Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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adénosine-diphosphate n.m.

adenosine diphosphate

Nucléotide constitué de l'adénine, liée par une liaison N-osidique au bêta-D-ribose, lui-même estérifié par deux phosphates, liés entre eux par une liaison anhydride d'acide.
L’adénosine-diphosphate est l’accepteur d’acide phosphorique riche en énergie provenant des oxydations phosphorylantes productrices d’ATP. Il est formé dans les cellules par l’hydrolyse de l’ATP, et aussi par l’action de la myokinase.
Au cours de l'hémostase primaire, cette molécule est libérée, après lésion vasculaire, par les cellules endothéliales ou les cellules sanguines, dont les globules rouges, et induit une agrégation plaquettaire dose-dépendante en provoquant à la surface des plaquettes une modification du complexe glycoprotéinique IIbIIIa qui expose le récepteur du fibrinogène.

Sigle ADP

adénosine-triphosphate

[C1,C3,F1,F4]

Édit. 2017

adressine n.f.

addressin

Molécule de reconnaissance située à la surface des cellules, trouvée en particulier dans les cellules endothéliales et servant à diriger les migrations des cellules dans l'organisme.
Les adressines contrôlent la migration sélective ou écotaxie des leucocytes vers les tissus lymphoïdes périphériques (ganglions, rate, formations lymphoïdes associées aux muqueuses) et vers la peau, les muqueuses ou les tissus, siège d'une réaction inflammatoire.

[C1,C3]

Édit. 2017

anticorps cytotoxique l.m.

cytotoxic antibody

Anticorps dirigé contre un épitope de molécule membranaire de cellules cibles dont la fixation peut entraîner la lyse des cellules cibles par activation du système du complément ou par mise en jeu de cellules cytotoxiques dépendant des anticorps (ADCC).

cytotoxicité, apoptose

Aschoff (nodule d') l.m.

Aschoff body

Lésion histologique élémentaire, arrondie ou ovoïde, parsemant le tissu conjonctif interstitiel du myocarde, évocatrice mais non pathognomonique d’une atteinte par le rhumatisme articulaire aigu.
Elle se présente sous la forme de nodules submiliaires de 50 à 100 mm de diamètre, organisés en 3 couches : une centrale fibrinoïde, une moyenne constituée de cellules histiocytaire activés (cellules d'Anitschkow ou cellules d'Aschoff), et d'une zone périphérique lymphoplasmocytaire. Ces nodules peuvent persister à l'âge adulte, sans correspondre pour autant à une évolutivité du processus pathologique.

K. A. L. Aschoff, anatomopathologiste allemand (1904)

rhumatisme articulaire aigu, Bouillaud (maladie de)

atrophie cérébelleuse paranéoplasique l.f.

paraneoplastic cerebellar atrophy

Atrophie dégénérative du cortex cérébelleux liée à une déperdition diffuse et massive des cellules de Purkinje, non métastatique, qui survient au cours de l'évolution d'une affection maligne.
D'installation habituellement subaigüe, précédant la découverte du cancer dans plus de la moitié des cas, un syndrome cérébelleux sévère domine, statique et cinétique, avec dysarthrie majeure et nystagmus. Une hypercytose discrète du liquide cérébrospinal et une hyperprotéinorachie avec augmentation du taux des immunoglobulines G, qui ont parfois un profil monoclonal, sont habituelles. L'atrophie cérébelleuse apparaît inconstamment et tardivement à l'imagerie.
Les formes avec anticorps anti-Yo fixés sur les cellules de Purkinje concernent généralement les femmes (cancer gynécologique ou du sein). Plutôt masculines, celles sans anticorps anti- Yo, associées à d'autres anticorps antineuronaux, peuvent être rattachées à des cancers gynécologiques, mais également à d'autres néoplasies comme un cancer bronchopulmonaire ou une maladie de Hodgkin.
Lorsqu'il s'agit d'une encéphalomyélonévrite paranéoplasique, qui peut aussi comprendre notamment une neuropathie sensitive, une atteinte du tronc cérébral, du motoneurone ou une dysautonomie, l'atteinte cérébelleuse est plus diffuse et associée à des lésions inflammatoires. Comportant généralement des anticorps anti-Hu, ce syndrome est fréquemment lié à un cancer du poumon à petites cellules.

