pneumothorax thérapeutique l.m.
artificial pneumothorax, induced pneumthorax
Insufflation d'air dans la cavité pleurale pour affaisser une partie du poumon afin de limiter son expansion donc son activité fonctionnelle, afin d’aider à la guérison, des lésions tuberculeuses pulmonaires, pensait-on jadis.
Les insufflations étaient renouvelées régulièrement pour maintenir l'affaissement du poumon, durant 2 ans en moyenne.
La méthode fut mise au point par Forlanini entre1888 et 1912. Elle sera abandonnée après l'apparition de l'isoniazide dans les années 1950.
C. Forlanini, médecin interniste italien (1847-1918)
Syn. collapsothérapie, pneumothorax artificiel
Pomeroy (technique de) l.f.
Pomeroy’s technique
Méthode chirurgicale de stérilisation tubaire par ligature-résection d’une anse de la partie isthmique de la trompe.
R. H. Pomeroy, gynécologue obstétricien américain (1867-1925) ; E. Bishop et W. F. Nelms, gynécologues américains (1930)
ponction-aspiration de l'encéphale l.f.
aspiration of the brain
Méthode obstétricale qui se pratiquait pour réduire le volume céphalique du fœtus par cra niotomie et aspiration du tissu cérébral.
ponction biopsie du rein par voie transjugulaire l.f.
transjugular renal biopsy
Méthode employée, de préférence à la ponction directe, lorsqu'il existe des troubles de la coagulation.
Elle s'effectue sous anesthésie locale par voie latérothoracique au moyen d'un trocart approprié. Les données histologiques contribuent à la prise des décisions thérapeutiques.
ponction biopsie hépatique par voie transjugulaire l.f.
transjugular hepatic biopsy
Méthode employée, de préférence à la ponction directe, lorsqu'il existe des troubles de la coagulation.
Elle utilise la même voie que l'anastomose portocave transjugulaire.
ponction/biopsie osseuse l.f.
Méthode employée de préférence sous anesthésie locale d’un prélèvement de fragment à la crête iliaque en cas de recherche de malignité ou d’ostéoporose ou de toute autre ostéopathie.
ponction trachéale l.f.
tracheal puncture
Prélèvement des sécrétions trachéales sans qu'elles soient contaminées par la traversée de la filière buccopharyngée.
Faite aseptiquement, sous anesthésie locale par ponction entre deux anneaux trachéaux, les sérosités sont recueillies sur des tubes stériles et des bouillons de culture aéro et anaérobies. Cette méthode est devenue d'indication rare avec les nouvelles techniques de prélèvements protégés lors d'une bronchofibroscopie.
potentiel d'action sensitif (PAS) l.m.
sensory nerve action potential (NAP)
Potentiel recueilli au niveau d'un nerf sensitif ou des fibres sensitives d'un nerf mixte, ou encore au niveau de ses récepteurs sensitifs (habituellement cutanés).
La stimulation est appliquée sur le nerf sensitif lui-même ou sur les récepteurs. La méthode utilisée (orthodromique ou antidromique), le type de stimulation et de recueil (électrode de surface ou aiguille électrode) doivent être précisés.
Le PAS est caractérisé par son amplitude maximale pic à pic, la latence de la déflexion initiale (1er pic positif) ou de son pic négatif. La durée peut être mesurée entre la 1ère déflexion et la déflexion finale (c'est-à-dire du 1er au dernier pic positif).
poumon d'acier l.m.
iron lung, tank respirator
Appareil de ventilation artificielle par méthode externe, constitué par un caisson dans lequel on applique au patient une dépression périodique qui dilate le thorax et l'abdomen et assure la ventilation, seule la tête reste hors du caisson.
Proposé pour la respiration artificielle des jeunes enfants, le spirophore a été développé aux Etats-Unis pour les poliomyélitiques sous le nom commercial d'iron lung. Il a été perfectionné et est toujours utilisé en Italie pour le traitement des insuffisants respiratoires (G. Gunella) car il permet d'éviter l'intubation ou la trachéotomie et diminue les risques de complications nosocomiales. Le réglage du poumon d'acier se fait sur une dépression inspiratoire de 10 à 20 cm d'eau. On ne peut régler directement la ventilation. Les complications à l'usage du poumon d'acier relèvent de la position en décubitus imposée au patient et du collier d'étanchéité qui enserre son cou. Il en résulte notamment un risque important d'escarres du sacrum, du dos et de l'occiput lors de l'emploi de longue durée.
