Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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embolisation n.f.

embolization

Méthode thérapeutique consistant à obturer les vaisseaux d'une malformation (angiome, fistule artérioveineuse) ou d'une tumeur, voire d’une lésion hémorragique, d’accès chirurgical difficile ou impossible.
Elle est réalisée par mise en place d'un cathéter dans la ou les artères nourricières de la lésion à traiter. On introduit un ou plusieurs emboles faits de matière synthétique (billes de silicone, spires métalliques, coils, etc.) qui permettent à une thrombose de s'organiser et d'oblitérer le vaisseau. Dans certains cas (anévrismes artériels) l'embole peut être un petit ballonnet ou une spire (« coil ») qui vont obstruer la lésion.
Plus rarement, les embolisations peuvent être faites par voie veineuse.

Étym. gr. embolos : qui s’enfonce dans, qui est jeté dans ; lat. embolus : piston d’une pompe

→ embolie thérapeutique, embolisation de l'artère hépatique, embolisation vasculaire, angiome, fistule artérioveineuse

[B4, G5, K4]

Édit. 2019

embolisation des varices œsophagiennes l.f.

Technique abandonnée au profit de la sclérothérapie.

→ varices digestives, portographie, varices digestives (sclérothérapie des)

[B4, G5, L1, K4]

Édit. 2020

embolisation vasculaire l.f.

vascular embolization

Technique de radiologie interventionnelle consistant à placer dans une artère un cathéter par lequel on injecte du matériel obstructif pour induire une thrombose locale afin d'interrompre la circulation en aval.
Cette technique connaît de nombreuses applications dans les situations aigües, par exemple : contrôle d'une hémorragie rétropéritonéale grave lors d'une fracture du bassin, traitement d'une hémoptysie rebelle aux moyens usuels, blocage d'une malformation vasculaire (angiome du foie, fistule artérioveineuse cérébrale, anomalie de la veine cérébrale de Galien, angiome cervicofacial, anévrisme artériel…), hémostase d'une hémorragie maxillofaciale irréductible, traitement d’une tumeur….etc.

Étym. gr. embolos : qui s’enfonce dans, qui est jeté dans ; lat. embolus : piston d’une pompe

→ embole, hémorragie, polytraumatisme, embolie thérapeutique, embolisation de l'artère hépatique, hémoptysie, angiome, fistule artérioveineuse cérébrale

[B4, G5,K4]

Édit. 2019

embolus n.m.

embolus

Étym. gr. embolos : qui s’enfonce dans, qui est jeté dans ; lat. embolus : piston d’une pompe

→ embole

[K4]

Édit. 2019

embryopathie à l'acide rétinoïque l.f.

→ syndrome isotrétinoïne

[A4, H1, J1, K2]

Édit. 2019

embryofoetopathie à l'acide valproïque l.f.

Syn. embryofoetopathie au valproate

→ embryofoetopathie au valproate, acide valproïque

[A4, G5, H1, H3, K2, P1, P2, P3]

Édit. 2019

embryofoetopathie à la diphénylhydantoïne l.f.

→ embryofoetopathie à la phénylhydantoïne

[A4, F2, G5, H1, O4, O6, P2]

Édit. 2019

embryofoetopathie à la phénylhydantoïne l.f.

