aorte, surtout les artères qui s'en détachent ou leurs branches sont concernées. L'embole est habituellement fibrinocruorique, parfois fibrinoplaquettaire, voire septique, gazeux, graisseux ou cholestérolique. Différentes origines du thrombus sont possibles : cardiopathie emboligène (p. ex. rétrécissement mitral compliqué de fibrillation atriale), matériel fibrinocruorique, voire fibrinoplaquettaire, détaché d'une plaque d'athérome développée sur la paroi de l'aorte ou d'une de ses branches. Parfois, une hémopathie ou une coagulopathie sont à l'origine de la formation du thrombus alors que l'artère ne présente aucune anomalie radiologiquement décelable.
L'embolie d'une artère d'un membre ou d'un viscère peut entraîner la gangrène par ischémie du membre ou l'infarctus du viscère. Un traitement thrombolytique ou la désobstruction chirurgicale percutanée limite les conséquences et, si elle est pratiquée à temps, ils permettent d'éviter l'amputation du segment nécrosé.
L'embolie des artères rénales entraine une insuffisance rénale aigüe. L'embolie mésentérique mène à l'infarctus mésentérique. L'embolie cérébrale se complique d'une ischémie transitoire ou d'un infarctus cérébral.

Étym. gr. embolos : qui s’enfonce dans, qui est jeté dans ; lat. embolus : piston d’une pompe

embole, embolisation, Fogarty (sonde de), infarctus cérébral, thrombose, thrombolyse, ischémie aigüe des extrémités, fibrinocruorique, rétrécissement mitral, fibrillation atriale, coagulopathie, athérome, infarctus mésentérique, accident ischémique transitoire, infarctus cérébral

[K2, K4]

Édit. 2019

endoprothèse artérielle périphérique l.f.

peripheral arterial endoprosthesis

Prothèse le plus souvent métallique, implantée dans une artère (aorte descendante, artères rénale, iliaque, fémorale ou poplitée), soit pour compléter le résultat d'une angioplastie transluminale et prévenir une nouvelle sténose,  soit pour traiter une dissection.

endoprothèse coronaire, angioplastie transluminale percutanée, dissection

[B3, B3, K4]

Édit. 2020

excroissance rétinienne périphérique l.f.

peripheral retinal excrescence

Petite formation rétinienne périphérique grisâtre et opaque de surface granuleuse prenant un aspect de bourgeon plus ou moins saillant.
Rarement isolée, souvent multiple, située à la base du vitré, elle correspond à des proliférations neurogliales et est le siège d'adhérences vitréorétiniennes avec risque possible de déchirures.

[P2]

Édit. 2018  

gliome périphérique l.m.

peripheral glioma

schwannome, neurilemmome

iridectomie périphérique l.f.

peripheral iridectomy

Section chirurgicale triangulaire de l'iris à sa base.

lithium (neuropathie périphérique au) l.f.

lithium peripheral neuropathy

Polyneuropathie périphérique survenant lors de l'intoxication au lithium.
La toxicité des sels de lithium pour le système nerveux central est connue depuis longtemps et le tableau de l'intoxication aigüe associe classiquement une hyperthermie, des troubles de la conscience, des convulsions et des mouvements anormaux. Quelques cas de polyneuropathie périphérique ont été rapportés, tous secondaires également à une intoxication aigüe. Il s'agirait d'une axonopathie, dont la récupération est la règle dans un délai qui varie de quelques semaines à quelques mois après l'arrêt du traitement.

neurofibromatose de type périphérique l.f.

neurofibromatosis, type I

von Recklinghausen (maladie de)

neuropathie périphérique l.f.

