Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

46 résultats 

veines cérébrales internes l.f.p.

venae internae cerebri (TA)

internal cerebral veins

Chacune des deux veines profondes du cerveau qui naissent, respectivement de chaque côté, de l’extrémité antérieure de la toile choroïdienne du troisième ventricule par confluence de la veine du septum pellucidum, de la veine thalamo-striée et de la veine choroïdienne supérieure.
Elles cheminent d’avant en arrière entre les deux feuillets de la toile choroïdienne du troisième ventricule de chaque côté de la ligne médiane. Elles se réunissent à la base de la toile choroïdienne pour former la grande veine cérébrale dite de Galien. Chaque veine cérébrale interne reçoit : la veine du thalamus et du fornix, la veine du pied de l’hippocampe, la veine du calcar avis et la veine cérébelleuse médiane et supérieure.

C. Galien (Galen, Galenos ou Galenus), médecin grec (130-200)

Syn. anc. petites veines de Galien, veines cérébrales profondes, veines galéniques

[A1]

Édit. 2019

veines cérébrales internes ascendantes du lobe frontal l.f.p.

veines frontales de la face interne de l'hémisphère

veines cérébrales l.f.p.

veinae encephali (TA)

cerebral veins

Ensemble du système veineux de drainage de l'encéphale qui comporte trois niveaux : superficiel, profond et veines de la fosse postérieure.
Les veines superficielles drainent le sang de la majeure partie du cortex et de la substance blanche sous-jacente. Elles sont constituées par les veines ascendantes gagnant le sinus longitudinal supérieur et les veines descendantes gagnant soit la veine médiane superficielle du cerveau (petite anastomotique dite de Labbé), soit le sinus caverneux. Elles sont anastomosées par la veine anastomotique inférieure (grande anastomotique dite de Trolard), qui relie le sinus longitudinal supérieur aux veines cérébrales moyennes, elles-mêmes reliées au sinus latéral par la veine de Labbé.
Les veines profondes drainent le reste de la substance blanche et les noyaux gris centraux dans la grande veine cérébrale dite de Galien, par l'intermédiaire des veines cérébrales internes (réunion des veines septales, thalamostriées et choroïdiennes) et basale de Rosenthal.
Les veines de la fosse postérieure drainent le cervelet, le tronc cérébral, le IVème ventricule. Elles forment un groupe supérieur gagnant la grande veine de Galien et un groupe inférieur gagnant le sinus pétreux inférieur.

Ch. Labbé, chirurgien français (1879) ; J.B. Trolard, anatomiste français, membre ANM (1842-1910) ; F.C. Rosenthal, anatomiste allemand (1780-1829) ;  C. Galien, anatomiste et médecin grec (129-201)

[A1, K4, H1, H5]

Édit. 2019

veines cérébrales externes ascendantes l.f.p.

veines frontales externes

veines cérébrales inférieures l.f.p.

venae inferiores cerebri (TA)

inferior cerebral veins

Veines des gyrus de la face inférieure des hémisphères cérébraux.
Elles comprennent la veine de l'uncus de l'hippocampe, les veines de l'orbite, les veines temporales. Leur territoire est soit antérieur (veines inférieures du lobe frontal), soit postérieur (veines temporo-occipitales).

[A1]

Édit. 2019

veines cérébrales profondes l.f.p.

venae profundare cerebri (TA)

deep cerebral veins

Sont regoupées sous ce nom la veine basale et la grande veine cérébrale dite de Galien, par opposition aux veines superficielles du cerveau.
Elles drainent la face inférieure du cerveau et les structures centrales (voies et centres nerveux).

veines cérébrales internes

[A1]

Édit. 2019

veines circonflexes fémorales internes l.f.p.

veines circonflexes fémorales médiales

veines mammaires internes l.f.p.

veines thoraciques internes

veines maxillaires internes l.f.p.

veines maxillaires

veines palpébrales internes l.f.p.

Veines qui drainent le sang de la moitié interne des deux paupières.
Il existe le plus souvent deux veines palpébrales internes supérieures et deux veines palpébrales internes inférieures.

veines palpébrales inférieures, veines palpébrales supérieures

[A1, P2]

Édit. 2019

veines thalamiques antérieures et internes l.f.p.

veines thalamo-striées inférieures

veines thoraciques internes l.f.p.

venae thoracoepigastricae (TA)

internal thoracic veins

Veines satellites des artères thoraciques internes.
Au nombre de deux par artère, elles forment à leur terminaison un tronc commun qui se jette à gauche dans la veine brachio-céphalique gauche et, à droite, dans le confluent des deux veines brachio-céphaliques. Elles reçoivent des veines intercostales antérieures, des veines perforantes antérieures, des veines sternales, des veines musculo-phréniques, des veines sous-cutanées abdominales et les veines épigastriques supérieures. Elles sont anastomosées avec le système des veines azygos et constituent une voie de dérivation du système cave.