Syndrome dysmorphique du fœtus induit par la prise par la mère de phénylhydantoïne au cours de sa grossesse.
« La diphénylhydantoïne est un antiépileptique commercialisé en France depuis plus de 40 ans. Environ 2% des femmes qui accouchent sont épileptiques et la diphénylhydantoïne est prescrite chez 5 à 10% de ces patientes. La prise du médicament pendant la grossesse est susceptible d'induire chez le nouveau-né un syndrome dysmorphique caractéristique regroupant un ensemble d'anomalies telles qu'une implantation basse des cheveux, un cou court ou palmé, un petit nez, une ensellure nasale, un épicanthus, un hypertélorisme, une grande bouche, des oreilles mal ourlées, une hypoplasie des phalanges distales, un triphalangisme du pouce, le tout associé à un retard de croissance et à des troubles du développement psychomoteur. Le risque d'altération du développement neurologique, estimé entre 1 et 11%, est 2 à 3 fois plus important que dans la population générale. Comme avec les autres anti-épileptiques, le risque de fentes faciales et de cardiopathies est multiplié par 5, sans que la part étiologique de la maladie épileptique de celle du traitement soit clairement établie. Quelques observations suggèrent également une augmentation du risque de survenue de tumeurs bénignes ou malignes, telles que les neuroblastomes ou autres tumeurs néonatales (épendymome, tumeurs ectodermiques, tumeur de Wilms). Le mécanisme d'apparition des anomalies foetales dépendrait du patrimoine génétique de la mère, c'est-à-dire de sa capacité ou non à détoxiquer des métabolites intermédiaires toxiques, issus de la dégradation la diphénylhydantoïne. Il s'agit d'un exemple caractéristique de l'interaction génétique-environnement dans l'étiologie des malformations. »

Elisabeth Robert–Gnansia, médecin généticienne française (2005)

Syn. embryofoetopathie à la diphénylhydantoïne, exposition anténatale à la diphénylhydantoïne

Réf. Orphanet, E. Robert-Gnansia (2005)

[A4, F2, G5, H1, O4, O6, P2]

Édit. 2019

embryofœtopathie alcoolique l.f.

fetal alcoholic syndrome

Ensemble de lésions embryonnaires et fœtales dues à l’éthylisme maternel.

Étym. gr. embruon : qui naît à l’intérieur de

Syn. alcoolisme fœtal

→  alcoolisme fœtal

[G3, G4, O6]

Édit. 2019

embryofœtopathie à l'isotrétinoïne l.f.

Syn. syndrome isotrétinoïne

→ syndrome isotrétinoïne, isotrétinoïne

[A4, H1, J1, K2 ]

Édit. 2019

embryofoetopathie au valproate l.f.

valproic acid embryopathia

Embryofoetopathie survenant à la suite de l’exposition du fœtus à l’acide valproïque, agent antiépileptique contre-indiqué chez la femme enceinte.
Elle associe une dysmorphie faciale caractéristique, des anomalies congénitales et un retard de développement, surtout du langage et de la communication. Le front est haut et large avec un rétrécissement bifrontal, une craniosynostose métopique, un épicanthus, une déficience médiane des sourcils, un sillon infraorbitaire, un nez retroussé, petit et large, un philtrum long et plat, une lèvre supérieure longue avec des bords vermillon fins, une lèvre inférieure épaisse et des coins de la bouche tombants.
Peuvent s’y associer un spina bifida ouvert, une communication interventriculaire, des fentes buccales, un hypospadias avec cryptorchidie et des anomalies des membres ; plus rarement une hernie ombilicale, une trachéomalacie, un mamelon surnuméraire, des côtes bifides et des malformations préaxiales des pieds.
Métabolisé par le foie, l’acide valproïque  atteint facilement le placenta où les concentrations sont plus élevées que chez la mère. La principale période de risque est le 1er trimestre de la grossesse. Chez 5 à 10% des utilisatrices enceintes peut survenir une non fermeture du tube neural. 30 à 40% des enfants nés de mères sous valproate ont un risque de déficit cognitif, d’autisme ou de troubles apparentés.

A. Ornoy, neurobiologiste israélien (2015)

Syn. embryofoetopathie à l’acide valproïque

Réf. A. Ornoy - Orphanet, A. Ornoy (2015)

→ acide valproïque, embryofoetopathie, craniosynostose, suture métopique, philtrum, spina bifida, communication interventriculaire, hypospadias, cryptorchidie, autisme

[A4, G5, H1, H3, K2, P1, P2, P3]

Édit. 2019

embryofœtopathie aux rétinoïdes l.f.

