ampliphotographie n.f.
photofluorography
Technique de radiophotographie consistant à photographier l'écran secondaire d'un amplificateur de luminance.
L'image de cet écran secondaire est reprise par le système optique d'une caméra spéciale fournissant des clichés de format 7x7cm ou 10x10cm. Cette technique présente plusieurs avantages : diminution importante de la dose de rayonnement reçue par le patient, d'environ 7 à 8 fois par rapport à un cliché réalisé par la technique standard écran-film; facilité d'emploi, ayant permis la création d'unités mobiles de dépistage et de médecine du travail; économie de film et facilité de manipulation et d'archivage de ce petit format.
Le rendu sur film tend à être abandonné au profit d'images purement numériques.
[B2, B3]
Édit. 2020
amyline n.f.
amylin
Hormone polypeptidique de 37 acides aminés, cosecrétée et costockée avec l’insuline par les cellules béta des îlots de Langherans du pancréas dans un rapport de 100/1 (100 pour l’insuline et 1 pour l’amyline).
Cette protéine est considérée comme une hormone dans la mesure où elle intervient sur des récepteurs, présents notamment sur les cellules béta (insulinosécrétrices). Structurellement elle est voisine du CGRP (calcitonine Gene Related peptide) avec une homologie proche de 50%, ce qui explique l’affinité pour un récepteur commun IAPP/CGRP/calcitonine, présent au niveau des ostéoblastes. Comme la calcitonine, l’amyline a une forte propension à la constitution de fibres amyloïdes (comme dans le stroma amyloïde des cancers médullaires).
Dans les cellules béta , la production d’amyline est, comme celle de l’insuline, majorée par l’hyperglycémie. En retour l’amyline favorise la satiété et retarde la vidange gastrique, entraînant une diminution de la concentration plasmatique du glucose et contribuant à la réduction du poids corporel. Insuline et amyline ont ainsi un rôle important pour le contrôle de la glycémie : cosécrétés en réponse aux repas, elles ralentissent l’augmentation postprandiale du glucose, alors que parallèlement se réduit la prise alimentaire.
Le diabète de type 2 est caractérisé par une hyperglycémie chronique qui conduit à un hyperinsulinisme et une hyperamylinémie. A terme survient une résistance aux hormones puis une diminution de la production d’insuline et d’amyline.
De nombreuses protéines, parmi lesquelles l’amyline s’agrègent et forment des amyloïdes. Les agrégats d’amyloïdes liés à l’amyline peuvent induire la mort cellulaire par apoptose dans les cellules béta du pancréas, favorisant le diabète de type 2. Des dépôts d'amyline sont trouvés dans les ilôts de Langherans du pancréas de plus de 90 % des patients atteints de diabète de type 2.
L’amyline peut franchir la barrière hémato-encéphalique et atteindre différents sites du système nerveux central. Les agrégats de substance amyloïde peuvent induire une cytotoxicité conduisant à certaines maladies parmi lesquelles la maladie d’Alzheimer. Le diabète de type 2 et la maladie d’Alzheimer sont fortement associés. La maladie d’Alzheimer se caractérise par l’accumulation de peptides amyloides bêta (A bêta). L’amyline peut s’accumuler dans le cerveau et les malades atteints de maladie d’Alzheimer peuvent avoir des plaques A bêta, d’amyline ou mixtes. Cependant le rôle nocif de l’amyline dans la maladie d’Alhzeimer reste discuté : l’amyline fonctionnelle pourrait être bénéfique et ce serait la perte de l’amyline native en raison de la formation d’agrégats qui serait toxique.
L'amyline a aussi une action au niveau osseux ; elle se fixe sur le récepteur de la calcitonine et a un effet inhibiteur de la résorption osseuse.
