protéomique n.f.
La protéomique, terme forgé en 1997, est l’étude de l’ensemble des protéines d’un organisme, d’un fluide biologique, d’un organe, d’une cellule ou même d’un compartiment cellulaire ; cet ensemble de protéines est nommé protéome.
Les principaux objectifs de la protéomique sont d’identifier et de quantifier les protéines présentes dans un échantillon biologique à un instant T et d’obtenir des données fonctionnelles : localisation, identification de protéines partenaires, sites de liaison de ligand. La comparaison des protéomes permet également d'identifier des protéines différentiellement exprimées entre des populations cellulaires distinctes, ou répondant à des traitements différents. Ces données permettent de mieux comprendre les mécanismes moléculaires impliquées dans les grandes fonctions cellulaires. Il est par exemple possible d’étudier des voies de signalisation impliquées dans des processus biologiques ou dans l’apparition de maladies. En comparant les échantillons de personnes en bonne santé et de personnes malades (inclues dans de grandes cohortes), la protéomique permet également de découvrir et valider l’utilisation de biomarqueurs protéiques utiles au dépistage de maladies, au suivi de leur évolution ou encore à l’évaluation de l’efficacité d’un traitement.
La protéomique a vu le jour grâce à l’avènement de spectromètres de masse capables d’identifier et de quantifier à haut débit les protéines. N’ayant pas d’étape d’amplification du signal initial, la sensibilité des spectromètres de masses est biaisée en faveur des protéines les plus abondantes dans l’échantillon.
Un vaste projet international (The Human Proteome Project) piloté par l’Human Proteome Organisation (HUPO), lancé en 2011, cherche à créer une base de données unique permettant de décrire les protéines correspondant aux plus de 20 000 gènes codants chez l’Homme. D’autres volets de ce projet consistent à caractériser les protéomes du plasma, du foie, du cerveau, du système immunitaire, du rein, de l’urine ou encore du système cardiovasculaire. La protéomique entre dans le cadre des sciences omiques.
P. James, chimiste suissse (1997)
Étym. gr. prôtéios : de première qualité ; sanscrit ome : complétude, plénitude
Réf. P. James, « Protein identification in the post-genome era: the rapid rise of proteomics. », Quarterly reviews of biophysics, vol. 30, no 4, 1997, p. 279–331
→ protéome, pharmacoprotéomique, omiques (sciences), protéine, spectrométrie de masse
[C1,C3,Q1]
Édit. 2017