Syn. syndrome isotrétinoïne

→ syndrome isotrétinoïne

[A4, H1, J1, K2 ]

Édit. 2019

embryogenèse n.f.

embryogenesis (TE)

embryogenesis

Phase de développement de l’embryon, qui va, en principe, de la fécondation au 48ème jour qui suit la conception (horizons I à XIX de Streeter – stades Carnegie 1 à 23).
Ce processus peut s'accomplir selon des schémas très divers. L'embryogenèse peut être naturelle et dans ce cas elle s'effectue dans le gamétophyte femelle porteur du zygote et l'embryon est donc parasite ; elle sera suivie par l’organogenèse (au sens restreint) de la période fœtale. Elle peut être réalisée artificiellement en culture in vitro à partir d'un zygote ou encore d'une cellule somatique, on parle alors d'embryogenèse somatique ; elle est à l’origine de l’embryon préimplantatoire qui correspond aux horizons I à IV de Streeter et aux stades Carnegie1 à 4.
La classification de Streeter distingue deux périodes dans l’embryogenèse : la période pré-embryonnaire (horizons I à XII – stades Carnegie 1 à 12) et la période embryonnaire proprement dite (horizons XIII à XIX – stades Carnegie 13 à 21).

Étym. gr. embruon : qui naît à l’intérieur de

Syn. embryogénie

→ embryon, gamétogenèse, sporogenèse, stades Carnegie, horizons de Streeter, développement de l'embryon et du fœtus humain (par séquence de semaines), période pré-embryonnaire, période embryonnaire, fœtus, fœtogenèse, organogenèse, période fœtale

[A4]

Édit. 2019

embryogénie n.f.

embryogeny

Étym. gr. embruon : qui naît à l’intérieur de

Syn. embryogenèse

→ embryogenèse

[A4]

Édit. 2019

embryogénique adj.

embryogenic

Qui a rapport à l’embryogenèse.

Étym. gr. embruon : qui naît à l’intérieur de

→ embryogenèse

[A4]

Édit. 2019

embryoïde adj.

embryoïd

Dont l'aspect est comparable à celui d'un embryon.

Étym. gr. embruon : qui naît à l’intérieur de

→ embryon

[A4]

Édit. 2019

embryologie n.f.

embryology

Etude du développement de l’embryon et de ses constituants.
Par extension, le terme regroupe les différents phénomènes survenant lors de la phase embryonnaire. Le passage de l’état d’embryon à l’état de fœtus se situe vers la septième semaine après la conception, lorsque l’embryon atteint une dimension vertex-coccyx de 17 mm. 

Étym. gr. embruon : qui naît à l’intérieur de

→ embryon, embryogenèse, fœtus, fœtologie

[A4]

Édit. 2019

embryon n.m.

embryo (TE)

embryo

Produit de la conception par conjugaison de deux gamètes, l’un mâle, l’autre femelle, correspondant à la première période du développement de l’œuf après la fécondation, dans le règne animal et dans le règne végétal.
Chez les ovipares, la période embryonnaire s’étend des premières segmentations de l’œuf (cellule initiale fécondée) jusqu’au moment où l’embryon se libère des enveloppes vitellines.
Chez les mammifères en général (vivipares), la période in utero comporte deux étapes, l’embryogénèse, période durant laquelle la cellule initiale fécondée se multiplie et se différencie en tissus et organes de plus en plus complexes (stades Carnegie 1 à 23), et l’organogénèse (stade fœtal ou de gestation) durant laquelle, tous les organes étant en place, ils n’ont plus qu’à croître (8 séquences de gestation de la 8ème à la 38ème semaine dans la chronologie de Streeter).
Chez l’Homme, le passage de l’état d’embryon à l’état de fœtus se situe vers la septième semaine après la conception, lorsque l’embryon atteint une dimension vertex-coccyx de 17 mm : c’est « l’horizon XIX » de Streeter. C’est durant la période embryonnaire que peuvent se constituer la plupart des malformations congénitales décelables ou non en échographie prénatale. Durant cette période l’embryon est très vulnérable à tous les agents extérieurs (physiques, chimiques, microbiologiques) responsables potentiels de malformations acquises.