→ insuline, diabète de type 2, amyloïde, apoptose, pancréas, Alzheimer (maladie d'), calcitonine, CGRP[C1, C2, C3, H1, O4 ]
Syn. polypeptide amyloïde des ilôts du pancréas, islet amyloid polypeptide
Sigle IAPP pour islet amyloid polypeptide
→ insuline, diabète de type 2, amyloïde, apoptose, pancréas, Alzheimer (maladie d'), calcitonine, CGRP
[C1, C2, C3, H1, O4 ]
Édit. 2020
amyloïde adj.
amyloid
1) Qui ressemble à l'amidon.
2) Qualifie une substance protéinique anormale, qui se dépose sous forme fibrillaire entre les cellules de certains tissus ou organes, tels que ganglions, rate, foie, cerveau, en provoquant des lésions dégénératives (amyloïdose), caractéristiques du vieillissement.
La substance amyloïde est formée de peptides issus de l'hydrolyse de protéines précurseurs telles que l'APP (amyloid precursor protein). La protéine SAA (serum amyloid associated), encore appelée apolipoprotéine S (apoS), dont la concentration plasmatique augmente au cours du vieillissement et de certaines affections inflammatoires et cancéreuses, est à l'origine de dépôts amyloïdes dans les reins, le foie ou les surrénales. La protéine b-SA (sérum-amyloïde) est parfois associée à l'allélomorphe de l'apolipoprotéine E (plaques séniles). Le peptide amyloïde Ab qui se dépose dans le cerveau au cours de la maladie d'Alzheimer a une masse moléculaire de 4 kDa, 39 à 43 acides aminés et une structure b-plissée. Deux formes d'Ab ont été décrites : l'Ab40, dite « soluble » est présente dans le liquide céphalorachidien ; l'Ab42 précipite sous forme amyloïde dans le système nerveux et les vaisseaux.
La substance amyloïde prend les colorants de l’amidon, ce qui explique le nom, elle est biréfringente en lumière polarisée spontanément et après action du rouge Congo.
Étym. gr. amulon : amidon
[A3,C1,C3,H1,N3]
Édit. 2017
amyoplasie n.f.
amyoplasia
Malformation congénitale du système musculaire avec aplasie ou hypoplasie des muscles.
L'amyoplasie congénitale de Sheldon correspond à l'arthrogrypose multiple congénitale ; l'amyoplasie congénitale de Krabbe ou hypoplasie musculaire généralisée est héréditaire et dominante.
Étym. gr. a privatif ; mus : muscle ; plassein : former
[A4,I1,I3,I4,O6,P2,Q2]
Édit. 2017
analgésique central l.m.
opioid analgesic, narcotic analgesic
Médicament opioïde dont le chef de file est la morphine et qui atténue ou supprime la douleur par une action sur des récepteurs spécifiques du système nerveux central, de la moelle épinière et des nerfs périphériques.
Les récepteurs aux opiacés sont de trois types principaux : mu, delta et kappa. Les opiacés règlent la transmission des stimulus nociceptifs par l'intermédiaire de ces récepteurs. Ils sont liés aux protéines G et leur activation présynaptique inhibe la libération de neuromédiateurs algogènes comme la substance P. Les ligands endogènes de ces récepteurs sont les enképhalines, les bêta-endorphines et les dynorphines.
Les opiacés utilisés en anesthésie sont des 4 phénylpipéridines, dérivées du fentanyl. Ce sont des agonistes sélectifs. Certains opiacés sont des agonistes partiels et sont utilisés pour l'analgésie postopératoire (buprénorphine, nalbuphine). Les opiacés sont administrés par voie entérale ou parentérale. La dépression respiratoire, effet indésirable le plus important, peut être à l'origine de complications hypoxiques graves. Dans sa forme caractéristique, cette dépression se traduit par l'«oubli de respirer» (analogue à la malédiction d'Ondine) facilement contrecarré par une simple stimulation verbale.
