céroïde lipofuscinose infantile tardive variant turque l.f.
late infantile ceroide lipofuscinose type turkish
Hérédodégénérescence neuronale lysosomique, autosomique récessive, décrite dans la population turque en 1978.
Les troubles neurologiques débutent entre 5 et 10 ans avec des convulsions, une myotonie, une dysarthrie. Les troubles moteurs, la spasticité, les troubles visuels et le retard mental sont retardés et modérés (la vision peut être normale). L’évolution est lente : la survie est parfois prolongée jusqu’à la soixantaine. L’affection est un variant allélique de l’épilepsie du Nord, liée à une mutation d’un gène localisé en 8p23 codant une protéine transmembranaire.
Isabelle Rapin, neuropédiatre américaine (1978)
Syn. céroïde lipofuscinose neuronale infantile de type 7, CLN 7
→ céroïde neuronale infantile , épilepsie du Nord
[Q2,H1]
Édit. 2018
variant n.m
variant
Polymorphisme du génome dont l’allèle mineur est présent, soit dans plus de 5% de la population (« single nucleotide polymorphism » ou SNP ou snip ), soit à très basse fréquence (« single nucleotide variant » ou SNV).
Les SNP sont en fait des SNV dont la fréquence dans la population est élevée.
Avec les SNV, ce sont des polymorphismes de l'ADN dans lequel deux chromosomes diffèrent sur un segment donné par une seule paire de bases. Ils représentent la forme la plus abondante de variations génétiques dans le génome humain et correspondent à plus de 90% de toutes les différences entre individus.
En moyenne, un SNP est observé tous les 100 à 1000 nucléotides aussi bien dans les régions codantes que non codantes. Ils ne modifient pas, en général, le phénotype. La fréquence d’un type donné dans la population doit dépasser 5% pour répondre à leur définition. Des associations de SNP sont caractéristiques de certaines ethnies. Les études pangénomiques comparées ou « genome wide association studies (GWAS) » de patients atteints de diverses maladies chroniques non transmissibles et de sujets sains témoins a montré que la fréquence de la maladie augmentait parfois dans des proportions modestes lorsqu’un ou plusieurs SNP donnés étaient présents ; mais ce type de prédisposition reste d’un intérêt prédictif limité.
Les SNP sont également utilisés dans l’identification des personnes et les études de filiation.
A la différence des SNP, les différents types de SNV sont peu fréquents dans la population, souvent inférieurs à 1%, mais leur variété est très élevée. Si le taux de mutation reste faible (environ 10-8 par nucléotide et par génération, soit 60 pour 6 109nucléotides), leur fréquence devient grande dans l’ensemble de la population lorsque celle-ci s’accroît rapidement, ce qui est le cas de la population humaine, surtout dans les périodes récentes. En effet, la sélection darwinienne n’a plus le temps d’agir et d’éliminer ces mutations.
Un nombre important de SNV est non synonyme. Ils altèrent la protéine codée par le gène et l’inactivent souvent. Ces mutations rares sont nombreuses dans la population, mais peu fréquentes chez chaque individu par rapport aux SNP. Elles pourraient rendre compte, en grande partie, de l’héritabilité manquante, c'est-à-dire des phénotypes héréditaires d’origine inconnue.
[Q1]
Édit. 2020
variant pathogène de l'ADN l.m.
pathogenic variant, disease-causing variant
Altération génétique responsable d’une maladie ou augmentant la susceptibilité ou la prédisposition de la développer.
Lorsqu'un variant pathogène est hérité, le développement des symptômes de la maladie est plus probable, voire certain, selon la nature du gène, du variant et de la maladie. Bien que le terme variant pathogène soit préféré on trouve souvent les appellations mutation délétère, mutation pathogène, mutation prédisposante.
→ mutation
[Q1]
Édit. 2020
SNV (single nucleotid variant) l. angl
→ variant
[Q1]
Édit. 2020
analyse génétique l.f.
genetic analysis
Mise en évidence du déterminisme génétique d'un caractère à l'aide de divers types de croisements entre des individus porteurs d'allèles différents pour le caractère étudié.