G. L. Streeter, embryologiste américain (1873-1948)

Étym. gr. embruon : qui naît à l’intérieur de

→ stades Carnegie, horizons de Streeter, développement de l'embryon et du fœtus humain (par séquence de semaines), embryogénèse, période pré-embryonnaire, période embryonnaire, fœtus, fœtogénèse, organogénèse, période f&oe

[A4]

Édit. 2019

embryonnaire adj.

embryonic

Qui concerne l’embryon.

Étym. gr. embruon : qui naît à l’intérieur de

→ embryon

[A4]

Édit. 2019

embryonné adj.

embryonic

Qualifie un produit d’avortement qui comprend des débris embryonnaires ou un embryon lysé.

Étym. gr. embruon : qui naît à l’intérieur de

→ embryon

[A4]

Édit. 2019

embryopathie n.f.

embryopathy

1) Affection ou infection de l’embryon survenant dans les trois premiers mois de la vie intra-utérine et responsable de malformations congénitales.
2) La malformation congénitale provoquée par ces affections embryonnaires.
L’étude du développement embryonnaire a permis de dater assez précisément la formation des tissus, organes et membres. Il est donc possible de dater l’apparition de telle ou telle anomalie embryonnaire et d’en rechercher la cause éventuelle. Elle est à distinguer de la fœtopathie qui survient au stade fœtal après le 3e mois.

[A4]

Édit. 2019

embryopathie à cytomégalovirus l.f.

cytomegalovirus embryopathy

Maladie ou malformation de l’embryon ou du fœtus secondaire à une infection par cytomégalovirus.
L’infection, pendant la gestation,  est la plupart du temps asymptomatique pour la mère mais le virus traverse le placenta. La gravité se situe dans les 20 premières semaines où il y a risque de lésions fœtales. On peut observer un ictère, une hépatosplénomégalie, une anémie, une thrombocytopénie, une microcéphalie, des calcifications intracrâniennes, une surdité, des crises comitiales. De nombreuses malformations oculaires sont possibles : colobome, malformation papillaire, atrophie optique, cataracte, microphtalmie. Il peut également y avoir une uvéite ou une choriorétinite, qui laissent des lésions semblables aux lésions de la toxoplasmose (foyers de nécrose rétinienne, infiltrats périvasculaires, hémorragies, calcifications rétiniennes) et non les lésions observées dans les déficits immunitaires acquis. On peut mettre en évidence le virus dans le liquide amniotique par biologie moléculaire ou par culture cellulaire.

Étym. gr. embruon : embryon ; pathê : souffrance

Syn. CMV (infection anténatale au)

→ embryopathie, cytomégalovirus, microcéphalie, colobome, uvéite, choriorétinite, toxoplasmose

[A4, D1, F1, H1, L1, P1, P2]

Édit. 2019

embryopathie à l'acide valproïque l.f.

→ embryofoetopathie au valproate

[A4, G5, H1, H3, K2, P1, P2, P3]

Édit. 2019

embryopathie à l'acitrétine l.f.

acitretine embryopathy

Risque très grave de survenue de malformations du fœtus si de l’acitrétine (analogue de synthèse l’acide rétinoïque) est utilisée en début de grossesse. 
L’utilisation de ce médicament, prescrit dans les dermatoses sévères, exige une contraception  concomitante rigoureuse, de sorte que les cas signalés sont exceptionnels (incidence < 1 / 100 000).

Étym. gr. embruon : embryon ; pathê : souffrance

→ embryopathie, acitrétine

[A4, G5? J1]

Édit. 2019

embryopathie à la thalidomide n.m.

→ thalidomide

[A4, G5, H1, I2, L1, P1]

Édit. 2019

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