Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

64 résultats 

gliome des voies optiques l.m.

optic pathways glioma, pilocytic astrocytoma

Tumeur hamartomateuse à faible potentiel de croissance.
Elle survient dans l'enfance, souvent associée à une maladie de von Recklinghausen. Histologiquement, elle est formée d'astrocytomes pilocytiques dont les prolongements sont riches en gliofilaments, d'astrocytes protoplasmiques et fibrillaires, et de fibres de Rosenthal, épais trousseaux également riches en gliofilaments.
Le gliome du nerf optique du très jeune enfant est unique. Il se traduit par une augmentation de volume du nerf, dont les cloisons conjonctives persistent, ce qui donne un aspect lobulé à la prolifération tumorale lâche. Le pronostic est favorable après radiothérapie ou chirurgie.
Le gliome du chiasma survient vers l'âge de cinq à six ans. La nature de la tumeur est de même type, mais dépourvue de cloisons et souvent plus cellulaire. Son pronostic n'est pas toujours favorable.

glome du nerf optique

voies optiques secondaires et accessoires l.f.p.

secondary visual tracts

Voies visuelles connectées avec des structures cérébrales assurant les réactions réflexes, automatiques et inconscientes.
- La voie photique ou rétino-hypothalamique met en rapport les cellules rétiniennes avec les noyaux suprachiasmatiques situés sur la ligne médiane, dans le diencéphale entre le thalamus et le mésencéphale. Cette voie transmet directement aux noyaux les impulsions des bâtonnets. Ce système, très réactif à la lumière, véritable horloge biologique assure la régulation et la synchronisation des rythmes circadiens. Par ses relations avec l’épiphyse il agit sur la sécrétion de la mélatonine.
- La voie rétino-tectale ou colliculaire, oculomotrice, met en rapport les cellules rétiniennes avec les tubercules quadrijumeaux antérieurs (colliculi superiores) en arrière du mésencéphale. Le colliculus est connecté au corps géniculé latéral (CGL) par les bras conjonctivaux. Cette voie a un rôle dans l’oculo-motricité : coordination des mouvements de la tête et des yeux, et dans la fixation du regard : saccades, mouvement de poursuite. Une voie directe vers le prétectum stabilise également l’image sur la rétine, contrôle l’ouverture de la papille et intervient dans le réflexe photomoteur.
- Parmi les systèmes optiques accessoires le pulvinar a un rôle important : ses noyaux inférieurs reçoivent des axones du tractus optique, du CGL et sont connectés avec le colliculus supérieur, l’aire visuelle occipitale striée et par son intermédiaire avec l’aire occipito-pariétale impliquée dans la détection du mouvement. Il a un rôle dans l’attention visuelle, la coordination du regard avec les mouvements du corps et la reconnaissance visuospatiale. Trois autres petits noyaux (dits terminaux) près du colliculus supérieur, en relation avec le tractus visuel, ont également un rôle dans la stabilisation de l’image au cours des mouvements de la tête et du cou ; chacun d’eux est impliqué dans une des trois directions de l’espace.

tubercules quadrijumeaux, pulvinar, noyau suprachiasmatique, prétectum, mouvement de fixation, mélatonine

voies optiques l.f.p.

tractus opticus
optic, visual ways

voies de conduction optique, voies optiques secondaires et accessoires

voies de conduction cardiaques l.f.p.

cardiac conduction ways

Ensemble des structures intracardiaques qui assurent la naissance et la propagation de l’onde électrique d’excitation destinée au déclenchement de la contraction cardiaque.
Les altérations anatomiques ou fonctionnelles de ces voies entraînent des troubles dits conductionnels, dont le diagnostic et le traitement ont pris une grande importance dans la cardiologie moderne (action pharmacologique, cardiologie interventionnelle, stimulation cardiaque).

voies de conduction optique l.f.p.