Les analyses réalisées par G. Mendel étaient des analyses génétiques empiriques.
Étym. gr. analusis : décomposition
[Q1]
Édit. 2017
association génétique l.f.
genetic association
Association entre un génotype particulier et un phénotype, se traduisant par une maladie, qui ne dépend pas exclusivement du gène étudié.
Ce terme est utilisé pour désigner des gènes de prédisposition ou facteurs de risque, par ex. l’association de spondylarthrite ankylosante ou d’uvéite avec certains allèles HLA B27.
asthme (génétique de l') l.f.
asthma genetics
Étude des facteurs de risque relevés dans les antécédents familiaux considérés comme les plus prédisposants à l'asthme ou à l'atopie.
Ni les études de liaison permettant pour chaque locus ou région génique d'établir un lien non fortuit avec l'affection, ni la génétique moléculaire par l'utilisation des marqueurs, n'ont permis d'individualiser avec certitude les gènes de susceptibilité de l'asthme et des allergies respiratoires.
Deux études sont poursuivies en parallèle. Celle des gènes-candidats cherche une relation entre le phénotype particulier et des marqueurs localisés dans des régions de gènes connues comme impliquées dans la maladie ; cette technique a localisé 5 locus de susceptibilité. La méthode de criblage du génome scrute l'ensemble du génome humain sans idée préconçue sur une région particulière ; elle a confirmé une association pour 5 régions déjà connues, et suspecté 9 régions jusqu'alors inconnues. Les connaissances demeurent donc fragmentaires.
Asthme et atopie sont des maladies liées à l'interaction de nombreux gènes entre eux, et à celle de l'environnement : une extrême variabilité phénotypique en résulte.
Étym. gr. asthma : respiration pénible, asthme
bioenrichissement génétique l.m.
biofortification, genetic biofortification
Amélioration de la richesse nutritionnelle des plantes alimentaires par sélection génétique ou par transfert de gènes.
Le bioenrichissement génétique permet d’augmenter la teneur des plantes en minéraux, en vitamines ou provitamines, en acides gras et en acides aminés essentiels, ainsi que leur biodisponibilité. Le riz doré, contenant du bêtacarotène précurseur de la vitamine A, est un exemple de plante issue d’un bioenrichissement génétique par transfert de gènes.
[C2, Q1]
Édit. 2019
caractère génétique l.m.
genetic character
Caractère transmis d’une génération à l’autre selon les lois de l’hérédité.
G. Mendel, moine et naturaliste tchèque (1822-1884)
→ génotype, Mendel (lois de), phénotype
[Q1]
caractéristique génétique l.f.
genetic characteristic
Caractère héréditaire, spécifique d'un individu, porté par un élément de la molécule d'ADN, cet élément pouvant être un segment codant pour un gène ou un segment non codant.
La recherche des caractéristiques génétiques peut répondre à une finalité médicale, la reconnaissance d'une maladie génétique, ou d'une prédisposition pathologique. Elle peut répondre à une finalité judiciaire, visant à l'identification biologique d'un individu ou à l'établissement d'une filiation.
[Q1]
carte génétique l.f.
genetic map
Représentation graphique de l'arrangement des gènes, leur ordre et leurs distances relatives sur un chromosome.
Elle est déduite du taux de recombinaison entre ces gènes.
[Q1]
Édit. 2019
charge génétique l.f.
genetic load
Réserve de polymorphisme présente dans une population sous forme d'allèles rares et apparemment non-utilisés dans certaines conditions, mais constituant un potentiel adaptatif pour la population, et lui permettant une réponse rapide à toute variation du milieu.
→ adaptation, fardeau génétique, létal, mutation délétère
[Q1]
code génétique l.m.
genetic code.
