Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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angéite associée à la prise de médicaments ou de drogues l.f.

angeitis associated with use/abuse of medicaments or substances

Survenant lors d'une première exposition au toxique ou après une utilisation chronique, l'accident vasculaire cérébral peut être soit une hémorragie méningée ou cérébrale (notamment avec les amphétamines, la cocaïne), soit un accident ischémique (observé plus volontiers avec des drogues telles que l'héroïne ou le LSD).
La présentation clinique est celle d'un accident vasculaire cérébral de survenue brutale, accompagné de céphalées intenses. L'angiographie objective parfois des sténoses, voire des occlusions des siphons carotidiens, ou des rétrécissements segmentaires des artères intracrâniennes évoquant une artérite.
Les mécanismes pathogéniques évoqués sont : une lésion directe de la paroi artérielle ou une vascularite immuno-allergique (à la drogue elle-même ou aux agents adultérants), un collapsus avec hypotension et hypoxémie, un vasospasme et une hypertension artérielle aigüe (induits par des agents sympathomimétiques), des embolies de matériel étranger, une endocardite avec embolies septiques, ou des anévrismes mycotiques (pour les drogues utilisées par voie intraveineuse).

Étym. gr. aggeion : vaisseau ; ite : inflammation

→ angéite, accident vasculaire cérébral, hémorragie méningée, amphétamine, cocaïne, héroïne; LSD 25, anévrisme mycotique

[G4, G5, K4]

Édit. 2019

angéite médicamenteuse l.f.

medicinal angiitis

Angéite survenant au cours ou au décours d’une thérapeutique médicamenteuse.
Il s’agit d’une angéite d’hypersensibilité qui touche surtout les vaisseaux cutanés de petit calibre et se traduit cliniquement par des manifestations cutanées (urticaire, purpura, éruption cutanéomuqueuse voire érythème noueux) et rarement par des manifestations viscérales. Parmi les très nombreux médicaments parfois responsables d’une angéite médicamenteuse, citons allopurinol, aspirine, anti-inflammatoires non-stéroïdiens, chlorpromazine, cotrimoxazole, furosémide, hydantoïne, pénicilline, quinidine, sels d’or, tétracycline, thiazidiques, certaines chimiothérapies antinéoplasiques et certains sérums et vaccins.

Étym. gr. aggeion : vaisseau ; ite : inflammation

→ angéite, angéite allergique de Zeek

[D1,G3,G4,G5,K4,N3]

Édit. 2019

angioplastie transluminale percutanée l.f.

percutaneous transluminal angioplasty

Procédé thérapeutique de réparation artérielle certaines sténoses athéromateuses ou malformatives par voie percutanée.
Sous contrôle radiologique continu par amplificateur de luminance, une sonde spéciale, munie d'un ballonnet est introduite par voie percutanée dans une artère (le plus souvent l'artère fémorale), à l'aide d'un Désilet et poussée jusqu'à la lésion à traiter. Un dispositif variable placé à l'extrémité du cathéter permet le geste thérapeutique : ballonnet pour écraser la plaque d'athérome et dilater l'artère, laser ou athérotome pour pulvériser la plaque d'athérome, pose d'une endoprothèse. Le maintien de la lumière artérielle peut être assuré par l'introduction d'une endoprothèse métallique ou stent. Ce procédé permet également l'aspiration de thrombus et l'administration locale de médicaments, fibrinolytiques par exemple.
Cette méthode a d'abord été utilisée pour traiter les sténoses vasculaires des membres inférieurs (1964), puis a été étendue aux artères rénales, digestives et sous-clavières. En 1977, elle fut adaptée aux artères coronaires (A. Grüntzig).

A. Grüntzig, médecin cardiologue allemand (1977)

→ Désilet

[B2, B3, B4, G5, K4]

Édit. 2020

angiothérapie n.f.

angiotherapy

Thérapeutique utilisant les vaisseaux sanguins comme moyen ou voie d’administration des médicaments.

[G5,K4]

Édit. 2017

anorexigène n.m.

anorexiant drug, anorexigenic

Médicament inhibiteur de l’appétit ("coupe-faim").
Les anorexigènes sont des substances douées de propriétés amphétaminiques plus ou moins marquées, retirées de l’usage en raison de leurs effets indésirables (métamphétamine, dextroamphétamine, phenmétrazine, fenfluramine, dexfenfluramine).
Un traitement anorexigène est indiqué dans certaines obésités. Les résultats sont transitoires car l'effet dure le temps de l'administration. Surtout, ce traitement est discutable du fait des éventuelles complications psychiques ou somatiques qu'il peut déterminer. Des dérivés amphétaminiques sont utilisés dans la composition de la plupart des anorexigènes. Les effets adverses de ces traitements sont fréquents : abus, dépendance, insomnie, dépression, excitation, hypertension artérielle.
  

