Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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angiome cellulaire compact l.m.

compact cell angioma

Angiome tubéreux dont l'aspect histologique se compose de larges plaques de cellules mésenchymateuses immatures, avec, par endroits, des ébauches de formations capillaires.

Étym. gr. aggeion : vaisseau ; ôma : tumeur

Syn. angioréticulome bénin

[A3,K4]

Édit. 2017  

angiome cellulocapillaire l.m.

cellulocapillaire angioma

Angiome tubéreux dont l'image histologique montre une prolifération de cellules endothéliales entre lesquelles s'observent de nombreuses lumières vasculaires correspondant à des capillaires néoformés plus ou moins matures ou à des capillaires normalement constitués.

Étym. gr. aggeion : vaisseau ; ôma : tumeur

[A3,K4]

Édit. 2017  

angiome touffu ou en touffes l.m.

tufted angioma

Affection rare survenant surtout dans le dos chez des sujets jeunes et se caractérisant par l'apparition de macules et de plaques rouges associées à une composante nodulaire profonde.
Au microscope, on constate des agglomérats angiomateux bien délimités, souvent allongés, en touffes, tandis que d'autres se présentent comme des lobules ronds ou de forme irrégulière. Ils contiennent des capillaires tassés les uns contre les autres et composés de cellules endothéliales et de péricytes. Au cours de son évolution, l'affection s'étend progressivement et peut envahir une grande partie du tronc et du dos.

D. Sim-Davis et E. Wilson Jones, dermatologues britanniques (1976)

Étym. gr. aggeion : vaisseau ; ôma : tumeur

[A3,J1,K4]

Édit. 2017

angiopoïétine n.f.

angiopoietin

Protéine stimulant la formation des vaisseaux sanguins, capable de se fixer sur un récepteur des cellules endothéliales en activant une tyrosine-kinase.

[C1,C3,K4,O6]

Édit. 2017

anion superoxyde l.m.

superoxide anion

Molécule d'oxygène portant un électron supplémentaire qui constitue un radical libre hautement réactif et toxique.
L'ion superoxyde O2- est un radical libre chargé négativement, de durée de vie extrêmement courte, capable de provoquer des réactions d'oxydation dans les cellules et dans les lipides membranaires.
La formation des ions superoxydes se produit dans de multiples localisations cellulaires sous l'effet de l'oxygène et par divers systèmes enzymatiques de transfert d'électrons. Les macrophages et les polynucléaires sont particulièrement équipés d'une NADPH-oxydase flavinique membranaire qui synthétise des ions superoxydes utiles pour détruire les substances phagocytées. L'anion superoxyde se forme aussi par la réaction d'oxydation de la xanthine catalysée par la xanthine-oxydase, lorsque cet enzyme devient actif au cours de la réoxygénation d'un tissu anoxique.

→ superoxyde-synthétase, superoxyde dismutase

[C1]

Édit. 2017

anisocytose n.f.

anisocytosis

Population de cellules de taille inégale.
L’anisocytose se rencontre notamment dans les tissus cancéreux
Anisocaryose

Étym. gr. an privatif ; isos : égal ; kutos : enveloppe, cellule

[A2,F2]

Édit. 2017

ankyrine n.f.

ankyrin

Protéine bande 21, présente dans le cytosquelette érythrocytaire, qui fixe l'échangeur des anions (ou protéine bande 3) à la chaîne bêta de la spectrine et contribue ainsi à la stabilité de la bicouche lipidique.
Le déficit en ankyrine peut être responsable de sphérocytose héréditaire. Cette protéine existe dans d'autres cellules que le globule rouge, en particulier dans le système nerveux.

antagonisme chromatique l.m.

chromatic opponency

Dès la première étape de la transmission nerveuse du signal chromatique, traitement de celui-ci sous la forme de contrastes chromatiques et non plus seulement en fonction des signaux indépendants des cônes.
Les cellules de la voie visuelle parvocellulaire sont définies en fonction de l'antagonisme chromatique qu'elles codent.
Les deux principaux couples antagonistes sont Rouge/Vert et Bleu/Jaune.

Étym. gr. ant : qui combat ; agonistes combattant

[P2]

Édit. 2017

antialdostérones n.f.p. et adj.

aldostérone inhibitor

Substances qui s’opposent à l’action de l’aldostérone au niveau des cellules tubulaires distales rénales.
Ce sont la spironolactone, l’éplérénone et le canrénoate de potassium qui provoquent une diurèse riche en sodium, pauvre en potassium.

