Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

136 résultats 

lymphangite carcinomateuse du sein l.f.

carcinoma telangiectoides

Affection due à un envahissement secondaire de la peau par un carcinome mammaire réalisant l'aspect d'un placard thoracique inflammatoire rouge et infiltré, dont la surface prend la texture de « peau d'orange » et est parcourue de télangiectasies.

Syn. carcinome érysipéloïde

→ cancer inflammatoire du sein

[F2, J1, O5]

Édit. 2020

maladie fibrokystique du sein l.f.

fibrokystic breast disease

Lésion bénigne associant des kystes, une fibrose, et une hyperplasie épithéliale lobulaire ou canalaire, l’un de ces éléments pouvant prédominer.
Souvent coexistent des hyperplasies épithéliales avec atypies, parfois extensives, que l'on dénomme, suivant les cas : mastopathie proliférante, épithéliose, centre prolifératif d'Aschoff ou « radial scar ».

K. A. Aschoff, natomopathologiste allemand (1866-1942) ; P. Reclus, chirurgien français, membre de l'Académie de médecine (1883) ; C. Schimmelbusch, chirurgien allemand (1892)

Étym.   lat. fibra : fibre ; gr. cutos : cellule

Syn. maladie de Reclus, maladie de Schimmelbusch, mastite chronique kystique, dysplasie mammaire, fibro-adénose, mastopathie kystique, maladie fibrokystique du sein

→ mastose, Aschoff (centre prolifératif d')

[O5]

Édit. 2018

malformation mamelonnaire l.f.

athelia, polythelia, supernumerary nipple

Anomale congénitale par absence de mamelon (athélie), hypoplasie (hypothélie), mamelon surnuméraire (polythélie), inversion du mamelon.
L’anomalie peut être uni ou bilatérale. La forme la plus fréquente est la polythélie : le ou les mamelons accessoires se situent sur la ligne mamelonnaire embryonnaire du creux axillaire à la région inguinale. Un nodule glandulaire sous jacent  peut exister et être perçu. Très souvent un mamelon accessoire incomplet est marqué par une aréole, simple tache arrondie, rosée et un peu granuleuse sur la peau. L’absence de mamelons se voit dans le syndome de Finlay-Marks. L’inversion du mamelon, relativement fréquente à la naissance se corrige souvent spontanément ; sa persistance est une gêne à l’allaitement.

A. Y. Finlay et R. Marks, dermatologistes britanniques (1978)

→ malformation mammaire, mamelon inversé,  Finlay-Marks (syndrome de)

[O5]

malformation mammaire l.f.

Malformation congénitale par absence (amastie), insuffisance de développement (hypomastie) ou par glande mammaire surnuméraire (polymastie)

La malformation peut être uni ou bilatérale : la glande est aplasique avec absence complète bilatérale dans le syndrome de Finlay-Marks (1), hypoplasique dans le syndrome de Schinzel (2) et le syndrome de Pallister (3), hypoplasique  du côté atteint dans le syndrome de Poland (4).
Dans la polymastie la ou les glandes mammaires surnuméraires sont situées sur la ligne lactée embryonnaire étendue du creux axillaire au pli inguinal. Elle est ordinairement unique ; en dehors de cette ligne , elle est dite ectopique. Un écartement anormal des mamelons et de la glande mammaire se voit dans le syndrome de Noonan (5).

1- A.Y. Finlay et R. Marks, dermatologistes britanniques (1978)
2- A. Schinzel, pédiatre généticien autrichien (1978) ;
3- P. D. Pallister, pédiatre américain (1976) ;
4- A. Poland, Sir, chirurgien britannique (1841) ;
5- Jacquelinne Anne Noonan, cardiologue pédiatre américaine (1963)

→ malformation mamelonnaire, Finlay-Marks (syndrome), Poland (syndrome de) , Schinzel (syndrome de) ,  Noonan (syndrome de), Pallister ( syndrome de ), polymastie

[O5]

Édit. 2019

nitro-5-imidazolés n.m.p.

5-nitro-imidazoles

Série chimique de médicaments actifs contre les protozooses intestinales et cavitaires (amibiase, trichomonase, giardiase), comprenant notamment le métronidazole, le tinidazole, l’ornidazole, le secnidazole, le nimorazole.
Certains de ces médicaments (métronidazole, notamment) ont également une activité reconnue contre les bactéries anaérobies.

opération de Conway l.f.

