Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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oxydo-réduction n.f.

oxidoreduction

Réaction dans laquelle s'effectuent simultanément, par un échange d'électrons, l'oxydation d'une substance et la réduction d'une autre.

→ oxydation, réduction

[C1]

Édit. 2018

oxygénase n.f.

oxygenase

Enzyme catalysant une réaction de fixation d'une molécule de dioxygène sur un substrat.
Parmi les oxygénases, on range les enzymes catalysant la rupture oxydative des cycles aromatiques comme l'homogentisique-oxydase, la tryptophane-pyrrolase et la pyrocatéchase.

Syn. oxygène-transférase

Édit. 2017

oxygène (transport industriel) l.m.

industrial transport of oxygen

Le transport de l'oxygène peut se faire sous forme gazeuse, liquide, ou en combinaison chimique.
Étant donné la faible densité de l’oxygène gazeux à la pression atmosphérique, le vieux procédé de ballons d’oxygène est abandonné.L’oxygène comprimé (à 150 ou 200 bars) est utilisé pour le transport sous forme gazeuse. Il ne faut jamais transporter de bouteilles vides mais y laisser toujours une petite pression pour éviter que l'air extérieur pénètre dedans, car il apporterait de la vapeur d'eau qui se condenserait, humidifierait l’oxygène (risque de détérioration des détendeurs et de corrosion de la bouteille). L'inconvénient de ce mode de transport est le poids considérable des bouteilles, surtout les petites, par rapport à la quantité d’oxygène transportée.L’oxygène liquide est 4 fois plus avantageux que celui comprimé à 200 bars (un litre d’oxygène liquide dégage 800 litres d’oxygène gazeux dans les conditions ambiantes au niveau de la mer). Les réservoirs, constitués comme les vases de Dewar, sont légers et se prêtent bien au transport pour approvisionner les hôpitaux. Des petits dispositifs portables basés sur le même principe sont utilisées par les insuffisants respiratoires lors de leurs déplacements. Ces petites bouteilles «thermos» sont remplies à partir de gros récipients d’oxygène liquide. Le stockage de ces bouteilles et des gros récipients doit être fait dans un endroit aéré, car l'évaporation n'est jamais nulle même avec un très bon isolement thermique.Sous forme solide, on utilise des composés chimiques riches en O2 qui libèrent le gaz sous l'influence de la chaleur vers 300 à 400°C : les peroxydes alcalins, Na2O2, K2O2, sont hygroscopiques et produisent de l'eau oxygénée, ceux des métaux divalents sont plus stables mais ils sont peu réactifs, les superoxydes, LiO2, NaO2, etc., réagissent avec l'eau pour donner de l’oxygène et de l'eau oxygénée, les ozonides de métaux alcalins, type NaO3, réagissent vigoureusement avec l'eau. Tous ces produits sont instables, hygroscopiques et explosifs, donc difficiles à transporter et à stocker. On leur préfère des préparations à base de chlorates, par ex. NaClO3 → NaCl + 3/2 O2, mais il peut survenir une production de chlore (2NaClO3 → Na2O + Cl2 + 5/2 O2) qu'on neutralise avec du dioxyde de baryum (Cl2 + BaO2 → BaCl2 + O2). Le mélange à base de chlorate est comprimé en chandelles compactes, faciles à transporter. La réaction s'amorce avec un percuteur. Elle est très exothermique (température de la paroi 250°C) et se propage de proche en proche dans la chandelle. Un dispositif protecteur sur l'emballage est nécessaire pour éviter les brûlures. Fournissant un gaz à 99,65% d’oxygène, de telles chandelles sont utilisées pour les premiers secours. Comme le mélange est explosif à la percussion, des précautions antichoc spéciales doivent être prises lors du transport : dans leurs étuis protecteurs les chandelles doivent être solidement arrimées et leurs percuteurs verrouillés. Sans de telles précautions, des explosions en cours de transport ont eu lieu : notamment un avion a été perdu à la suite de l'explosion en soute de telles chandelles mal arrimées.