Mais le poumon d'acier trop encombrant (un poumon d'acier occupe près de 3 m2) a été supplanté par les insufflateurs, plus efficaces, car pouvant être réglés avec précision, plus adaptés aux soins infirmiers, moins bruyants et utilisables en transport. De même les petits insufflateurs avec masque nasal permettent le traitement à domicile des malades présentant des apnées du sommeil.
E. J. Woillez, médecin français, membre de l’Académie de médecine (1876) ; P. Drinker, ingénieur sanitaire américain (1929) ; G. Gunella, médecin pneumologue italien (1980)
→ apnée du sommeil, décubitus, spirophore
pressothérapie n.f.
pressure therapy
Méthode de traitement des troubles circulatoires des membres au moyen d’un manchon gonflé et dégonflé automatiquement, en fonction de l’alternance diastolique et systolique repérée par l’électrocardiogramme.
Ce traitement reposant sur le principe de la compression tissulaire est destiné à faire diminuer un œdème d'origine le plus souvent lymphatique.
prisme diagnostique l.m.
prism cover-test
Méthode de mesure de l'angle de strabisme avec des prismes séparés ou des barres de prismes horizontaux et verticaux.
Le prisme est placé devant l'œil dont on veut mesurer la déviation et on augmente la puissance du prisme jusqu'au moment où, au cover-test alterné, il n'y a plus de mouvements oculaires.
Il existe de nombreux tests prismatiques (test de 4 dp de Irvine et Jampolsky, test d'adaptation prismatique, test de duction prismatique de Bielchowsky, etc), mais ils ne sont pas d'usage courant.
S. R. Irvine, ophtalmologiste américain (1944) ; A. Jampolsky, ophtalmologiste américain (1964)
probabilités conditionnelles l.f.p.
conditional probabilities
Probabilité de survenue d’un événement en présence d’un autre événement.
Elles sont utilisées pour les calculs de survie au sens statistique dans les méthodes de Kaplan-Meier et dans la méthode actuarielle.
→ courbe de survie, courbe actuarielle, Kaplan Meier (méthode de)
[E1]
Édit. 2020
protéome n.m.
proteoma
Ensemble des protéines d’un organisme, d’un fluide biologique, d’un organe, d’une cellule ou même d’un compartiment cellulaire exprimées par un génome à un moment précis en réponse à un environnement donné.
Le protéome est une entité dynamique et complexe. Au sein de chaque cellule, le contenu de protéines se modifie en permanence en fonction des conditions intra ou extra cellulaires. De plus, par le biais de réarrangements qui modifient ses fonctions biologiques, un même gène peut donner naissance à plusieurs protéines. Le protéome contient donc un nombre beaucoup plus important de protéines que le génome ne contient de gènes.
L’étude d’un protéome très complexe qui contient des milliers de protéines, comme celui du sang, du liquide séminal ou encore du liquide céphalo-rachidien, reste une aventure périlleuse qui nécessite l’expertise et la contribution de plusieurs laboratoires pendant plusieurs années. C’est l’objet du
L’étude des protéines a connu un essor spectaculaire au cours des années 90, avec l’avènement d’appareils - les spectromètres de masse - compatibles avec l’analyse de ces grosses molécules (ce qui valut le prix Nobel de chimie en 2002 à John Fenn, chimiste américain, et Koichi Tanaka, ingénieur chimiste japonais). Jusque-là, les scientifiques utilisaient une méthode chimique qui nécessitait de purifier des quantités importantes de chaque protéine avant de pouvoir en déterminer la séquence en acides aminés. Aujourd’hui, les spectromètres de masse permettent d’analyser des échantillons biologiques complexes, pouvant contenir des milliers de protéines, dont certaines présentes en faible quantité.
Étym. gr. prôtéios : de première qualité ; sanscrit ome : complétude, plénitude
→ protéomique, pharmacoprotéomique, omiques (sciences)
provocation allergénique l.f.
allergic provocation test
Test destiné à reproduire artificiellement par inhalation nasale ou bronchique les phénomènes cliniques attribués à un allergène.