Conway’s operation

Traitement chirurgical de l'hypertrophie mammaire avec, dans un premier temps, l'ablation de l'aréole et du mamelon, dans un second temps, le modelage de la glande et, dans un troisième temps, la greffe aréolomamelonnaire en un nouveau site.
Elle est abandonnée en raison des risques très importants de nécrose mamelonnaire.

H. Conway, chirurgien plasticien américain (1958)

[O5]

Édit. 2017

opération de Halsted l.f.

Halsted's procedure

Amputation du sein, mastectomie ou mammectomie radicale avec ablation du grand et du petit pectoral, accompagnée d'un curage axillaire habituellement en monobloc.
Elle représentait autrefois le traitement de base du cancer du sein mais n'a plus que quelques rares indications actuellement.

W. S. Halsted, chirurgien américain (1894)

[F2,O5,2015]

Édit. 2017

opération de Handley et Thackray l.f.

Handley-Thackray’s procedure

Mastectomie avec curage axillaire et ablation d'une partie de l'aponévrose du grand pectoral.

R. S. Handley, chirurgien et A. C. Thackray, anatomopathologiste britanniques (1969)

→ cancer du sein

[O5,F5]

Édit. 2017

ovariectomie n.f.

ovariectomy

Exérèse chirurgicale de l’ovaire.
Elle se pratique par laparotomie ou cœliochirurgie. Elle est indiquée dans les cancers de l’ovaire et de l’utérus, en cas de kyste séreux, muqueux, dermoïde ou endométriosique, détruisant l’ovaire, en cas d’abcès ovarien. Elle est recommandée chez les femmes porteuses des mutations BRCA1 et BRCA2 prédisposant aux cancers du sein et de l’ovaire. Elle est parfois pratiquée sur des ovaires sains au cours des hystérectomies après la ménopause.

Syn. oophorectomie

→ BRCA gene, laparotomie, cœliochirurgie, hystérectomie

[F2, O3, O5]

Édit. 2019

Patey (opération de) l.f.

Patey’s operation

Technique chirurgicale de mastectomie pour cancer qui réalise l’exérèse de la totalité du sein (glande mammaire et peau qui la recouvre) ainsi que des premiers nœuds lymphatiques dits sentinelle.
L’exérèse peut être élargie à la totalité des nœuds lymphatiques axillaires pour contrôle de l’extension locale du cancer. Les muscles pectoraux sont conservés, ce qui différencie de l’opération de Halsted plus mutilante car, enlevant les muscles pectoraux, elle répond à un souci d’exérèse en masse de la tumeur, des voies et des nœuds lymphatiques de drainage. L’opération de Patey peut laisser le mamelon et l’aréole en place permettant plus facilement une reconstruction mammaire avec plastie, soit d’emblée, soit après radiothérapie. Cette technique est indiquée lorsque le cancer est trop étendu pour une exérèse partielle de la glande mais ne nécessite pas le recours à l’opération de Halsted de moins en moins pratiquée. Une variante élargie est l’opération d’Auchincloss.

D. H. Patey, chirurgien britannique (1948) ; W. S. Halsted, chirurgien américain (1894) ; H. Auchincloss, chirurgien américain (1963)

→ mastectomie, nœuds lymphatiques axillaires, Halsted (opération d'), Auchincloss (opération d')

[F2,J2,N2,O5]

phosphoribosylamine n.f.

phospho-5-ribosylamine

Combinaison de l'ammoniac avec le ribose-5-phosphate.
C'est l'un des premiers intermédiaires apparaissant au cours de la synthèse des bases puriques.
Il est formé par action de la glutamine en présence d'ATP et d'une transammoniase sur le phospho-5'-ribosyl-1-pyrophosphate. L'azasérine se comporte comme un antagoniste compétitif de la glutamine et bloque ainsi la synthèse de ce composé. La combinaison de la phosphoribosylamine avec la glycine conduit au glycinamide-ribotide.

Syn. phosphoribofuranosylamine, phospho-5-ribosylamine

phospho-5-ribosylamine n.f.

→ phosphoribosylamine

polymastie l.f.

→ malformation mammaire

[O5]

polythélie n.f.

→ malformation mamelonnaire

[O5]

Schinzel (syndrome de) l.m.