Étym. gr. a : privatif ; trophê : nourriture

Syn. dégénérescence cérébelleuse paranéoplasique

biologie de synthèse l.f.

synthetic biology

Ingénierie de systèmes vivants n’existant pas dans la nature.
 Branche interdisciplinaire de la biologie moléculaire qui recourt à la physique, à l’informatique et à la chimie pour inventer des génomes, obtenir des réactions enzymatiques nouvelles, et créer des cellules capables d’activités métaboliques etfonctionnelles inédites. La biologie de synthèse a plusieurs objets. Le premier est l’assemblage de segments d’ADN aux fonctions connues afin de créer de nouveaux circuits métaboliques ou de régulation dans des microorganismes (levures, bactéries). Le deuxième consiste dans le retrait d’une partie du génome d’un microorganisme en y ajoutant le codage d’une nouvelle activité de synthèse, par exemple la production d’un médicament ou d’un vaccin. Le troisième relève de la création de systèmes distincts de ceux trouvés dans la nature : acides nucléiques ou acides aminés nouveaux et également de protocellules. Ces dernières sont des cellules simplifiées pouvant conduire à la connaissance des cellules primordiales à l’origine de la vie.

protocellule

[C2, Q1]

Édit. 2019

blastocyste n.m.

blastocyst

Chez les mammifères, l’œuf au stade de morula se creuse d'une cavité, le blastocèle, au moment de la nidation, à la fin de la première semaine.
C’est le stade blastula du développement de l’embryon (stades carnegie 4 et 5 ou horizons IV et V de Streeter).
Il succède à la morula (masse cellulaire muriforme issue de la division primaire du zygote et faite de plusieurs dizaines de cellules ou blastomères) à partir du 6ème jour et se présente comme une vésicule de 150 µm de diamètre environ formée d'une couche pariétale unique de cellules aplaties à l'origine du trophoblaste, le lécithocèle qui contient un amas de quelques cellules, le bouton embryonnaire, accolé à la face interne du trophoblaste. La partie de l'œuf qui contient la zone d'accolement est le pôle ou bouton embryonnaire : c'est toujours à son niveau que commence la pénétration de l'œuf dans l'endomètre au cours de la nidation.

Étym. gr. blastos : germe ; kustis : capsule,vessie

Syn. blastula

zygote, morula, blastocèle, blastomère

[A4,O6]

Édit. 2017

bouton embryonnaire l.m.

embryoblast

Chez les mammifères, uniquement, épaississement cellulaire du pôle embryonnaire du blastocyste constitué de cellules dérivant de la division des blastomères au cours de la nidation, première semaine de la vie embryonnaire.
Il se dégage de la couronne trophoblastique par l'apparition de la cavité du blastocèle. Ses cellules se différencient au contact du trophoblaste en une couche profonde, l'endoblaste, et une couche superficielle, l'ectoblaste. Le bouton embryonnaire formera l'embryon et l'amnios.
 Les cellules souches embryonnaires sont dérivées du bouton embryonnaire.

Syn. embryoblaste

blastocyste, blastomère

[A4, O6]

Édit. 2019

calcitonine n.f.

calcitonin

Hormone polypeptidique sécrétée par des cellules épithéliales, dites para-folliculaires ou cellules C, de la glande thyroïde, qui a un effet hypocalcémiant.
Son action s’exerce :
1) sur le rein où elle augmente discrètement l’excrétion du calcium, des phosphates et du sodium par un mécanisme faisant intervenir l’AMP cyclique et une protéine –kinase ;
2) sur l’intestin où elle accroît l’absorption du calcium et diminue son excrétion ;
3) sur les cellules osseuses en s’opposant à l’ostéolyse.
Calcitonine et parathormones sont antagonistes pour le métabolisme du calcium mais synergique pour celui des phosphates. La sécrétion de la calcitonine est indépendante de celle des hormones iodées et de l’action de l’hypophyse. Ses propriétés ostéoclastiques la font utiliser dans le traitement de la maladie de Paget, l’ostéoporose et les hypercalcémies par ostéolyse maligne.
Le dosage de la calcitonine peut être effectué sur le sérum ou le plasma par technique immunométrique. Une élévation de la concentration de calcitonine est observée dans les cancers médullaires de la thyroïde, avec une bonne spécificité et une sensibilité satisfaisante. Sa concentration peut, toutefois, également augmenter chez les patientes prenant des contraceptifs oraux, dans les intoxications éthyliques, au cours de la grossesse, dans les thyroïdites, dans l’insuffisance rénale chronique et dans certaines autres pathologies tumorales.

