Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

88 résultats 

cytostéatonécrose n.f.

fat necrosis, fat enzymic necrosis

Nécrose de liquéfaction liée à une digestion enzymatique du tissu adipeux, soit par la lipase pancréatique, comme dans le cas de la pancréatite aigüe nécrotico-hémorragique, soit par les propres lipases cytoplasmiques des adipocytes, comme dans le cas de la cytostéatonécrose mammaire.

B. A. Marfan, pédiatre, membre de l'Académie de médecine et G. L. Hallez, dermatologiste français (1926) ; B. A. Marfan, membre de l'Académie de médecine et J. Debray, pédiatres français (1926)

Étym. gr. kutos : cellule ; stear: graisse ; nekros : mort

[J1,O1,L1]

Édit. 2018

cytostéatonécrose cutanée nodulaire l.f.

adiponécrose cutanée nodulaire

[J1]

cytostéatonécrose du nouveau-né l.f.

subcutaneous fat necrosis of the newborn

Panniculite non infectieuse du nouveau-né, spontanément régressive en un mois, caractérisée par la présence d’un granulome hypodermique lipophagique avec inclusions intra-adipocytaires pseudocristallines lancéolées, se manifestant par des indurations nodulaires ou en placards de taille et de forme variables, plutôt situées sur les zones convexes : épaules, faces latéro-externes des membres, menton, zone malaire.
Les complications possibles sont la fluctuation, la calcification secondaire qui s'élimine très lentement et l'hypercalcémie. Les facteurs favorisants sont la souffrance néonatale, l'hypothermie, l'hypoxie. Le rôle des prostaglandines est évoqué.

B. A. Marfan, pédiatre, membre de l'Académie de médecine et G. L. Hallez, dermatologiste français (1926) ; B. A. Marfan, membre de l'Académie de médecine et J. Debray, pédiatres français (1926)

Étym. gr. kutos : cavité, cellule ; steas : graisse ; nekros, mort, cadavre

Syn. induration cutanée curable de Marfan, Hallez et Debray

cytostéatonécrose mammaire l.f.

mammary cytosteatonecrosis

Dégénérescence graisseuse bénigne du tissu mammaire profond qui peut cliniquement faire évoquer un cancer ou un abcès.
Une occlusion vasculaire traumatique en serait la cause.

lip

[J1,O5]

cytostéatonécrose pancréatique l.f.

panniculitis ou nodular fat necrosis due to pancreatic disease

Panniculite nodulaire douloureuse avec nécrose du tissu sous-cutané associée à une pancréatite ou à un cancer du pancréas et résultant de la libération dans la circulation générale d'enzymes lipolytiques pancréatiques.
Elle est souvent associée à une arthrite et parfois à un épanchement pleural ou à une ascite.

Syn. cytostéatonécrose disséminée, cytostéatonécrose métastatique

[L1]

cytostéatonécrose post-traumatique l.f.

posttraumatic nodular fat necrosis ou panniculitis

Panniculite aigüe caractérisée par une nécrose adipeuse, provoquée par un traumatisme et survenant généralement chez des sujets obèses, le plus souvent des femmes, et surtout dans la région mammaire.

[J1]

abcès de l'aréole du sein l.m.

abscess of the nipple

Infection cutanée superficielle de l'aréole du sein, survenant souvent à l'occasion d'un allaitement.
Il est traité par les antibiotiques, et éventuellement incisé.

Étym. lat. abcessus, d’abcedere : s’éloigner

[D1, O5]

Édit. 2020

abcès du sein l.m.

abscess of the breast

Collection suppurée du tissu mammaire survenant le plus souvent comme une complication de l'allaitement.
Elle évolue en une phase de galactophorite, sensible aux antibiotiques, et une phase d'atteinte lobulaire avec un stade pré-suppuratif et un stade suppuratif dont le traitement est chirurgical.
En dehors de la grossesse, l'abcès du sein peut être révélateur d'un cancer.

Étym. lat. abcessus, d’abcedere : s’éloigner

galactophorite

[D1, F2, O5]

Édit. 2020

abcès lymphangitique du sein l.m.

lymphangitic abscess of the breast

Suppuration localisée succédant à une lymphangite profonde du sein.
Le traitement antibiotique n'évite pas toujours le drainage chirurgical.