Étym. gr. an, privatif; algos: douleur
→ Ondine (malédiction de), P (substance)
[G1,G3,G5]
Édit. 2017
anasarque fœtoplacentaire l.f.
hydrops fetalis
Monstrueux œdème généralisé intéressant tous les tissus du fœtus et caractérisé par des épanchements des séreuses (plèvres, péricarde, péritoine), une hépatomégalie ferme, un purpura volontiers ecchymotique, une détresse respiratoire, une fragilité accrue des téguments et des muqueuses, un placenta anormalement volumineux et œdématié, qui, à la coupe, ressemble à de la «chair à saucisse».
Il correspond souvent à une grande anémie, due à une hémolyse par des anticorps immuns issus de la mère (système Rhésus, parfois facteur Kell). Plus rarement l'anémie est liée à une transfusion fœtomaternelle ou entre jumeaux. Une meilleure prise en charge des incompatibilités fœtomaternelles rend compte de la plus grande proportion actuelle des cas, qui relèvent d'un dysfonctionnement cardiaque fœtal, d'une infection (par ex. parvovirus 19), d'une néphropathie ou d'une tumeur hépatique. Grâce à l'échographie le diagnostic peut être fait avant la naissance. En cas d'anémie hémolytique, c'est l'indication d'une transfusion du fœtus in utero avec des globules ne risquant pas d'être détruits par les anticorps immuns issus de la mère. En cas d'anémie aigüe à la naissance faire sur le champ une exsanguinotransfusion dans les mêmes conditions de compatibilité.
Étym. gr. ana : autour ; sarx : chair
[A4,F3,O3,O6]
Édit. 2017
anastomose portocave l.f.
portocaval shunt
Anastomose chirurgicale entre la veine porte et la veine cave inférieure.
Les anastomoses portocaves spontanées se développent pour compenser une hypertension portale (cirrhoses, tumeurs hépatiques.
On désigne plus souvent sous ce nom une communication établie chirurgicalement pour décomprimer une hypertension portale en drainant le sang porte vers le système cave. L'anastomose peut être terminolatérale avec interruption de la veine porte, ou latérolatérale directe avec une suture de la paroi des deux vaisseaux ou par l'intermédiaire d'un greffon (prothèse vasculaire ou veine autologue).
Étym. gr. ana : avec ; stoma : bouche
[K3,L2]
Édit. 2017
Andrade (maladie de Corino de) l.f.
Andrade's neuropathy
Variété parmi les cas familiaux de neuropathie amyloïde génétique, dite "portugaise" parce que décrite au Portugal.
C'est la variété la plus fréquente, qui a été par la suite signalée dans différents pays d'Europe et du monde, du fait de l'émigration de nombreux portugais atteints. Le mode de transmission est autosomique dominant. Les dépôts d'amylose sont constitués de transthyrétine, avec substitution d'un acide aminé : méthionine/valine 30. Le décès survient à la suite de complications viscérales associées, telles qu'une insuffisance cardiaque ou rénale et de l'évolution très sévère de la neuropathie sensitivomotrice, comportant toujours des signes majeurs d'atteinte du système nerveux autonome.
Mário Corino da Costa Andrade, neurologue portugais (1952)
[C3,H1,K2,M1,Q2]
Édit. 2017
anémie néonatale l.f.
neonatal anemia
Concentration d'hémoglobine inférieure à 13 g/100 mL chez le nouveau-né et à 15 g/100 mL chez le prématuré.
La situation devient préoccupante au-dessous de 8g/100 mL, chez le nouveau-né, et de 10g/100mL, chez le prématuré.
Les causes sont : le saignement d'un placenta prævia, la rupture du cordon, une hémorragie par plaie malencontreuse du cuir chevelu lors d'une césarienne, le retard de clampage du cordon d'un enfant placé sur le ventre de sa mère, une hémorragie digestive ou opératoire mal corrigée, des prélèvements de sang répétés, une hémolyse par incompatibilité fœtomaternelle ou par déficit d'enzymes érythrocytaires. Les anémies hémolytiques ou liées à des hématomes abondants engendrent assez souvent des ictères et des lésions du système nerveux, si le niveau de la bilirubine libre atteint une concentration dangereuse.
