Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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contenu manifeste l.m.

manifest content

Pour S. Freud ("Introduction à la psychanalyse", 1916), il s'agit de ce que le rêve raconte et que le sujet garde en mémoire au réveil.
Ce contenu peut paraître confus ou absurde, parfois il peut être plus cohérent sans pour autant perdre son caractère d'étrangeté pour le rêveur. Le travail de l'analyse permet, par le biais des associations, d'en dégager les pensées latentes.

[H4]

continuation azygos de la veine cave inférieure l.f.

interrupted inferior vena cava

Malformation congénitale du retour veineux au cœur dans laquelle la veine cave inférieure au lieu de se jeter dans le pôle inférieur de l’atrium droit, monte se jeter dans la veine azygos et par l’intermédiaire de celle-ci dans la veine cave supérieure.
Liée à une agénésie segmentaire de la veine cave inférieure (VCI) dans sa portion sous-hépatique, elle réalise la persistance d’une disposition embryonnaire avec dilatation du système veineux azygos à l’étage sous diaphragmatique. Cette malformation morphologique n’aurait pas en elle-même de conséquence fonctionnelle (hémodynamique ou physiologique). Mais elle peut être responsable de thrombose veineuse profonde chez l'adulte jeune. Elle peut compliquer techniquement l’établissement d’une circulation extracorporelle (CEC).
 

Syn. interruption de la veine cave inférieure

[K1, K2, K3, K4, Q2]

Édit. 2020

contraction musculaire l.f.

muscular contraction

Action des muscles produisant de l'énergie mécanique à partir de l'énergie biochimique fournie par l'hydrolyse de l'ATP en ADP en présence d'ions calciques et de catécholamines.
La disposition des fibres musculaires permet cette transformation énergétique, leurs structures diffèrent un peu selon leur fonction motrice ou tonique.
Les fibres musculaires sont formées de filaments épais (myosine) entourés de filaments minces (actine et tropomyosine) liés par des ponts. La contraction est provoquée par la libération de Ca2+ qui active l'ATPase de la myosine. Celle-ci casse les ponts qui se reforment ensuite. La structure des fibres musculaires et des ponts qui lient les filaments d'actine et de myosine déterminent la loi du muscle (ex. loi du cœur de Starling) : la force de contraction augmente si le muscle est légèrement étiré, elle diminue s'il l'est trop parce qu'à partir d'un certain étirement les ponts entre les extrémités des filaments de myosine et d'actine sont de moins en moins nombreux à se former au fur et à mesure qu'ils s'écartent. La force maximale développée par la contraction d'un muscle est proportionnelle à sa surface de section (loi de Borelli, soit environ 10 kgf/cm2 chez l'homme.
L'excitation des muscles se fait par l'influx nerveux au niveau de la plaque motrice. Une action électrique ou mécanique peut aussi provoquer la contraction.

G. Borelli, physicien italien (1680)

Étym. lat. contraho : tirer ensemble

→ force, muscle

[C2,I4]

contracture n.f.

spasm, cramp

Contraction involontaire, douloureuse, prolongée ou paroxystique d’un ou de plusieurs muscles.
Le tétanos se caractérise par la survenue de contractures musculaires généralisées
A noter : le terme contracture en anglais signifie : rétraction (ce qui crée parfois des confusions).

Étym. lat. contrahere : resserrer

[I4]

contracture algique l.f.

Raccourcissement brutal involontaire et douloureux d'un muscle ou groupe de muscles devenus durs, globuleux et palpables.

→ crampe

[I4]

contracture antalgique l.f.

Raccourcissement d'un ou plusieurs muscles, durable, participant à une attitude destinée à calmer la douleur provenant le plus souvent d'une articulation, chaque mouvement de l'articulation exagérant la contracture.

[I4]

contracture métabolique l.f.

Raccourcissement musculaire bref et douloureux, survenant au cours de certaines myopathies métaboliques (glycogénoses, hyperthermie maligne, etc.)

[I4,R1]

contraction musculaire l.f.

muscular contraction

Action des muscles produisant de l'énergie mécanique à partir de l'énergie biochimique fournie par l'hydrolyse de l'ATP en ADP en présence d'ions calciques et de catécholamines.
La disposition des fibres musculaires permet cette transformation énergétique, leurs structures diffèrent un peu selon leur fonction motrice ou tonique. L'excitation des muscles se fait par l'influx nerveux au niveau de la plaque motrice. Une action électrique ou mécanique peut aussi provoquer la contraction.

