Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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hyperpnée n.f.

hyperpnoea, hyperventilation

Ventilation trop forte par rapport aux besoins métaboliques.
Le sujet normal au repos ventile 8 L/min pour un rejet de 0,24 L/min de CO2 correspondant à une consommation de O2 de 0,300 L/min. Il ne faut pas confondre l'hyperpnée avec la polypnée, ventilation forte mais qui peut être adaptée aux besoins métaboliques.
Cette situation est susceptible de déterminer un état d’hypexcitabilité neuromusculaire et des crises tétaniques.

Étym. gr. huper : trop (en composition) ; pnoè : respiration

Syn. hyperventilation, mot moins précis, qui prend en compte la polypnée

Ant. hypopnée (ventilation trop faible pour la demande ventilatoire)

demande ventilatoire, hypocapnie, polypnée, ventilation-fréquence (diagramme)

[K1]

ventilation contrôlée l.f.

controlled ventilation, mandatory ventilation

Mode de ventilation artificielle consistant à prendre entièrement en main la ventilation, les centres respiratoires étant mis au repos (ils sont «en apnée»).
Ce mode qui impose de régler la grandeur de la ventilation suppose qu'on satisfasse à la demande ventilatoire du patient. Si cette demande n'est pas satisfaite (ventilation insuffisante) les centres respiratoires réagissent et déclenchent des mouvements inspiratoires incoordonnés avec les insufflations : il y a «lutte» contre le respirateur.
Les respirateurs modernes perfectionnés comportent des programmes permettant à l'appareil de s'adapter automatiquement à la demande ventilatoire.
Ce mode de ventilation s'impose quand les centres respiratoires sont déprimés (notamment au cours de l'anesthésie générale ou chez les patients comateux), mais il a l'inconvénient d'installer une certaine hyperventilation génératrice d'hypocapnie et d'alcalose. Les centres respiratoires moins sollicités ont alors beaucoup de difficulté à reprendre un fonctionnement normal lors du sevrage.
Avant d'arrêter une ventilation contrôlée il faut toujours passer en ventilation assistée ou du moins en ventilation contrôlée intermittente ou encore en ventilation imposée variable : on assure ainsi le sevrage dans de meilleures conditions qu'en faisant des essais de débranchement du ventilateur pendant un certain temps sous prétexte «d'entraîner le patient à respirer seul». Il y a là un risque non négligeable d'accident par oligopnée entraînant une hypoxie : le débranchement intempestif du respirateur peut entraîner un arrêt cardiaque.

Étym. lat. ventilatio : aération (terme d'architecture), repris par Gréhant (1860) en physiologie

ventilation artificielle, demande ventilatoire, ventilation assistée, ventilation assistée contrôlée intermittente, ventilation imposée variable