pyruvate-kinase n.f.
pyruvate kinase
Enzyme catalysant le transfert réversible du radical phosphoryle de l'ATP sur le pyruvate sous forme énolique, formant le phosphoénolpyruvate .
l est présent dans toutes les cellules et joue un rôle dans la glycolyse en utilisant le phosphoénolpyruvate pour former une molécule d'ATP. Les conditions cellulaires sont défavorables à l'accumulation d'acide énolpyruvique et, par suite, à la réversibilité de cette réaction. La glycogénèse emprunte donc une autre voie pour former l'acide énolpyruvique. La pyruvate-kinase est inhibée lorsqu'elle est phosphorylée par une protéine-kinase A, sous l'effet de l'AMPc et donc du glucagon, ce qui constitue un élément régulateur de la glycolyse, la lipogénèse et la gluconéogénèse dans les hépatocytes.
Q10 (loi du) l.f.
Q10 law
La vitesse d'une réaction biochimique est généralement deux ou trois fois plus grande quand la température augmente de 10°C.
Bien que la notion de Q10 soit approximative, cette loi empirique simple explique notamment que la fixation de l’oxygène sur le muscle augmente au cours du travail parce qu'il s'échauffe. Au contraire, l'hypothermie amène le déplacement de la courbe de dissociation de l'hémoglobine vers la gauche (effet Bohr), d'où une diminution de l'oxygénation des tissus, donc une hypoxie tissulaire, qui favorise l'apparition d'un syndrome de choc : la froid aggrave l'état des victimes d'accidents et celui des opérés sur la table d'opération.
C. Bohr, physiologiste danois (1904) ; J. H. van’t Hoff, physicien et chimiste néerlandais, prix Nobel de chimie en 1901 (1852-1911) S. V. Arrhenius, physicien et chimiste suédois, prix Nobel de chimie en 1903 (1859-1927)
→ Bohr (effet), hyperthermie, hypothermie, hypoxie, van't Hoff-Arrhenius (loi de)
racémase n.f.
racemase
Enzyme qui catalyse une réaction de racémisation.
Les racémases connues sont des enzymes bactériens catalysant l'inversion de deux radicaux sur un carbone asymétrique d'un acide α-alcool ou d'un acide α-aminé : la lacticoracémase de Clostridium ou de Lactobacillus isomérise réversiblement l'acide D-lactique en acide L-lactique ; l'alanine-racémase est un enzyme à pyridoxal-phosphate catalysant la racémisation de l'alanine.
racémisation n.f.
racemization
Transformation d'un composé optiquement actif en un composé racémique.
Si des microorganismes sont capables de transformer un acide
P. ex. l'acide D-aspartique se forme progres
→ énantiomère, épimérisation, peptide opioïde
radiodermite n.f.
radiodermatitis
Réaction cutanée consécutive à une irradiation.
Dans les semaines qui suivent on peut observer les réactions de l’épiderme.
Après des doses supérieures à 20 Gy en irradiation unique, 40 Gy en irradiation fractionnée, persistent des séquelles d’atrophie, de sclérose cutanées (radiodermite chronique) qui peuvent s’ulcérer ou se cancériser. Les pionniers des radiations, physiciens et radiologistes, ont payé un lourd tribut à la radiodermite chronique.
radio-induite (lésion) l.f.
induced by ionizing radiation (lesions)
Lésion provoquée par les radiations ionisantes.
De moins en moins fréquentes, ces lésions peuvent consister en :
- réaction inflammatoire passagère (épithélite, mucite)
- complications ou séquelles irréversibles (sclérose, lymphœdème, cataracte, ulcération, fistule, télangiectasies, néphrite, désunion de sutures, plexite, myélopathie, etc.); chez l'enfant, troubles de croissance du squelette et retard intellectuel
- plus tardivement, cancers ou leucémies apparus après des explosions atomiques (ex. Hiroshima, Nagasaki) ou après des catastrophes nucléaires (ex. Kysthym, Tchernobyl, Fukushima)
- atteintes diverses chez des malades ou chez des professionnels exposés à des excès de doses de radiations; d'où la nécessité de respecter les règles de radioprotection.