[I4]

contracture myostatique l.f.

Contracture chronique indolore observée au cours de troubles neuromusculaires spastiques.

[I4]

contracture psychogène l.f.

psychogenic contracture

Principalement localisée aux membres, la contracture psychogène offre le tableau clinique d’une posture irréductible à l’état de veille, sous forme d’une extension ou plus fréquemment d’une flexion d’un ou de plusieurs segments articulaires ; des contractures psychogènes peuvent également être observées au tronc, réalisant alors dans les cas extrêmes un opisthotonos ou une camptocormie.
La contracture psychogène est une réponse involontaire à un trauma d’ordre émotionnel ou physique. Un conflit intrapsychique, non reconnu par le patient, est souvent présent. Dans sa forme isolée, la contracture psychogène se relâche dans le sommeil profond et sous narcose ; l’examen sous anesthésie générale permet d’en assurer le diagnostic. Une contracture psychogène de longue durée peut néanmoins s’accompagner de troubles trophiques et de raideurs, rendant alors le diagnostic plus difficile.
La contracture psychogène est probablement plus fréquente qu’on ne croit dans la mesure où il existe des formes méconnues, frustes et transitoires, d’évolution spontanément favorable.
Le traitement d’une contracture psychogène est transdisciplinaire et multimodal, impliquant une prise en charge psychiatrique. La personnalisation des soins semble jouer un rôle déterminant dans la guérison. De nombreux procédés thérapeutiques peuvent être utilisés : kinesthésiologie, entretiens verbaux, hypnose, faradisation douce…Les indications de la chirurgie sont exceptionnelles et concernent des formes compliquées.
A l’heure actuelle, les éclairages croisés de la psychiatrie, de la psychologie cognitive, des neurosciences et de l’imagerie fonctionnelle conduisent à considérer la contracture psychogène comme un trouble de la volition qui obéirait à un mécanisme d’ordre adaptif.
La contracture psychogène entre dans le cadre des troubles de conversion qui, eux-mêmes, sont issus d’un dénombrement de la notion désormais obsolète d’hystérie.

→ camptocormie, opisthotonos

[I4,H3]

contraphobique adj.

contraphobic

Se dit d'un objet ou d'une personne qui permet au sujet porteur d'une névrose phobique de se réassurer devant une situation phobogène et d'affronter celle-ci.
Un médicament anxiolytique peut jouer ce rôle d'objet contraphobique. Le choix de l'objet contraphobique est rarement le fruit du hasard, mais il a souvent une signification symbolique inconsciente.

[H4]

coping n. angl.

Ensemble des efforts cognitifs et comportementaux destinés à maîtriser, réduire ou tolérer des demandes spécifiques internes et/ou externes, vécues par le sujet comme menaçantes, épuisantes ou dépassant ses ressources.
Utilisé comme technique de thérapie comportementale, d'inspiration et d'application essentiellement américaine, le "coping" vise à renforcer la capacité de gestion de l'anxiété et de contrôle des peurs. Dans le cadre du traitement de l'état de stress posttraumatique, il s'associe aux chimiothérapies et aux thérapies de groupe.

R. S. Lazarus, psychologue américain et Susan Folkman, psychologue américaine (1984)

Étym. angl. to cope : faire face, s'ajuster à l'adversité

→ traumatisme psychique (prise en charge des suites différées d'un), adaptation

[H4]

Édit. 2018

coprin n.m.

Champignon blanc, à chapeau rabattu contre le pied, de la classe des basidiomycètes.
Certains sont comestibles jeunes tel le coprin chevelu. D’autres tels le panacolus ou le coprin atramentarius ou coprin noir sont responsables de syndromes neuropsychiques centraux avec hallucinations (onirisme, état confusionnel, paresthésies).

Étym. gr. kopros : excrément

→ accidents précoces par ingestion de champignons, effet antabuse

[D2,G1,G2,G4,F4,H1,H3,R2]

Édit. 2017

coque cytotrophoblastique externe l.f.

Mince couche de cellules cytotrophoblastiques des villosités placentaires qui, vers la fin de la 3ème semaine, traversent progressivement le syncytiotrophoblaste pour atteindre l’endomètre maternel où elles entrent en contact avec les expansions similaires des villosités choriales voisines.
Cette coque apparaît au pôle embryonnaire puis s’étend pour entourer le trophoblaste. Participant à la structure des villosités crampons elles amarrent la masse chorionique à l’endomètre.