Les tests de provocation peuvent également être pratiqués au niveau de l'œil où les réactions sont bien visibles, mais aussi en allergie alimentaire, groupe de tests par la méthode de Rinkel où on supprime l'aliment supposé coupable pendant quatre jours pour le réintroduire ensuite au petit déjeuner tout seul. Il existe ainsi de très nombreuses variantes de tests de provocation digestifs et alimentaires.
psychanalyse et psychothérapie l.f.
psychoanalysis and psychotherapy
Par rapport à la psychanalyse, les psychothérapies non analytiques se caractérisent par leur aspect directif, leur recours avoué ou non à la suggestion, leur utilisation du transfert dans son versant uniquement positif. Elles visent à réconcilier le patient avec lui-même et avec le monde.
À l'inverse, la psychanalyse laisse au sujet la responsabilité de ce qui advient dans la cure. Elle ne recherche pas a priori le bien de l'analysant, mais lui offre l'occasion d'atteindre à une certaine vérité de lui-même. En ce sens, la psychanalyse ne peut pas être considérée en soi comme une méthode thérapeutique, même si le sujet qui entreprend une cure en attend un mieux-être.
psychiatrie morale l.f.
moral psychiatry
Courant psychiatrique qui recourt à des données d'observation fondées sur la morale.
Bien que très éloigné des conceptions analytiques, H. Baruk a mis particulièrement l'accent sur les conséquences parfois graves d'une dérivation du sentiment de culpabilité : non seulement dans les mélancolies, mais aussi dans certains délires, surtout de persécution, et dans l'agressivité par mauvaise conscience ("haine pour rien" ou "Sinat rhinam" du Talmud), avec accusation de "boucs émissaires" innocents.
Sur le plan thérapeutique, "la méthode de confiance" est décrite par le même auteur sous le nom de "chitamnie".
H. Baruk, psychiatre français, membre de l’Académie de médecine (1897-1999)
Étym. hébreu, chitah : méthode ; amen ou ameounah : confiance, foi, et non "ainsi soit-il"
→ conscience morale, tsedek (test)
[H3]
Édit. 2018
psychoprophylaxie obstétricale l.f.
obstetrical psychoprophalaxis
Programme de préparation à l’accouchement qui met l’accent sur des exercices physiques, la relaxation, les techniques respiratoires et le confort.
La psychoprophylaxie connaît ses meilleurs succès en diminuant ou en supprimant la tension et la douleur durant le travail d'accouchement. Plusieurs types de mouvements respiratoires sont appliqués pendant celui-ci ; le confort est assuré par des massages du dos, des pressions sur le sacrum et le décubitus latéral du côté de l’occiput fœtal. La préparation requiert 6 à 8 semaines de sessions de pratique. La confiance en soi et la faculté de « tenir le coup » pendant le travail d’accouchement sont nettement améliorés par ce programme. La méthode est surtout populaire en France et en Russie.
psychothérapies (évaluation des effets des) l.f.
valuation of psychotherapies
Évaluation qui se heurte à un dédale méthodologique, par la pluralité des modèles appliqués, parfois différents de ceux affirmés, le nombre des variables en cause, comme la prise conjointe de psychotropes, les difficultés d'appréciation d'indicateurs pertinents de changement, en particulier psychodynamiques, la possibilité d'améliorations spontanées d'états névrotiques, certains présupposés théoriques et la règle générale des groupes de contrôle, sans négliger une estimation coût-efficience.
Il est volontiers admis que globalement un fort pourcentage de patients, surtout anxiodépressifs, en tire bénéfice, et quelle que soit la méthode ("paradoxe de leur équivalence", W.B. Stiles). Ceux qui s'aggravent sont mal connus. Il semble que ce soit l'alliance thérapeutique, avec notamment son empathie, qui soit la mieux corrélée avec une évolution clinique positive. En pratique, pour beaucoup, plutôt que de savoir quelle procédure est en général plus efficace, il s'agit d'établir les effets obtenus par une approche donnée et pour un type particulier de patient.