→ hyperaldostéronisme primaire, aldostérone

[G5]

anti-aromatases l.f.p.

aromatase inhibitors

Les anti-aromatases sont des produits entrant en compétition avec l'aromatase, enzyme qui permet à l'organisme de continuer à produire des œstrogènes par transformation des androgènes chez la femme ménopausée.
Leur action anti-œstrogène est utilisée dans le traitement des cancers du sein hormonosensibles c'est-à-dire porteurs à la surface des cellules cancéreuses, de récepteurs hormonaux. Les anti-aromatases sont utilisées uniquement chez les femmes ménopausées. Ils peuvent être administrés pendant plusieurs années en traitement adjuvant du cancer du sein non métastatique soit seuls soit suivis d’un traitement par tamoxifène. Dans les formes métastatiques elles sont utilisées soit de première intention soit après échec d’autres hormonothérapies.
La plus ancienne anti-aromatase est l’aminoglutéthimide nécessitant la prise d’un traitement substitutif corticoïde, abandonnée, au profit des nouvelles anti-aromatases ne nécessitant pas une corticothérapie. Deux catégories de ces dernières sont actuellement utilisés dans la traitement des cancers du sein les inhibiteurs stéroïdiens irréversibles, tels que l'exémestane ou le formestane qui forment un lien désactivant permanent avec l'aromatase ; les inhibiteurs non-stéroïdiens, tels que l'anastrozole, le létrozole, qui inhibent la Synthèse d'œstrogènes via une compétition réversible avec les autres substrats qu'utilise l'aromatase pour produire les œstrogènes.
Une résistance à l’une des familles de produits (stéroïdiens ou non stéroïdiens) n’implique pas une résistance à l’autre.
Ces médicaments ne sont pas dépourvus d’effets secondaires, en particulier bouffées de chaleur, sécheresse vaginale, douleurs articulaires et une diminution de la densité minérale osseuse, facteur de risque d'une ostéoporose. Chez les femmes atteintes ou à risque d'ostéoporose avant le début du traitement, une ostéodensitométrie osseuse est effectuée et réalisée à intervalles réguliers dans tous les cas si le traitement est prolongé.

Syn. inhibiteurs de l’aromatase

→ aromatase, cancer du sein, hormonothérapie, hormonothérapie du cancer du sein, récepteur hormonal

[F2, G5, O5]

Édit. 2018

anticorps antinucléaire l.m.

antinuclear antibody

Auto-anticorps dirigé contre un antigène, constituant normal des noyaux de toutes les cellules.
Les auto-anticorps s'observent au cours des connectivites ou maladies auto-immunes systémiques, en particulier le lupus systémique, la connectivite mixte ou syndrome de Sharp, le syndrome de Gougerot-Sjögren, la sclérodermie et plus rarement la dermatomyosite.
Les plus classiques sont les anticorps anti-ADN, anti-histone, anti-ARN, anti-RNP (ribonucléoprotéine), anti-centromère, anti-Scl 70, anti-Sm et les anti-antigènes, initialement dénommés antigènes nucléaires solubles, mais qui sont en réalité cytoplasmiques (anti-Ro/SSA et anti-La/SSB). Ils sont détectés dans le sérum des malades par différentes techniques dont la plus ancienne et la plus couramment utilisée, l'immunofluorescence indirecte, permet de les reconnaitre et de les quantifier.
Leur spécificité est variable : certains d'entre eux sont hautement spécifiques d'une affection (anti-ADN et lupus, anti-Scl-70 et sclérodermie) ; d'autres peuvent se rencontrer dans différentes collagénoses (anti-Ro, anti-ARN).

anticorps anti-SS-A l.m.

anti-SS-A antibodies

Auto-anticorps présent dans le sérum de 40 à 60% des cas de syndrome de Gougerot-Sjögren, 25 à 35% des cas de lupus érythémateux disséminé, de certaines connectivites indifférenciées et très rarement (moins de 1% des cas) chez le sujet sain.
Au cours du lupus érythémateux disséminé, les anti-SS-A sont surtout le fait des formes cutanées subaigües de la maladie, des formes associées à un déficit en C2, C4 et C1 et des formes dites séronégatives c’est-à-dire sans anticorps antinucléaires. Les grossesses survenant chez une femme lupique ayant des anticorps anti-SS-A comportent pour le fœtus un risque élevé de lupus néonatal et de bloc auriculo-ventriculaire congénital ; la présence d’anticorps anti-SS-B est souvent associée ici à celle d’anti-SS-A. Les anti-SS-A réagissent avec des ribonucléoprotéines solubles qui ont la particularité d’être trouvées aussi bien dans le cytoplasme des cellules que dans leur noyau. Il s’agit de complexes constitués d’un RNA de faible poids moléculaire et d’une ou plusieurs protéines fixées sur ce RNA porteuses des épitopes avec lesquels réagissent les anticorps.

