Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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lithotripsie extracorporelle (LEC) l.f.

extracorporeal shock-wave lithotripsy (ESWL)

Technique de désintégration des calculs urinaires ou biliaires par l'intermédiaire d'ondes de choc ou d’ondes piézoélectriques émises par un lithotripteur externe.
Le principe est celui d'une onde qui est dirigée sur le calcul ; elle se propage dans l'eau ou dans les parties molles sans faire de dégâts, mais qui produit, quand elle rencontre un milieu solide, une implosion du solide si l'amplitude de la vibration induite est supérieure à la contrainte de rupture du solide. Ainsi lorsqu'une onde de choc est focalisée sur un calcul, elle le fragmente ou l'émiette sans endommager notablement les parties molles avoisinantes. Les lithotripteurs produisent environ 2 000 chocs par minute ou demi-minute. L'application, plus ou moins douloureuse, nécessite une analgésie.
Une mesure préalable de la densité Hounsfield du calcul urinaire, par un scanner sans injection, permet de prédire la probabilité de fragmentation : inférieur à 1000 UH calcul friable, au-dessus calcul plus dur et risque d’échec de la LEC.
Il existe trois types de lithotripteurs :
1) électrohydraulique (premier type d'appareil utilisé) : l'onde de choc est produite par une étincelle électrique dans l'eau dégazée d'une baignoire ; elle est centrée sur le calcul repéré par radioscopie ;
2) piézoélectrique : l'onde de choc est produite par effet piézoélectrique sur une céramique concave semi-ellipsoïdale dont le deuxième foyer est focalisé sur la lithiase, les ondes sont transmises par l'eau de la baignoire ou celle d'une poche remplie d'eau appliquée sur la peau du patient. Elle est centrée sur le calcul repéré par échographie ;
3) électromagnétique : une membrane métallique mue par un électro-aimant produit l'onde de choc. L'ensemble est immergé dans un cylindre empli d'eau dégazée et fermé par une membrane souple qu'on applique sur la peau. Une lentille acoustique focalise l'énergie en une tache oblongue (lithotripteur dit «à onde plate») que l'on concentre sur le calcul.
En urologie, cette méthode non agressive conduit à la fragmentation du calcul sur place, dans la voie excrétrice urinaire supérieure. Ce temps thérapeutique doit être suivi de l'élimination spontanée des débris lithiasiques. Elle exige donc la perméabilité de la voie excrétrice d'aval, qui doit parfois être assurée par la mise en place d'une endoprothèse urétérale. Les meilleurs résultats sont obtenus pour les calculs rénaux de moins de 2 cm dans leur plus grande dimension.
Les contrindications sont l'infection et les troubles de la coagulation.

Étym. gr. lithos : pierre ; lat. terere : broyer

lithotripsie

lysosome n.m.

lysosome

Organite intracellulaire d'environ 0,5 µm limité par une membrane, qui renferme des enzymes hydrolytiques.
Les lysosomes ont un pH intérieur acide, favorable à l'activité des enzymes qu'ils contiennent. Ils sont entourés d'une membrane phospholipidique, qui peut fusionner avec celle des phagosomes contenant les substances à digérer, formant un phagolysosome ou lysosome secondaire, dans lequel les molécules des membranes plasmiques sont dégradées. Les lysosomes digèrent les déchets du métabolisme cellulaire et les corps étrangers capturés. Chargés de la défense cellulaire et de la phagocytose, ils constituent les granulations des polynucléaires neutrophiles et des mastocytes. Ils sont impliqués dans la lyse cellulaire au cours de la nécrose ou de l'apoptose, et de la digestion des bactéries phagocytées. Les enzymes des lysosomes sont nombreux : protéases, nucléases, osidases, estérases, etc. Ce sont des glycoprotéines qui ont la particularité de contenir des restes de mannose phosphorylés, permettant leur reconnaissance par des récepteurs membranaires. De nombreuses thésaurismoses congénitales sont dues à un défaut d'enzymes lysosomiales.