Syn. anc. veines mammaires internes

angioplastie des artères cérébrales l.f.

angioplasty of cerebral arteries

Technique chirurgicale d'élargissement de la lumière artérielle par une endoprothèse ("stent", treillis métallique en forme de cylindre, notamment) au niveau de la sténose, désormais réalisable pour l'ensemble des artères participant à la vascularisation du cerveau, depuis l'origine des troncs supra-aortiques jusqu'aux branches de division intracrâniennes.
L'angioplastie fait partie des techniques de neuroradiologie interventionnelle.
La diversification de ces endoprothèses vasculaires et un meilleur usage des anti-agrégants plaquettaires ont élargi ses indications. Mais celles-ci varient beaucoup, de même que les techniques, selon le siège de la sténose.
Dans les sténoses intracrâniennes, relativement rares, seule méthode de revascularisation, les risques en limitent les indications aux formes très serrées avec manifestations ischémiques récidivantes sous traitement antithrombotique.
Dans les sténoses de siège thoracique ou sous-clavier, l'angioplastie est le plus souvent envisagée en première intention.
Dans les sténoses de la bifurcation carotidienne, elle s'applique aux malades dits "à risque chirurgical élevé", chez lesquels elle pourrait permettre d'espérer une moindre morbidité que l'endartériectomie.
Une connaissance complète, anatomique, physiologique et clinique, des territoires vasculaires cérébraux est indispensable.

[B2,B4,H1,H2,K4]

Édit. 2017

circonvolutions cérébrales l.f.p.

gyri cerebri
cerebral gyri
Régions du cortex cérébral, délimitées par des sillons assez superficiels divisant la surface des hémisphères et groupées en lobes, eux-mêmes séparés par des scissures plus profondes.
Le lobe frontal inclut cinq circonvolutions, le lobe pariétal trois, le lobe temporal cinq, le lobe occipital six, le lobe de l'insula cinq.
De nombreuses classifications ont essayé de mettre en corrélation les aires de ces circonvolutions avec des fonctions neurologiques, notamment motrices ou sensitives (classification de Brodmann). P. ex. : aires 17 et 18 de la vision (lobe occipital).

Syn. circonvolutions des hémisphères cérébraux

gyri cerebri

[H5]

Édit. 2015

dissection des artères cervicales et cérébrales l.f

Clivage de la paroi de l'artère au niveau de la média, par un hématome spontané ou traumatique, représentant environ 20% des causes des accidents ischémiques cérébraux avant 45 ans

Dans 90% des cas, ce sont les artères extra-crâniennes qui sont intéressées. La distinction en dissections traumatiques (par choc cervical ou mouvements inhabituels du cou) et spontanées est difficile car leur présentation est identique et les antécédents traumatiques sont inconstants ou douteux. L’hématome survient habituellement en zone de transition histologique (terminaison du bulbe) et peut ou non communiquer avec la lumière artérielle. Le diagnostic doit être envisagé en présence d’un syndrome de Claude Bernard-Horner, d’acouphènes, d’une atteinte des dernières paires crâniennes, d’une cécité monotronculaire ou encore devant la survenue d’accidents ischémiques cérébraux de mécanisme thromboembolique avec céphalées et cervicalgies, de sévérité très variable.
Les investigations complémentaires réalisées en urgence (échodoppler cervical et transcrânien, imagerie et angiographie par résonance magnétique : IRM et ARM), remplaçant le plus souvent l'artériographie conventionnelle, permettent la confirmation du diagnostic. Elles assurent une surveillance régulière, quelle que soit l'artère disséquée, et conduisent à la mise en œuvre d'un traitement le plus précoce possible.
Celui-ci n'est qu'exceptionnellement chirurgical, l'évolution anatomique étant le plus souvent favorable. Les anticoagulants ou antiagrégants plaquettaires sont appliqués durant les premières semaines, afin de prévenir la constitution d'un accident ischémique cérébral ou oculaire, qui s'installe généralement dans la semaine après les premières manifestations et en tout cas jusqu'au mois suivant.

impressions des circonvolutions cérébrales  l.f.p.

impressions digitales

kyste orbitaire avec malformations cérébrales et dermiques l.m.

orbital cyst with cerebral and focal dermal malformations

oculocérébrocutané syndrome

Leber-reins polykystiques-malformations cérébrales l.m.