Étym. gr. a(n) : sans ; orexis : appétit

[L1,G3,G4,G5,H4,N1,R2]

Édit. 2017

antagoniste adrénergique l.m.

adrenoreceptor antagonist

Antagoniste compétitif des récepteurs de la noradrénaline, récepteurs alpha1 (prazosine), des récepteurs alpha2 (ergotoxine).
Antagonistes des récepteurs bêta : non sélectifs (propranolol) ou sélectifs des récepteurs bêta1 (acébutolol).

Étym. gr. ant : qui combat ; agonistes combattant

Syn. alpha et bêta bloquants

[C1,G3,G5]

Édit. 2017

antagoniste calcique l.m.

calcium blocker

Médicament ayant la propriété de bloquer les canaux calciques.
Il est utilisé dans le traitement de l'hypertension artérielle, de l'insuffisance coronaire et du phénomène de Raynaud.

Étym. gr. ant : qui combat ; agonistes combattant

[G3,G5,K2,K4]

Édit. 2017

antagoniste des opiacés l.m.

opiate antagonist

Médicament s’opposant à l’action pharmacologique des opiacés.
Ces produits, utilisés en anesthésie (pour combattre la dépression respiratoire des opiacés) ou en toxicologie (traitement des surdoses), ont une structure chimique proche de celle des opiacés (substitution d’un radical diméthyl par un radical allyl ou méthyl-cyclo-propyl). Ils agissent par compétition au niveau des récepteurs mu : ce sont des antagonistes purs (naloxone, naltrexone) ou des antagonistes mu et agonistes kappa (nallorphine).
Ils doivent être utilisés avec prudence car, en anesthésie, ils peuvent entraîner des accidents (stimulation sympathique excessive par réapparition de la douleur) ou en toxicologie (syndrome de sevrage chez le toxicomane).

Étym. gr. ant : qui combat ; agonistes combattant

→ opiacé, surdose

[G1,G3,G5]

Édit. 2017

antagonistes des récepteurs de l'angiotensine II l.m.p.

angiotensin II receptors antagonists

Famille de médicaments réduisant les effets de l’angiotensine II par action antagoniste sur ses récepteurs membranaires (candésartan, irbésartan, valsartan, etc.)

Étym. gr. ant : qui combat ; agonistes combattant

[G3,G5]

Édit. 2017

antagoniste des récepteurs H2 l.m.

H2 receptor antagonist

Substance capable d'inhiber un type particulier d'effets de l'histamine (l'effet de type H2).
Les antagonistes entrent en compétition avec l'histamine directement au niveau de son site d'action cellulaire.
La principale action de type H2 de l'histamine est de déclencher une sécrétion gastrique abondante. Les antagonistes des récepteurs H2 sont donc utilisés chez l'homme pour inhiber la sécrétion acide gastrique dans des cas pathologiques associés à une hypersécrétion acide.

Étym. gr. ant : qui combat ; agonistes combattant

[F3,G3,G5]

Édit. 2017

antagoniste dopaminergique l.m.

dopamine receptor antagonist

Antagoniste compétitif des récepteurs de la dopamine.
Les neuroleptiques (chlorpromazine, halopéridol) sont des antagonistes non sélectifs, bloquant les DA1 et les DA2, tandis que le métoclopramide et le sulpiride sont plus spécifiques des DA2.

Étym. gr. ant : qui combat ; agonistes combattant

[G3,G5,H1]

Édit. 2017

antagoniste du calcium l.m.

calcium antagonist

Substance inhibant l'entrée du calcium dans la cellule lors de la dépolarisation, dans les muscles lisses ou striés par ex., notamment le myomètre et la média des artères, ce qui inhibe la contraction musculaire et entraîne une vasodilatation.
La nifédipine et la nicardipine sont donc utilisées comme tocolytiques dans les menaces d’accouchement prématuré, et dans le traitement de l'hypertension artérielle, y compris chez la femme enceinte.