Schinzel’syndrome, ulnar mammary syndrome

Maladie génétique extrêmement rare, autosomique dominante, caractérisée par une hypoplasie de l’ulna et du rayon correspondant à la main, une hypoplasie et un dysfonctionnement des glandes apocrines axillaires et mammaires, des troubles endocriniens (hypogonadisme, obésité), des anomalies dentaires (canines hypoplasiques ou absentes) et des malformations viscérales occasionnelles.
Il peut s’y associer une hypoplasie fibulaire et du rayon correspondant au pied, une synostose du coude, une malformation sacrée, une sténose du pylore, une sténose laryngée. Le gène en cause (TBX3) est situé en 12q23-q24.

A. Schinzel, généticien autrichien (1987)

Syn. syndrome cubito-mammaire

Sigle angl. UMS

Réf. Orphanet (2005)

→ malformation mammaire, hypomastie, glande apocrine, hypogonadisme, synostose

[A4, I2, J1, L1, O1, O4, O5, O6, P1, P3, Q3]

Édit. 2019

Strömbeck (opération de) l.f.

Strömbeck's operation

Technique chirurgicale de plastie mammaire qui consiste à pédiculiser l'aréole et à réséquer la base du sein.

J. O. Strömbeck, chirurgien plasticien suédois (1960)

[O5]

Édit. 2018

syndrome cubito- mammaire l.m.

→ Schinzel (syndrome de)

[A4,O5,O6,Q2]

syndrome de Schinzel l.m

Schinzel’syndrome, ulnar mammary syndrome (UMS).

A. Schinzel, généticien suisse (1987)

→ Schinzel (syndrome de)

[A4,O5,O6,Q2]

Édit. 2017/1

van Nuys (index pronostique de) l.m.

van Nuys prognostic index

Index utilisé pour préciser le pronostic des cancers canalaires in situ du sein.
Il combine la taille de la tumeur, une classification anatomopathologique associant le grade nucléaire nécrose et l’étendue des marges saines de l’exérèse chirurgicale. A chacun  de ces éléments est accordé un score. La somme de ces trois scores constitue l’index prédictif du risque de rechute.  L’âge a été ultérieurement rajouté à celui-ci.

M.J.  Silverstein, chirurgien américain (1996)

Étym. van Nuys,  quartier de la ville de Los Angeles

→ cancers canalaires in situ du sein

[F2, O5]

Édit. 2019

xérographie mammaire l.f.]

breast xerography

Mammographie utilisant une plaque d'aluminium couverte de cristaux de sélénium sur laquelle s'impriment les rayons X.

[B2,O5]

xylulose-5-phosphate n.m.

xylulose-5-phosphate

Ester phosphorique du xylulose.
Le D-xylulose-5-phosphate est un terme intermédiaire du métabolisme des oses (voie des pentose-phosphates) ; il se forme par épimérisation du ribulose-5-phosphate ou par transcétolisation du phosphoglycéraldéhyde par le fructose-6-phosphate ou le sédoheptulose-7-phosphate, réactions réversibles qui participent à la biosynthèse des pentoses, à la photosynthèse et à la voie oxydative du glucose-6-phosphate, génératrice de NADPH.

Syn. phospho-5-xylulose

[C1]

ATM gene sigle angl.

ATM serine/threonine kinase

Gène situé sur le locus chromosomique 11q22.3 qui gère l’activité d’une protéine du noyau cellulaire contrôlant la croissance et la division cellulaire de nombreux organes et en particulier des systèmes nerveux et immunitaire.
De plus cette protéine assiste les cellules dans la reconnaissance des lésions de brin d’ADN.
Des mutations de ce gène sont responsables de l’ataxie-télangiectasie, interviennent dans la genèse du cancer du sein et d’autres cancers.

Leila Dorling, épidémiologiste britannique (2021) ; Chunling Hu, scientifique américaine (2021)

Syn. AT mutated, AT protein, AT1, ATA, ataxia telangiectasia mutated, ataxia telangiectasia , mutated (includes complementation groups A, C and D), ataxia telangiectasia mutated protein, ATC, ATD, ATDC, ATE, ATM_HUMAN, human phosphatidylinositol 3-kinase , omo

→ ataxie-télangiectasie

[H1,K2,Q1,O5]

Édit. 2021

capécitabine n.m.

capecitabine

Prodrogue du fluoro-uracile s’administrant par voie orale.