C. de Duve, vicomte, biochimiste belge, membre de l’Académie de médecine, prix Nobel de médecine en 1974 (1957)

Étym. gr. lusis : dissolution ; sôma : corps

phagosomes, phagolysosome, lysosome secondaire, phagocytose, mastocytes, nécrose, apoptose, thésaurismose

[A2]

Édit. 2019

malignité (signes histologiques de) l.m.p.

Ensemble des caractères morphologiques, observés en microscopie optique, permettant de porter le diagnostic de tumeur maligne.
Outre les signes cytologiques de malignité, on note une infiltration par les cellules malignes des tissus environnants qui se trouvent ainsi progressivement détruits après effraction de la membrane basale dans le cas des cancers épithéliaux, et extension dans les tissus conjonctifs interstitiels. Au niveau de ces derniers, les cellules tumorales se trouvent au contact d’un riche réseau vasculaire qu’elles vont pénétrer après effraction de la membrane basale des vaisseaux, ce qui peut permettre la diffusion de la tumeur et l’apparition de métastases. Le tissu tumoral, parfois métaplasique, peut offrir des degrés variables de différenciation ; les proliférations tumorales les plus indifférenciées, voire anaplasiques, peuvent orienter vers la malignité ; à l’opposé, certaines tumeurs authentiquement malignes sont très différenciées et parfois même le siège d’une maturation signalée p. par exemple par la production de mucus pour les cancers glandulaires, ou de kératine pour les cancers épidermoïdes.

Étym. lat. malignus : méchant

manubrium du marteau l.m.

manubrium mallei (TA)

handle of malleus

Segment inférieur du marteau qui fait suite au col.
Il est inclus dans l’épaisseur de la membrane du tympan et donne insertion aux éléments de la couche fibreuse de cette membrane. Son extrémité libre, élargie en spatule, répond à l’ombilic du tympan.

Syn. anc.  manche du marteau

marge du disque embryonnaire l.f.

margo disci embryonici (TE)
Zone de transition entre l’hypoblaste du disque embryonnaire didermique (9ème jour du développement de l’embryon) et la membrane de Heuser qui en dérive.
Au 9ème jour cette membrane qui délimite intérieurement le cytotrophoblaste va former au pôle non-embryonnaire la paroi de la vésicule vitelline ou cavité exocœlomique. Cette paroi est ainsi en continuité avec l’hypoblaste.

disque embryonnaire, disque embryonnaire didermique, hypoblaste, membrane de Heuser, cytotrophoblaste, vésicule vitelline, cavité exocœlomique

[A4,O6]

membrane alvéolocapillaire l.f.

alveolocapillary membrane

Structure anatomique formée par une membrane très fine, paroi de l’alvéole pulmonaire, interposée entre l’air alvéolaire et le sang capillaire pulmonaire et à travers laquelle se font les échanges gazeux.
Son épaisseur est comprise entre 0,2 μm et 0,5 μm, sa surface totale est de plus de 50 mètres2 chez l’adulte. La diffusion des gaz et plus particulièrement de l’oxygène et du dioxyde de carbone se fait à travers elle selon les lois de Fick.
Un certain nombre de maladies pulmonaires altèrent la membrane alvéolocapillaire et compromettent les échanges gazeux entre l’air alvéolaire et le sang capillaire.

A. Fick, physiologiste allemand (1829-1901)

Étym. lat. membrana  : membrane :  alveolus : petit vase : capillatus : fin comme un cheveu

Fick (principe de)

membrane de dialyse l.f.

dialysis membrane

Membrane artificielle semiperméable à travers laquelle se font les échanges entre le sang d'un patient atteint d'insuffisance rénale aigüe ou chronique et un liquide dit de dialyse.
Les membranes les plus couramment utilisées sont faites de cuprophane, d'acétate de cellulose, de polyacrylonitrile, de polysulfone. Le choix des membranes est fonction du type de dialyseur et des objectifs cliniques recherchés, p. par exemple le volume d'ultrafiltrat à soustraire au patient. Les membranes permettant une forte ultrafiltration sont dites à "haute performance".
La surface de la membrane de dialyse habituellement utilisée chez les insuffisants rénaux chroniques dialysés sur la base de trois séances par semaine est de l'ordre de 1,5 m2.