tractus opticus
optic, visual tracts
Voies qui assurent l'acheminement des sensations visuelles de la rétine au cortex cérébral et qui comprennent, à partir de la rétine : la voie primaire formée par  le nerf optique, le chiasma optique, la bandelette optique, un relais dans le corps genouillé latéral, les radiations optiques (voies optiques intracérébrales) vers le cortex occipital et des prolongements secondaires vers les aires de reconnaissance du cortex occipito-pariétal et occipito-temporal.
Les cellules sensorielles, cônes et bâtonnets, envoient leurs informations aux cellules ganglionnaires par l’intermédiaire des cellules bipolaires. Les axones issus des cellules ganglionnaires se regroupent à la papille pour former le nerf optique (IIème paire crânienne) qui traverse le canal optique. Les deux nerfs droit et gauche se rejoignent au dessus de la partie antérieure de la selle turcique pour former le chiasma optique où se produit le croisement (décussation) sur la ligne médiane des axones qui proviennent de la région nasale de la rétine. Les axones provenant des régions temporales de la rétine ne croisent pas et restent homolatéraux. Ainsi les informations provenant du champ visuel droit sont dirigées vers l’hémisphère gauche et vice versa.
Les axones issus des angles postérieurs du chiasma forment les bandelettes optiques (ou tractus) qui atteignent les corps genouillés latéraux (CGL, partie du thalamus). Les cellules du CGL sont réparties en six couches. Les fibres issues des cellules ganglionnaires de grande taille (type M) de la rétine périphérique forment des synapses avec les grandes cellules des couches 1 et 2 ; celles-ci, avec leurs axones, forment le système magnocellulaire (5% des fibres). Les couches 3 à 6 formées de petites cellules reçoivent les axones issus de cellules P de la rétine et forment le système parvocellulaire (90% des fibres). Des cellules très petites forment la couche ventrale K (koniocellulaire) du CGL; elles reçoivent les axones de cellules ganglionnaires connectées aux cônes de type B (bleu).
 Les axones issus du CGL forment les radiations optiques de Gratiolet qui, à travers la substance blanche, se dirigent vers le cortex occipital et aboutissent à l’aire visuelle primaire V1 du cortex strié (ex aire 17 de Brodmann), de part et d’autre de la scissure calcarine à la face axiale du lobe occipital. Les fibres provenant de la macula par l’intermédiaire du CGL aboutissent à la partie toute postérieure du cortex strié.
A partir de V1 les informations visuelles se propagent aux aires extra-striées V2 à V5, aires d’intégrations, avec deux voies principales : la voie dorsale ou occipito-pariétale vers le cortex pariétal, spécialisé dans la localisation spatiale et le mouvement et la voie ventrale, occipito-temporale pour la reconnaissance des formes, des objets et de la couleur.
Les aires visuelles occipitales correspondent approximativement aux aires rétiniennes (organisation rétinotopique) sans proportionnalité. 

L. P. Gratiolet, anatomiste et zoologiste français (1854) ; K. Brodmann, anatomiste et neurologue allemand (1905 et 1908)

Syn. voies optiques

cellule ganglionnaire, corps géniculé latéral (CGL), chiasma optique, cortex visuelaire V1, aires visuelles, koniosystème, magnosystème, parvosystème, lobe occipital, voie dorsale, voie ventrale, organisation rétinotopique

voies de conduction visuelle l.f.p.

visual conduction tracts

voies de conduction optique, voies optiques secondaires et accessoires

bandelettes optiques l.f.p.

tractus opticus (TA)

optic tracts

Cordons symétriques de substance blanche qui poursuivent l'extrémité postérieure du chiasma, contournent le mésencéphale pour rejoindre les corps genouillés latéraux, et qui contiennent la partie terminale des axones des cellules ganglionnaires de la rétine faisant relais dans les corps genouillés.
Elles constituent en avant le plancher du IIIème ventricule.

Syn. tractus optiques

voies optiques, bandelettes optiques (pathologie des)

Édit. 2017

bandelettes optiques (pathologie des) l.f.

optic tracts disorders

Atteinte des bandelettes optiques par un processus pathologique quel qu'il soit, notamment tumoral, vasculaire, inflammatoire ou toxique, qui se traduit par une hémianopsie latérale homonyme.
La limite de cette hémianopsie est strictement médiane, avec partage de la macula. Elle peut comporter une atrophie optique.
En fait, une telle atteinte peut être isolée, en particulier lors des lésions ischémiques et de la sclérose en plaques, mais elle peut faire partie d'un syndrome de l'artère choroïdienne antérieure, où elle s'associe à une hémiplégie et à une hémianesthésie controlatérale complète.

bandelettes optiques

Édit. 2017

fibres optiques l.f.p.

optic fibers

Axones des cellules ganglionnaires, disposés en faisceaux parallèles, qui convergent vers la papille pour constituer le nerf optique et vont se terminer dans les corps genouillés.
Les fibres optiques rétiniennes sont amyéliniques.

[A2,H5]

Édit. 2018 

aphasie de conduction l.f.

conduction aphasia

Aphasie dont les perturbations essentielles se retrouvent au niveau de l'expression orale.
Fluente, celle-ci est caractérisée par de nombreuses transformations phonémiques dont le patient est le plus souvent conscient, ce qui l'amène à des conduites d'approche. Ces mêmes anomalies s'observent avec encore plus d'intensité dans les épreuves de transposition orale (répétition plus que lecture). Dans l'expression écrite, les troubles peuvent être de même nature ou se manifester par une dysorthographie et une dyssyntaxie discrètes. La compréhension orale et écrite est globalement préservée. Ce type d'aphasie peut survenir d'emblée ou constituer une forme évolutive d'aphasie de Wernicke.
Les lésions responsables impliquent habituellement le faisceau arqué et le gyrus supramarginalis, ou bien la région postérieure du gyrus insulaire, le cortex auditif proche et la substance blanche sous-jacente.

