voyage pathologique en psychiatrie l.m.
psychiatric pathological trip
En psychiatrie, déplacement plus ou moins éloigné ou durable, sans but logique, symptomatique de manifestations psychiatriques inaugurales ou en évolution, qui se différencie de la plupart des fugues réactionnelles et des errances confuses ou démentielles.
Chez l'adulte, toute la nosographie peut être concernée, en particulier : l'épilepsie (observation classique de H. Legrand du Saulle, 1877, en fait discutable) ; un état névrotique, surtout hystérique, avec son vécu crépusculaire ; une dépression, p. ex. mélancolique, fréquent équivalent ou prodrome d'une conduite suicidaire ; une personnalité psychopathique, avec souvent alcoolisme et/ou toxicomanie ; une activité délirante, qui peut donner lieu p. ex. à des parcours volontiers stéréotypés, incompréhensibles, chez les schizophrènes, ou à des déplacements, voire des déménagements répétés chez des paranoïaques (persécutés migrateurs, A. Foville, 1799-1878) ; l'émergence ou plutôt la révélation d'une affection psychiatrique à l'occasion d'un voyage, voire d'une transplantation.
A contrario, la notion de voyage thérapeutique, maintenant dépouillée de son romantisme, a pris une place plus technique parmi les thérapies institutionnelles.
H. Legrand du Saulle, psychiatre français (1830-1886) ; A. L. Foville, fils, psychiatre français (1799-1878)
→ dromomanie, fugue chez l'enfant et l'adolescent
Weil-Felix (réaction de) l.f.
Weil-Felix test
Réaction sérologique longtemps utilisée pour le diagnostic des rickettsioses, basée sur le pouvoir agglutinant du sérum de ces patients vis-à-vis de certaines espèces de Proteus présentant des épitopes communs avec les bactéries du genre Rickettsia.
Cet examen est actuellement supplanté par la technique d’immunofluorescence indirecte.
E. Weil, bactériologiste autrichien, A. Felix, bactériologiste polonais (1916)
Widal-Felix (sérodiagnostic de) l.m.
Widal-Felix (reaction)
Sérodiagnostic, par technique d’agglutination de bactéries inactivées, destiné à la mise en évidence des anticorps dirigés contre les antigènes O et H de Salmonella enterica sérotypes Typhi et Paratyphi A, B, C au cours des fièvres typhoïde et paratyphoïdes.
Il devient positif à partir du 8e jour. Son interprétation est parfois difficile : sérologie faussement positive au cours d’autres maladies infectieuses, apparition retardée des anticorps. Les anticorps anti-O disparaissent en 2 à 3 mois, les anticorps anti-H persistent pendant plusieurs années. Seul un titre d’anticorps anti-O supérieur à 100 témoigne d’une fièvre typhoïde ou paratyphoïde récente.
F. Widal, bactériologiste et interniste français, membre de l’Académie de Médecine (1896) ; A. Felix, bactériologiste britannique (1887-1956)
Witzel (iléostomie de) l.f.
Witzel's ileostomy
Technique dans laquelle une sonde est enfoncée sur une dizaine de centimètres dans un manchon intestinal séromusculaire.
Ce procédé est indiqué dans les iléostomies provisoires car il facilite la fermeture de la stomie après suppression de la sonde.
O Witzel, chirurgien allemand (1856-1925)
Woodruff (test de, technique de) l.m. l.f.
Woodruff’s test
Technique de l'étude de l'adhésion leucocytaire sur coupes congelées de ganglions, souvent utilisée pour identifier des molécules ou des mécanismes d'adhésion.
Judith J. Woodruff et H. B. Stamper Jr, microbiologistes américains (1977)
xénodiagnostic n.m.
xenodiagnosis
Technique jadis utilisée pour le diagnostic de certaines parasitoses.
Elle consistait à inoculer le sang du malade à un animal réceptif au parasite recherché. P. ex., pour la maladie de Chagas (xénodiagnostic de Brumpt), on faisait piquer le malade par des nymphes de triatomes à jeun et non infestées puis, 15 à 30 jours après, on recherchait les formes métacycliques de Trypanosoma cruzi dans les déjections des insectes devenus adultes.