Étym. lat. membrana  : membrane ; gr.  dialysis : séparation

hémodialyse, hémodiafiltration, hémofiltration

membrane fibro-élastique du larynx l.f.

membrana fibroelastica laryngis (TA)

fibro-elastic membrane of larynx

Membrane élastique qui double la muqueuse du larynx dans toute son étendue.
Elle présente de chaque côté des épaississements : le ligament vestibulaire qui se prolonge par la membrane quadrangulaire, et le ligament vocal.

Syn. cône élastique du larynx

membrane interosseuse l.m.

membrana interossea (TA)

interosseous membrane

Plan fibreux de type ligamentaire qui unit les deux os sur un segment de membre à deux pièces osseuses (par exemple membrane interosseuse de l’avant-bras ; membrane interosseuse de la jambe).

membrane néovasculaire sous-rétinienne l.f.

subretinal neovascular membrane

Structure fibrovasculaire néoformée, d'origine choroïdienne et traversant la membrane de Bruch.
Ces membranes peuvent se développer en arrière de l'épithélium pigmentaire ou en avant de ce dernier. La dégénérescence maculaire liée à l'âge en est la principale cause mais d'autres origines sont fréquentes : la myopie forte, les ruptures traumatiques de la membrane de Bruch, les stries angioïdes et les affections inflammatoires chorioépithéliales.

membrane obturatrice l.f.

membrana obturatoria (TA)

obturator membrane

Lame fibreuse qui ferme presque complètement le foramen obturé.
Simple sur la majeure partie de son étendue (membrane obturatrice interne), elle se dédouble à sa partie supérieure pour former les deux bandelettes sous-pubiennes antérieure et postérieure. Elle limite ainsi avec le sillon obturateur le canal obturateur. Les deux faces de la membrane donnent insertion aux muscles obturateurs externe et interne.

membrane quadrangulaire l.f.

membrana reticularis organi spiralis (TA)

quadrangular membrane

Lame fibreuse mince située dans l’épaisseur des plis ary-épiglottiques et tendue entre le bord latéral du cartilage épiglottique et la  face antéro-latérale du cartilage aryténoïde.
Véritable ligament, elle converge avec son symétrique et le ligament thyro-épiglottique médian dans la commissure antérieure des plis vestibulaires.
 membrane réticulaire de l’organe spirale l.f.
reticular membrane of spiral organ
Ensemble des membranes obturantes encadrant l’extrémité superficielle des cellules de l’organe spiral.

A.marquis de Corti, anatomiste et histologiste italien (1822-1888) ; R. von Kölliker, anatomiste, histologiste et zoologiste suisse (1817-1905)

Syn. anc. membrane réticulée de l’organe de Corti ; membrane de Kölliker

aditus laryngé, pli ary-épiglottique

[A1,P1]

Édit. 2017

muscle semi-membraneux l.m.

musculus semimembranosus (TA)

semimembranosus

Muscle situé dans la loge postérieure de la cuisse.
Il se détache de la partie latérale de la tubérosité ischiatique par un tendon auquel fait suite une large membrane tendineuse. Les fibres nées de cette membrane se terminent à la partie postérieure de l’articulation du genou par une triple insertion. Un tendon direct se fixe sur la face postérieure du condyle médial du tibia ; un tendon réfléchi glisse dans la marge infraglénoïdienne médiale du tibia ; un tendon récurrent rejoint la coque condylienne médiale. Il fléchit la jambe et la porte en rotation interne ; il étend la cuisse sur le bassin. Il est innervé par un rameau du nerf ischiatique.