Leber’s amaurosis-cystic kidney-cerebral malformation

Cécité rétinienne congénitale (dégénérescence tapétorétinienne de Leber), dysplasie rénale (reins polykystiques), et retard mental avec malformations cérébrales (hypoplasie cérébelleuse).
Il s’agit de la forme d'amaurose congénitale de Leber de type II. Pour Nickel, 3/31 maladies de Leber avaient une hypoplasie cérébelleuse. Autre association décrite, paralysie des mouvements horizontaux. L’affection est autosomique récessive (MIM 204100).

Bonnie L. Nickel et C. S. Hoyt, ophtalmologistes américains (1982)

lésions axonales cérébrales diffuses traumatiques l.f.p.

diffuse axonal injury, traumatic axonal injury (TAI)

Forme particulière de contusion cérébrale provoquant la rupture des axones de la substance blanche à la suite d’un traumatisme violent, de pronostic habituellement grave.
Le mécanisme est souvent un accident de voiture ou de sport provoquant, à grande vitesse, un mouvement de bascule de la tête vers l’avant, vers l’arrière ou en rotation au cours d’une accélération-décélération brutale, avec ou sans impact.
Les lésions correspondent à une rupture des axones (axotomie) par cisaillement dans les zones de moindre résistance à la transition entre la substance grise et la substance blanche, dans la région périventriculaire, le corps calleux, la partie dorsale du mésencéphale à la partie haute du tronc cérébral. La rupture est suivie en quelques heures de la formation d’une « boule de rétraction » à l’extrémité proximale de l’axone (angl. axonal retraction ball) et de dégénérescence wallérienne du segment distal. Ces lésions anatomiques ont pu être reproduites expérimentalement chez l’animal (Gennarelli). Ces lésions peuvent se produire dès l’accident (axotomie primaire) ou dans les 48 premières heures ; elles peuvent être diffuses ou plus localisées, s’accompagner d’hémorragie par rupture vasculaire et, très rapidement, d’un œdème important.
Le tableau clinique, dans la forme grave, est celui d’un coma profond avec des signes d’hypertension intracrânienne, des déficits sensitifs et moteurs parfois étendus et d’un état végétatif persistant. En cas de survie les séquelles sont graves : troubles déficitaires sensitivo-moteurs, troubles cognitifs et psychologiques.
L’étude en IRM a permis une classification (L. Marshall) basée sur la constatation du déplacement cérébral et l’importance des lésions hyperdenses en mosaïque (hémorragiques) : la forme I, la plus bénigne, sans atteinte cérébrale discernable, est purement fonctionnelle avec peu de séquelles. Les formes II sans compression cisternale et III, avec compression cisternale ont peu de déplacement et peu de lésions hyperdenses. La forme IV, grave, comporte des signes d’œdème, des lésions hyperdenses et un déplacement de la ligne médiane supérieur à 5 mm. La forme V nécessite une intervention chirurgicale en fonction des lésions constatées et de leur évolution. Dans toutes les formes, mêmes légères, un œdème important peut se produire et l’hypertension intracrânienne peut ne pas répondre au traitement médical.

J. H. Adams et D. I. Graham, neuropathologistes britanniques (1982) ; T. A. Gennarelli, neurochirurgien américain (1982) ; L. F. Marshall, neurochirurgien américain (1992)

contusion cérébrale, axotomie, dégénérescence wallérienne

scissures cérébrales l.f.p.

sillons cérébraux, sillons interlobaires du cerveau

tumeurs cérébrales n.f.p.

brain tumors

Englobant toutes les tumeurs se développant à l’intérieur de la boîte crânienne, elles se divisent en deux grands groupes, les tumeurs primitives et les secondaires (métastases).
Leur fréquence relative est diversement appréciée : elle est de l’ordre de 10 à 15 / 10 0000 habitants, pour les premières, 3 à 4 fois plus élevée pour les secondes.
Les tumeurs primitives sont représentées principalement (dans près de la moitié des cas) par celles d’origine neuroépithéliales (gliomes), suivi par les méningiomes (25%) et d’autres variétés plus rares, tumeurs de la région sellaire (10%), tumeurs des nerfs crâniens et lymphomes (environ 10% pour chacun des deux groupes). Les gliomes eux-mêmes représentent un groupe hétérogène allant des variétés bénignes (astrocytomes) à des lésions très évolutives (lymphomes).
Pour les métastases, le cancer primitif est le plus souvent d’origine pulmonaire (50% des cas), suivi par le sein, le rein et le mélanome. Les métastases peuvent être uniques ou plus souvent multiples (2/3 des cas).
La symptomatologie révélatrice peut être brutale (le plus souvent crise d’épilepsie) ou plus ou moins rapidement progressive. Tantôt non spécifique (hypertension intracrânienne) ou focale et liée à la topographie de la lésion : il peut s’agir alors d’un déficit moteur ou sensitif, de troubles visuels, d’une aphasie ou de perturbations cognitives.
Le pronostic global, en dehors de l’état neurologique, de l’âge est essentiellement fonction de la nature histologique, allant d’une guérison complète en cas de tumeur bénigne chirurgicalement accessible à une évolution rapidement mortelle dans les gliomes malins (12 à 15 mois). Les astrocytomes ont un pronostic intermédiaire. Cependant des progrès récents ont été observés grâce aux découvertes de la cytogénétique et de la biologie moléculaire.