Étym. gr. xenos : étranger
[D2]
xéroradiographie n.f.
xeroradiography
Procédé de radiographie utilisant comme récepteur la variation de charge électrique des différents points d'une plaque au sélénium.
La plaque métallique, recouverte de sélénium et préalablement chargée positivement, conserve après exposition aux rayons X, une image électrostatique latente révélée par saupoudrage de particules de charges négatives, puis transcrite sur papier photographique. On obtient ainsi une image riche en détails avec majoration des effets de bord. Cette technique a été très utilisée en mammographie, puis progressivement abandonnée parce qu'elle nécessitait des doses de rayons X supérieures à la radiologie conventionnelle ou numérisée.
Étym. gr. xeros : sec
[B2]
yoga n.m.
yoga
Technique de concentration mentale issue d'un système philosophique de l'Inde fondé selon la tradition par Patanjali au IIe siècle avant notre ère, qui faisait consister l'état parfait d'union avec un dieu suprême éternel dans la méditation, l'immobilité absolue, l'extase et les mortifications corporelles.
Comme la méditation transcendantale, elle est pratiquée en dehors d'un cadre médical. Elle se présente actuellement comme la recherche du calme et de la maitrise de soi par un apprentissage sans effort, parfois très long, de postures et de mouvements respiratoires, destiné à un contrôle des fonctions vitales et à une détente mentale et musculaire. Les pratiquants du yoga font valoir des effets positifs sur leur état psychophysiologique, émotionnel, voire névrotique.
Zárate (opération de) l.f.
Zárate procedure
Technique de symphysiotomie partielle sous-cutanée par section du ligament arqué, respectant les ligaments inférieur et supérieur de la symphyse.
frein anatomochirurgical supérieur du pubis
E. Zárate, gynécologue obstétricien argentin (1926)
zébrage chromosomique l.m.
chromosome banding
Technique d'identification des chromosomes par coloration différentielle mettant en évidence sur chacun d'eux une alternance spécifique de bandes transversales claires et foncées.
zeugmatographie n.f.
zeugmatography
Terme proposé en 1973 pour désigner l'IRM par l’un des pionniers de la technique, Paul Lauterburg.
Cette appellation n’a pas été retenue par l’usage.
P. Lauterburg, chimiste américain, prix Nobel de médecine en 2003
[B2,B3]
Édit. 2018
zymogramme n.m.
zymogram
1) Diagramme de bandes obtenu par électro
allozyme, isozyme.
2) Technique mycologique destinée à mettre en évidence le profil de fermentation des glucides pour l’identification des espèces de levures.
Représentation graphique du spectre fermentaire d'une souche.
électrotype, zymotype
Etymzumêgrammos : écriture
Syn. fermentation des sucres
éthique en réanimation pédiatrique l.f.
ethics in pediatric intensive care
Observance des règles morales et déontologiques de la réanimation chez les nouveau-nés et les enfants.
La réanimation pédiatrique a non seulement pour but de sauver la vie de l'enfant mais surtout d'aboutir à une survie valable jusqu'à un âge adulte avancé. L'intérêt de l'enfant passe avant celui de sa famille, de son groupe social ou de la collectivité etdecelui des soignants.La prise de décision peut être difficile surtout pour les plus petits, sauf lorsqu'il n'y a évidemment aucun espoir de survie acceptable. Mais les gestes nécessaires en urgence doivent être faits immédiatement et complètement pour donner le maximum de chances à l'enfant. Ensuite, s'il survit, et si l'impression est défavorable pour l'avenir, après un recul suffisant et compte tenu du contexte familial (motivations, solidité, conditions de vie, connaissance de la fratrie et de l'environnement socioculturel, technique et économique, etc.) se pose la question de la poursuite de la thérapeutique active.
Une telle décision ne doit en aucun cas faire intervenir la responsabilité des parents à cause de la culpabilité que ce choix pourrait induire chez eux, parfois très longtemps après. De toute façon le contexte économique et social dans lequel vit l'enfant impose les limites de la réanimation en particulier en néonatologie : une action ne doit pas être entreprise ou prolongée si l'on sait que des soins indispensables au long cours ne pourront être poursuivis.
La question du secret médical est particulièrement importante en pédiatrie.