Système constitué de triplets de nucléotides permettant la traduction d'un message contenu dans la mémoire génétique de la cellule pour la biosynthèse des protéines.
| 1er | 2ème | 3ème | |||
| nucléotide | nucléotide | nucléotide | nucléotide | nucléotide | nucléotide |
| U | C | A | G | ||
| U | Phe | Ser | Tyr | Cys | U |
| U | Phe | Ser | Tyr | Cys | C |
| U | Leu | Ser | A | ||
| U | Leu | Ser | Trp | G | |
| C | Leu | Pro | His | Arg | U |
| C | Leu | Pro | His | Arg | C |
| C | Leu | Pro | Gln | Arg | A |
| C | Leu | Pro | Gln | Arg | G |
| A | Ile | Thr | Asn | Ser | U |
| A | Ile | Thr | Asn | Ser | C |
| A | Ile | Thr | Lys | Arg | A |
| A | Met | Thr | Lys | Arg | G |
| G | Val | Ala | Asp | Gly | U |
| G | Val | Ala | Asp | Gly | C |
| G | Val | Ala | Glu | Gly | A |
| G | Val | Ala | Glu | Gly | G |
[Q1,C3]
compétence génétique l.f.
genetic competence
Etat d'une cellule qui permet la pénétration d'un acide nucléique étranger.
Cet état peut exister naturellement ou être obtenu expérimentalement.
[Q1]
Édit. 2019
conseil génétique l.m.
genetic counselling
Ensemble des moyens utilisés pour prévoir les risques de génopathie dans une descendance, et conseiller en conséquence les personnes ou les couples dont les familles ont présenté des anomalies.
Le conseil implique donc une évaluation concise et précise : il a pour but d'aider à prendre une décision raisonnée. Celle-ci peut être un renoncement à la procréation, une insémination par sperme anonyme, une adoption, l'implantation d'un œuf d'origine zygotique étranger au couple, la vérification d'un œuf conçu par le couple avant son implantation ou au cours de la grossesse.
Le conseil génétique nécessite une réunion de compétences diverses et convergentes : gynécologiques, pédiatriques, génétiques, psychologiques, éthiques, sociales, etc.
[Q1]
conseil génétique en neurologie l.m.
genetic counselling in neurology
Estimation, pour une personne ou pour les enfants d'un couple, du risque de développement d'une affection neurogénétique, et évaluation de ce risque pour la descendance.
Les importants progrès de la génétique moléculaire permettent une analyse de liaison (maladies dont le gène responsable a été localisé) et une recherche directe de la mutation (gène cloné et mutations connues).
Ainsi, le diagnostic présymptomatique de la chorée de Huntington pose des problèmes éthiques majeurs dans les familles, qui la vivent très douloureusement. Il doit toujours s'accompagner d'une prise en charge psychologique.
Six principes doivent être respectés : bénéfice escompté pour le demandeur, autonomie avec demande individuelle par une personne majeure, consentement éclairé, confidentialité, droit de ne pas savoir et absence de discrimination financière dans l'accès à un centre spécialisé.
À l'évidence, ce conseil n'est possible que si le diagnostic de la maladie en cause a été formellement établi.
Cette médecine prédictive, reposant sur la connaissance de gènes de susceptibilité ou de résistance et seulement probabiliste, doit être mise en œuvre avec une grande circonspection.
G. Huntington, médecin américain (1872)
→ conseil génétique, génétique en neurologie
[Q1,H1]
conseil génétique en psychiatrie l.m.
genetic counselling in psychiatry
Estimation, pour une personne ou pour les enfants d'un couple, du risque d'une affection génétique monogénique ou chromosomique. Ce conseil n'est possible que si le diagnostic de la maladie en cause a été formellement établi.
Ainsi, dans le syndrome de l'X fragile (arriération mentale, syndrome dysmorphique, macro-orchidie), la détection des femmes transmettrices et le diagnostic prénatal sont désormais possibles par analyse directe de l'anomalie moléculaire.
