Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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retour à domicile l. m.

homing

En médecine, retour précoce des patients hospitalisés à domicile, avec continuation des soins, dès que le séjour à l'hôpital n'est plus indispensable.
Ce retour à domicile peut se faire selon plusieurs modalités :
- retour au domicile antérieur dans le cadre de la vie habituelle,
- déménagement du patient avec reconstitution de son cadre de vie antérieur dans un appartement mieux adapté à son handicap,
- déménagement du patient et de sa famille dans un village où sont reconstitués des domiciles adaptés au handicap de ce type de patient, domiciles situés auprès d'une structure médicosociale spécialisée.
Cette politique de retour en milieu familier s'oppose à celle de maintien prolongé du patient à l'hospital jusqu'à “guérison” ou envoi en maison de convalescence. Avec, une bonne organisation des soins à domicile, on évite une hospitalisation onéreuse en maison de santé ou à l'hôpital et en dehors de toutes considérations économiques, le retour à domicile est souvent plus favorable au patient que son maintien à l'hôpital.
En fait les soins à domicile ont été pratiqués de tout temps, bien avant que des hôpitaux pour les pauvres, les soldats invalides et les pèlerins aient existé. Autrefois la plupart des soins se faisaient à la maison, notamment les accouchements, les petites interventions chirurgicales (on opérait sur la table de la cuisine) et l'on envisageait pas alors de conduire les mourants à l'hôpital. La prise en charge des soins par la collectivité lors du retour des patients chez eux est une pratique plus récente qui a été instaurée en Alsace dans les zones rurales, depuis plus de 150 ans à l'instigation des pasteurs protestants des vallées des Vosges. Après l'annexion allemande en 1870, Bismarck s'en est inspiré pour instituer la Sécurité Sociale, qui a été maintenue en Alsace après la réintégration de 1919 : cela a servi d'exemple lors de l'institution de la Sécurité Sociale en France “de l'intérieur” en 1945.
Le développement des techniques chirurgicales et médicales, notamment grâce à l'asepsie, a justifié l'hospitalisation, mais on s'aperçoit aujourd'hui qu'en dehors des soins intensifs, des interventions chirurgicales et des accouchements, l'hospitalisation peut avoir des graves inconvénients (infection hospitalière, hospitalisme chez les jeunes enfants, perturbations de la vie familiale et du confort psychique chez les personnes âgées et les enfants). Pourtant dans bien des cas les malades peuvent être maintenus à domicile dans le cadre de la vie familiale, si elle existe, à condition que des soins compétents et une surveillance infirmière régulière (éventuellement quotidienne voire biquotidienne) soient organisés.
En réanimation, passée la phase aigüe, on peut souvent ramener chez eux des insuffisants respiratoires graves (même sous respiration artificielle) ou des insuffisants rénaux traités par dialyse ainsi que des handicapés nécessitant des soins journaliers.

Syn. hospitalisation à domicile, HAD, homing