Syn. anti-Ro

→ lupus érythémateux disséminé, Gougerot-Sjögren (syndrome de)

anticorps humoral l.m.

circulating antibody

Anticorps présent dans le plasma, la lymphe et les liquides de l'organisme, par opposition aux anticorps fixés sur les cellules.
Ce sont les médiateurs de l'immunité humorale.

Syn. anticorps circulant

anticorps monoclonal l.m.

monoclonal antibody

Anticorps homogène produit par un clone de lymphocytes B descendant d’une seule et unique cellule mère et ne détectant généralement qu’un seul déterminant antigénique.
Ces anticorps ont la particularité d’avoir une structure (classe d’immunoglobuline, allotypie, idiotypie) et une fonction identiques (spécificité pour le même antigène ou le même épitope).
La production d’un anticorps monoclonal peut survenir « in vivo » comme c’est le cas dans certaines gammapathies monoclonales (myélome multiple, maladie de Waldenström, leucémies lymphoïdes chroniques, lymphomes malins). Cette production peut également être réalisée « in vitro » à partir d’hybridomes formés par la fusion de lymphocytes B normaux de spécificité connue avec des cellules de myélome. Des anticorps monoclonaux sont produits par la Souris auxquelles sont conférées des propriétés spécifiques de l’espèce humaine.
Un grand nombre de tels anticorps monoclonaux produits industriellement et de spécificités variées sont couramment utilisés en recherche et en biologie clinique pour le diagnostic et le traitement de plusieurs affections, particulièrement en cancérologie, en pathologie inflammatoire et immunitaire.

→ anticorps, antigène, immunoglobuline, allotypie, épitope, hybridome, gammapathie monoclonale, humanisé

[C1, G5]

Édit. 2019

antidiabétique n.m.

antidiabetic drug

Médicament capable de ramener à la normale la glycémie des sujets diabétiques et d'éviter ainsi ou de retarder l'apparition des complications du diabète.
Ils sont répartis en plusieurs classes :
- l'insuline, hormone polypeptidique sécrétée par les cellules bêta des îlots pancréatiques de Langerhans, administrée par voie parentérale sous diverses formes permettant d'obtenir une action plus ou moins prolongée.
- les sulfamides hypoglycémiants, administrés par voie orale : ils exercent leur action hypoglycémiante en stimulant la sécrétion insulinique résiduelle (glibenclamide, chlorpropramide, gliclazide),
- les biguanides qui favorisent l'action de l'insuline (metformine),
- les inhibiteurs des alpha-glucosidases intestinales qui ralentissent la résorption des glucides (acarbose).

antigène d'histocompatibilité l.m.

histocompatibility antigen

Protéine présente à la surface des cellules d'un organisme et intervenant dans la reconnaissance du soi et du non-soi, donc dans le rejet des greffes.
Les antigènes qui déclenchent les réponses immunitaires les plus fortes sont dits antigènes majeurs d'histocompatibilité. On connaît par ex. les antigènes HLA pour l'Homme, l'antigène H-2 pour la Souris, l'antigène BOLA pour le Bœuf, l'antigène SLA pour le Porc, etc.

→ complexe majeur d'histocompatibilité, histocompatibilité, HLA, allogreffe

antigène H Y l.m.

H Y antigen

Antigène mineur d'histocompatibilité spécifique des individus de sexe masculin, présent sur toutes leurs cellules somatiques.
Il serait nécessaire à la différenciation des gonades en testicule.

antigènes T-dépendants/T-indépendants l.m.p.