Le traitement doit apporter à l'enfant les globules rouges qui lui manquent. Si l'enfant est œdématié à la naissance, une exsanguino-transfusion est nécessaire pour éviter l'œdème pulmonaire qu'entraînerait une transfusion abondante.
Étym. gr. an privatif, haimos sang
→ anasarque fœtoplacentaire, exsanguino-transfusion, transfusion du nouveau-né
[F1,F3,O1,O3]
Édit. 2017
anesthésie n.f.
anæsthesia
Suppression de la sensibilité à la douleur à la suite d'une lésion nerveuse, de l'action d'un médicament ou de celle du froid.
L'anesthésie post-traumatique d'un territoire est souvent définitive.
L'anesthésie pour fins médicales ou expérimentales est obtenue parfois par l'emploi du froid (qui arrête la propagation de l'influx nerveux), ou, très généralement, d'agents chimiques (anesthésiques). Elle peut être locale, locorégionale ou générale.
L'anesthésie générale est induite par des agents administrés par voie intraveineuse (parfois intra-rectale ou intramusculaire) ou pulmonaire (oxyde nitreux, xénon ou vapeurs anesthésiques). Elle évolue en 3 phases, induction, entretien et récupération (réveil) et s'accompagne d'une perte de conscience ou narcose. Pour les interventions mineures, on se contente souvent de diminuer seulement la vigilance et la perception de la douleur.
L'anesthésie locale est induite par l'injection d'anesthésique, l'application sur la peau de crème anesthésique (EMLA) ou du froid (par ex. évaporation de chlorure d'éthyle) près du site opératoire.
L'anesthésie locorégionale agit sur une partie limitée du système nerveux par injection de produits près de la structure à anesthésier (moelle épinière, racines rachidiennes, troncs nerveux) : c’est le bloc d'un nerf, d'un plexus, etc.
Étym. gr. anaisthesia : insensibilité, inconscience
→ action (potentiel d'), analgésie, anesthésie (profondeur), anesthésique général, anesthésique local, anesthésique volatil, EMLA, exigences essentielles de sécurité et de performance en anesthésie, accident d'anesthésie
[G1]
Édit. 2017
anesthésie intraveineuse à objectif de concentration l.f.
target controlled infusion (TCI)
Administration intraveineuse d'un anesthésique par un pousse-seringue dont le débit est réglé par un système informatisé prenant en compte les caractéristiques du patient et les propriétés pharmacocinétiques du produit anesthésique.
Étym. gr. anaisthesia : insensibilité, inconscience
Sigle AIVOC
[B3,G1]
Édit. 2017
anesthésie locale et locorégionale l.f.
local and regional anaesthesia
Anesthésie d'action locale ou portant sur une région limitée du système nerveux, qui se fait par injection soit intravasculaire, soit sur un gros tronc nerveux (bloc) ou sur une partie des racines médullaires (épidurale, extradurale, péridurale, rachianesthésie).
On distingue l'anesthésie :
- locale topique sur la peau (gel ou crème), ou par pulvérisation sur les muqueuses, par infiltration sous-cutanée ou par instillation oculaire (cornée, conjonctive) ;
- locorégionale par injection intraveineuse après exsanguination de l'extrémité du membre supérieur puis pose de garrots (un proximal pour arrêter la circulation artérielle dans un premier temps, remplacé ensuite par un garrot distal en zone anesthésiée) ;
- régionale périphérique (bloc d'un nerf ou d'un plexus nerveux) ou infiltration sous-cutanée ;
- régionale centrale (extradurale ou intra-durale).
Dans la rachianesthésie (intra-durale) la densité de la solution anesthésique est choisie plus forte que celle du liquide céphalorachidien (solution hyperbare) pour localiser l'effet anesthésique vers le bas de la moelle et donc n'intéresser que la région inférieure si le patient est demi-assis ou en position proclive.