gliome, méningiome, lymphome primitif cérébral, astrocytome (neuropathologie), méningiome

tumeurs cérébrales (troubles psychiques des) l.m.p.

psychic disorders of cerebral tumors

Symptomatologie psychiatrique fréquente (plus de 50% des cas), parfois psychiatrique pure, surtout dans les formes lentes et dans les localisations frontales ou intraventriculaires (méningiomes).
Sont observés : un tableau confusionnel, le plus fréquent, et/ou démentiel ; des formes apathiques, stuporeuses, dépressives ou agitées ; des troubles psychiques variables selon la localisation tumorale et ses retentissements possibles (œdème, compression)
Cependant, d'une part, si les tumeurs frontales peuvent avoir une symptomatologie psychique inaugurale évocatrice, celle-ci est parfois observée dans des néoformations siégeant à distance, p. ex. dans la fosse postérieure dès lors qu'elles ont provoqué une importante dilatation des cornes frontales. D'autre part, un tableau évocateur d’un syndrome korsakoffien »  est possible dans des tumeurs de l'hypothalamus ou du trigone. Enfin, une corrélation entre l'hypertension intracrânienne et ces troubles psychiques n'est pas toujours établie puisque ceux-ci sont rares dans les tumeurs de la fosse postérieure et qu'ils précèdent très souvent la triade céphalées, vomissements et troubles oculaires.
La personnalité antérieure et ses anomalies peuvent également intervenir. À cet égard, en rester à un diagnostic d'hystérie peut constituer un "piège".
Malgré une sémiologie le plus souvent non caractéristique et parfois trompeuse, des signes tels qu'une fluctuation des troubles, une lenteur et une viscosité psychique sans rapport avec l'ensemble de la symptomatologie, des hallucinations souvent élémentaires, sans mode délirant proprement dit, enfin un examen neurologique soigneux, doivent inciter le clinicien à la mise en œuvre d'investigations complémentaires adaptées et spécialement de l'imagerie médicale.

Étym. lat. tumor : gonflement

Gayet -Wernicke-Korsakoff (encéphalopathie de)

Marshall (classification des lésions cérébrales post-traumatiques)

Classification par le scanner de l’importance des lésions  cérébrales initiales après un traumatisme crânien permettant de porter un pronostic et d’orienter les indications opératoires.
Quatre degrés principaux sont décrits :
- I -  pas de traduction radiologique ;
- II -hématome sous ou extradural de moins de 25ml avec un déplacement des structures médianes de  moins de 5 mm ;
- III – hématome de plus de 25 ml, déplacement de 0 à 5 mm, compression des ventricules latéraux ;
- IV – hématome de plus de 25ml et déplacement des structures médianes de plus de 5mm.
Deux autres degrés sont notés selon que la lésion a été évacuée ou non. La mortalité est d’autant plus importante que le degrès est plus élevé et l’intervention est indiquée en cas de  volume de l’hématome de plus de 25ml et de déplacement de plus de 5 mm des structures internes. Cette classification est intégrée dans le score de Glasgow.

L. F. Marshall et S. B. Marschall, neurologues américains (1992 et 2000 voir Juul)

échelle du coma de Glasgow, hématome sousdural, hématome extradural

[H2]

Édit. 2018

veines intrasegmentaires des veines pulmonaires l.f.p.

portion intrasegmentaire des veines pulmonaires

analgésie des nerfs honteux internes l.f.

pudental nerve analgesia

Analgésie périnéale tronculaire utilisant des anesthésiques locaux instillés dans le canal d'Alcock par voie transvaginale ou par voie transpérinéale.
Elle est facilitée par l'usage d'une aiguille spécifique : l'aiguille de Jahier ou l'aiguille de Khol.

Étym. gr. analgesia : insensibilité à la douleur (an : privatif, algesis : douleur)

[B3,G1,G3,G5]

Édit. 2017

| /2 | page suivante