Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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pilocarpine n.f.

pilocarpine

Alcaloïde parasympathomimétique, agoniste des récepteurs cholinergiques muscariniques.
On l'extrait des feuilles de Pilocarpus (arbustes d'Amérique du Sud à partir duquel les indiens préparaient le jaborandi). Par voie générale, la pilocarpine augmente la sudation et la sécrétion salivaire. Elle produit un myosis par action sur le muscle constricteur de la pupille. Actuellement elle n'est plus utilisée qu'en ophtalmologie sous forme de collyre pour traiter le glaucome à angle ouvert (elle réduit la pression intraoculaire).
Les alcaloïdes cholinomimétiques naturels (pilocarpine, muscarine et arécoline) et quelques analogues synthétiques se fixent sur le même site que les esters de la choline. La muscarine se fixe presqu'exclusivement sur les récepteurs muscariniques, l'arécoline agit aussi sur les récepteurs nicotiniques et la pilocarpine a surtout une action muscarinique mais elle produit des effets cardiovasculaires irréguliers qui en ont restreint l'emploi.

Étym. lat. pilocarpus, pileo : laine, feutre ; gr. karpos : fruit (fruit laineux)

→ agents muscariniques

[G5,P2]

Édit. 2017

Pinotti et Keppke (technique de) l.f.

Pinotti-Keppke’s technique

Reconstruction mammaire, par transposition d'un lambeau musculocutané transversal pédiculisé sur le muscle grand droit, dans le même temps opératoire que la mastectomie.

R. Baroudi, chirurgien plasticien, J. A. Pinotti, gynécologue E. M. Keppke, chirurgien plasticien brésiliens (1978)

pirbutérol n.m.

Le pirbutérol est un bronchodilatateur agoniste des récepteurs bêta-adrénergiques possédant une action plus sélective sur les récepteurs bêta2.
Il stimule les récepteurs bêta2 adrénergiques du muscle lisse bronchique et assure ainsi une bronchodilatation rapide, significative en quelques minutes et de courte durée (4 à 6 heures). Le pirbutérol est utilisé sous forme d’aérosol, seul ou en association, à partir de l’âge de 12 ans dans la prise en charge de l’asthme comme traitement préventif et de fond, et des bronchopneumopathies chroniques obstructives.

placenta accreta l.m.

placenta accreta
Placenta incrusté dans le muscle utérin par suite d'une anomalie d'implantation due à une infection ou à une cicatrice.
La contracture utérine physiologique qui suit la délivrance et qui normalement, en « étranglant » les artères utérines, suffit à assurer l'hémostase, devient inopérante, incapable d'éviter une hémorragie brutale et massive de la délivrance. Une hystérectomie d'hémostase est alors souvent nécessaire. Elle peut maintenant être remplacée par une cathétérisation des artères utérines sous contrôle radiologique et une embolisation du lit placentaire.

Étym. lat. placenta : petit gâteau plat, galette (du gr. plakous : plat, en forme de plateau)

facteur de croissance placentaire (PlGF) l.m.

placental growth factor

Glycoprotéine homodimérique de 32 kDa, facteur de croissance polypeptidique synthétisé principalement par le placenta pendant la grossesse, mais aussi par le cœur, le muscle squelettique, le poumon, le tissu adipeux et les plaquettes.
Il contribue au développement et au maintien de la vascularisation de nombreux tissus et favorise la migration, la prolifération et la survie cellulaires. Sa concentration plasmatique augmente progressivement jusqu’à la 30ème semaine de grossesse. Une diminution de PlGF est observée au cours du syndrome de pré-éclampsie. La mesure du rapport PlGF/sFlt-1 parait constituer un bon marqueur du risque d’éclampsie.