D. H. Copp, physiologiste canadien (1962) ; P. Hirsch, biologiste américain (1963) ; J. Paget, Sir, chirurgien britannique, membre de l'Académie de médecine (1874)

Étym. lat. calx : chaux, d’où calci- calcium, tonus : tension (d’une corde)

Syn. thyrocalcitonine

Sigle TCT

thyroïde, AMP cyclique, parathormone, Paget (maladie de), cancer médullaire de la thyroïde, thyroïdite, insuffisance rénale chronique

[O4,C2]

Édit. 2018

canal sodique épithélial n.m.

epithelial sodium channel (ENaC)

Canal permettant la réabsorption du sodium dans les cellules épithéliales du tube collecteur du néphron sous le contrôle de l’aldostérone, mais également présent dans le colon, les glandes sudoripares et l’arbre respiratoire dont la fonction essentielle est de maintenir l’équilibre du sodium entre les apports alimentaires et l’excrétion urinaire.
Le canal sodique épithélial est un canal hétéromultimérique fait de trois sous-unités, α, β et γ codées par trois gènes différents. Il est situé au pôle apical de la membrane des cellules épithéliales. Il joue un rôle majeur dans le transport transcellulaire du sodium en réabsorbant le sodium dans la cellule dont il est expulsé vers les liquides interstitiels par la sodium/potassium ATPase. Son activité est modulée par l’aldostérone. Elle peut être bloquée par deux diurétiques, le triamtérène et l’amiloride. Il agit de même dans le colon et extrait des fèces la quasi-totalité du sodium qu’elles contiennent. Il est également présent dans les cellules perceptrices du goût pour le sel.
Des mutations avec gain de fonction dans le gène codant pour la sous-unité γ sont à l’origine du syndrome de Liddle à transmission autosomique dominante qui est une variété d’hypertension artérielle héréditaire. Ces mutations diminuent la dégradation du canal en perturbant la liaison de la sous-unité γ avec une protéine appelée Nedd4, augmentant ainsi le nombre de canaux exprimés à la surface cellulaire. D’autres mutations dans les gènes des trois sous-unités sont à l’origine de la forme généralisée du pseudohypoaldostéronisme de type 1 à transmission autosomique récessive caractérisé par une résistance à l’effet de l’aldostérone entraînant un défaut de réabsorption du sodium et une hyperkalièmie.
Dans l’arbre respiratoire, l’activité du canal sodique épithélial est diminuée par la protéine CFTR (cystic fibrosis transmembrane conductance regulator) et donc augmentée dans la mucoviscidose contribuant ainsi à la déshydratation du mucus.

G.W. Liddle, médecin endocrinologue américain (1963)

aldostérone, triamtérène, amiloride, Liddle (syndrome de) pseudohypoaldostéronisme

[C3,M1]

cancer n.m.

cancer

Prolifération anarchique de certaines cellules à la suite d’un dérèglement des mécanismes de contrôle de leur croissance ce qui entraîne leur multiplication et leur éventuelle migration à distance formant alors une ou des métastases d’où la locution « tumeur maligne » souvent employée.
Selon la localisation initiale et la nature des cellules en question, chaque type de cancer a un caractère spécifique. Souvent désigné par son synonyme " carcinome", qui peut alors être utilisé comme suffixe comme par exemple dans " choriocarcinome".
Dans les cancers on distingue les épithéliomes qui touchent les cellules de revêtements et les sarcomes qui concernent les tissus conjonctifs.
Les hémopathies malignes (leucémies, lymphomes, myélomes) peuvent être considérées comme des cancers.