→ fluoro-uracile

[F2,L1,O3,O5]

Édit. 2018

5 fluoro-uracile n.m.

Syn. fluoro-uracile

Sigle 5 FU

→ fluoro-uracile

[F2,G5,L1,O3,O5]

Édit. 2018

aménorrhée-galactorrhée (syndrome) l.m.

amenorrhea-galactorrhea syndrome

Absence de règles associée à un écoulement lacté par le mamelon.
L’aménorrhée est presque constamment secondaire, exceptionnellement primaire chez une jeune femme ayant acquis un développement pubertaire. Elle peut faire suite à une oligo- ou  une hypoménorrhée, ou être précédée par une phase d’infertilité par anovulation.
La galactorrhée est typiquement bilatérale, multicanalaire, souvent spontanée, ou détectée par la pression  mammaire. Une simple colostrorrhée est parfois observée, de moindre valeur diagnostique.
Cette situation coïncide le plus souvent avec des altérations de la libido.
Le syndrome aménorrhée-galactorrhée est d’abord suggestif d’une hyperprolactinémie qu’authentifie la mesure de la prolactine (valeurs usuelles = 2-20 ng/mL), typiquement après un prélèvement effectué à jeun, en situation de quiétude. Une hyperprolactinémie modérée (de 20 à 150 ng/mL) peut être de cause tumorale (microprolactinome d’un diamètre < 1 cm), ou fonctionnelle d’origine médicamenteuse (neuroleptiques, antidépresseurs, antiémétiques, opiacés notamment) ou liée à la déconnection du frein qu’exerce physiologiquement l’hypothalamus sur la production hypophysaire de prolactine (tumeurs ou infiltrations hypothalamiques, pathologie de la tige pituitaire, tumeurs hypophysaires non prolactiniques ou de la base du crâne, hypophysites, arachnoidocèles intrasellaires…). Une hyperprolactinémie plus franche (> 150 ng/mL) est pratiquement toujours liée à une tumeur prolactinique et même à un macroprolactinome (diamètre > 1 cm) lorsque le taux de la prolactine excède largement 200 ng/mL et atteint jusqu’à plus de 1 000 ng/mL. La nature tumorale de l’hyperprolactinémie est authentifiée par l’exploration en IRM de la région hypothalamo-hypophysaire. La majorité des tumeurs prolactiniques sont maintenant traitées médicalement par les agonistes dopaminergique (surtout la cabergoline).
En dehors de l’hyperprolactinisme, le syndrome aménorrhée-galactorrhée peut être observé au cours de l’hypothyroïdie de la femme jeune. La galactorrhée s’explique d’une part par l’action lactotrope de la TSH, d’autre part par l’accroissement modérée du taux de la prolactine (< 150 ng/mL) qu’expliquent les modifications du tonus dopaminergique de l’hypothalamus, imputables à la carence en hormone thyroïdienne. Un accroissement pseudotumoral du volume hypophysaire lié à l’hyperplasie des secteurs thyrotrope et prolactinique de l’antéhypophyse, est possible. La disparition de l’ensemble des signes cliniques, biologiques et morphologiques est obtenue avec l’hormonothérapie thyroïdienne substitutive.
Le syndrome aménorrhée-galactorrhée est possible enfin au cours de l’acromégalie évolutive. En effet l’excès d‘hormone de croissance constitue aussi un facteur de lactogénèse, tandis que l’aménorrhée est en liaison avec une altération lésionnelle du secteur gonadotrope que crée le développement de la tumeur somatotrope.
Les termes de syndromes de Chiari-Frommel ou d’Argonz-del Castillo qui désignaient les aménorrhées-galactorrhées prolongées, observées respectivement au décours du postpartum ou en dehors de la grossesse, à une époque où était ignorée la production hypophysaire de prolactine, sont désuets et n’ont plus lieu d’être utilisés. Il en de même pour la dénomination éponyme de syndrome de Forbes-Albright, concernant des tumeurs hypophysaires accompagnées d’aménorrhée et de galactorrhée.

→ prolactine, prolactinome, syndrome de Chiari-Frommel, syndrome d'Argonz-Del Castillo, syndrome de Forbes-Albright, aménorrhée, galactorrhée, colostrorrhée, libido, neuroleptique, antidépresseur, antiémétique, opiacé, agoniste dopaminergique, cabergoline

[G3,G5,O3,O4,O5]

Édit. 2018

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