Étym. lat. abcessus, d’abcedere : s’éloigner

Syn. abcès prémammaire

[D1, O5]

Édit. 2020

adénofibrome du sein l.m.

breast adenofibroma

Tumeur bénigne extrêmement fréquente du sein, avec une double prolifération épithéliale et lobulaire.
Les structures épithéliales peuvent subir les mêmes transformations qu'une hyperplasie banale. Il est donc possible d'observer des cancers en périphérie d'adénofibromes et par conséquent prudent d'en pratiquer l'exérèse chirurgicale et l'examen histologique après l'âge de 30 ans.

Étym. gr. adên : glande ; lat. fibra : fibre ; ome : tumeur

[A3,F5,O5]

Édit. 2017

adénome du sein l.m.

breast adenoma

Tumeur bénigne, encapsulée, du sein avec un contingent uniquement papillaire.

Étym. gr. adên : glande ; ome : tumeur

[F5,O5]

Édit. 2017

adénose du sein l.f.

adenosis of the breast

Hyperplasie glandulaire, adénomateuse du lobule mammaire.
Elle est à différencier de l'hyperplasie lobulaire simple des ductules des lobules mammaires.

Étym. gr. adên : glande ; ose : affection chronique

[F5,O5]

Édit. 2017

adénose fibrosante du sein l.f.

fibro-adenosis of the breast

Hyperplasie glandulaire, bénigne, du lobule mammaire associée à de la fibrose qui enserre le lobule mammaire.

Étym. gr. adên : glande ; ose : affection chronique

Syn. adénose sclérosante du sein

[F5,O5 ]

Édit. 2017

adénose sclérosante du sein l.f.

sclero-adenosis of the breast

adénose fibrosante du sein

[F5,O5]

Édit. 2017

adénose sclérosante à forme pseudo-infiltrante du sein l.f.

pseudo-infiltrative sclero-adenosis of the breast

Hyperplasie glandulaire, bénigne, du lobule mammaire associée à de la fibrose qui étrangle le lobule mammaire et réalise un aspect pseudo-tumoral clinique et radiologique, démenti par la biopsie chirurgicale.

Étym. gr. adên : glande ; ose : affection chronique

[F5,O5 ]

Édit. 2017

adiponécrose du sein l.f.

cyto-steato-necrosis of the breast

Nécrose du tissu adipeux mammaire survenant après un traumatisme ou une intervention, pouvant cliniquement simuler un cancer.

Étym. lat. adeps : graisse ; gr. nekros : mort

Syn. cytostéatonécrose mammaire

[A3,O5]

Édit. 2017

ngiosarcome primitif du sein l.m.

primary angiosarcoma of the breast

Tumeur conjonctive maligne du sein d'origine vasculaire.

Syn. hémangio-endothéliome du sein

[F5,K4,O5]

Édit. 2017

aréole du sein l.f.

aréole mammaire

bout de sein l.m.

nipple's cap

Cupule en verre munie d'une tétine en caoutchouc protégeant le mamelon en cas de crevasse.
S'interposant entre le mamelon et la bouche du nouveau-né, il permet la poursuite de l'allaitement maternel.

Édit. 2017

cancer aigu du sein l.m.

acute breast cancer

Tumeur maligne diffuse inflammatoire, envahissant rapidement la totalité de la glande mammaire, souvent en période d’allaitement.

Syn. mastite carcinomateuse, cancer inflammatoire du sein

[F2, O5]

Édit. 2020

cancer canalaire du sein l.m.

ductal carcinoma of the breast

Cancer intraépithélial ou invasif des canaux galactophores extra-lobulaires du sein, le plus fréquent des cancers du sein.