Syn. anc. muscle demi-membraneux

muscle soléaire l.m.

musculus soleus (TA)

soleus

Muscle large et épais occupant la loge postérieure de la jambe et qui participe à la constitution du muscle triceps sural.
Il se détache d’une part de la partie postéro-médiale de la tête de la fibula, de la moitié postérieure du bord latéral de la fibula et de sa face postérieure ; et d’autre part, de la ligne du muscle soléaire du tibia (ligne oblique) au-dessous du muscle poplité, et du bord médial du tibia. Entre ses deux groupes d’insertions, tibiales et fibulaires, est tendue l’arcade fibreuse du soléaire. Toutes ces fibres musculaires s’attachent à une membrane tendineuse de  terminaison qui fusionne avec la membrane tendineuse des muscles gastrocnémiens pour former le tendon calcanéen (tendon d’Achille) qui se fixe sur la tubérosité du calcanéum. Il étend le pied sur la jambe. Il est innervé par des rameaux nés du nerf tibial, au-dessus et au-dessous de l’arcade tendineuse du muscle soléaire.

muscle strié l.m.

Muscle constitué de fibres musculaires très longues et effilées à leurs deux extrémités, chacune résultant de la fusion de plusieurs éléments cellulaires (reconnaissables à la présence de nombreux noyaux).
La substance musculaire d’une fibre, enveloppée d’une membrane, le sarcolemme, a un aspect strié dans le sens longitudinal et dans le sens transversal. La striation longitudinale répond à la division de la fibre primitive en fibrilles, et la striation transversale à la succession de parties alternativement claires et obscures  (les disques sombres et les disques clairs). Les disques sombres sont constitués de faisceaux de filaments de myosine. Chaque fibrille est divisée en une succession de compartiments (sarcomères) par une cloison (bande Z, bande ou membrane de Krause) qui traverse la région moyenne de chaque disque clair. Un sarcomère est ainsi constitué d’un demi-disque clair, d’un disque sombre et d’un autre demi-disque clair. Il représente l’élément primordial de la contraction musculaire, le protoplasme indifférencié dans lequel sont incluses les fibrilles  (sarcoplasmes) ne jouant vraisemblablement qu’un rôle nutritif. Les muscles striés sont en général affectés aux fonctions de relation (à l’exception du myocarde). Ils reçoivent leur innervation du système cérébro-spinal et du système sympathique. Ils sont à contraction rapide et soumis à l’action de la volonté.

muscle thyro-aryténoïdien l.m.

musculus thyroarytenoideus (TA)

thyro-arytenoid

Muscle annexé au larynx, situé dans l’épaisseur du pli vocal.
Il est constitué de deux couches : l’une externe ou superficielle, l’autre interne ou profonde. La couche superficielle dite encore muscle thyro-aryténoïdien proprement dit ou principal, est un faisceau musculaire rayonné en éventail ; il se détache du tiers inférieur de l’angle rentrant du cartilage thyroïde et se  termine sur la face antéro-latérale du cartilage aryténoïde ; quelques fibres formant des faisceaux accessoires s’insèrent sur la membrane quadrangulaire (muscle thyro-membraneux), sur le cartilage corniculé (muscle thyro-corniculé) et sur le cartilage cunéïforme (muscle thyro-cunéïforme) ; il provoque l’adduction des plis vocaux. La couche profonde du muscle thyro-aryténoïdien, dite encore muscle thyro-aryténoïdien inférieur, est un muscle prismatique, triangulaire et épais, situé dans l’épaisseur du pli vocal. Il se détache en avant de la moitié inférieure du dièdre thyroïdien et se dirige en arrière pour se terminer sur la face antéro-latérale du processus vocal du cartilage aryténoïde dans la fovea oblonga ; il provoque le relâchement des plis vocaux. On peut isoler une partie thyro-épiglottique (dite muscle thyro-épiglottique) qui appartient à la couche superficielle du muscle thyro-aryténoïdien ; elle se détache de l’angle rentrant du cartilage thyroïde et se dirige en haut et en arrière pour se terminer sur le bord latéral du cartilage épiglottique et sur la partie adjacente de la membrane quadrangulaire ; elle abaisse en avant l’épiglotte, rétrécit la glotte et rapproche les plis vocaux.