Étym. gr. anaisthesia : insensibilité, inconscience
→ anesthésie, anesthésie extradurale, anesthésique local, bloc anesthésique de nerfs ou de plexus, EMLA, rachianesthésie
[G1]
Édit. 2017
anesthésique général l.m.
systemic anaesthetic drug
Médicament qui supprime de façon réversible la conscience, toute sensation et tout mouvement spontané ou réflexe.
Son action se produit après le passage du produit dans la circulation générale.
Le blocage des processus nerveux intéresse principalement le système nerveux central. L'efficacité du médicament peut être plus ou moins grande, on l'estime statistiquement par la concentration médiane, CE50 (concentration plasmatique efficace à 50 %), qui produit dans 50% des cas une anesthésie juste suffisante pour une intervention chirurgicale simple avec incision de la peau. Pour un anesthésique volatil on détermine dans les mêmes conditions la concentration alvéolaire minimale (MAC).
Les anesthésiques généraux sont classés en volatils ou non. Les premiers sont administrés par inhalation (éther, chloroforme, N2O, produits halogénés tels que l'halothane, etc.), les autres sont administrés par voie parentérale (barbiturique, benzodiazépine, stéroïde, etc.).
Étym. gr. an: privatif; aesthesia: sens
→ alvéolaire (air), alvéolaires (conditions), gradient, MAC, ventilation-perfusion (rapport)
[G1,G3]
Édit. 2017
angéite associée à des cancers l.f.
angiitis associated with malignancy
Atteinte vasculaire rare, de nature infectieuse, paranéoplasique ou secondaire à une infiltration des vaisseaux par les cellules tumorales, qui complique essentiellement les hémopathies.
Les infections à germes le plus souvent opportunistes (fungiques, bactériennes ou virales), survenant au cours des hémopathies graves, peuvent se compliquer d'hémorragies sous-arachnoïdiennes et/ou intraparenchymateuses consécutives à la rupture d'anévrismes mycotiques ou de lésions ischémiques secondaires à une vascularite allergique ou à un embole mycotique.
Les angéites granulomateuses paranéoplasiques sont décrites au cours des syndromes lymphoprolifératifs (lymphome non hodgkinien, leucémie lymphoïde chronique, maladie de Hodgkin, histiocytose maligne). Leur évolution est parallèle à celle de la maladie hématologique. La leucémie à tricholeucocytes peut s'associer à une angéite diffuse ou localisée au système nerveux et se présenter comme une périartérite noueuse.
Les vascularites associées aux cancers solides sont exceptionnelles.
Étym. gr. aggeion : vaisseau ; ite : inflammation
→ angéite, anévrisme mycotique, hémopathie, hémorragie sous-arachnoïdienne, anévrisme mycotique, lymphome, leucémie lymphoïde chronique, maladie de Hodgkin, histiocytose maligne, leucémie à tricholeucocytes, périartérite noueuse, syndrome paranéoplasique
[F1, K4]
Édit. 2019
angéite associée à des maladies de système l.f.
angeitis associated with systemic diseases
Atteinte vasculaire inflammatoire au cours des maladies de système : lupus érythémateux disséminé,syndrome de Gougerot-Sjögren, syndrome de Behçet, sarcoïdose.
Les accidents vasculaires cérébraux (infarctus artériels ou veineux, hémorragies cérébrales) compliquent 5% des lupus érythémateux disséminés. Ils relèvent plus fréquemment d'une hypertension artérielle, d'une endocardite de Libman-Sachs, d'une thrombopénie, d'anticorps antiphospholipides, de complications du traitement, que d'une angéite lupique.
Le syndrome de Gougerot-Sjögren peut se compliquer d'une vascularite cérébrale. Les biopsies, cutanée et neuromusculaire, montrent des lésions artériolaires d'angéite nécrosante ou d’angéite leucocytoclastique.
Au cours du syndrome de Behçet, les principales complications cérébrales sont les thromboses veineuses, parfois inaugurales, puis les rhombencéphalites, caractérisées histologiquement par des lésions parenchymateuses nécrotiques et hémorragiques et des infiltrats inflammatoires lymphocytaires périvasculaires.