Étym. gr. aphasia : impuissance à parler

bloc de conduction l.m.

conduction block

Défaut de propagation d'un potentiel d'action à un endroit localisé sur le trajet du nerf.
Réduction de l'amplitude ou de la surface du potentiel évoqué d'au moins 30% après stimulation proximale par rapport à la stimulation distale, à condition qu'il n'y ait pas de dispersion trop importante de la réponse : l'élargissement de celle-ci doit être inférieur à 15%. En pratique électromyographique, les blocs de conduction sont recherchés au niveau des fibres motrices. Ils sont caractéristiques des lésions démyélinisantes focales.
Par stimulation "haute" au-dessus de la lésion, l'amplitude et surtout la surface sont réduites par rapport à la stimulation "basse" au-dessous de la lésion. En cas d'absence de potentiel d'action global du muscle (PAM) par stimulation haute, on a un bloc de conduction dit complet. Le bloc complet est accompagné cliniquement par une paralysie du muscle où un PAM normal est recueilli par stimulation basse.
Certains processus démyélinisants segmentaires comportent des blocs de conduction multiples, soit moteurs purs, soit sensitivomoteurs, d'évolution prolongée. Il s'agit de formes cliniques de polyradiculonévrites démyélinisantes chroniques.

blocs de conduction (neuropathie focale avec), Uthoff (phénomène d')

Édit. 2017

blocs de conduction (neuropathie focale avec) l.f.

focal neuropathy with conduction blocks

Neuropathies le plus souvent purement sensitives avec blocs de conduction multifocaux et chroniques.
Surtout masculines, elles comportent une atteinte motrice asymétrique plutôt distale, prédominant aux membres supérieurs, avec crampes, fasciculations et aréflexie fréquente. Leur évolution est lente.
Selon certains, ces neuropathies sont proches des polyradiculonévrites chroniques et elles se caractérisent par : une élévation, dans un bon nombre de cas, d'anticorps antigangliosides (antiGM) dans le sérum du patient et par l'efficacité des traitements à visée immunosuppressive (immunoglobulines par voie intraveineuse, cortisone, échanges plasmatiques et immunosuppresseurs tels que le cyclophosphamide).

Édit. 2017

conduction aérienne l.f.

aerial conduction

Propagation normale du son pour atteindre la cochlée par le méat acoustique externe, le tympan, les osselets.

Sigle CA

[P1]

conduction antérograde l.f.

anterograd conduction

Conduction électrique intracardiaque normale, se propageant du nœud sinusal, au nœud d'Aschoff-Tawara puis au faisceau de His, à ses branches terminales et au réseau de Purkinje.

K. Aschoff, anatomopathologiste allemand (1866-1942) ; S. Tawara, anatomopathologiste japonais (1873-1952) ; W. His, Jr, anatomiste suisse (1863-1934) ; J. Purkinje, anatomiste et physiologiste tchèque (1787-1869)

conduction cardiaque

[C1,K2]

conduction cardiaque l.f.

cardiac conduction

Propriété du myocarde permettant la propagation de l’excitation électrique d’une fibre musculaire à l’autre, et assurant la coordination de l’ensemble de la contraction cardiaque.
La fonction de conduction existe dans tout le myocarde mais elle est plus particulière à certaines structures différenciées appelées pour cette raison tissu de conduction ou voies de conduction. Les voies de conduction normales comportent le nœud sinusal de Keith et Flack où nait l’excitation, les fibres musculaires de la paroi auriculaire, le nœud auriculoventriculaire d’Aschoff-Tawara, le faisceau de His et ses deux branches terminales, enfin le réseau de Purkinje. Il peut exister, de plus, des voies de conduction accessoires.

A.  Keith, Sir, anatomiste britannique et M. Flack, physiologiste  britannique (1906) ; K. Aschoff, anatomopathologiste allemand (1866-1942) ; S. Tawara, anatomopathologiste japonais (1873-1952) ; W. His, Jr anatomiste suisse (1863-1934) ; J. Purkinje, anatomiste et physiologiste tchèque (1787-1869) ; A. F. Kent, physiologiste britannique (1893) ; I. Mahaim, médecin cardiologue suisse (1932)

Kent (faisceau de), Mahaim (fibres de)

[C1,K2]

conduction cartilagineuse l.f.

cartilage conduction

Propagation du son par les cartilages de l’oreille.
Pour le mesurer, le diapason est placé sur le tragus.