Etym.êthikon : la morale
prématurisme, secret médical
[E3,G1,O1]
Édit. 2018
éthylisme n.m.
ethylism, alcoholism
Terme souvent utilisé, qui permet en particulier de dissimuler et dédramatiser, sous une forme plus technique et moins défavorable, celui d'alcoolisme dont il est le synonyme.
alcoolisme
[G3]
Édit. 2018
dermatoscope n.m.
dermoscope
Appareil utilisé par le dermatologue pour mieux analyser les résultats de l’inspection cutanée de lésions de la peau et, en particulier, porter le diagnostic de mélanome.
Le dermatoscope est issu de la technique du réseau neuronal convolutif.
→ réseau neuronal convolutif, mélanome
[J1]
Édit. 2018
culture organotypique l.f.
organotypic culture
Culture d'organe en trois dimensions ayant pour objet l'étude du développement et de la différenciation d’un organe.
On distingue deux types de culture histotypique et organotypique relatifs aux cultures de cellules et d’organes. Alors que les premières permettent d’étudier une population homogène de cellules en monocouche sur une surface plane, les secondes réalisées en 3 dimensions dans un bioréacteur conservent l’architecture de l’organe et sont ainsi un meilleur modèle de la structure in vivo. Cette technique est en plein essor avec la création d’organoïdes (mini organes), formés en utilisant les différents types cellulaires d’un organe donné, obtenus par différenciation de cellules souches pluripotentes induites (iPS). C’est une approche prometteuse de modélisation pour comprendre les interactions cellulaires, les dysfonctionnements pathologiques et tester de nouvelles approches thérapeutiques.
→ culture histotypique, cellule souche mésenchymateuse, cellule souche embryonnaire
[A1,A2,B3]
Édit. 2018
embolisation de l'artère hépatique l.f.
embolization of the hepatic artery
Injection d'agents embolisants dans l'artère hépatique pour supprimer ou ralentir temporairement ou de façon permanente le flux artériel hépatique.
1) La technique consiste à mettre en place dans l'artère hépatique une sonde introduite par voie fémorale et à injecter des agents embolisants résorbables ou non.
2) Les principales indications sont le traitement des tumeurs malignes primitives du foie (carcinome hépatocellulaire), le traitement des tumeurs hépatiques se rompant dans la cavité péritonéale ou le traitement des anévrismes hépatiques.
On peut y adjoindre un agent thérapeutique (chimio-embolisation).
Étym. gr. embolos : qui s’enfonce dans, qui est jeté dans ; lat. embolus : piston d’une pompe
→ chimio-embolisation hépatique, embolie thérapeutique, carcinome hépatocellulaire
[B4, G5, L1, K4]
Édit. 2019
Klippel-Trenaunay-Weber (syndrome de) l.m.
Klippel-Trenaunay-Weber's syndrome
Maladie non héréditaire caractérisée par une différence de longueur entre les membres associée inconstamment à un élargissement des membres, un nævus cutané, une dilatation des veines superficielles, une augmentation de la température cutanée, une dermatite, des ulcères et des saignements.
La prévalence est inconnue, mais, à ce jour, environ 1 000 cas ont été décrits dans la littérature.
La différence de longueur entre les membres, variable, peut être légère ou atteindre 10 cm voire plus. La surcroissance peut n'affecter qu'un seul os (principalement le fémur ou le tibia) ou, dans certains cas, l'ensemble du membre. Les lésions vasculaires cutanées peuvent être bilatérales ou ipsilatérales, ou controlatérales à l’hypertrophie hémicorporelle. La manifestation neurologique la plus commune est la macrocéphalie ; une hémimégalencéphalie peut être rencontrée.
L'existence de fistules artérioveineuses autour ou à l'intérieur de l'os est maintenant largement reconnue comme la principale cause de surcroissance osseuse. Les malformations artérioveineuses peuvent affecter le métabolisme osseux en stimulant l'élongation des membres durant la période de croissance. A la fin de la croissance osseuse physiologique, aucune autre modification de la longueur des os n'est possible.
Le diagnostic repose sur l'examen clinique, les radiographies et les différentes techniques permettant de détecter et d'établir le site des malformations artérioveineuses, angioscintigraphie, examen avec microsphères marquées, ponction percutanée directe des zones anormales de l'os avec injection de produit de contraste, et angio-IRM, angioscanner et angio-scanner 3D.