Une angéite granulomateuse touchant les petits et gros vaisseaux à destination cérébrale a été rapportée au cours de la sarcoïdose.
Étym. gr. aggeion : vaisseau ; ite : inflammation
→ angéite, angéite nécrosante, vascularite leucocytoclasique,lupus érythémateux disséminé, syndrome de Gougerot-Sjögren, syndrome de Behçet, sarcoïdose, endocardite de Libman-Sachs, syndrome des antiphospholipides
[K4, N3]
Édit. 2019
angéite granulomateuse l.f.
granulomatous angeitis
Groupe d’angéites se caractérisant par l’association à des lésions vasculaires inflammatoires touchant les vaisseaux de petit et de moyen calibres, de granulomes péri- ou juxtavasculaires généralement diffus contenant des macrophages, des cellules géantes et parfois des cellules épithélioïdes.
Les mieux individualisées des angéites granulomateuses primitives sont la granulomatose éosinophilique avec polyangéite (angéite granulomateuse allergique de Churg et Strauss) généralement considérée comme une forme clinique particulière de la périartérite noueuse, et la granulomatose avec polyangéite (maladie de Wegener); toutes deux se caractérisent cliniquement par l’importance des manifestations respiratoires. On inclut aussi dans ce groupe l’angéite granulomateuse primitive du système nerveux central. La granulomatose lymphomatoïde de Liebow, d’abord considérée comme une angéite granulomateuse, ainsi que l’angéite granulomateuse bénigne lymphocytaire semblent devoir être rangées plutôt dans le cadre des syndromes lymphoprolifératifs (lymphomes angiocentriques T).
Étym. gr. aggeion : vaisseau ; ite : inflammation
→ angéite, granulomatose éosinophilique avec polyangéite, granulomatose avec polyangéite, granulomatose lymphomatoïde de Liebow, périatérite noueuse, angéite granulomateuse primitive du système nerveux central, angéite granulomateuse bénigne lymphocytaire
[K1, K4, N3]
Édit. 2019
angéite isolée du système nerveux central l.f.
isolated primary angiitis, angiitis of the nervous central system
Affection rare, d'étiologie inconnue, de l'adulte, atteignant exclusivement les vaisseaux du système nerveux central.
Une panangéite segmentaire atteint les vaisseaux cérébraux et leptoméningés de petit calibre (artérioles et veinules de moins de 50 µm de diamètre), avec nécrose de la paroi et infiltration de lymphocytes, de cellules mononuclées et de cellules géantes. L'origine de cette angéite reste mystérieuse.
Le tableau clinique associe, sur un mode d'installation aigu ou subaigu, des céphalées quasi constantes, une encéphalopathie, des signes focaux déficitaires ou critiques, une hypertension intracrânienne, en rapport avec de multiples infarctus cérébraux et parfois des hémorragies. Cette symptomatologie neurologique est isolée. L'examen du liquide cérébrospinal révèle souvent une pléiocytose et une hyperprotéinorachie. L'angiographie n'est anormale que dans un cas sur deux : rétrécissements segmentaires, parfois associés à des dilatations fusiformes siégeant sur les petits vaisseaux de la convexité. Le diagnostic de certitude est histologique (biopsie leptoméningée).
L'évolution peut se faire vers une rémission prolongée grâce à la corticothérapie associée aux immunodépresseurs (cyclophosphamide).
Étym. gr. aggeion : vaisseau ; ite : inflammation
Syn. angéite granulomateuse à cellules géantes du système nerveux central, angéite granulomateuse cérébrale, angéite granulomateuse du système nerveux central
→ angéite
[H1, K4]
Édit. 2019
angéites systémiques l.f.p.
systemic angiitis, angiitis
Angéites apparemment primitives, entrant dans le groupe hétérogène des angéites inflammatoires non infectieuses du système nerveux central, à côté de formes isolées et d'autres, associées à une maladie systémique, à une pathologie néoplasique ou bien à une intoxication.