Sigle CC

[C2,P1]

conduction nerveuse l.f

nervous conduction evaluation

stimulodétection, étude de la conduction nerveuse

[C2,H1]

conduction osseuse l.f.

bone conduction, cranial conduction

Propagation du son à travers les structures osseuses du crâne.
La conduction osseuse est étudiée à l’aide d’un diapason appliqué sur la mastoïde. On distingue la conduction osseuse relative (COR), le diapason est simplement appliqué sur la mastoïde et la conduction osseuse absolue (COA), le diapason est appliqué sur la mastoïde et le méat acoustique externe est obturé.
Normalement : CA>CC>CO et COA>COR.

Sigle CO

acoumétrie

[C1,P2]

conduction rétrograde l.f.

retrograd conduction

Conduction électrique intracardiaque anormale toujours liée à un obstacle anatomique ou fonctionnel sur le trajet des voies de conduction.
Dans ce cas l’onde d’excitation suit en totalité ou en partie un trajet inverse du trajet normal.

conduction cardiaque

[C2,K2]

dysplasie épiphysaire multiple avec myopie et surdité de conduction l.f.

epiphysal dysplasia multiple with myopia and conductive deafness

Une famille avec myopie progressive, fragilité rétinienne, cataracte, surdité de conduction et dysplasie épiphysaire multiple.
L’affection est autosomique dominante (MIM 132450).

P. Beighton, médecin généticien sud-africain (1978)

Étym. gr. dus : difficulté ; plasein : façonner

dysplasie spondyloépiphysaire congénitale

système de conduction du cœur l.m.

complexus stimulans cordis, systema conducente cordis (TA)

conducting system of heart

Partie du myocarde chargé des fonctions d’excitation et de conduction.
Elle comporte deux segments : 1) l’appareil atrionecteur représenté par le nœud sinuatrial ; 2) L’appareil ventriculonecteur (ou système de Tawara-His-Purkinje) représenté par le nœud atrioventriculaire et par le faisceau atrioventriculaire qui se divise en deux branches droite et gauche, se ramifiant elles-mêmes en un réseau subendocardial.

Syn. anc. appareil connecteur atrioventriculaire, myocarde différencié, système autonome du cœur, système cardionecteur, système musculaire spécifique, système de commande du cœur, tissu cardionecteur, tissu nodal

nœud sinuatrial , nœud atrioventriculaire, faisceau atrioventriculaire, branche droite du faisceau atrioventriculaire, branche gauche du faisceau atrioventriculaire, rameaux subendocardiaux

temps de conduction atrio-ventriculaire l.m.

atrioventricular conduction time

Durée de la propagation de l’onde et excitation cardiaque entre l’oreillette et le ventricule.
Elle est mesurée sur l’électrocardiogramme par la longueur de l’intervalle PR.

temps de conduction sino-atriale l.m.

sino atrial conduction time

Intervalle de temps séparant le début de l’onde P de l’électrocardiogramme de surface, et le sommet de l’onde de l’auriculogramme enregistrée sur l’électrocardiogramme endocavitaire.
Cet intervalle représente le temps de conduction sinusonodal et a normalement une durée de 30 à 55 millisecondes.
Son allongement témoigne d’un trouble de la conduction intraauriculaire.

vitesse de conduction l.f.

conduction rate, conduction velocity (CV)

Vitesse de propagation d'un potentiel d'action le long d'un nerf ou d'une fibre musculaire.
Le nerf est stimulé à intensité maximale ou supramaximale en deux points (distance de conduction). La différence des latences des deux réponses ainsi évoquées (potentiel d'action global des fibres du muscle, PAM, et potentiel d'action des fibres nerveuses sensitives, PAS) est le temps de conduction. La distance de conduction divisée par le temps de conduction donne la vitesse de conduction des fibres les plus rapides. Celle-ci est exprimée en m/s.

Sigle VC

neurone, potentiel d'action global du muscle, potentiel d'action sensitif

voie dorsale de conduction optique l.f.

dorsal stream, parietal stream

Module anatomique de traitement des signaux visuels relatifs à l’espace, qui regroupe des aires corticales étroitement connectées au cortex pariétal.
La voie pariétale reçoit essentiellement des projections de type M (magnocellulaire), traitant des signaux de latence courte, particulièrement adaptés au codage du mouvement, caractéristique de l’aire MT(medial temporal) du singe. La lésion  de cette aire entraîne une perte de la discrimination des mouvements. Mais les effets de la lésion sont transitoires, sauf si la lésion implique également les aires adjacentes MST(medial superior temporal sulcus) et FST(floor of superior temporal sulcus). Le module de la voie dorsale est donc dévolu à la perception d’objets en mouvement, aux tâches de coordination visuomotrice ou de déplacement relatif du corps et de l’environnement.

Syn. voie occipitopariétale, voie pariétale

voies de conduction optique

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