Édit. 2017

oxyhémoglobine (dissociation de l') l.f.

oxyhemoglobin dissociation

Réaction limitée de fixation et de libération entre l'oxygène et l'hémoglobine.
Comme le nombre de molécules d'Hb dans un volume donné, celui du globule rouge notamment, est limité, celui-ci ne peut fixer qu'un nombre limité de molécules d’oxygène : même si la PO2 augmente, à partir d'un certain moment il y a saturation. Par contre s'il y a de nombreuses molécules d'Hb désoxygénées, la fixation des molécules d’oxygène est facile et linéaire à la PO2. La courbe traduisant ce phénomène (courbe de Barcroft) est une sigmoïde, asymptotique au voisinage de la limite de saturation (150 mm de Hg) tandis qu'elle est assez linéaire entre 40 et 20 mm de Hg). La P50 (de l'ordre de 3,6 kPa = 27 mm de Hg) est la pression partielle d’oxygène correspondant à la demi-saturation, c'est-à-dire que la moitié des molécules d'Hb ont fixé une molécule d’oxygène. Si l'affinité diminue, notamment parce que des molécules de CO2 sont fixées sur l'Hb, la P50 doit être plus élevée (cas du sang veineux), au contraire s'il y a peu de CO2 l'affinité augmente et la P50 peut être plus faible (cas du sang artériel). Ainsi, dans les capillaires de la grande circulation le CO2 venant des tissus chasse l’oxygène du globule rouge, tandis que dans les capillaires pulmonaires le CO2 s'échappant dans les alvéoles laisse une plus grande place pour la fixation de l’oxygène (l'affinité devient plus grande - effet Bohr). La dissociation de l’oxygène va en sens opposé de celle du CO2 ; ces deux réactions se font à pH sensiblement constant mais l'entrée et la sortie du CO2 dans le globule rouge entraîne un passage d'eau et de chlore en sens inverse.
Les principaux facteurs modifiant l'affinité de l'Hb pour l’oxygène sont la concentration en ions H+, la PCO2, la concentration intraérythrocytaire en 2,3 DPG et la température.

C. Bohr, physiologiste danois (1904)

→ Bohr (effet)

Édit. 2017

oxyurose n.f.

enterobiasis

Infestation parasitaire intestinale par un nématode de petite taille, Enterobius vermicularis, dont la ponte a lieu dans la région anale, et cause fréquente de prurit et de lésions de grattage et parfois d'une réaction inflammatoire.
Affection fréquente de l'enfant, facilement transmissible, elle est caractérisée par un intense prurit anal provoqué par le franchissement du sphincter anal, surtout vespéral, par les vers femelles avant leur ponte. Plus inconstants, d’autres symptômes peuvent être observés : prurit nasal, troubles caractériels. Des complications appendiculaires, voire génitales, sont exceptionnelles. L’intensité des troubles est liée à l’importance de l’infestation favorisée par un manque d’hygiène et, surtout, par le cycle d’auto-réinfestation (contamination du patient à partir des œufs éliminés par ses propres parasites).
L'oxyurose implique une enquête familiale et de l'entourage afin de déceler les sujets contaminés. Le diagnostic peut se faire par la découverte des oxyures à la marge anale, mais surtout par la mise en évidence d’œufs d'oxyures grâce au scotch test.
Le traitement comporte, outre les règles d'hygiène pour éviter la réinfestation (brossage des ongles avant le repas, traitement de l'entourage), la prise d’un médicament spécifique deux fois à quinze jours d'intervalle.

→ oxyure, scotch test

Édit. 2017

palmityl-coenzyme A n.m.

palmityl-coenzyme A

Combinaison de l'acide palmitique avec le coenzyme A.
Elle constitue la forme métaboliquement active de cet acide gras ; substrat des enzymes d'oxydation et des acyltransférases responsables de la biosynthèse des lipides, le palmityl-coenzyme A est aussi le produit rétro-inhibiteur de l'acétyl-CoA-carboxylase, enzyme-clé de la biosynthèse de l'acide palmitique. Il se forme par condensation selon la réaction :

→ RCOOH+HSCoA+ATP RCOSCoA+AMP+PP

papillome bilharzien l.m.

bilharzial papilloma

Pseudotumeur inflammatoire formée par l'accumulation ovulaire de Schistosoma haematobium et la réaction ovulaire qui l'entoure, simulant en cystoscopie une tumeur papillaire de vessie.
Leur diagnostic et leur traitement sont réalisés par la résection endoscopique.