Étym. En vieille médecine, on comparait le cancer du sein à un crabe, évoluant en digitations dans les différentes directions, d’où le terme grec "karkinos", puis le latin "cancer", le français "chancre" puis cancer. Le suffixe « ome ou « oma » désigne une form

Syn. carcinome, néoplasme

sarcome

[F2]

Édit. 2020

cancer du rein de l'adulte l.m.

adult renal carcinoma

Tumeur maligne née aux dépends du parenchyme rénal qui est dans la très grande majorité des cas une forme d’adénocarcinomes, parmi lesquels on distingue, les adénocarcinomes à cellules claires (tumeur de Grawitz) (70% des cas), les adénocarcinomes papillaires (10% des cas), les adénocarcinomes à cellules chromophobes (5% des cas) et les exceptionnels adénocarcinomes du tube collecteur.
Ces adénocarcinomes doivent être distingués des cancers urothéliaux dérvivés à partir du bassinet et de l’uretère dont l’histologie est celle du cancer de la vessie. Les autres lésions plus rarement rencontrées sont les tumeurs carcinoïdes, à petites cellules. Les lymphomes malins, les sarcomes, les cancers secondaires sont exceptionnels.
Avec 9100 nouveaux cas par an en France et une mortalité qui lui est liée de 3840 cas annuels (projections InVS 2011), l’incidence du cancer du rein est en augmentation. Il représente environ 3% des cancers en France. Il atteint plus volontiers l’homme (sex ratio : 2,1). Les facteurs de risque en sont l’insuffisance rénale des dialysés au long cours avec le risque de maladie kystique, dans une moindre mesure le tabagisme, l’hypertension artérielle, une obésité sévère, peut-être certaines professions exposées (industries sidérurgiques, pétrolières). Il existe des formes familiales entrant dans le cadre de la maladie de von Hippel- Lindau et héréditaires des adénocarcinomes papillaires (syndrome de Birt Hogg et Dubé)
Dans la majorité des cas le signe révélateur est une hématurie. Les métastases les plus fréquentes sont pulmonaires, osseuses et cérébrales. Le pronostic dépend du grade histopronostique (grade nucléaire de Fuhrman) et de l’extension précisée par la classification TNM. Le traitement en dépend ; il est essentiellement chirurgical dans les formes localisées. Peu radiosensible , il est pratiquement insensible à la chimiothérapie, il répond un peu mieux à l’immunothérapie non spécifique, les thérapies ciblées en particulier anti-angiogéniques paraissent prometteuses.

P. A. Grawitz, anatomopathologiste allemand (1883) ; E. von Hippel, ophtalmologiste allemand (1895) ; A.V. Lindau, anatomopathologiste suédois (1926) ; A. R. Birt, Georgina R. Hogg, W. J. Dubé, médecins canadiens (1977) ; Susan A. Fuhrman, anatomopathologiste américaine (1982)

Syn. carcinome du rein de l’adulte

adénocarcinome rénal, Birt, Hogg et Dubé (syndrome de), Fuhrman (grade nucléaire de), von Hippel-Lindau (maladie de), TNM classification

[F2,M2,M3]

cancer épidermoïde cutané l.m.

squamous cell carcinoma, epidermoid carcinoma

Variété de cancer de la peau subissant une différenciation malpighienne.
Les carcinomes épidermoïdes peuvent être différenciés reproduisant de façon anormale les différentes couches de l'épithélium normal, ils peuvent aussi être peu différenciés. Lorsqu’ils sont kératinisants, on distingue la kératinisation orthokératosique (cellules kératinisées avec perte du noyau), la kératinisation parakératosique (cellules kératinisées conservant un noyau en pycnose), et la dyskératose (cellules se kératinisant de façon isolée).
Ils se caractérisent par une évolution plus agressive que celle des carcinomes basocellulaires, en particulier sur les muqueuses où ils ont un pouvoir métastatique important. Il s'agit d'une tumeur invasive développée aux dépens des kératinocytes épidermiques. L'immense majorité des carcinomes cutanés apparaît sur des kératoses actiniques, et sont donc principalement liés à la dose cumulative d'expositions solaires et au phototype. Pour les localisations génitales, périanales et périunguéales, on évoque le rôle étiopathogénique des papillomavirus. Les carcinomes buccaux sont surtout associés à une intoxication alcoolo-tabagique. Plus rarement, un carcinome épidermoïde peut être favorisé par l'existence de lésions anciennes d'évolution chronique : cicatrices, en particulier brûlure, irradiations, arsenicisme, ulcère, lichen scléreux vulvaire, lichen plan buccal, etc. Le terme de carcinome spinocellulaire, comme celui d'épithéliome spinocellulaire, n'est plus guère employé par certaines écoles.
Si on inclut les épithéliomas basocellulaires, les carcinomes épidermoïdes représentent le deuxième type de cancer cutané en France (30% environ, alors que les mélanomes cutanés en représentent 10 % environ)