Elles comprennent notamment l'artérite à cellules géantes, la maladie de Takayashu, la périartérite noueuse, le syndrome de Cogan, la granulomatose avec polyangéite, les angéites d'hypersensibilité, la maladie de Buerger.
Étym. gr. aggeion : vaisseau ; ite : inflammation
→ angéite, 'artérite à cellules géantes, maladie de Takayashu, périartérite noueuse, syndrome de Cogan, granulomatose avec polyangéite, angéites d'hypersensibilité, maladie de Buerger
[H1, K4]
Édit. 2019
angio-endothéliomatose maligne l.f.
malignant endotheliomatosis, malignant or neoplastic endotheliosis
Tumeur antérieurement désignée sous de très nombreux termes, dont celui d'angio-endothéliomatose qui faisait référence à l'origine endothéliale supposée de la prolifération cellulaire tumorale endovasculaire, et qui a été reconnue comme un lymphome angiotrope ou intravasculaire grâce à l'utilisation de méthodes immunohistochimiques.
Elle consiste en l'accumulation de cellules tumorales dans la lumière de petits vaisseaux, artérioles, capillaires et veinules de tout l'organisme, prédominant dans le rein, la peau, le système nerveux central, et dont la nature lymphomateuse a été reconnue par l'utilisation de marqueurs. Les lymphomes de phénotype B sont plus fréquents que les lymphomes T.
Cliniquement, elle se traduit par les divers signes d'une maladie diffuse. L'atteinte neurologique est inconstante ou peu spécifique ; un état démentiel n'est pas rare.
Le diagnostic s’appuie sur l’examen d'une biopsie, par ex. cutanée, qui a permis dans quelques cas un traitement adapté. Mais il est souvent méconnu du vivant du malade.
Étym. gr. aggeion : vaisseau ; endon : intérieur
[C1,F2,J1,K4,N3]
Édit. 2017
angio-endothéliomatose proliférante systématisée de Tappeiner et Pfleger l.f.
angio-endotheliomatosis proliferans systematisata, diffuse malignant proliferation of vascular endothelium, malignant angio-endothelioma
Prolifération tumorale maligne intravasculaire de la peau et/ou de certains organes (système nerveux central, foie, poumons) actuellement démembrée en plusieurs entités.
Rentrent en effet dans ce cadre ancien, avant tout, des lymphomes B angiotropes intravasculaires et quelques rares cas de proliférations bénignes initialement endothéliales constituant une angioendothéliomatose réactionnelle.
L. Pfleger et J. Tappeiner dermatologues autrichiens (1959)
Étym. gr. aggeion : vaisseau ; endon : intérieur
→ angioendothéliomatose réactionnelle
[F2,J1,K4,N3]
Édit. 2018
angiogenèse n.f.
1) Ensemble des phénomènes qui concourent au développement du système vasculaire au cours de la vie embryonnaire et de la croissance, à partir de cellules endothéliales différenciées sous la dépendance de facteurs de croissance.
2) Processus désignant l’élaboration d’un néo-endothélium vasculaire à partir de l’endothélium des capillaires, lors de la cicatrisation ou de la croissance d’un tissu tumoral.
3) Processus pathologique, intervenant :
- dans la croissance des tumeurs malignes et l’apparition de métastases,
à partir d’une certaine taille (1 à 2 mm), la tumeur pour survivre doit développer de nouveaux vaisseaux ;
- dans la dégénérescence maculaire liée à l’âge, la rétinopathie diabétique, les rétinopathies ischémiques secondaires aux thromboses veineuses ou aux vascularites et la rétinopathie des prématurés.
L’angiogenèse est régulée par un équilibre complexe entre des facteurs pro- et anti-angiogénique. Ellle est contrôlée par différents activateurs et inhibiteurs produits par les cellules saines et tumorales.