→ bilharziose urogénitale, cystite bilharzienne

paracaséine n.f. 

 paracasein

Produit de précipitation de la caséine du lait sous l'action des présures, en milieu neutre.
Le mécanisme de cette réaction, différent de la précipitation à pH acide, n'est pas bien connu.

paraffinome n.m.

paraffin granuloma

Nodule ou placard induré provoqué par la présence sous la peau de particules de paraffine qui, à plus ou moins longue échéance, induisent une réaction à corps étranger avec formation d'un granulome macrophagique.

paragangliome non chromaffine l.m.

non chromaffin paraganglioma

Tumeur née au dépens d'organes parasympathiques non-chromaffines ne donnant pas habituellement de signes cliniques d'hyperfonctionnement neuroendocrine.
Rare, ce paragangliome siège au niveau du corpuscule carotidien, du glomus jugulaire, des corpuscules aortiques. Ce sont les vrais chemodectomes. Mais il est des localisations au niveau de la vessie, du hile hépatique, du cœur et du médiastin. Il est des formes multicentriques.
Leur architecture est endocrinienne et/ou angiomateuse. La réaction chromaffine est négative et l'argyrophilie inconstante ce qui ne correspond pas obligatoirement au caractère non secrétant de la lésion.
Le paragangliome est en général bénin. S'il est malin, ce qui est rare, il donne des métastases au niveau des nœuds lymphatiques et des os.
Le traitement doit toujours être chirurgical, s'il est possible. La taille et le risque hémorragique sont sources de complications.
Seule une contrindication opératoire, une exérèse limite ou incomplète ou encore le caractère malin à l'examen histologique font proposer une radiothérapie.

→ chemodectome

parallergie n.f.

pathergie

Réaction concomitante à des allergènes différents.
Moro, Keller

Étym. gr. par : à côté ; allos : autre ; ergon : réaction

Syn. coallergie

→ pathergie

paralysie générale l.f.

general paralysis, paralytic dementia

Méningoencéphalite syphilitique survenant environ 15 années après la primo-infection, diffuse et progressive, devenue exceptionnelle depuis l'utilisation de la pénicilline.
Après un début progressif, parfois médicolégal, elle associe :
- un syndrome psychique avec signes frontaux (surtout euphorie béate et indifférence), idées délirantes mégalomaniaques absurdes (imaginatives et fabulatoires) et évolution vers une démence apathique profonde : d'où la dénomination elliptique de paralysie générale ;
- un syndrome neurologique avec tremblement fin, menu, rapide, des extrémités et de la région labiolinguale, dysarthrie particulière comportant un achoppement au milieu des mots longs, signe d'Argyll-Robertson, réaction cellulaire du LCR, hyperalbuminorachie et test de Nelson positif.
En fait, les expressions sont multiples. Il faut penser d'autant plus à une paralysie générale qu'elle est devenue exceptionnelle.
Sous traitement, institué le plus précocement possible, une régression, plutôt une stabilisation ou des résultats dissociés, sont possibles.

A. Bayle, neurologue français (1822) ; A. Fournier, dermatologiste et syphililologue français, membre de l’Académie de médecine (1894)

Syn. maladie de Bayle, méningo-encéphalite syphilitique

→ syphilis (troubles psychiques et )

pelade n.f.