Les malformations artérioveineuses intra-osseuses doivent être traitées par occlusion par ponction directe ou par embolisation par cathéter, mais la chirurgie doit être évitée car le risque d'hémorragie est élevé. Les fistules des tissus mous peuvent être traitées par embolisation par cathéter ou par résection chirurgicale de la zone fistuleuse, seule ou en combinaison avec des procédures endovasculaires. Pour stopper l'élongation osseuse durant la période de croissance les agrafes épiphysaires sont efficaces. L'élongation du membre controlatéral peut être corrigée chez l’adulte par la technique d'Ilizarov.
Réf. Orphanet, R. Mattassi (2008)
→ nævus, dermatite, ulcère, macrocéphalie, hémimégalencéphalie, angioscintigraphie, angio-IRM, angioscanner, Ilizarov (technique d')
[I2,J1,K4,O1]
Édit. 2018
morpholino n.m.
morpholino
Oligonucléotide de synthèse antisens bloquant l’expression d’un ARN messager.
Ces oligonucléotides sont des outils de génétique inverse agissant en bloquant l’expression d’un gène à l’étape de la traduction de l’ARN messager en protéine. On peut ainsi étudier la fonction de la protéine. Cette technique a été utilisée chez plusieurs animaux pris comme modèles dont la Souris, le Poisson zèbre et le Xénope.
[Q1]
Édit. 2018
réseau neuronal convolutif l.m.
convolutional neural network
Réseau de neurones artificiels, organisé sur le modèle du cortex visuel, utilisé en apprentissage approfondi (« deep learning ») pour la reconnaissance d’images.
Cette technique est utilisée, par exemple, pour la reconnaissance des mélanomes cutanés, en utilisant un dermatoscope construit selon ce modèle le dermatologue peut affiner les résultats de la simple inspection visuelle et décider de la nécessité d’une biopsie.
[J1,P2]
Édit. 2018
calcium radioactif l.m.
radioactive calcium
Ensemble des isotopes radioactifs du calcium parmi lesquels trois ont été utilisés pour étudier le métabolisme calcique chez l'animal, voire chez l'Homme :45Ca , 47Ca , 49Ca
Pour l'Homme, cette technique a été remplacée par des procédés plus directs et moins lourds; elle sert encore chez l'animal pour des études du métabolisme osseux (phénomènes de nucléation et de croissance).
→ activation neutronique (analyse par)
[C1]
cæco-urétérocystoplastie n.f.
cæco ureterocystoplasty, ileo-cæeco-colo-uretero-cystoplasty
Variété technique d'entéroplastie urinaire remplaçant la vessie et tout ou partie des uretères par le segment iléocæcocolique.
L'utilisation de ce segment intestinal permet de reconstituer à la fois la vessie par le cæcum et tout ou partie d'un ou des deux uretères par l'iléon terminal et le côlon droit.
→ entérocystoplastie, entéroplastie urinaire
[M2]
Ziehl-Neelsen (coloration de) l.f.
Ziehl-Neelsen test
Technique de coloration utilisée, en bactériologie, pour la mise en évidence des mycobactéries, en particulier du bacille de Koch.
Elle repose sur la propriété de ces bacilles qui, après coloration par la fuchsine phéniquée, résistent à la décoloration par l’acide nitrique et l’éthanol. Ils sont appelés, pour cette raison, bacilles acido-alcoolo-résistants.
F. Ziehl, bactériologiste allemand (1882) ; F. C. Neelsen, anatomopathologiste allemand (1892)
Nguyen-Dinh-Mac (opération de) l.f.
Technique de vaginoplastie dont l'originalité est la mise en place dans le néovagin d'un greffon de membrane amniotique maintenu par le mandrin destiné à entretenir la perméabilité du décollement intervésicorectal.
Nguyen-Dinh-Mac, gynécologue obstétricien en Algérie (1988)
Syn. Mac (opération de)
phagogramme n.m.
Technique permettant d’étudier la sensibilité d’une bactérie aux bactériophages.
Syn. bactériophagogramme
→ phagothérapie, bactériophage
[D1, G5]
Édit. 2018