J. Santorini, anatomiste et médecin italien (1681-1737)

Syn. muscle de Santorini

[A1]

Édit. 2017

muscle thyro-aryténoïdien l.m.

musculus thyroarytenoideus (TA)

thyro-arytenoid

Muscle annexé au larynx, situé dans l’épaisseur du pli vocal.
Il est constitué de deux couches : l’une externe ou superficielle, l’autre interne ou profonde. La couche superficielle dite encore muscle thyro-aryténoïdien proprement dit ou principal, est un faisceau musculaire rayonné en éventail ; il se détache du tiers inférieur de l’angle rentrant du cartilage thyroïde et se  termine sur la face antéro-latérale du cartilage aryténoïde ; quelques fibres formant des faisceaux accessoires s’insèrent sur la membrane quadrangulaire (muscle thyro-membraneux), sur le cartilage corniculé (muscle thyro-corniculé) et sur le cartilage cunéïforme (muscle thyro-cunéïforme) ; il provoque l’adduction des plis vocaux. La couche profonde du muscle thyro-aryténoïdien, dite encore muscle thyro-aryténoïdien inférieur, est un muscle prismatique, triangulaire et épais, situé dans l’épaisseur du pli vocal. Il se détache en avant de la moitié inférieure du dièdre thyroïdien et se dirige en arrière pour se terminer sur la face antéro-latérale du processus vocal du cartilage aryténoïde dans la fovea oblonga ; il provoque le relâchement des plis vocaux. On peut isoler une partie thyro-épiglottique (dite muscle thyro-épiglottique) qui appartient à la couche superficielle du muscle thyro-aryténoïdien ; elle se détache de l’angle rentrant du cartilage thyroïde et se dirige en haut et en arrière pour se terminer sur le bord latéral du cartilage épiglottique et sur la partie adjacente de la membrane quadrangulaire ; elle abaisse en avant l’épiglotte, rétrécit la glotte et rapproche les plis vocaux.

J. Santorini, anatomiste et médecin italien (1681-1737)

Syn. muscle de Santorini

[A1]

Édit. 2018

myringoplastie n.f.

myringoplasty

Intervention chirurgicale qui a pour but de refaire une membrane tympanique vibrante.
L’indication est essentiellement posée pour fermer les perforations tympaniques. Mais on peut aussi avoir recours à cette intervention pour renforcer une membrane atrophique.

Étym. lat. myringa : tympan ; gr. plassein : façonner

tympanoplastie

œdème aigu du poumon l.m.

acute pulmonary oedema

Filtration brutale et anormale du plasma des capillaires pulmonaires dans les alvéoles pulmonaires entraînant la formation de mousse albumineuse qui envahit les poumons et fait obstacle à l'hématose.
Normalement, le plasma qui filtre à travers la paroi alvéolocapillaire est résorbé par les vaisseaux lymphatiques au niveau de la sortie du lobule pulmonaire : le débit de filtration est proportionnel à la pression de filtration (écart de pression alvéolocapillaire), à la perméabilité et à la surface de la membrane alvéolaire (loi de Darcy) ; le débit de résorption lymphatique est proportionnel à l'écart de pression entre alvéole et veine cave. Lorsque le débit de filtration dépasse celui de résorption, le liquide s'accumule dans les alvéoles où le va-et-vient ventilatoire de l'air le fait mousser. Cette mousse se répand dans tout l'arbre bronchique et entrave l'hématose, d'où une hypoxie grave qui peut être fatale si l'on ne maîtrise pas rapidement le phénomène. Chez le sujet debout ou assis, la pression hydrostatique est plus élevée à la base du poumon qu'à l'apex et, de ce fait, l'œdème débute aux bases (signe de «marée montante des râles») : c'est pourquoi le patient prend spontanément une position orthostatique, plus favorable pour la respiration, parce que les sommets sont alors plus libres (il y a moins d'œdème aux sommets qu'aux bases). La pression de filtration dépend de l'écart de pression hydrostatique entre l'alvéole et le capillaire et, secondairement, des écarts de pressions osmotique et oncotique, ainsi que de la pression due à la courbure de la paroi alvéolaire (loi de Laplace : pression = tension superficielle x courbure). La perméabilité aux liquides de la membrane alvéolaire dépend de l'état des cellules qui la composent : elle diminue avec l'œdème cellulaire et augmente considérablement avec les atteintes toxiques qui lèsent les cellules.
Les causes d'œdème aigu peuvent être cardiovasculaires (l'élévation de la pression capillaire pulmonaire augmente la filtration, l'élévation de la pression veineuse cave diminue la résorption lymphatique pulmonaire), pneumatique (abaissement de la pression alvéolaire dans les accidents de décompression en plongée ou en aéronautique et dans la dyspnée inspiratoire avec tirage), lésionnelle (altération de la paroi alvéolocapillaire par des agents toxiques, gaz vésicants, fumées d'incendie, etc.). Toutes les causes qui augmentent la ventilation, notamment l'exercice musculaire, aggravent la situation en sollicitant la filtration à l'inspiration. Le traitement découle de là : mettre au repos en position assise, augmenter la pression alvéolaire (IPPB en O2 pur), abaisser la pression capillaire pulmonaire et la précharge veineuse (diurétiques, saignée faute de mieux), réduire la ventilation (morphine).
Le furosémide intraveineux est un élément du traitement d’urgence.