alopecia areata

Variété d'alopécie non cicatricielle caractérisée par une ou plusieurs plaques glabres bien délimitées, de taille variable, non prurigineuses, survenant surtout sur le cuir chevelu.
Elle peut siéger aussi sur la barbe, les cils, les sourcils et toutes les zones pileuses du corps, d'extension centrifuge, pouvant confluer et prendre une très grande extension.
Sur les plaques la peau est discrètement œdémateuse, hypotonique et les orifices pilaires persistent, parfois un peu dilatés. En période d'extension, les cheveux se détachent facilement à la traction douce en périphérie des plaques : ils peuvent prendre un aspect cadavérisé pseudocomédonien ou encore peladique, en point d'exclamation de quelques millimètres de haut avec une base étroite et une extrémité renflée en massue. L'évolution se fait le plus souvent vers une repousse spontanée en quelques mois, mais les récidives sont fréquentes. Deux variétés sont particulières : les pelades décalvante et ophiasique. L'atteinte des ongles réalise la pelade unguéale.
A côté d'autres mécanismes, par ex. génétiques, le rôle de facteurs psychogènes dans cet état où notamment la repousse des poils et des cheveux est le plus souvent spontanée et imprévisible, paraît bien établi. Mais il n'a pas été possible d'identifier de profil psychique particulier. Dans ces deux affections. un mécanisme auto-immunitaire a été retenu. Il pourrait donc s'agir d'exemples de maladies d'ordre psychoneuro-immunologique.
Des états dépressifs fréquents peuvent traduire une réaction à la perte des cheveux et à son retentissement psychosocial. En fait, il est souvent difficile de préciser la part étiologique et/ou réactionnelle.

Étym. gr. alôpêx : renard (le renard étant sujet à la pelade)

Syn. alopécie en aires (obsolète), porrigo decalvans (obsolète)

→ cheveu peladique, peau et psychisme

pelure d'oignon (image en) l.f.

onion-peel appearance

En radiologie, variété de réaction périostée faite de fines lamelles osseuses parallèles à une corticale présente ou détruite ; la scanographie met en évidence leur caractère concentrique.
Elle évoque habituellement une lésion agressive évoluant par poussées cycliques. Elle s'observe surtout dans le sarcome d'Ewing mais aussi dans les lésions bénignes locales (fracture de fatigue) ou générales (hypervitaminose A).

pentose n.m.

pentose

Ose soit pseudo-aldéhydique (aldopentose) soit pseudocétonique (cétopentose) ayant 5 atomes de carbone.
Les pentoses sont des composés solubles dans l'eau, donnant une coloration verte caractéristique en milieu chlorhydrique concentré à chaud en présence d'orcinol (réaction de Bial). Parmi les aldopentoses, le xylose, le lyxose et l'arabinose se rencontrent surtout chez les végétaux, tandis que le ribose est réparti plus également dans les deux règnes, animal et végétal. C'est le ribose et son dérivé d'oxydation, le désoxyribose, qui confèrent aux pentoses leur rôle essentiel de constituant des nucléosides et des mono-, di- et polynucléotides. Les pentose-phosphates (ribose-5-phosphate, ribulose-5-phosphate, xylulose-5-phosphate) trouvés dans les cellules interviennent au cours de la photosynthèse des végétaux. Dans le sang, les pentoses totaux (pentoses libres et combinaisons nucléotidiques) sont présents à la concentration de 170 µmol/L (2,5 mg pour 100 mL) en moyenne.

→ ose, ribose, xylose, ribulose, xylulose

pepsine n.f.

pepsin

Enzyme protéolytique du suc gastrique rompant certaines liaisons peptidiques des protéines, sécrété par les cellules glandulaires de l'estomac sous une forme inactive, le pepsinogène.
La pepsine agit directement sur le pepsinogène pour libérer la pepsine par réaction autocatalytique.
Cette endopeptidase est une protéine de masse moléculaire 34 kDa, riche en acide aspartique et acide glutamique, pauvre en acides aminés basiques. Son pH d'action est voisin de 2. Elle hydrolyse un grand nombre de protéines mais son action est cependant partielle : elle conduit à un mélange de peptides et de peptones. Son action porte en effet principalement, mais non exclusivement, sur les liaisons peptidiques dans lesquelles sont impliqués des groupes -NH2 appartenant à des acides aminés aromatiques.
Plusieurs types de pepsines exercent une digestion des protéines à des pH différents.