Syn. carcinome canalaire du sein

cancer du sein

[F2,O5]

cancer canalaire in situ du sein l.m.

in situ ductal carcinoma of the breast

Prolifération de cellules épithéliales malignes, développée à l'intérieur des canaux galactophores sans effraction de la membrane basale, et donc a priori sans risque d'atteinte ganglionnaire ou métastatique.
Il représente environ 90% des cancers du sein in situ. Il est principalement évoqué devant un foyer de microcalcifications découvert sur une mammographie de dépistage. Le diagnostic est établi généralement par les macrobiopsies après repérage stéréotaxique. En fonction de l’architecture, du grade nucléaire et de la présence ou non d'une nécrose centrale, on distingue les types cribriforme, micropapillaire, solide et comédocarcinome, forme la plus agressive, définie par une nécrose associée à un haut grade nucléaire. Le pronostic se fonde sur l'index pronostique de Van Nuys, basé sur le grade histologique (établi en fonction du grade nucléaire et de l'existence d'une nécrose), la taille de la tumeur et l'étendue des marges saines d'exérèse). Le traitement (tumorectomie suivie de radiothérapie ou simple mastectomie) dépend de cet index ainsi que du caractère souvent multicentrique et de la présence fréquente de foyers microinvasifs, spécialement dans les tumeurs de grande taille (>ou= 25mm). Le pronostic est excellent avec un risque vital minime.

Étym. Van Nuys : quartier de Los Angeles

Syn.   carcinome canalaire in situ du sein, carcinome intracanalaire du sein

cancer du sein, index pronostique de Van Nuys

[F2,O5]

cancer canalaire invasif du sein l.m.

invasive ductal carcinoma of the breast

Adénocarcinome invasif des canaux galactophores extra-lobulaires du sein, la plus fréquente des tumeurs malignes du sein.

Syn. carcinome canalaire infiltrant du sein, carcinome canalaire invasif du sein

cancer du sein

[F2,O5]

cancer colloïde du sein l.m.

colloidal breast carcinoma

Syn. cancer mucineux du sein, carcinome colloïde du sein

cancer du sein, cancer mucineux du sein

[F2,O5]

cancer du sein l.m.