Malgré, principalement, ses aspects réducteurs, l'utilisation outre atlantique de manuels pour chaque forme de psychothérapie facilite la standardisation des principes, techniques et références explicites. Les approches françaises réalisent des études de processus à une échelle institutionnelle, visant à corréler les variations observées aux facteurs de changement présumés. Mais leurs résultats sont difficilement généralisables. Ces deux perspectives pourraient se compléter. Bien qu'il soit nécessairement juge et partie, l'estimation par le clinicien est déterminante.
W. B. Stiles, psychologue américain (1986)
→ psychanalyse et psychothérapie
puvathérapie l.f.
Méthode thérapeutique associant la prise orale de psoralènes suivie par une exposition à un rayonnement UVA exclusif, indiquée principalement dans le traitement du psoriasis, de la mastocytose, du mycosis fongoïde, du prurit chronique des personnes âgées.
Les psoralènes exercent une action photosensiblisante.
Syn. photochimiothérapie
→ psoriasis, mastocytose, mycosis fongoïde, UVA, psoralènes, photosensibilisation médicamenteuse, photochimiothérapie
qualité (amélioration continue de la) l.f.
continuous improvement of the quality
Démarche ayant pour but d'intégrer la qualité dans les modes de gestion d'un établissement, d'un service, d'une équipe.
Cette démarche repose sur l'instauration d'un processus permanent d'amélioration de la qualité selon le principe proposé par Denning dans le domaine industriel. Ce processus, connu sous le sigle PDCA, se décompose en quatre phases : préparer (plan), réaliser (do), vérifier (check), améliorer (act). Cette méthode est celle utilisée par l'Agence Nationale d'Accréditation et d'Evaluation en Santé (ANAES) dont les attributions ont été conférées à la Haute Autorité de Santé pour l'appel d'offre des «programmes d'assurance de la qualité».
→ accréditation, Haute Autorité de Santé, PDCA
raccourcissement scléral l.m.
scleral shortening
Raccourcissement chirurgical de la surface sclérale sur un ou plusieurs quadrants, par résection, plicature ou diathermocoagulation.
Méthode utilisée pour traiter certains décollements de rétine graves.
→ diathermocoagulation, sclérale (surface)
rachianesthésie n.f.
spinal anesthesia, rachialnalgesia
Méthode d’anesthésie de la partie inférieure du corps par injection d’un produit anesthésique dans l’espace sous-arachnoïdien.
La ponction est habituellement faite dans la région lombaire (rachicentèse). La rachianesthésie produit un bloc sympathique, sensitif et moteur.
A. Bier, chirurgien allemand (1899) ; Th. Tuffier, chirurgien français, membre de l’Académie de médecine (1899)
Étym. gr. rachis: épine dorsale; an privatif; aisthesis: sensibilité
Syn. analgésie rachidienne, analgésie intra-arachnoïdienne, analgésie intra-dure-mérienne
→ anesthésie péridurale,rachicentèse, rachianesthésie (complications neurologiques de la)
radio-immunothérapie l.f
radioimmunotherapy
Application thérapeutique d’anticorps vecteurs de radioactivité.
Le vecteur, un anticorps monoclonal, reconnaît les antigènes exprimés par les cellules-cibles que le radio-isotope lié peut dès lors détruire par émission de rayonnement α ou β.
La principale indication actuelle de cette méthode est la destruction de cellules tumorales
(lymphome malin, leucémie lymphocytique…), mais les indications potentielles paraissent larges.
radiomanométrie biliaire l.f.
biliary radiomanometry
Méthode de radiologie per ou postopératoire des voies biliaires associant la radioscopie et/ou la prise de clichés, à la mesure simultanée des pressions de passage de la bile dans le cholédoque et par le muscle sphincter de l’ampoule hépatopancréatique.
L'opacification se faisait par un drain introduit dans les voies biliaires et le suivi de la pression par un manomètre simple ou enregistreur. Actuellement, cet examen se pratique parfois encore en peropératoire avec l'aide d'un amplificateur de luminance permettant un contrôle immédiat de la perméabilité du cholédoque sur écran de télévision. Il est réalisable en cœliochirurgie.
rapport AC/A l.m.
AC/A ratio
Montant de la convergence accommodative (AC) induite par unité d'accommodation (A).
Il est déterminé, pour une distance de fixation donnée, en divisant le montant de la convergence accommodative exprimée en dioptries prismatiques par le montant de l'accommodation exprimée en dioptries sphériques (méthode du gradient).