Syn. coque trophoblastique

→ cytotrophoblaste, villosités placentaires, syncytiotrophoblaste, pôle embryonnaire

[A4,O6]

coque trophoblastique l.f.

→ coque cytotrophoblastique apparente

[A4,O6]

cordon médullaire l.m.

Portion postérieure cylindrique étroite du tube neural.
Elle est à l’origine de la molle spinale.

→ tube neural

[A4,O6]

co-repas n.m.

co-feeding

En entomologie, terme utilisé pour désigner la prise par deux arthropodes hématophages de leurs repas sanguins, de manière concomitante, en deux points très rapprochés sur le même hôte vertébré.
Ce phénomène est souvent observé chez les tiques qui se rassemblent sur une même zone très réduite du tégument de l'hôte. Un agent infectieux peut alors passer directement d'une tique infectée à une tique saine sans qu'existe une infection systémique du vertébré (par ex.: transmission d'un arbovirus d'une tique à une autre sans phase de virémie). L'existence des co-repas revêt une grande importance pour l'épidémiologie de certaines maladies à tiques.

[D4]

Cornelia de Lange (syndrome de) l.m.

Cornelia de Lange’ syndrome, Brachmann-de Lange’s syndrome, typus amstelodamensis

Syndrome héréditaire autosomique dominant ou récessif lié à l’X, malformatif d'expression variable caractérisé par une dysmorphie faciale très reconnaissable accompagnée d'un déficit intellectuel de sévérité variable, d'un important retard de croissance à début anténatal (deuxième trimestre), d'anomalies des extrémités (oligodactylie, voire amputation plus sévère, brachymétacarpie du premier métacarpien constante) et parfois de malformations associées (cardiaques, rénales...).
La prévalence en Europe est comprise entre 1/62 500 et 1/45 000.
Les caractéristiques distinctives du visage incluent des sourcils bien dessinés, arqués et confluents (synophrys), des cils longs, des narines anteversées, une bouche aux coins tombants avec une lèvre supérieure très fine, et une micrognathie. Les problèmes d'alimentation sont généralement importants les premières années, souvent aggravés par un reflux gastro-oesophagien. L'affection évolue toujours vers un retard psychomoteur et des difficultés d'acquisition du langage, et parfois vers des troubles du comportement de la série autistique. Il existe un risque de surdité.
Des mutations ont été identifiées dans trois gènes impliqués dans la cohésion des chromosomes (complexe cohésine). Le gène NIPBL (5p13.2) est muté chez environ 50 % des patients et correspond au gène majeur du syndrome. Des mutations associées à des formes mineures de la maladie ont été récemment décrites au niveau du gène SMC1A (SMC1L1 ; Xp11.22-p11.21), associé à une forme de syndrome Cornelia de Lange liée à l'X, et au niveau du gène SMC3 (10q25).L'échographie prénatale peut évoquer le diagnostic en révélant un retard de croissance intra-utérin et des anomalies des membres.
2 - P. Lacombe, Orphanet février 2009

Cornelia Catharina de Lange, pédiatre néerlandaise (1933) ; W. Brachmann, médecin allemand (1916)

Syn. syndrome de Brachmann-de Lange

Réf. 1 - C. de Lange, « Sur un type nouveau de dégénérescence (typus Amstelodamensis) », Arch Med Enfants, 1933;36:713–719

[A4,O6,Q2]

Édit. 2015

coronarite et psychisme

coronaritis and psychism

1) L'athérome coronarien, la décompensation d'une coronarite latente et surtout l'infarctus du myocarde surviendraient préférentiellement chez les personnalités de type A.
Dans ses caractères sont regroupés l'impatience, l'incapacité à attendre et à différer une décision, le sentiment de l'urgence du temps et la compétitivité permanente. Ces sujets seraient deux fois plus exposés à l'infarctus du myocarde que le type B, défini surtout par l'absence des caractéristiques du type A. Par contre, avec ce dernier, les suites seraient plus favorables.
En fait, l'accord n'est pas réalisé sur la spécificité ni même le rôle de cette disposition. Les diverses particularités psychologiques avancées semblent passer au second plan par rapport aux facteurs de risque classiquement décrits : tabagisme et hypercholestérolémie notamment.
2) De profonds dysfonctionnements neurovégétatifs secondaires à des circonstances plus ou moins éprouvantes peuvent conduire à des thromboses aigües.
Un déséquilibre du même système autonome expliquerait le lien admis désormais entre la dépression et les cardiopathies ischémiques.
La distinction entre causes et effets reste bien difficile.