breast cancer

Tumeur maligne de la glande mammaire naissant dans la grande majorité des cas à partir des revêtements épithéliaux des lobules ou des canaux galactophores.
Il s’agit dans plus de 90% des cas d’adénocarcinomes. Les sarcomes et les lymphomes malins mammaires sont beaucoup plus rares (environ 1% des cas). La grande majorité des adénocarcinomes du sein sont des cancers "invasifs", c'est à dire envahissant les structures sous-jacentes à la glande mammaire elle-même (canaux ou lobules). Mais, il existe des cancers(ou carcinomes) in situ canalaires ou lobulaires qui avec les cancers dits micro-invasifs, (c’est-à-dire avec un envahissement minime du tissu sous-jacent) représentent environ 15% des cas diagnostiqués lors du dépistage par mammographies et dont les taux de guérison avoisinent 100%.
Parmi les formes invasives, on distingue les adénocarcinomes canalaires infiltrants (70 à 80% des cas), les adénocarcinomes lobulaires infiltrants (10% des cas), les adénocarcinomes tubuleux (environ 5% des cas), les adénocarcinomes colloïdes ou mucineux (2% des cas) et les adénocarcinomes médullaires (environ 1% des cas)
On distingue des cancers de type "luminal" qui se développent à partir des cellules épithéliales des canaux ou des lobules . Les cancers de type "luminal A" ont plus de récepteurs d'oestrogènes que ceux de type "luminal B". A côté il existe des cancers de type "basal like" plus agressifs, dont les cellules ressemblent aux cellules basales des canaux galactophores amènant le lait dans les canaux, par opposition aux cellules luminales.
A la surface des cellules cancéreuses des adénocarcinomes mammaires se trouvent dans 75 % des cas environ des récepteurs hormonaux (aux oestrogènes et ou aux progestatifs). Ces cancers sont alors souvent sensibles à une action hormonale. A la  surface de ces cellules on retrouve dans un quart des cas une surexpression d’un récepteur appelé HER2/neu qui,  activé, entraîne une activation de la prolifération tumorale; ce type de cancer sera sensible à une immunothérapie spécifique. On dit qu'un cancer du sein est "triple négatif" quand à la surface des cellules, il n'y a ni récepteurs hormonaux, ni surexpression d'HER2/neu.
C’est le plus fréquent des cancers féminins dans les pays occidentaux à haut niveau socio-économique. Il peut atteindre l’homme dans 1% des cas. En France, selon les estimations de Santé publique France, son incidence annuelle est de 58 546  cas en 2018 et la mortalité qui lui est liée de 12 146 cas annuels. Rare avant 30 ans, son pic d’incidence se situe entre 60 et 65 ans. Il est favorisé par le jeune âge à la puberté, la nulliparité ou une première grossesse après 35 ans, l’absence d’allaitement, des cycles anovulatoires, un traitement œstrogénique prolongé, une ménopause tardive. Dans 5 à 8 % des cas, il s’agit de formes familiales parmi lesquelles on met en évidence une mutation des gènes BRCA1, BRCA2.
Il peut être diagnostiqué soit à l’occasion d’un dépistage par mammographie recommandé tous les deux ans de 50 à 74 ans, soit lors de la découverte d’une anomalie mammaire, le plus souvent une tuméfaction. Il existe dans 2 à 3% des cas des formes qui s’accompagnent de signes inflammatoires. Le diagnostic s’ aide de  l’imagerie, mammographie, échographie,image de résonnance magnétique.
Il existe deux principaux marqueurs tumoraux sériques relativement peu sensibles mais intéressants pour suivre et apprécier tout au moins partiellement l’efficacité thérapeutique, lorsqu’ils sont élevés, l’antigène carcino-embryonnaire, peu sensible et peu spécifique, le CA 15-3 plus sensible et plus spécifique,  en aucun cas, il ne peut s’agir d’outils de dépistage.Le diagnostic est histologique porté soit par une biopsie guidée soit lors de l’intervention par une biopsie extemporanée confirmée et affinée lors de l’inclusion en paraffine.
Son pronostic dépend des caractéristiques cliniques et histologiques dont le grade histopronostique (grade de Scarff Bloom et Richardson adapté par Elston et Ellis), la présence ou non de récepteurs hormonaux, de la surexpression ou non d’HER2/neu et par l’envahissement ganglionnaire axillaire (les formes invasives sont lymphophiles) qui est évalué soit par curage axillaire, limité quand cela est possible grâce à la technique dite du ganglion sentinelle. Les  métastases sont  principalement osseuses, hépatiques et pulmonaires.La taille de la tumeur, l’envahissement clinique ganglionnaire et les métastases sont à la base de la classification internationale T N M.
En l’absence de métastases, le traitement est local intéressant la tumeur et les aires ganglionnaires satellites, basé sur la chirurgie et la radiothérapie dont l’étendue dépend du stade initial. Au niveau mammaire la chirurgie complétée alors, au besoin par la radiothérapie, s’efforce d’être la moins mutilante possible. De même avec la technique dite du ganglion sentinelle, lorsqu’on peut l’utiliser sans risque, l’évaluation de l’envahissement des ganglions axillaires devient de moins en moins agressive.
Ce traitement est souvent complété par un traitement médical dit « adjuvant » dépendant des caractéristiques anatomiques et biologiques de la tumeur. Ce peut être une chimiothérapie cytotoxique, une hormonothérapie à visée anti-œstrogène (en présence de récepteurs hormonaux), une immunothérapie spécifique en cas de surexpression du gène HER2/neu).
La chirurgie est contre-indiquée, tout au moins de première intention dans les rares formes inflammatoire, le traitement reposant sur les traitements médicaux et la radiothérapie. Le traitement des formes métastatiques est essentiellement médical dépendant des caractères de la tumeur : présence ou non des récepteurs hormonaux, du statut HER2/neu et bien sûr de l’état général de la patiente.

W. S. Halsted, chirurgien américain (1894)

Syn. carcinome mammaire

adénocarcinome, antigène carcinoembryonnaire, BRCA,  cancer inflammatoire du sein, cancer médullaire du sein, cancer in situ, carcinome canalaire in situ du sein, carcinome lobulaire in situ du sein, classification TNM, dépistage, échographie, Scarff Bloom et Richardson

[F2, O5]

Édit. 2020

| /4 | page suivante