Étym. gr. oïdêma : gonflement (de oïdein : grossir)

Sigle OAP

œdème, œdème aigu cardiogénique du poumon, orthopnée, filtration, indice de Miller, IPPB

Édit. 2017

œil de poisson de Norum (maladie en) l.f.

Norum’s fish-eye disease

Opacification de la cornée acompagnée d’anémie, de protéinurie et de dyslipoprotéinémie avec taux bas des lipoprotéines de haute densité (HDL).
Le cholestérol est très augmenté et l'anémie normochrome est secondaire à l'augmentation de cholestérol dans les globules rouges ; la protéinurie signe le début d'une insuffisance rénale parfois fatale. La maladie apparaît chez l'adulte jeune, l'opacification de la cornée est visible à l'œil nu et donne un aspect en œil de poisson cuit ; on trouve un discret voile diffus cornéen, un arc cornéen atypique (tout le stroma est atteint), des vacuoles dans la membrane (ou couche) de Bowman et le stroma antérieur. L'acuité visuelle est conservée, on peut trouver au fond d’œil des ruptures de la membrane de Bruch et des hémorragies rétiniennes. La mutation est sur le même gène que la maladie en œil de poisson dominante. Il s'agit d'un déficit en lécithine-cholestérol acyltransférase (LCAT) dont le locus est situé sur le chromosome 16 en 16q22.1. L’affection est autosomique récessive (MIM 245900).

K. R. Norum, biochimiste norvégien et E. Gjone, médecin interniste norvégien (1967)

déficit en lécithine cholestérol-acyl-transférase, déficit en LCAT

Édit. 2017

ora serrata l.f.

ora serrata

Région de l’extrême périphérie rétinienne qui tranche par sa couleur blanchâtre sur la couleur brune de la pars plana du corps ciliaire.
Elle se présente sous la forme d’une ligne festonnée faite de dents et de baies concaves vers l’avant. Du point de vue histologique, elle se caractérise par une disparition progressive des différentes couches rétiniennes. Seuls persistent l’épithélium pigmentaire rétinien (qui se prolonge en avant par l’épithélium pigmentaire de la pars plana du corps ciliaire), les cellules de Müller qui sont abondantes et la membrane limitante interne qui se poursuit par la membrane basale de l’épithélium ciliaire. Les capillaires rétiniens s’arrêtent avant l’ora serrata. Elle est en rapport avec la base du vitré qui la déborde en avant et en arrière.