peripheral neuropathy

Atteinte du système nerveux périphérique à quelque niveau que ce soit.
Celle-ci peut être diffuse et symétrique : polyneuropathie (ancienne polynévrite), ou limitée à un seul tronc : mononeuropathie. Une mononeuropathie multiple correspond à l'atteinte successive ou simultanée de plusieurs troncs nerveux, racines ou plexus. Une polyradiculoneuropathie est une atteinte bilatérale, symétrique, diffuse, du système nerveux périphérique à l'exclusion des corps neuronaux. Lorsqu'il s'agit d'une atteinte inflammatoire de type Guillain-Barré, on parle de polyradiculonévrite.
De telles définitions n'ont pas qu'un intérêt sémantique, mais correspondent à des mécanismes physiopathologiques différents et complexes. Schématiquement, la souffrance de la fibre nerveuse peut relever de trois niveaux : atteinte du corps neuronal ou neuronopathie, de l'axone ou axonopathie, de la cellule de Schwann ou schwannopathie.
Les atteintes périphériques peuvent se développer de façon aigüe, subaigüe, chronique ou à rechutes, affecter différents types de fibres, être distales le plus souvent, ou proximales et diffuses. Selon la prédominance des troubles moteurs ou sensitifs, on parlera de neuropathie motrice ou de neuropathie sensitive. Dans ce dernier cas, l'atteinte peut concerner plus particulièrement les petites fibres myéliniques et les fibres amyéliniques ou les grosses fibres myélinisées. Le plus souvent, il s'agira d'une polynévrite sensitivomotrice. L'atteinte associée du système nerveux autonome, souvent seulement latente, doit être recherchée systématiquement.
Il existe un grand nombre de causes de polyneuropathies périphériques, ce qui indique la difficulté du diagnostic étiologique. On peut distinguer schématiquement les formes génétiquement déterminées de celles acquises (métaboliques, nutritionnelles, toxiques, infectieuses, immunologiques, paranéoplasiques, vasculaires, etc.). Les termes de polynévrite, mononévrite et multinévrite sont désormais à remplacer par ceux de polyneuropathie symétrique, mononeuropathie et mononeuropathie multiple.

corne antérieure (syndrome de la)

paralysie faciale périphérique l.f.

facial paralysis, Bell’s palsy

Atteinte motrice en rapport avec une lésion du nerf facial, de son origine à sa terminaison.
Si la lésion concerne le nerf avant sa division en branches terminales, les muscles paralysés sont ceux de la partie postérieure et inférieure d'une hémiface. On constate l'existence d'un signe de Charles Bell, c'est-à-dire que le globe oculaire se porte involontairement en haut et en dehors quand le patient fait effort pour abaisser sa paupière supérieure paralysée.
On distingue les paralysies faciales primitives et secondaires. Les premières sont souvent dites "a frigore", bien que l'induction par le froid ait été suspectée mais jamais confirmée. Il s'agit du type le plus fréquent. Après un début brutal, l'évolution est presque toujours régressive en quelques semaines ou quelques mois. Les secondaires peuvent être dues à une cause compressive, à un mécanisme inflammatoire dans le cadre d'une maladie générale, ou à une étiologie infectieuse comme un zona.

C. Bell, Sir, chirurgien écossais (1821)

partie périphérique du système nerveux l.f.

pars peripherica systema nervosi (TA)

peripheral nervous system

système nerveux périphérique

périphérique adj.

periphericus
peripheral
1 Caractérise une structure anatomique située loin de l’axe ou du centre du corps ou d’un organe
2 Se dit des voies nerveuses venant de ou aboutissant à un centre nerveux

rayon périphérique postérieur l.m.

back peripheral optic radius

Rayon de courbure d'une zone périphérique postérieure.
Quand elles sont multiples, ces zones sont numérotées par ordre croissant à partir de la zone entourant la zone optique périphérique.

zone optique centrale,  zone optique périphérique

sclérocornée périphérique l.f.

peripheral sclerocornea

Malformation congénitale très rare, avec absence de différenciation sclère-cornée au limbe.
Elle prend l’aspect d’un anneau translucide circulaire ou ovalaire qui fait 360 degrés et est accompagné de vaisseaux qui se prolongent à partir du limbe et laissent le centre cornéen fonctionnel. On peut trouver sur cette portion centrale une cornea plana et l'œil peut être hypermétrope fort. Il y a parfois des adhérences iridocornéennes mais pas d'hypertonie ni de microphtalmie. L’affection est autosomique dominante (MIM 181700).

cornea plana

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