Syn. carcinome épidermoïde cutané, carcinome malphighien cutané, carcinome pavimenteux stratifié, carcinome squameux, carcinome spinocellulaire

carcinome basocellulaire, kératose actinique, papillomavirus, phototype, arsenicisme, lichen vulvaire, lichen plan buccal

[F2,J1]

cancer médullaire de la thyroïde l.m.

medullary carcinoma of the thyroid, C-cell carcinoma of the thyroid)

Cancer né à partir des cellules parafolliculaires (cellules C sécrétrices de thyrocalcitonine), dit cancer médullaire.
Il représente 5% des cancers thyroïdiens. Les cellules s’agencent en travées ou en massifs et adoptent une architecture endocrinoïde. Elles sont plus ou moins différenciées. Elles ont en commun la particularité d’excréter localement une thyrocalcitonine anormale dont l’accumulation donne lieu à des dépôts amyloïdes localisés. L’excrétion d’une thyrocalcitonine anormale conduit à des dépôts amyloïdes. Dans 80% des cas, il s’agit de forme sporadique. Dans 80% des cas, il s’agit de forme sporadique. Il peut être familial, lié alors à la mutation germinale du proto-oncogène RET, il peut être alors isolé ou s’inscrire dans le cadre d’une néoplasie endocrinienne multiple de type 2.

Syn. carcinome médullaire de la thyroïde

cancer de la thyroïde, thyrocalcitonine

[F2,O4]

carcinome basaloïde l.m.

basal cell carcinoma

Tumeur bronchopulmonaire primitive rare, de diagnostic histologique difficile car elle est constituée de cellules d'une taille proche de celle des carcinomes à petites cellules.
Elle est à classer dans les carcinomes "non à petites cellules", avec des éléments pronostiques défavorables.

[F2,K1]

caryotype fœtal l.m.

fœtal caryotype

Nombre et morphologie des chromosomes, établis par analyse cytogénétique des cellules fœtales.
Les cellules fœtales sont des cellules trophoblastiques recueillies par biopsie transcervicale vers 9 semaines d’aménorrhée ou par placentocentèse transabdominale à partir de 15 semaines, des fibroblastes du liquide amniotique recueilli par ponction à partir de la 13ème-14ème semaine d’aménorrhée, des lymphocytes recueillis par cordocentèse dans la veine ombilicale à partir de 22 semaines d’aménorrhée. Il est indiqué en cas d’anomalie chromosomique chez les parents, dans leur famille proche ou dans la fratrie, en cas de malformation ou d’anomalie échographique comme une protrusion de la langue, un hypertélorisme, un écartement du gros orteil, « petits signes » de la trisomie 21, en cas de retard de croissance intra-utérin sévère global ou segmentaire sur le fémur, enfin si les marqueurs sériques de la trisomie 21, HCG, α-fœtoproteine et œstriol, indiquent une zone de risque.

[Q1,O6]

CAV3 gene sigle angl pour caveolin 3

Gène localisé en 3p25.3, qui code la constitution de la protéine cavéoline-3, composant essentiel des cavéoles, petites poches au sein de la membrane entourant les cellules musculaires.
Au sein de la cavéole, la cavéoline-3 agit sur l’organisation des autres molécules importantes pour la maintenance de la structure cellulaire. Parmi ces molécules se trouvent les protéines qui forment les canaux sodiques pour le transport des ions sodium à l’intérieur des cellules.
Les canaux sodiques jouent un rôle primordial dans la capacité des cellules d’émettre et de transmettre les signaux électriques. Dans le myocarde, les canaux sodiques sont impliqués dans le maintien d’un rythme cardiaque normal. La cavéoline-3 aide aussi la régulation des canaux calciques de la cellule musculaire qui contrôlent la contraction et la relaxation.
Les mutations du gène CAV3 sont responsables de myopathie distale, du syndrome d’élévation de la créatine kinase (hyperCKemia), de la dystrophie musculaire des ceintures, de la rippling muscle disease, du syndrome de Romano-Ward, de cardiomyopathie hypertrophique.