Étym. lat. placenta : petit gâteau plat, galette (du gr. plakous : plat, en forme de plateau)

Sigle  

→ sFlt1, éclampsie, pré-éclampsie

[C1]

Édit. 2018

plan lombo-iliaque (théorie du) l.f.

ilio-lumbar plane theory

Théorie expliquant la rotation du sommet fœtal, engagé initialement en variété postérieure, en occipito-pubienne à la partie haute de l'excavation.
Le plan lombo-iliaque est formé de l'union de la colonne lombaire et de la fosse iliaque interne doublée du muscle psoas iliaque. Ce plan est incliné en bas, en avant et en dedans.
Lorsque le sommet du fœtus est engagé en occipito-postérieur, l'épaule postérieure du fœtus glisse sur le plan incliné lombo-iliaque qui lui sert de rail et le ramène en dedans, en avant et en bas. Le dos tourne donc vers l'avant et la tête, qui est solidaire, suit.

plaque motrice l.m.

motor end plate, myoneural junction, neuromuscular junction

Jonction neuromusculaire, région du sarcolemme où se situe la synapse, qui permet la transmission de l'influx nerveux à la cellule striée du muscle squelettique.
Elle est constituée de trois parties : la terminaison axonale (ensemble des ramifications de l'axone, entourées par l'axolemme qui, au contact de la fente synaptique, prend le nom de membrane présynaptique, et dont chaque élément contiendrait de l'acétylcholine) ; les gouttières synaptiques (replis de la membrane sarcolemmique formant des fentes synaptiques secondaires) ; entre les deux, la fente synaptique primaire.
Située à égale distance des extrémités de la fibre musculaire, la plaque motrice est entourée par la jonction de l'endomysium (formation conjonctive qui engaine chaque fibre musculaire striée et assure notamment la transmission de ses contractions au périmysium et à l'épimysium) avec l'endonèvre (fin réseau de collagène et de rares fibroblastes, qui entoure les fibres nerveuses à l'intérieur d'un fascicule et les unit au périnèvre).
La transmission intervenant au niveau de cette région suscite une éjection d'acétylcholine par la terminaison nerveuse, avec modifications de la perméabilité de la plaque motrice aux ions et dépolarisation (potentiel de plaque). La cholinestérase en excès, inactivatrice de l'acétycholine par hydrolyse, permet la réversibilité du phénomène. Quand le potentiel de plaque rejoint une amplitude suffisante, un potentiel propagé à l'ensemble de la fibre provoque la contraction.

→ synapse, curarisation

plexus coccygien l.m.

plexus coccygeus (TA)

coccygeal plexus

Plexus nerveux constitué par des fibres issues des quatrième et cinquième nerfs sacrés qui s’unissent au nerf coccygien.
Il donne des filets viscéraux pour le plexus hypogastrique inférieur, sensitifs pour les téguments de la région coccygienne et le nerf anococcygien pour le muscle coccygien et les téguments de région anococcygienne.

Syn. plexus sacrococcygien

plexus nerveux et miction l.

nervous plexus and micturition

Entrelacement de filets nerveux intervenant dans la miction et formant un réseau qui permet le regroupement puis la redistribution des neurones dans d'autres troncs nerveux.
Dans le mécanisme de la miction interviennent des fibres nerveuses issues de plusieurs plexus :
- plexus honteux (pudendal plexus) : formé par la réunion des 2e, 3e et 4e racines sacrées, il donne naissance au nerf pudendal, aux nerfs érecteurs, au nerf de l'élévateur de l'anus et du muscle sacro-coccygien.
- plexus hypogastrique supérieur (upper hypogastric plexus) (ou nerf présacré) constitué de filets nerveux végétatifs, essentiellement sympathiques, issus du tractus intermédiolatéralis de D10 et L2. Il est situé à l'entrée du pelvis devant le promontoire et est relié au plexus hypogastrique inférieur par les nerfs hypogastriques.
- plexus hypogastrique inférieur (lower hypogastric plexus), situé dans la partie postérieure des lames sacrorecto-génitopubiennes. Il reçoit des filets nerveux sympathiques du plexus hypogastrique supérieur (nerfs hypogastriques) et des filets nerveux parasympathiques du plexus honteux (nerfs érecteurs).

plexus veineux ptérygoïdien l.m.

plexus venosus pterygoideus (TA)

ptérygoid plexus

Plexus veineux développé sur les deux faces du muscle  ptérygoïdien latéral.
Il est formé par les anastomoses qui unissent entre elles les veines satellites des branches voisines de l’artère maxillaire. Il représente le courant veineux maxillaire lorsque le tronc veineux maxillaire a perdu son individualité.

pli du muscle élévateur du voile du palais l.m.

torus levatorius (TA)

torus levatorius

Saillie de la muqueuse pharyngée soulevée par le muscle élévateur du voile du palais au-dessous de la base de l’orifice pharyngien du tube auditif.