Étym. gr. pepsis : coction, digestion

pepsinogène n.m.

pepsinogene

Protéine proenzymatique présente dans le suc gastrique, dont la digestion partielle produit un enzyme actif, la pepsine.
Ce zymogène est sécrété par les cellules principales de la région fundique de l'estomac.
Sa masse moléculaire est de 42 kDa. En milieu acide il se transforme en pepsine, puis la réaction se poursuit par un processus autocatalytique. Cette activation revient à une protéolyse limitée avec départ de cinq petits peptides.
Le pepsinogène est présent dans le plasma. Sa teneur est en général augmentée au cours de l'ulcère duodénal.

Syn. propepsine

→ pepsine

peptidylglycine alpha -amidating monooxygénase l.f.

peptidylglycine α-amidating monooxygenase

Enzyme bifonctionnel catalysant l'amidation de peptides sur le carboxyle terminal.
La réaction, qui porte sur une glycine COOH-terminale, s'effectue en deux temps : une hydroxylation du C α de la glycine par une molécule de dioxygène en présence d'acide ascorbique, catalysée par la fonction peptidylglycine " α -hydoxylating" monooxygénase de l'enzyme (PHM), puis un clivage en glyoxylate et peptide amidé, catalysé par la fonction peptidyl α -hydroxyglycine " α -amidating" lyase (PAL). Parmi les nombreux peptides biologiquement actifs ainsi amidés, on peut citer le TRF, la calcitonine, la cholécystokinine, la gastrine, la sécrétine, la pancréastatine, l' α -MSH, l'Arg-vasopressine, etc.

Sigle PAM

péricardite tuberculeuse l.f.

tuberculous pericarditis

Infection du péricarde par le bacille de Koch.
La tuberculose était naguère considérée comme la cause dominante (avec le rhumatisme) des péricardites. Elle est beaucoup plus rare aujourd’hui. L’atteinte péricardique survient dans la phase primo-secondaire du cycle de l’infection tuberculeuse, la séreuse étant atteinte par voie lymphatique dans la primo-infection ou par voie sanguine dans la période secondaire. La péricardite tuberculeuse peut revêtir une forme sèche (inflammation avec réaction fibrineuse et parfois granulations miliaires) ou liquidienne (épanchement plus ou moins abondant sérofibreux ou sérohématique). Elle peut évoluer vers la formation de foyers caséeux ou vers un épaississement fibreux du péricarde plus ou moins vite compressif et susceptible de se calcifier (péricardite chronique constrictive). L’évolution et le pronostic des péricardites tuberculeuses ont été transformés par le traitement spécifique (chimiothérapie quadruple), auquel doit parfois s’ajouter un traitement chirurgical de décortication d’un cœur comprimé (péricardectomie).

→ tuberculose

periostine n.f.

periostin

Protéine de la matrice cellulaire de 90 kDa, appelée aussi facteur ostéoblastique spécifique de type 2 (« osteoblastic specific factor 2 ») parce que produite par les ostéoblastes, exprimée essentiellement dans le périoste et le ligament périodontal, intervenant dans l’embryogenèse, les interactions cellules-matrice, la migration des cellules inflammatoires, la réaction stromale, les métastases des cancers, et le développement de la fibrose.
La protéine comporte un domaine EMI N-terminal riche en cystéine qui est le site d’interaction avec les autres protéines dont le collagène I et la fibronectine. Présente à l’état physiologique au cours du développement embryonnaire et, à l’âge adulte, dans le périoste, elle est réexprimée dans les stromas de nombreux cancers et les tissus entamant un processus de fibrose. Sans cette protéine, la cellule souche cancéreuse ne peut pas développer des métastases. Sa réexpression dans les tissus lésés promeut la conversion en fibroblastes des cellules épithéliales et la synthèse de collagène I. Sa production est stimulée par le facteur de croissance transformant (TGF) bêta. Elle constitue un facteur essentiel du remodelage du tissu rénal.

Ilaria Malanchi et J. Huelsken, chercheurs en activités cancérologiques en Suisse (2011)

péritoine (fonctions du) l.f.p.