T-dependent/T-independent antigens

Antigènes induisant la production d'anticorps par coopération des lymphocytes T et B.
Il s’agit essentiellement d’antigènes protéiques dont les peptides sont associés aux molécules de classe I ou de classe II du complexe majeur d’histocompatibilité sur des cellules présentatrices d’antigènes. Les antigènes T-indépendants stimulent directement les lymphocytes B pour induire la production d'anticorps. Il s’agit en général de polyosides ou de lipopolysaccharides.

anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) l.m.p.

non steroidal antiinflammatory

Substances médicamenteuses largement utilisées dans les affections rhumatologiques aigües ou chroniques, pour combattre l’inflammation.
Les AINS sont groupés en six classes chimiques pyrazolés, indoliques, paryl-carboxyliques, fémarates, oxicams et anticox 2. Leur principal mode d’action relève de l’inhibition de la cyclo-oxygénase avec diminution de la synthèse des prostaglandines, mais certains d’entre eux agissent aussi sur la lipo-oxygénase. Ils sont responsables d’une inhibition de la formation des thromboxanes et des lipoxines, d’une stabilisation de la membrane lysosomique des cellules phagocytaires, et de l’inhibition de la migration des leucocytes. Certains de leurs effets indésirables sont directement en rapport avec l’inhibition de la biosynthèse des prostaglandines : accidents digestifs, rénaux, cardiovasculaires et respiratoires. D’autres sont des accidents d’hypersensibilité dose-dépendants. Les AINS trouvent leur indication dans toutes les douleurs de l’appareil locomoteur, soit en première intention soit en association avec les analgésiques soit lorsque les traitements analgésiques se sont révélés inefficaces.

antimitotique adj.

antimitotic

Se dit d’une substance chimique capable d’arrêter le développement des cellules cancéreuses.
Les antimitotiques comprennent les moutardes, les antimétaboliques (antipuriques, antipyrimidiques, antifoliques), certains alcaloïdes végétaux (vincristine, vinblastine), des antibiotiques antitumoraux agissant directement sur l’ADN, et certains enzymes.

Syn. antinéoplasique

antinéoplasiques n.m.p.

antineoplastic agents

Terme générique pour toute substance utilisée dans le but de détruire les cellules cancéreuses ou d'en empêcher la prolifération.
Cette action s'accompagne habituellement d'un effet toxique, particulièrement net sur les tissus normaux à renouvellement rapide (système hématopoïétique et épithélium digestif notamment).

Syn. anticancéreux, antimitotique, cytostatique

→ antimitotique

anti-oxygène n.m.

antioxygen

Substance inhibant la formation de métabolites de l'oxygène, qui sont particulièrement réactifs et agressifs pour les cellules.
Les vitamines E (tocophérol) et C (acide ascorbique) sont des anti-oxygènes naturels.

→ anti-oxydant

anti-PfMDR (médicaments) l.m.p. sigle angl. pour Plasmodium falciparum Malaria Drug Resistance

anti-PfMDR drugs

Médicaments tels que le vérapamil ou la désipramine, capables de restaurer la chloroquino-sensibilité de souches de Plasmodium falciparum résistantes, comme ils modulent la résistance de cellules cancéreuses.
En fait, ces produits n’ont jamais eu de réelles applications pratiques dans le traitement du paludisme, pour diverses raisons notamment liées aux risques d’effets indésirables aux doses actives.

Syn. médicaments "réverseurs"

antiphospholipide n.m.

antiphospholipide

Anticorps spécifique d’un phospholipide membranaire.
Certains phospholipides peuvent avoir des propriétés hapténiques : en particulier les cardiolipides, qui sont présents dans les membranes de bactéries et dans les mitochondries de cellules animales, surtout cardiaques.
Les phosphatidylsérines, qui peuvent apparaître à la surface externe des membranes cellulaires associées à une bêta2 glycoprotéine-I sont reconnues par un auto-anticorps circulant et sont impliquées dans le syndrome des antiphospholipides.
Les syndromes des antiphospholipides entraînent des accidents thrombotiques et peuvent se manifester par des fausses couches répétées.

→ syndrome des antiphospholipides

antisécrétoire gastrique l.m.

gastric secretion inhibitor

Substance inhibant la sécrétion acide gastrique.
Les antisécrétoires gastriques sont utilisés dans les états d'hypersécrétion acide. Dans ce groupe, il faut citer :
- les anticholinergiques (les premiers disponibles),
- les anti-H2 qui bloquent de façon sélective les récepteurs membranaires H2 de l’histamine des cellules pariétales (cimétidine, ranitidine),
- les inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) qui bloquent l’activité de l’enzyme H+K+ ATPase (oméprazole, lansoprazole, pantoprazole, rabeprazole).

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