Syn. torus de l’élévateur

plissement musculaire l.m.

muscle tucking

Plissement de la portion terminale du muscle oculomoteur avec fixation du pli à la base de l'insertion primitive.

pli stapédial l.m.

plica stapedialis  (TA)

fold of stapedius

Pli de la muqueuse de la cavité tympanique soulevé par le tendon du muscle stapédien à sa sortie de son canal osseux au sommet de la pyramide de la caisse du tympan.

pli vocal l.m.

plica vocalis (TA)

vocal fold

Chacun des deux replis proéminents dirigés horizontalement d’avant en arrière et de dehors en dedans, situés à la limite de l’étage moyen et de l’étage inférieur du larynx, et qui délimitent la partie la plus rétrécie de la filière laryngée ou glotte.
Long d’environ deux centimètres et ayant la forme d’un prisme triangulaire, chaque pli vocal est constitué par un repli de la muqueuse laryngée soulevé par le ligament vocal et par le muscle thyro-aryténoïdien. Les plis vocaux constituent l’organe essentiel de la phonation qui est le résultat de leur vibration. Pour que la voix laryngée soit nette et claire, les plis vocaux doivent être tendus, rapprochés et vibrants.

A. Ferrein, anatomiste et chirurgien français (1693-1769)

Syn. anc. corde de Ferrein, corde vocale, corde vocale inférieure, corde vocale vraie

POMGNT1 gene s igle angl. pour protein O-linked mannose N-acetylglucosaminyltransferase 1 (beta 1,2-)

Gène localisé en 1p34.1codant une protéine transmembranaire de l’appareil de Golgi (de type II) qui participe à la o-glycosylation du mannose.
Les mutations de ce gène sont à l’origine du syndrome muscle-œil-cerveau, de la rétinite pigmentaire 76, de dystrophies musculaires des ceintures.

Syn. GNTI.2, LGMD2O, MEB, MGAT1.2, RP76

→ syndrome muscle-œil-cerveau, rétinite pigmentaire, dystrophies musculaires des ceintures,O-glycolation

pompe lacrymale l.f.

lacrymal pump

Ensemble des éléments dynamiques intervenant pendant les clignements et permettant aux larmes de s'évacuer dans les voies lacrymales.
La théorie de la pompe lacrymale, initialement décrite par Jones, est celle d'une évacuation dynamique des larmes, rythmée par l'ouverture et la fermeture des paupières. À l'ouverture, les points lacrymaux s'ouvrent et les canalicules se distendent (grâce à leurs fibres élastiques), ce qui permet aux larmes d'être aspirées du lac lacrymal vers les canalicules. À la fermeture, les canalicules sont essorés par la contraction du muscle orbiculaire, ce qui permet l'évacuation des larmes vers le sac lacrymal lui-même distendu : évaporation des larmes et réabsorption (au niveau de la conjonctive ou du sac lacrymal), capillarité, gravité, aspiration nasale créée par le mouvement d'air à l'inspiration.

POMT1 gene sigle angl. pour protein O-mannosyltransferase 1

Gène localisé en 9q34.13 qui code pour une partie du complexe enzymatique O-mannosyltransferase (POMT) présent dans différents tissus et particulièrement dans les muscles squelettiques, le cerveau fœtal et les testicules.
Le rôle du complexe est la glycosylation, processus d’adjonction du mannose à l’alpha-dystroglycane dont la fonction est la stabilisation des fibres musculaires, la migrationdes neurones durant la vie fœtale.
Les mutations de ce gène sont à l’origine des dystrophies musculaires des ceintures, du syndrome de Walker-Warburg, du syndrome muscle-œil-cerveau.