Les fonctions du péritoine découlent de ses origines embryologiques à partir du feuillet mésoblastique au sein duquel, entre la 3ème et la 8ème semaines, va se produire un clivage en deux couches, l’une en continuité avec le mésenchyme extra-embryonnaire tapissant l’amnios, c’est la somatopleure intraembryonnaire ( futur péritoine pariétal), l’autre en continuité avec le mésenchyme tapissant la vésicule vitelline, c’est le splanchnopleure intraembryonnaire (futur péritoine viscéral), ces deux couches délimitant une nouvelle cavité, le cœlome interne future cavité péritonéale ; l’organisation finale du péritoine avec ses mésos et ses fascias d’accolement accompagne le développement des organes intra-abdominaux .
Cette évolution mésoblastique explique les différentes fonctions du péritoine, tant mécaniques que physiologiques :
- maintenir les organes en place par les mésos et fascias d’accolement ;
- servir de structure porteuse aux vaisseaux et nerfs des organes par les mésos ; 
- permettre le glissement harmonieux des viscères grâce à une mince lame lubrifiante qu'il contient. Ce liquide péritonéal existe en quantité minime chez le sujet sain. Il est principalement issu du liquide interstitiel hépatique, passant à travers la capsule du foie. Le liquide interstitiel (et donc la lymphe) hépatique est riche en protéines parce que les capillaires sinusoïdes sont fenêtrés. Les lymphatiques sous-péritonéaux, principalement dans les régions diaphragmatiques, ont pour fonction de drainer ce liquide physiologique. ; la fixation anormale des organes soit au péritoine pariétal, soit par accolement des viscères entre eux par leur péritoine viscéral, est une réaction à des phénomènes inflammatoires quelle qu’en soit l’origine ; elle est expliquée par la richesse du liquide péritonéale en protéines qui, en s’organisant, sera responsable des adhérences. Les conséquences de l’existence d’adhérence sont variable, soit nulles et bien tolérées, soit à l’origine de troubles du transit pouvant aller jusqu’à l’occlusion intestinale.
- protéger les organes contre les infections (rôle du liquide de glissement) ;
- le péritoine sert également de surface d'échange puisqu'il est utilisé dans ce but lors d'une dialyse péritonéale (la membrane péritonéale est alors la membrane d’échange, de dialyse) ;
- le cas particulier de la cœliochirurgie doit être évoqué : plusieurs études ont observé une chute de la température centrale lors d’interventions par cœliochirurgie. Le gaz expose la surface péritonéale (comparable à celle de la peau, soit 1 à 2 m²) à des conditions de température et d’humidité différentes de celles de l’organisme.

→ feuillet mésoblastique, somatopleure intra-embryonnaire, vésicule vitelline, splanchnopleure intra-embryonnaire, cœlome interne, méso,  fascia d'accolement, péritoine, occlusion intestinale, péritonite, dialyse péritonéale, cœliochirurgie

[A1,C2]

Perls (coloration de ) l.f.

Perls’ staining

Réaction histochimique de coloration dans laquelle le fer ferrique (non héminique), en présence de ferrocyanure de potassium, précipite en milieu acide sous forme de ferrocyanure ferrique ou bleu de Prusse, rendant alors les granules de fer visibles au microscope optique.
La présence de fer ferrique peut être ainsi aisément décelée dans les tissus dans des conditions d’hémolyse, de troubles métaboliques du fer et de maladie de surcharge. Qu’il s’agisse d’un excès local ou systémique de fer, la ferritine entre dans la constitution des granules d’hémosidérine décelables en microscopie photonique par la coloration de Perls.
Les excès locaux de fer et d’hémosidérine proviennent d’hémorragies ; l’exemple le plus simple est l’hématome. L’hémoglobine provenant de la lyse des hématies subit une transformation en hémosidérine. Les macrophages prennent alors part au processus de phagocytose des débris cellulaires et contribuent à transformer dans leurs lysosomes l’hémoglobine en hémosidérine sous forme de granules colorables par le Perls.
Dans la surcharge systémique en fer, l’hémosidérine se dépose dans de nombreux organes et tissus : hémosidérose observée en cas d’absorption exagérée de fer dans l’alimentation, en cas de mauvaise utilisation du fer, en cas d’anémie hémolytique et de transfusions répétées. Dans la plupart de ces cas de surcharge systémique en fer, l’accumulation intracellulaire ne provoque pas de lésion parenchymateuse ni d’altération fonctionnelle des organes. Par contre, dans l’hémochromatose idiopathique, où l’accumulation de fer est la plus importante, il existe des lésions du foie et du pancréas principalement, aboutissant à une fibrose hépatique d’évolution cirrhotique et à un diabète sucré. La coloration de Perls souligne l’importance de la surcharge ferrique dans les cellules hépatiques et dans les cellules de Kupffer.
Lors de l’analyse de frottis de sang et de moelle osseuse, la coloration de Perls permet d’identifier les sidéroblastes : érythroblastes médullaires contenant des granules de fer ; et les sidérocytes : hématies contenant des granules de fer ; elle permet aussi de localiser les granules de fer dans d’autres cellules de la moelle hématopoïétique ou les macrophages, ou en dehors de toute cellule (fer extracellulaire).