Syn. caveolin-3, LGMD1C, LQT9, M-caveolin, MGC126100, MGC126101,MGC126129, V IP-21

cavéole, cavéoline 3, myopathie distale, hyperCKemia, dystrophie musculaire des ceintures, rippling muscle disease, Romano-Ward, cardiomyopathie hypertrophique

[Q2,H1]

Édit. 2017

CCT/TRIC sigle obsolète

CD sigle pour Cluster of Differentiation 

Les lettres CD suivies d’un numéro en chiffres arabes (par exemple CD 44) servent à identifier des protéines de membrane, exprimées à la surface des cellules, présentant des sites antigéniques spécifiques.
Ces protéines ont initialement été utilisées comme marqueurs pour identifier les cellules du système immunitaire et leur état de différenciation . A l’heure actuelle, plus de 300 protéines membranaires sont identifiées par un numéro de CD.
Chacun des marqueurs identifiés porte un numéro : p. ex. le CD4 est présent sur les lymphocytes T4 et constitue le site récepteur du virus VIH ; le CD8 est spécifique des lymphocytes cytotoxiques T8 ; ces protéines sont associées à des TPK (tyrosine-protéine-kinases), comme la TPK p56lck dont elles permettent l'autophosphorylation ; la glycoprotéine CD45 est une protéine-phosphatase capable de déphosphoryler une TPK ; la glycoprotéine CD34 est un antigène caractéristique des cellules endothéliales et hématopoïétiques, etc.

TRIC/CCT

[C3]

Édit. 2015

cellule ciliée l.f.

cellular sensoriae externae, cellulae sensoriae internae

Cellule noble de l’organe de Corti pourvue de stéréocils apexiens.
Il existe des cellules ciliées internes et externes.
Les cellules ciliées internes sont piriformes et pourvues à l’apex d’une plaque cuticulaire sur laquelle sont implantés les stéréocils. Elles sont responsables de la transduction mécano-électrique des sons.
Les cellules ciliées externes de forme allongée, pourvues de propriétés contractiles, jouent en rôle majeur dans la physiologie de l’oreille interne en exerçant une modulation de la micromécanique cochléaire. Elles sont responsables de la genèse des otoémissions provoquées.

Corti (organe de)

[A2,P1]

cellule digestive à mucus l.f.

mucus cell

Cellule qui sécrète du mucus dont il existe dans le tube digestif deux variétés morphologiques.
La première est dite cellule à mucus à pôle fermé : le mucus est sécrété au pôle apical recouvert de la membrane cellulaire avec quelques microvillosités. Ces cellules se retrouvent tout le long du tractus digestif dans les glandes œsophagiennes, cardiales, antrales, duodénales (glandes de Brunner), péri-anales. Elles tapissent également les cryptes et la surface de l'estomac.
La seconde variété est constituée par la cellule caliciforme, cellule cylindrique où le mucus est contenu dans les deux tiers supérieurs de la cellule, dans une cavité en forme de calice. Les mucines paraissent s'échapper à l'apex. Cette cellule est caractéristique du grêle et du côlon : dans le grêle, elle alterne avec les cellules entérocytaires absorbantes, de plus en plus nombreuses du duodénum à l'iléon, dans le côlon elle constitue la presque totalité des cellules des cryptes.

J. Brunner, anatomiste suisse (1687)

Brunner( glandes de)

[A2, L1]

Édit. 2018

cellule digestive endocrine l.f.

endocrine cell

Cellule dont la sécrétion se déverse dans le flux sanguin, à l'inverse de la sécrétion exocrine dont la sécrétion est exportée vers la lumière du tube digestif par un canal ou un conduit cryptique.
Les cellules endocrines du tube digestif sont disposées de façon diffuse le long du tractus digestif dans les structures épithéliales des muqueuses.
De forme triangulaire, elles comportent des granules sécrétoires caractéristiques, de polarité basale. L'apex peut avoir des microvillosités lorsqu'il atteint la lumière des glandes. Les granules sécrétoires examinés en microscopie électronique, comprennent une matrice centrale et une membrane séparée de la matrice par un halo clair. L'ensemble de ces structures a permis de distinguer divers types cellulaires caractérisés par leur sécrétion. Ces cellules ont été caractérisées par leur affinité pour les sels de métaux lourds (cellule chromaffine) et en particulier par la réactivité au sel d'argent. Les réactions de Masson et celles de Grimellius sont les plus utilisées. L'immunohistochimie a apporté de nouvelles possibilités de caractérisation. La nomenclature les intègre dans le système de cellules neuro-endocrines.