Syn. dolichyl-phosphate-mannose-protein mannosyltransferase, LGMD2K, MDDGA1, MDDGB1, MDDGC1, POMT1_HUMAN, protein O-mannosyl-transferase 1, RT

→ dystrophies musculaires des ceintures, Walker-Warburg (syndrome de), du syndrome muscle-œil-cerveau, protein O-mannosyl-transferases

POMT2 gene sigle angl. pour protein O-mannosyltransferase 2

Gène localisé en 14q24.3 qui code pour une partie du complexe enzymatique O-mannosyltransferase (POMT) présent dans différents tissus et particulièrement dans les muscles squelettiques, le cerveau fœtal et les testicules.
L’autre partie du complexe enzymatique est sous la dépendance du gène POPMT1. Le rôle de ce complexe est la glycosylation, processus d’adjonction du mannose à l’alpha-dystroglycane dont la fonction est la stabilisation des fibres musculaires, la migration des neurones durant la vie fœtale.
Les mutations de ce gène sont à l’origine des dystrophies musculaires des ceintures, du syndrome de Walker-Warburg, du syndrome muscle-œil-cerveau.

Syn. dolichyl-phosphate-mannose-protein mannosyltransferase 2, LGMD2N, MDDGA2, MDDGB2, MDDGC2, POMT2_HUMAN, protein O-mannosyl-transferase 2

→ dystrophies musculaires des ceintures, Walker-Warburg (syndrome de), du syndrome muscle-œil-cerveau, protein O-mannosyl-transferases

Popeye (signe de) l.m.

Tuméfaction du biceps sur la face antérieure du bras par rupture du tendon du long biceps : le muscle « tombe » sur la face antérieure du bras : c’est le signe de Popeye.

Étym. Popeye : personnage de fiction, doué d’une force extraordinaire, créé par l'Américain Elzie Crisler Segar dans des bandes dessinées.

[I2,N2]

Édit. 2017

potentiel d'action global du muscle (PAM) l.m.

compound muscle action potential (CMAP)

Réponse musculaire évoquée par la stimulation habituellement supramaximale du nerf moteur efférent, ou de l'ensemble des fibres nerveuses motrices en cas de nerf mixte.
Cette réponse correspond à la sommation à peu près synchrone des potentiels d'action des fibres constituant le muscle.
Le PAM est caractérisé par l'amplitude, la durée et la latence de la phase négative.

potentiels évoqués otolithiques l.m.

evoked otolithic potentials, ou vestibular evoked myogenic potentials

Potentiels électriques générés par le saccule en réponse à une stimulation acoustique forte.
Le saccule est l’un des deux organes otolithiques vestibulaires. Considéré comme un organe auditif vestigial, il peut être stimulé par une stimulation acoustique à type de click ou de short tone burst d’une intensité égale ou supérieure à 90 dB. Il répond par une contraction réflexe des muscles striés impliqués dans la posture de la tête et du corps (réflexe vestibulo-spinal). En pratique, l’activité électrique réflexe est enregistrée au niveau du muscle sterno-cleïdo-mastoïdien sous forme de deux ondes précoces, l’une positive P aux environs de 13 ms et l’autre négative N aux environs de 23 ms.

pouce en adduction-flexion l.m.

thumb-in-palm deformity, adducted thumb, clutched thumb deformity

Position du pouce dans la paume avec impossibilité de mouvement actif d'abduction.
Les causes en sont variées:
1) séquelles de paralysie avec rétraction ou contracture en adduction et flexion,
2) séquelles de traumatismes avec sclérose musculaire,
3) chez l'enfant, malformation congénitale par faiblesse ou absence du muscle court abducteur du pouce.

première artère intercostale postérieure l.f.

arteria intercostalis posterior prima
first posterior intercostal artery
Première branche de l'artère intercostale suprême.
Toujours très grêle, elle est séparée pendant son trajet dans le premier espace de son nerf intercostal par les insertions supérieures du muscle intercostal intime.
Comme la 2e et la 3e, elle donne un rameau dorsospinal et un rameau intercostal proprement dit.

processus accessoire d'une vertèbre lombaire l.m.

processus accessorius vertebrae lumbalis (TA)

accessory process of lumbar vertebra

Saillie nette occupant la base de la face postérieure du processus transverse d’une vertèbre lombaire.
Elle donne insertion à divers faisceaux du muscle longissimus des lombes et des muscles inter-transversaires lombaires.

processus cochléariforme l.m.

processus cochleariformis (TA)

processus cochleariformis

Lamelle osseuse étroite, incurvée et saillante qui borde l’orifice tympanique du canal du muscle tenseur du marteau dans la cavité tympanique.

Syn. anc.  bec.de cuiller

→ paroi labyrinthique de la cavité tympanique

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