Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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protéine 1 et 2 liées au rétinoblastome l.f.

retinoblastoma binding protein-1 and protein-2

Deux protéines liées au gène du rétinoblastome, isolées à partir d'une protéine virale, transformant le papillovirus-16 humain, et liées étroitement sur la séquence ADN du gène du rétinoblastome (protéine virale homologue ou similaire).
Deux cDNAs ont été isolés qui codent les protéines de liaison au rétinoblastome RBBP1 et RBBP2 (MIM 180201, MIM 180202).

Deborah Defeo-Jones, biochimiste américaine (1991)

rétinoblastome n.m.

retinoblastoma

Tumeur embryonnaire de la rétine hautement maligne qui atteint de façon préférentielle le nourrisson et le très jeune enfant (1/18 000 naissances) avec comme signes d'appel une leucocorie, un strabisme, une buphtalmie ou parfois une hétérochromie irienne ; la forme endophytique envahit progressivement le vitré et la forme exophytique gagne l'espace sous-rétinien avec décollement de la rétine.
Quand il est bilatéral (dans 30 à 40% des cas), le rétinoblastome est de survenue précoce, tandis que les formes unilatérales sont de survenue plus tardive, 24 mois et plus. De développement intra-oculaire puis intra-orbitaire, la tumeur gagne l’encéphale et le tissu osseux en suivant le nerf optique. Du point de vue anatomopathologique, on distingue le rétinoblastome indifférencié (mitoses nombreuses) du rétinoblastome différencié. Suivant le degré de différenciation on distingue le rétinoblastome du rétinocytome marqué par des rosettes de Homer-Wright ou des agencements en bouquet des cellules tumorales. Une forme particulière est le rétinoblastome trilatéral ou pinéaloblastome. Le traitement le plus actuel fait appel à la chimiothérapie, la thermocoagulation et la radiothérapie. 
Le rétinoblastome est lié à la délétion sur les deux allèles, d’un gène suppresseur, un des premiers individualisés, le gène RB (13q14). L’étude de ce gène a fourni un modèle d’oncosuppresseurs et a permis à Knudson, de formuler une « two-hit hypothesis » (double étape ou double détente) associant une mutation germinale, héritée, et une mutation somatique, acquise et accidentelle. Lors de la première modification de l'un des deux allèles l'affection n'apparaît pas ; il faut une deuxième mutation accidentelle somatique sur l'autre allèle homologue (autre chromosome) pour qu'il y ait transformation cellulaire maligne. La maladie est transmissible lorsque l'un des deux allèles des cellules germinales est anormal. Le gène muté se comporte donc comme un gène dominant avec pénétrance incomplète. Le gène non muté (RB1) est un anti-oncogène ; il est situé en 13q14.12-14.2, a une longueur de 180kb et comporte 27 exons. On connaît plus de vingt mutations différentes intragéniques. L’affection est autosomique dominante (MIM 180200 et MIM 180200.0001ff).

P. Pawius (Pieter Pauw), anatomiste hollandais (1597) ; A. N. Pandey, ophtalmologiste indien (2014)

buphtalmie, Homer-Wright (rosettes de), leucocorie, rosette HW, rosette FW

rétinoblastome-like 2 et like 1 l.m.

retinoblastoma-like 1 and 2

Gène humain, RBL2, conforme au gène du rétinoblastome mais situé sur une autre région en 16q12.2 et non en 13q14.12-14.2 (gène du rétinoblastome).
A partir d'une séquence de la protéine E1A, qui fait une liaison étroite avec la séquence du gène du rétinoblastome (protéine homologue ou similaire), Mayol a cloné un gène humain, RBL2, en un autre site. Des délétions en 16q ont été trouvées dans plusieurs cancers humains (poumon, ovaires, foie, prostate) ce qui laisse entendre que ce gène a une action anti-oncogène. Une technique un peu différente a été utilisée pour identifier le RBL1 ou CP107, dont le locus est en 20q11.2 et qui est un homologue du gène du rétinoblastome et intervient dans le contrôle de la croissance et de la régulation cellulaire. Affection à hérédité indéterminée (MIM 180203).

M. E. Ewen, bio-oncologue américain (1991) ; X. Mayol, biologiste espagnol en activités aux États-Unis (1993)

rétinoblastome trilatéral l.m.

retinoblastoma-threesided

Association d’un rétinoblastome et d’une tumeur intracrânienne qui se rencontre le plus souvent dans les rétinoblastomes bilatéraux ; il s'agit en général de tumeurs pinéales (pinéaloblastome) ou suprasellaire dont le diagnostic est fait en moyenne entre 9 mois et 44 mois.
D'autres tumeurs peuvent apparaître et le développement tardif vers la cinquantaine de mélanomes cutanés ou de sarcomes osseux chez les survivants des formes héréditaires est possible. Les rétinoblastomes unilatéraux ne sont héréditaires que dans 10 à 15% des cas. S'il existe d'autres cas dans la famille ils sont héréditaires à 100%. Les techniques de biologie moléculaire, permettent d’identifier les porteurs asymptomatiques. Vingt à 30% des rétinoblastomes sont des nouvelles mutations germinales et 60 à 70% sont des formes sporadiques ou des  phénocopies non héréditaires. Certains rétinomes peuvent régresser et se pigmenter et certains rétinoblastomes peuvent également involuer spontanément. L’affection est autosomique dominante (MIM 180200 et MIM 180200 0001ff)