Syn. radiolésion
radiomucite n.f.
mucous membrane reaction, post irradiation dryness
Réaction inflammatoire des muqueuses sous l'action de la radiothérapie externe ou de la curiethérapie.
Elle a des caractères voisins de la radioépidermite et de la radiodermite.
Elle est marquée par une rougeur de la muqueuse avec atrophie des glandes salivaires entraînant une diminution de la sécrétion de salive et une sécheresse des muqueuses.
Syn. radioépithéliite
→ radioépidermite, radiodermite
réaction à corps étranger l.f.
foreign body reaction
Réaction provoquée par l'introduction d'un corps étranger dans ou sous la peau et qui peut être banale et très transitoire, ou bien chronique, aboutissant alors le plus souvent à la constitution d'un granulome dit à corps étranger.
Syn. réaction xénique
→ granulome macrophagique, granulome lipophagique
réaction catastrophique l.f.
catastrophic reaction
Réaction engendrée par un évènement ou un stimulus qui, dépassant les capacités d'adaptation du sujet, précipite un effondrement cognitif (états démentiels) ou affectif (raptus anxieux), entraînant des comportements régressifs, stéréotypés et inadaptés (persévération, fuite, conduites dangereuses).
Des "réactions de catastrophe" sont décrites chez des opérés cardiaques récents, qui restent figés, redoutant que le moindre mouvement n'ait des conséquences désastreuses.
Chez le vieillard, "colis fragile", à la suite d'un échec d'adaptation à un changement de situation (hospitalisation, déménagement, admission en maison de santé, etc.), des épisodes anxieux et confusionnels de défaillance psychique, avec parfois troubles neurovégétatifs graves, ont été intégrés à ce modèle dans une perspective organodynamique.
À l'échelon collectif, de telles réactions peuvent engendrer des états de panique.
réaction de déviation du complémen t l.f.
complement fixation
Activation caractéristique du système du complément par la formation de complexe antigène-anticorps.
La voie classique d'activation du complément aboutit à une réaction d'immunohémolyse après activation séquentielle des composants de C1q à C9. La lyse cellulaire est le résultat final de l'interaction à la surface de la cellule, de l'antigène, de l'anticorps et du système du complément.
réaction de réversion lépreuse l.f.
reversal reaction
Complication aigüe d'origine immunologique, appartenant aux réactions lépreuses de type 1, survenant le plus souvent en cours de traitement et, plus exceptionnellement, avant ou après traitement, chez les patients lépreux borderline.
Elle est assimilée à une réaction d'hypersensibilité retardée traduisant un renforcement de l'immunité cellulaire du patient vis-à-vis du bacille de Hansen avec déplacement vers le pôle tuberculoïde. Généralement unique, elle est caractérisée par une turgescence brutale des lésions cutanées préexistantes qui peut aboutir à leur ulcération. Sa gravité tient à la survenue fréquente de névrites aigües déficitaires sur le plan moteur et/ou sensitif, et représente une urgence médicale et/ou chirurgicale.
Syn. réaction d'inversion lépreuse, réaction réverse lépreuse
réaction de type tuberculinique l.f.
tuberculin reaction type
Réaction retardée déclenchée par les T lymphocytes chez l'animal déjà sensibilisé à la tuberculine par une primo-infection antérieure.
réaction lymphocytaire mixte l.f.
mixed lymphocyte reaction, mixed lymphocyte culture
Transformation lymphoblastique et prolifération des lymphoblastes induites par la coculture de populations lymphocytaires différentes au niveau des gènes de classe II de leur complexe majeur d’histocompatibilité.
Cette réaction peut être rendue unidirectionnelle par blocage de la prolifération des cellules stimulantes par irradiation γ ou action de la mitomycine C.
réaction paranoïaque l.f.
paranoid reaction
Vécu de persécution et parfois de grandeur, avec comportement lié aux idées délirantes, survenant en continuité temporelle après un évènement exogène éprouvant.
