complétion n.f.
completion
Phénomène par lequel le sujet perçoit une image de façon complète même si une partie de celle-ci se projette sur un scotome.
Chez le sujet normal, la complétion est toujours observée pour la partie de l'image correspondant au scotome physiologique (point ou tache aveugle) constitué par la papille. Ce phénomène est mis en évidence en vision monoculaire en fixant un point et en recherchant la zone de disparition d'un deuxième point, situé sur l'horizontale passant par le point de fixation à environ 14° d'excentricité. Chez le sujet pathologique porteur de scotomes dans d'autres régions du champ visuel, on peut observer un phénomène de complétion qui explique que ces sujets ne s'aperçoivent pas forcément de leur déficit. Dans les cas de plus larges scotomes, il n'est pas rare d'observer que le déficit fonctionnel est plus réduit que ne le laisserait supposer l'étendue de la lésion rétinienne, ce qui n'est pas le cas des scotomes d'origine corticale. Les hypothèses les mieux admises invoquent l'extension des champs récepteurs des cellules corticales entourant la représentation corticale du scotome qui s'ajoute au phénomène physiologique observé dans le cas du scotome physiologique correspondant à la papille.
[P2,C2]
migraine accompagnée l.f.
ophthalmic headache, migraine with aura
Syndrome migraineux dont la phase céphalgique est précédée ou accompagnée de signes neurologiques transitoires.
Les plus habituels sont les symptômes visuels caractérisant la migraine ophtalmique : scotomes scintillants, visualisation de lignes brisées, phénomènes déficitaires (scotomes, hémianopsies, cécité transitoire). Parmi les symptômes neurologiques : paresthésies, hémiparésie, aphasie.
Étym. gr. hèmi : demi : kranion : crâne
Syn. migraine avec aura
dystrophie cone-rod l.f.
cone-rod dystrophy
Groupe d’affections rétiniennes qui apparaissent souvent dans l’enfance et s’aggravent ultérieurement, pouvant être isolées ou intégrées dans des syndromes intéressant d’autres organes.
Le premier signe est une baisse de l’acuité visuelle et une photophobie. Surviennent ensuite une dyschromatopsie, des scotomes au centre du champ visuel puis une cécité nocturne et une perte de la vision périphérique puis totale.
Il existe plus de 30 types de dystrophie cone-rod qui se différencient par leur origine génétique et leur modalité de transmission.
[P2]
Édit. 2017
migraine n.f.
migrain
Céphalée idiopathique survenant par accès récurrents pendant quelques années ou dizaines d'années chez environ 12% de la population française et dont les deux tiers sont de sexe féminin.
L'affection débute chez l'adolescent ou l'adulte jeune, parfois chez l'enfant. Les accès sont périodiques mais plus ou moins irréguliers, favorisés par des facteurs individuels comme les évènements existentiels, les facteurs hormonaux. En fait, l'environnement alimentaire, climatique et social est important.
Sa physiopathologie reste mal connue, mais elle implique des phénomènes vasculaires, neuronaux et biochimiques, notamment sérotoninergiques.
Le diagnostic est uniquement clinique. Il repose sur les critères de l'IHS ("International headache society"), à savoir : accès de céphalées qui durent 4 à 72 heures (plus de quatre crises dans les antécédents), au moins deux critères sur quatre, parmi : hémicrânie, pulsatilité, gêne dans les activités courantes, augmentation par les efforts physiques, enfin au moins un des deux suivants : nausées ou vomissements, photo ou phonophobie.
On distinguera la migraine sans aura, parfois précédée de prodromes (asthénie, troubles de l'humeur, bâillements, somnolence) et la migraine avec aura. Une aura est un symptôme neurologique topographique, s'installant de façon progressivement croissante en cinq à 20 minutes et durant moins de 60 minutes. Elle peut être visuelle (ancienne migraine dite ophtalmique), avec scotomes scintillants ou hémi-anopsiques et phosphènes, et aussi sensitive, motrice ou aphasique. La phase céphalalgique consécutive peut manquer.
Sont décrites encore des migraines atypiques : migraine hémiplégique familiale (liée à une anomalie sur le chromosome 19), basilaire, ophtalmoplégique, rétinienne.
Les traitements sont nombreux, s'adressant tant aux accès aigus qu'à la maladie migraineuse.
Étym. gr. hèmi : demi : kranion : crâne
→ antimigraineux (traitement), migraine et psychisme, triptans, aura