M. Friedman, RH Rosenman, médecins américains (1959)

→ cardiopathie et psychisme

[K2,H4]

corticostéroïde de synthèse l.m.

synthetic corticosteroid

Molécule stéroïde structurellement apparentée à la cortisone et s'associant aux récepteurs de glucocorticoïdes, des minéralocorticoïdes, des androgènes.
Les corticostéroïdes de synthèse sont largement utilisés comme antiinflammatoires ou immunodépresseurs.

[O4,G3,G5]

corticostérone n.f.

corticosterone

Hormone stéroïde des glandes corticosurrénales, sécrétée par les cellules de la zone glomérulée, de formule dihydroxy-11β, 21-prégnène-4-dione-3,20.
Elle possède une activité métabolique de minéralocorticostéroïde, dix fois plus importante que celle de la désoxycorticostérone, mais cent fois plus faible que celle de l'aldostérone. La sécrétion quotidienne de corticostérone est comprise entre 2 et 4 mg, alors que celle d'aldostérone est inférieure à 0,1 mg.

[O4,G3]

corticosurrénale l.f.

→ cortex de la glande suprarénale

[O4,A1]

Édit. 2015

corticosurrénalome n.m.

adrenocortical adenocarcinoma

Tumeur maligne de la glande corticosurrénale.
Cette tumeur de haute malignité a une sécrétion endocrine très variable : responsable parfois d'un syndrome de Cushing, parfois d'un hyperandrogénisme, avec toute combinaison possible dans le temps ; parfois peu différenciée, elle n'a aucune sécrétion, rendant le diagnostic difficile avec les tumeurs du pôle supérieur du rein et rétro-péritonéales. Son pronostic est très mauvais. Les métastases sont hépatiques, pulmonaires, cérébrales. La chimiothérapie par op'DDD (± 5 fluoro-uracile) semble avoir une certaine action momentanée. Le traitement est l'exérèse chirurgicale large.

H. W. Cushing, neurochirurgien américain, membre del'Académie de médecine (1863-1939)

→ Cushing (syndrome de)

[F2,O4]

corticothérapie n.f.

corticotherapy

Traitement utilisant les dérivés de la cortisone.
En médecine interne, ils sont utilisés pour le traitement des affections d’origine immunologique.
En gynécologie, ils sont indiqués pour freiner les hyperandrogénies surrénaliennes, source de stérilité, et pour traiter certains cas de fausses couches répétées d'origine auto-immune. Chez la femme enceinte, ils sont prescrits pour accélérer la maturation du poumon et du cerveau fœtaux en cas de menace d'accouchement prématuré.
A ne pas confondre avec la cortisonothérapie.

→ pathologie liée à la corticothérapie

[G5,O4]

corticotropine n.f.

corticotropin, adrenocorticotropic hormone

Hormone sécrétée par les cellules α du lobe antérieur de l'hypophyse, qui stimule la sécrétion des gluco-corticostéroïdes surrénaliens, ainsi que des autres corticostéroïdes (androgènes et minéralo-corticoïdes).
C'est un polypeptide de 39 aminoacides, de masse moléculaire d'environ 5 kDa, provenant du clivage de la pro-opiomélanocortine. Dans le lobe intermédiaire de l'hypophyse, elle peut être clivée en deux peptides, l'α -MSH de 13 aminoacides, et un peptide CLIP (corticotropin like intermediate peptide) de 21 aminoacides encore actif sur la cortico-surrénale.
Elle est utilisée dans l'exploration de la fonction cortico-surrénalienne, par dosage de la cortisolémie plasmatique, et en cas d'œdème cérébral chez des patients dont la fonction surrénalienne est normale.
Les accidents allergiques provoqués par la corticotropine naturelle ne sont plus à craindre avec le tétracosactide de synthèse constitué par les 24 derniers acides aminés de l'hormone naturelle.
Le dosage de l’ACTH est effectué par méthode radio-immunologique ou électro-chimio-luminescence. Sa sécrétion est pulsatile et sa concentration varie au cours de la journée, maximale le matin puis diminuant au cours de la journée. L’interprétation des dosages statiques est donc délicate et elle est plutôt dosée au cours de tests dynamiques.

Étym. cortico, de la corticosurrénale ; gr. tropos : direction, vers

Sigle ACTH

[H1,O4]

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