Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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ventilatoire (demande) l.f.

ventilatory demand

Valeur de la ventilation réglée par les influx issus des centres respiratoires.
Dans les conditions normales les centres respiratoires stabilisent la ventilation alvéolaire de manière à maintenir une PaCO2 voisine de 40 mm de Hg, ce qui correspond à une ventilation globale de l'ordre de 8 L/min au repos chez l'adulte.
Au cours de l'exercice musculaire, la consommation d'O2 et le rejet de CO2 augmentent considérablement ce qui entraîne un accroissement de la demande ventilatoire et une polypnée compensatrice en réponse. Mais, si l'effort est trop intense, la mécanique ventilatoire ne peut satisfaire la demande : c'est l'essoufflement qui dure jusqu'à ce que l'excès de CO2 soit éliminé.
En pathologie dans des situations diverses (hypoxie modérée ou acidose principalement, certaines intoxications) les centres respiratoires, s'ils sont normaux,  augmentent la demande ventilatoire pour compenser l'acidose (ex. respiration de Kussmaul) et augmenter la PAO2 ; mais si la demande est trop forte pour la mécanique ventilatoire la dyspnée apparaît. Par contre, lorsque les centres respiratoires sont déprimés (intoxications, forte hypercapnie, hypoxie prolongée, etc.) la demande ventilatoire devient faible ; elle peut même devenir nulle : c'est alors l'apnée rapidement suivie de l'arrêt cardiaque si une réanimation efficace n'est pas immédiatement entreprise.
Lors de la ventilation artificielle tout signe de dyspnée (battement des ailes du nez, lutte contre le respirateur, etc.) indique que la demande ventilatoire n'est pas satisfaite : il suffit, si c'est possible, d'augmenter la ventilation fournie pour satisfaire les besoins et faire cesser la dyspnée. Le contrôle du temps d'apnée permet d'éviter l'hyperpnée.

Étym. lat. ventilatio : aération (terme d'architecture), repris par Gréhant (1860) en physiologie

dyspnée, ventilation artificielle, Kussmaul (respiration de), apnée, hyperpnée