Étym. lat. ; serrata : dentelée

Édit. 2017

otite barotraumatique l.f.

barotraumatic otitis

Ensemble des lésions traumatiques de l’oreille moyenne liées à un déséquilibre important des pressions régnant entre la caisse du tympan et l’air ambiant.
Le traumatisme est dû à une variation brusque de la pression ambiante et du volume des gaz enfermés dans l’oreille moyenne.
Elle s’observe lors de la descente en avion ou en plongée sous-marine. La symptomatologie peut aller de la simple congestion de la membrane du tympan à l’apparition de suffusions hémorragiques et de rupture de la membrane.
Mais la répétition d'accidents barotraumatiques peut léser l'oreille interne et produire une otite chronique. Toutefois, chez un patient atteint d'une otopathie d'autre nature (p. ex. otospongiose), le fait d'avoir été victime d'un ou plusieurs incidents ou accidents barotraumatiques transitoires sans séquelle ne permet pas de rattacher cette otopathie aux barotraumatismes.

Étym. gr. baros : pression ; trauma : blessure

avion, barotraumatisme

Édit. 2017

ovulation n.f.

ovulation

Elle correspond à la ponte ovarienne, et consiste en l’émission d’un ovule hors du follicule de De Graaf de l’ovaire, capté par la trompe utérine.
Dans l’espèce humaine, elle se produit vers le 14ème jour d’un cycle de 28 jours et peut déterminer une douleur vive de la fosse iliaque. Elle est contrôlée par les hormones hypophysaires. Dès le début du cycle, la FSH (folliculo-stimuline ou follicle stimulating hormone) stimule l’aromatase des cellules de la granulosa au sein des follicules ovariens et induit la production d’œstradiol. Celui-ci multiplie les récepteurs de FSH sur les cellules de la granulosa, ce qui permet d’obtenir des taux croissants d’œstradiol malgré des concentrations plus faibles de FSH, car, conjointement à l’inhibine, l’œstradiol freine la sécrétion hypophysaire de FSH. Au-dessus d’un seuil critique d’œstradiol, il se produit une brusque libération de LH (hormone lutéotrope) qui précède de 12 heures le déclenchement de l’ovulation. Le pic de LH s’accompagne d’une reprise de la maturation de l’ovocyte et de l’achèvement de la première division méiotique, bloquée jusque-là au stade de prophase. L’émission du premier globule polaire entraîne une réduction de moitié du nombre des chromosomes de l’ovocyte, qui devient haploïde et apte à la fécondation. Dans le traitement des stérilités par anovulation ou lors des assistances médicales à la procréation, l’ovulation peut être artificiellement induite par des médicaments reproduisant l’effet de la LH, notamment la gonadotrophine chorionique injectée par voie intramusculaire.
ovule
1) Ovocyte mature qui sera émis lors de la rupture du follicule de De Graaf au moment de l’ovulation.
Cellule de 200 μm  entourée de la membrane pellucide, son noyau contient un nucléole visible et son cytoplasme, limité par la membrane vitelline, est abondant.
Recueilli par le mouvement des franges du pavillon de la trompe utérine, il va cheminer dans celle-ci et pourra y être fécondé lors de sa rencontre avec un spermatozoïde.
2) Forme galénique de médicaments administrés par voie vaginale.

Étym. lat. ovula : petit œuf

follicule ovarien, follicule de De Graaf, oestradiol.

[A4,G3,G5,O3,O6]

Édit. 2017

pachyméninge n.f.

pachymeninx , dura-mater (TA)

pachymeninx , dura-mater

Membrane fibreuse, épaisse, résistante, constituant la méninge externe.
Sa surface externe est hérissée de villosités et adhère à l’os.  Sa surface interne, lisse, est recouverte par une membrane endothéliale dépendante de l’arachnoïde.

Syn. anc. méninge dure, méninge externe

dure-mère crâniale, dure-mère spinale

paroi membranacée de la trachée l.f.

paries membranaceus (trachea)
Membrane fibromusculaire plane tendue entre les extrémités des anneaux trachéaux et des ligaments annulaires à la face postérieure de la trachée.
Elle est formée par une adventice, le muscle trachéal et la muqueuse.
Anc. dénom. membraneuse trachéale, lame trachéale transverse, membrane trachéale

membranous wall (trachea)

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