Étym. gr. angeion : vaisseau
→ VEGF, vasculogenèse, lymphangiogenèse, facteurs de croissance de l'endothélium vasculaire, facteurs pro-angiogéniques, facteurs anti-angiogéniques
[A4,C3,F2,K4,O6,P2,Q4]
Édit. 2020
angiographie fluorescéinique l.f.
fluorescein angiography
Examen dynamique permettant la visualisation du passage du colorant des artères vers le système veineux dans les deux circulations oculaires rétinienne et choroïdienne.
Après injection intraveineuse de fluorescéine, on observe et photographie son transit dans la choroïde, les artères et les veines rétiniennes à des temps successifs.
[B3,K4,P2]
Édit. 2017
angiographie IRM l.f.
MRI angiography
utilisation des phénomènes physiques induits en résonance magnétique par les flux pour obtenir une imagerie de qualité du système vasculaire non agressive, sans produit de contraste ni irradiation.
Deux techniques sont d’emploi courant, toutes deux utilisant secondairement une reconstruction par « maximum intensity projection » : MIP :
- L’angiographie par temps de vol (time of flight, ou TOF)
Cette séquence d’écho de gradient à TR court repose sur la saturation des tissus du plan de coupe de manière à ce qu’ils n’engendrent plus de signal et sur l’arrivée dans ce plan de coupe de sang frais circulant non saturé qui apparait en hypersignal. Après acquisition des coupes en 3D, des reconstructions par la technique «Maximum Intensity Projection (MIP)» permettent d'obtenir des images proches d’une angiographie conventionnelles qui peuvent être étudiées sous tous les angles afin de dégager chaque segment artériel et d’éliminer les superpositions. Cette technique est surtout intéressante pour l’étude des artères, notamment, au niveau encéphalique, celles du polygone de Willis (après saturation du sinus longitudinal supérieur). Un autre avantage est la rapidité d'acquisition des séquences (quelques minutes pour l'encéphale).
- L'angiographie par contraste de phase, qui utilise l'aimantation transversale pour coder l'information vitesse.
Celle-ci est codée par un gradient bipolaire n'induisant aucun déphasage supplémentaire pour les spins fixes, mais produisant un déphasage des spins mobiles, proportionnel à la vitesse. D'où une saturation du signal des tissus fixes qui ne produisent pas de signal et une accumulation des déphasages des spins mobiles à l’origine d’un signal magnétique. Le traitement informatique des coupes permet une visualisation 2D (plus que 3D) des axes vasculaires. Cette technique, particulièrement adaptée aux flux lents, fournit des angiogrammes de haute qualité, notamment encéphaliques. Elle est plus utilisée pour l'étude des veines.
→ angiographie, angioIRM, séquence TOF, ARM par contraste de phase, angio-IRM, ARM à sang noir, ARM par temps de vol, MIP
[B2,B3]
Édit. 2018
angiographie numérisée l.f.
digital angiography
Procédé consistant, lors d'une angiographie, à enregister les images par le biais d'un amplificateur de luminance relié à un système de numérisation de l'image.
Ce mode d'enregistrement qui permet des post-traitements et un stockage des images, a complètement détrôné les films conventionnels.
Les images ainsi réalisées sont traitées d'une part de façon à effacer les structures osseuses et à ne laisser subsister que les vaisseaux (soustraction électronique) ; d'autre part, de manière à obtenir un contraste optimal ; puis elles sont restituées sous forme analogique.
La qualité des amplificateurs de luminance et des systèmes de traitement de l'image actuels, permet d'obtenir des documents d'une définition et d'un contraste supérieurs à la radiologie classique.
[B2, B3, K4]
Édit. 2020
angiome neuro-cutané héréditaire l.m.
herÉdit.ary neurocutaneous angioma
Affection familiale autosomique dominante associant la présence de plusieurs angiomes plans en divers endroits du tégument à des malformations vasculaires du système nerveux central : celles-ci ayant une forte tendance hémorragique, il en résulte des problèmes neurologiques divers avec une morbidité et une mortalité importantes.
Étym. gr. aggeion : vaisseau ; ôma : tumeur
[H1,J1,K4,Q2]
Édit. 2017