Type de réaction psychotique surtout rencontré chez les transplantés, réfugiés, otages, autres prisonniers, ou chez les déficients sensoriels (sourds, aveugles). Désir et projection en forment les mécanismes majeurs.
Son évolution est en principe subaigüe et transitoire à la suite de l'éloignement de la situation pathogène, surtout en l'absence de prédisposition psychique majeure (relation "compréhensible" avec le facteur déclenchant , au sens de K. Jaspers). Mais l'histoire du sujet entre toujours plus ou moins en ligne de compte.
R. Gaupp, neuropsychiatre allemand (1910)
Syn. paranoïa abortive (R. Gaupp, neuropsychiatre allemand, 1910)
réaction post-transfusionnelle du greffon contre l'hôte l.f.
post transfusion graft versus host disease
La réaction du greffon contre l’hôte post-transfusionnelle est une complication potentiellement mortelle pouvant survenir chez des personnes immunodéprimées, à la suite de la transfusion de concentré de cellules sanguines : concentrés de globules rouges, de plaquettes ou de granulocytes.
réaction pupillaire l.f.
pupillary reaction
Modification du diamètre pupillaire en réponse à un stimulus.
On distingue la réaction à la lumière, à la convergence, à la contraction palpébrale, aux agents pharmacologiques, aux stimulus psychosensoriels.
réactions secondaires aux produits de contraste l.f.p.
secondary reactions (to contrast media)
Effets secondaires plus ou moins importants, souvent désagréables, parfois graves, provoqués par l'injection intraveineuse, plus rarement intra-articulaire ou intra-artérielle d'un produit de contraste iodé.
Les manifestations cliniques peuvent en être très variées : sensation de chaleur plus ou moins importante ; douleur parfois suffisamment intense pour justifier une anesthésie générale (en particulier lors d'une injection dans l'artère humérale ou dans l'artère carotide externe) ; nausées ou vomissements ; surtout phénomènes allergoïdes pouvant aller de la simple réaction cutanée à l'œdème de Quincke voire au choc anaphylactique.
Certains effets secondaires seraient dus au franchissement de la barrière hématoencéphalique, en rapport avec l'hypertonicité de la solution. Ces réactions secondaires sont moins importantes pour les produits de contrastes triiodés non ioniques que pour les produis de contraste triiodés classiques à haute osmolalité.
[B2,F3]
Édit. 2018
réactivité bronchique l.f.
bronchial hyperreactivity
Aptitude à la réaction de la contraction bronchique mesurée par des tests d'inhalation à l'acétylcholine ou à la métacholine.
Si les tests sont nettement positifs, ils sont évocateurs du diagnostic d'asthme bronchique. Dans les études épidémiologiques, il faut toujours bien préciser si le diagnostic d'asthme a été fondé sur les données de l'interrogatoire par questionnaire ou fondé sur un test d'hyper
réflexe cutané plantaire l.m.
plantar reflex
Réflexe cutané faisant intervenir les muscles fléchisseurs plantaires, le mucle long fléchisseur de l’hallux et le nerf ischiatique (nerf fibulaire commun) qui correspond aux racines de S1 et S2.
Il est recherché par stimulation cutanée avec une pointe mousse, du bord externe du pied vers le 5e orteil, le sujet étant en décubitus dorsal, jambes en semiflexion.
La réponse normale est une flexion du gros orteil. Son extension lente (à différencier d'une réaction de retrait) constitue le signe de Babinski, qui permet d'affirmer l'existence d'une lésion du faisceau pyramidal.
réflexe de défense l.m.
defence reflex
Type des réflexes extéroceptifs, tel qu'ils sont observés après section de la moelle, en réponse à une stimulation des terminaisons nerveuses non spécifiques situées au niveau des téguments et des structures profondes.