Les progrès prévisibles dans l'identification encore relative de gènes de susceptibilité pour les affections psychiatriques majeures, principalement les schizophrénies et la maladie maniacodépressive, pourraient permettre un conseil génétique. Toutefois, les incidences négatives et anxiogènes de telles révélations devront être bien pesées, à la mesure des risques surajoutés qu'elles suscitent dans ces familles souvent déjà fragiles sur le plan psychique.
→ conseil génétique, génétique en psychiatrie, trisomie (diagnostic anténatal d'une)
[Q1,H3]
contexte génétique l.m.
genetic background
[Q1]
dépistage génétique l.m.
genetic case finding, genetic screening
dépression (génétique) l.f.
genetics depression
Le caractère familial des troubles de l'humeur ayant été remarqué depuis longtemps (E. Kraepelin, 1922), le mode de transmission n'est pas connu. L'hypothèse d'une vulnérabilité génétique prédisposante est le plus souvent retenue, la plasticité des systèmes neuronaux rend probables les interactions gènes-environnement.
Deux conceptions s'opposent : analytique et classificatrice, admettant l'hétérogénéité des troubles ; unitaire, renvoyant à une même vulnérabilité génétique quel que soit l'aspect des troubles. Le facteur génétique peut être lié à l'action d'un seul locus ou au contraire à une multiplicité de gènes interagissant entre eux et avec l'environnement.
Le risque dans les familles bipolaires de développer ce trouble est élevé : 20% (population générale : 0,5-1%) ; 10% chez les parents au premier degré d'un sujet unipolaire). De l'ordre de 0,67 entre jumeaux monozygotes, la concordance est moindre chez les dizygotes. Certains résultats indiquent une concordance plus grande chez ces derniers, comparés au reste de la fratrie, suggérant une influence conjointe des facteurs génétiques et environnementaux. Les études d'adoption montrent une importance supérieure des facteurs génétiques dans le trouble bipolaire comparé au trouble unipolaire.
Pour le trouble bipolaire, les résultats les plus valides des recherches de marqueurs génétiques, réalisées par des études d'association ou de linkage, montrent l'existence d'un facteur de susceptibilité à la maladie sur le chromosome X. L'existence d'une liaison génétique avec des marqueurs situés sur le bras court du chromosome 11, à proximité d'un des gènes candidats, celui de la tyrosine hydroxylase, n'a pas été confirmée.
E. Kraepelin, psychiatre allemand (1856-1926)
dérive génétique l.f
genetic drift
Changements dans les fréquences alléliques, observés au sein d'une population isolée et généralement réduite, et résultant de facteurs aléatoires et non de processus de sélection.
→ population, génétique des populations.
déséquilibre de liaison génétique l.m.
linkage disequilibrium.
Situation dans laquelle deux gènes sont trouvés ensemble dans une population à une fréquence supérieure à celle prédite par le produit de leur fréquence individuelle.
déterminisme génétique l.m.
genetic control
Modalités du contrôle d'un caractère génétique par un ou plusieurs gènes indépendants ou liés.
Étym. lat. determinatio : fixation d’une limite
diagnostic génétique l.m.
genetic diagnosis
1) En biologie génétique, reconnaissance par l'analyse du génome de l'origine génétique d'une maladie ou d'une prédisposition à la maladie.
L'analyse peut être cytogénétique (détermination d'une anomalie de nombre ou de structure des chromosomes) ou génique (détermination d'une délétion ou d'une mutation au niveau d'un gène).
Elle utilise des sondes moléculaires spécifiques.
2) En médecine légale, identification d’un individu par l’étude de son empreinte génétique.
Il est particulièrement utilisé pour l’établissement d’une filiation biologique et en pratique médicolégale criminalistique. Il repose sur l’analyse de l’ADN nucléaire et de l’ADN mitochondrial. .
→ empreinte génétique, cytogénétique, délétion, mutation
[E3, Q1]
Édit. 2019
diagnostic génétique préconceptionnel l.m.
preconception genetic diagnosis
Détermination faite dans la perspective d'une conception du risque de survenue d'une maladie génétique.
L'évaluation du risque est faite à partir des caractéristiques du couple procréateur à l'égard de la maladie redoutée.