L. Grimelius, anatomopathologiste suédois (1968)

[A2,L1]

cellule gastrique principale l.f.

gastric chief cell, zymogenic cell

Cellule de la muqueuse fundique gastrique, responsable de la sécrétion de pepsinogène et d'autres pro-enzymes.
Les cellules principales sont situées dans la partie profonde des glandes fundiques, dont elles représentent avec les cellules pariétales le type cellulaire le plus abondant. En microscopie optique, elles sont caractérisées par leur forme prismatique ou cylindrique et leur cytoplasme basophile, dû à leur richesse en ergastoplasme et à leurs volumineux granules sécrétoires de 1 à 2 mm à l'apex des cellules et constitués de pepsinogène, précurseur de la pepsine..
Elles sont peu abondantes dans le collet et deviennent de plus en plus abondantes vers le fond des glandes.

[A2,L1]

cellule géante l.f.

giant cell

Cellule de grande taille, plurinucléée, d’origine variable : épithéliale, mésenchymateuse, histiocytaire, qu’elle résulte de la fusion de cellules mononucléées, constituant un plasmode, ou d’une succession de caryodiérèses sans cytodiérèses, constituant un syncitium.
En pratique anatomopathologique, les termes cellule géante, cellule plasmodiale et cellule syncitiale sont devenus synonymes.
En dehors des cellules géantes que l’on trouve normalement, comme les mégacaryocytes de la moelle hématopoïétique et les ostéoclastes de la travée osseuse, c’est la pathologie qui en fournit les deux types classiques : la cellule géante à corps étranger, aux noyaux éparpillés ou groupés, et la cellule géante de type Langhans au noyau dessinant une couronne ou un fer à cheval.
La cellule géante, en association avec des cellules histiocytaires, peut constituer un granulome inflammatoire, spécifique ou non.

T. Langhans, anatomopathologiste allemand (1868)

Syn. cellule géante, cellule plasmodiale et cellule syncitiale

[A2]

cellule hypercomplexe l.f.

hypercomplex cell

Type de champ récepteur observé initialement lors de l'enregistrement unitaire des cellules corticales visuelles de l'aire V1 (17 de Brodmann), dans lesquelles la réponse diminue lorsque le stimulus dépasse les limites du champ récepteur.
Cette dénomination est à l'origine d'une théorie hiérarchique du traitement du signal visuel, battue en brèche par de nombreux arguments. Cette catégorie de champ récepteur est abandonnée au profit d'un caractère d'hypercomplexité, ou inhibition des extrémités, qui est retrouvé aussi bien dans les champs récepteurs des cellules simples que des cellules complexes et ailleurs que dans V1.

traitement hiérarchique

[A2]

cellule immunitaire l.f.

immunocyte, immune cell

Cellule support de l'immunité dans le type digestif, principalement lymphocyte B et T, plasmocyte mais aussi macrophage, cellule dendritique et mastocyte.
L'ensemble de ces cellules constitue un tissu lymphoïde très important par son volume, souvent désigné comme Galt (Gut Associated Lymphoid Tissue). Il fait partie du MALT (Mucosa Associated Lymphoid Tissue).
Le tissu lymphoïde normal du tube digestif comprend :
1) les éléments lymphoïdes disséminés dans la muqueuse au niveau du chorion qui contient principalement des plasmocytes et des lymphocytes T4, mais aussi dans l'épithélium de surface qui contient principalement des lymphocytes T8.
2) les follicules lymphoïdes et les plaques de Peyer, en relation étroite avec la lumière intestinale par la cellule M. Entre l'épithélium et le follicule lymphoïde, la zone du dôme contient des lymphocytes T et B ainsi que des macrophages. Le follicule présente la même structure que dans le reste de l'organisme, avec une zone B centrale et entre les follicules une zone thymodépendante T activatrice.
3) Les ganglions mésentériques de structure identique à celle des autres ganglions lymphatiques.
Il existe, de plus, dans les muqueuses malpiphiennes œsophagienne et anale, des cellules de Langerhans analogues à celles de la peau et qui jouent dans ces muqueuses le rôle de la cellule M intestinale. Elles appartiennent au système des cellules dendritiques.

Galt (Gut Associated Lymphoid Tissue), MALT (Mucosa Associated Lymphoid Tissue), Peyer (plaques de), cellule M, lymphocytes T et B

[A2,F3]

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