Ces réflexes polysynaptiques comportent une activation des fléchisseurs avec réaction de retrait, de faible spécificité topographique, accompagnée d'une inhibition de leurs antagonistes et d'une réponse en extension du côté opposé.
En clinique, traduisant des lésions sévères, ils comportent une triple flexion du membre inférieur stimulé, avec extension du membre inférieur controlatéral. Diverses stimulations, non nécessairement nociceptives, peuvent intervenir. La limite supérieure de la zone réflexogène atteint la racine du membre et parfois la limite supérieure de la lésion au niveau du tronc. À l'extrême, un triple retrait permanent est possible (paraplégie en flexion, dite cutanéoréflexe). Des formes mineures sont aussi relevées.
réflexe pupillaire l.m.
pupillary reflex
Ensemble de la réactivité réflexe de la pupille à la lumière (réflexe photomoteur), à la vision de près, à la douleur, ou à toute autre excitation sensorielle (auditive ou tactile en particulier).
La réaction pupillaire à la vision de près est une syncinésie qui comporte l'association au myosis qui dépend de la vision de près, de l'accommodation et de la convergence. Ces trois éléments sont sous la dépendance du nerf oculomoteur (IIIe paire crânienne).
Dans le signe d'Argyll-Robertson, caractérisé par des pupilles petites, irrégulières et inégales, le réflexe photomoteur est aboli alors que la contraction s'effectue en accommodation-convergence.
D. M. C. Argyll-Robertson, ophtalmologiste écossais (1869)
→ réflexe photomoteur, Argyll-Robertson (signe d')
ré-inspiration n.f.
rebreathing
Action par laquelle le sujet ré-inspire son propre gaz expiré.
La technique de ré-inspiration est utilisée pour des tests de contrôle ventilatoire. Le sujet inspire du gaz contenant des concentrations croissantes de gaz carbonique qui normalement entraînent une réaction d'hyperventilation.
réponse immunitaire l.f.
immune response
Ensemble d'événements se produisant chez l'Homme et les vertébrés à la suite d'un contact immunologique avec une protéine étrangère.
La réponse immunitaire peut se traduire par la production d'anticorps spécifiques, une réaction d'hypersensibilité, etc. Elle peut être à médiation humorale ou cellulaire.
→ déterminant antigénique, hypothèse informatrice, antigène, anticorps
réponse immunitaire à médiation humorale l.f.
humor mediated immune response
Réponse immunitaire des lymphocytes B impliquant la sécrétion d'anticorps.
On distingue la réaction primaire, consistant en la fixation de l'antigène et de l'anticorps, et les réactions secondaires dont la précipitation, l'agglutination cellulaire, la fixation du complément, la phagocytose par les macrophages, la lyse par les cellules tueuses, etc. Ces réactions sont directement à l'origine de la destruction ou de la mise à l'écart de l'antigène concerné.
résistance n.f.
A - En biologie
1) processus par lequel une cellule, un individu, une population surmonte, sans dommage apparent, l'agression d'un agent infectieux ou d'une substance toxique, des conditions physiques et chimiques du milieu, etc.
2) par extension, propriété permettant ce processus.
La résistance est le plus souvent un caractère génétique monogénique ou oligogénique spécifique de l'agression.
B - En psychiatrie
Nom donné à tout ce qui entrave le progrès d'une cure psychanalytique.
À l'origine de la résistance, S. Freud reconnaît les forces de refoulement, les mêmes que celles qui ont refusé la prise en charge des représentations dans le conscient. Il s'aperçoit vite aussi que le transfert peut servir à la résistance, l'analysant reportant sur l'analyste les affects qu'il ne peut se remémorer.
Dans sa deuxième topique, Freud ajoute au refoulement venant du moi l'attraction qu'exerce le ça sur des groupes de représentations. Le surmoi joue aussi un grand rôle dans l'installation de résistances : des dispositions masochistes trop importantes peuvent déterminer une opposition durable à la guérison (réaction thérapeutique négative).