M. Perls, anatomopathologiste allemand (1867)

→ hémosidérine

personnalité masochiste l.f.

masochistic personality disorder

Notion assimilable à celle de "masochisme moral" (S. Freud), qui recouvre diverses formes d'attaque contre soi : culpabilité, névrose d'échec, réaction thérapeutique négative, en particulier.
Le plaisir recherché dans une certaine forme de souffrance et d'échec serait à l'origine de ces conduites. L'existence de "pulsions de mort" a été invoquée pour en rendre compte. En réalité, il n'est pas sûr que l'on puisse tenir comme un ensemble homogène des traits qui relèvent de mobiles variés (culpabilité, agression retournée contre soi, passivité, etc.) et qui s'expriment sous des formes également diverses.

personnalité paranoïaque l.f.

paranoid personality disorder

Personnalité caractérisée par l'hypertrophie du moi, la méfiance, la fausseté du jugement avec psychorigidité et par une inadaptation sociale consécutive.
Avec E. Kretschmer et l'École allemande, on distingue classiquement : les paranoïaques "de combat", les plus typiques, quérulents, souvent processifs, voire "fanatiques sthéniques"; les paranoïaques "de souhait", réformateurs ou idéalistes passionnés, "fanatiques ternes"; les sensitifs, "à la fois susceptibles, compliqués et ombrageux", plus proches d'une personnalité obsessionnelle. Des apparences soumises et conformistes peuvent masquer ces divers traits.
Les descriptions de la CIM et du DSM ne reconnaissent qu'une seule personnalité paranoïaque, la première soulignant plutôt les aspects liés à la sensitivité, la seconde les traits sthéniques.
Les rapports entre personnalité et psychose paranoïaques restent discutés. Il est possible, par exemple, qu'interviennent également les interactions et les difficultés d'ordre social suscitées par ces sujets, renforçant après-coup leur méfiance foncière.
Dans sa relation, le médecin doit être prudent. A fortiori, il évitera d'extérioriser toute réaction contre-transférentielle négative.

E. Dupré, psychiatre français, membre de l'Académie de médecine (1912) ; E. Kretschmer, neuro-psychiatre allemand (1918) ; M. Montassut, médecin psychiatre français (1925) ; G. P. Genil-Perrin, médecin aliéniste français (1926)

perversité n.f.

perversity, perverseness

Anomalie affectant un comportement social entaché de malignité, avec pour bénéfice premier le mal accompli ou infligé, et qui donne aux actes antisociaux un caractère de cruauté inutile et gratuite.
Impliquant plutôt un jugement moral, ce comportement peut être intermittent et pas toujours pathologique, par ex. chez des sujets considérés comme normaux, sous l'effet d'un réaction passionnelle à une situation ou à des agissements vécus comme hostiles ou dommageables. Il peut aussi s'agir d'une disposition plus pathologique, marquant l'ensemble des conduites, comme on l'observe chez certains déséquilibrés psychiques au sens classique.

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