T. Godfraind, pharmacologiste belge, membre de l'Académie de médecine (2014)

Étym. gr. ant : qui combat ; agonistes combattant

Syn. inhibiteur des canaux calciques

[G3,G5,I4,O3]

Édit. 2017

antalgique adj.

antalgic

Qualifie tout moyen physique ou médicamenteux capable de calmer la douleur.
Par exemple, une attitude antalgique se rencontre souvent dans les douleurs vertébrales, si elle est maintenue de façon prolongée elle entraîne des déformations (scoliose) qui peuvent être difficiles à corriger. Des prothèses, des moyens de contention, éventuellement des infiltrations par des anesthésiques locaux peuvent être utilisés pour rompre le cercle vicieux douleur-position antalgique, déformation entraînant des douleurs.
Les médicaments administrés, généralement per os, pour faire face à la douleur sont appelés analgésiques.

Étym. gr. anta : contre ; algos : douleur

→ analgésique

[G1,G3,G5]

Édit. 2017

anthelminthique adj. et n.m.

anthelmintic

Médicament utilisé pour traiter les helminthiases, de localisation intestinale ou tissulaire.
Comme anthelminthiques intestinaux, l'OMS retient six médicaments essentiels : la niclosamide et le praziquantel, actifs sur les ténias, l'albendazole, le lévamisole, le mébendazole et le pyrantel, actifs sur les nématodes. Comme anthelminthiques tissulaires, l’OMS retient quatre médicaments essentiels : la diéthylcarbamazine et l’ivermectine pour la filariose, le métrifonate et l’oxamniquine pour la bilharziose.

[G3,G5,L1]

Édit. 2017

anthocyane n.m.

anthocyan

Pigment hétérosidique polyphénolique de certaines fleurs et feuilles, qui peut être bleu, rouge ou violet selon la structure de l'aglycone dérivé de l'anthocyanidol, selon l'oligoside et selon le pH.
Par ex., le céracyanoside de la cerise est un rhamnosido-glucoside de cyanidol, l'œnoside du raisin noir ou de la myrtille est un glucoside de syringidol. Les anthocyanosides ont été préconisés pour améliorer la vision crépusculaire.

Étym. gr. anthos : fleur ; kuanos : bleu

[C1,G3,G5,P2]

Édit. 2017

anthocyanidol n.m.

anthocyanidol

Polyphénol dérivé du phényl-2-benzopyrylium, comportant une charge positive délocalisée, constituant l’aglycone des anthocyanosides.
Six anthocyanidols sont connus dans la nature, dont les noms dérivent de ceux de fleurs dont on les a isolées initialement (cyanidol, delphinidol, malvidol, pélargonidol, péonidol, pétunidol).
Etym :lat. ante : avant ; versio : retournement

[C1,G3,G5]

Édit. 2017

anthoxanthine n.f.

anthoxanthine

Pigment hétérosidique polyphénolique présent dans certaines fleurs ou feuilles, de couleur jaune ou orange selon la structure de l'aglycone dérivé de flavonols, et possédant souvent des propriétés de vitamine P sur la fragilité et la perméabilité capillaires : par ex. le quercétrinoside et le rutoside sont des anthoxanthines dérivés du quercétol.

Étym. gr. anthos : fleur ; xanthos : jaune

[C1,G3,G5]

Édit. 2017

anthracycline n.f.

anthracycline

Médicament anticancéreux faisant partie de la famille des intercalants.
Les anthracyclines le plus souvent utilisées sont la daunorubicine et la doxorubicine. Ces médicaments ont une toxicité cardiaque et hématologique importante.

[F1,F2,G3,G5,K2]

Édit. 2017

anthraline n.f.

anthralin

Produit autrefois utilisé dans le traitement du psoriasis et de la pelade sous forme de préparations à 0,3 ou 2% en applications de courte durée, mais responsable de dermites d'irritation, et dont la formule chimique est la 1,8-dihydroxyanthrone.

Syn. dioxyanthranol, dithranol, cignoline

→ chrysarobine

[J1,G3,G5]

Édit. 2017

antialdostérones n.f.p. et adj.

aldostérone inhibitor

Substances qui s’opposent à l’action de l’aldostérone au niveau des cellules tubulaires distales rénales.
Ce sont la spironolactone, l’éplérénone et le canrénoate de potassium qui provoquent une diurèse riche en sodium, pauvre en potassium.

→ hyperaldostéronisme primaire, aldostérone

[G5]

anti-aromatases l.f.p.

aromatase inhibitors

Les anti-aromatases sont des produits entrant en compétition avec l'aromatase, enzyme qui permet à l'organisme de continuer à produire des œstrogènes par transformation des androgènes chez la femme ménopausée.
Leur action anti-œstrogène est utilisée dans le traitement des cancers du sein hormonosensibles c'est-à-dire porteurs à la surface des cellules cancéreuses, de récepteurs hormonaux. Les anti-aromatases sont utilisées uniquement chez les femmes ménopausées. Ils peuvent être administrés pendant plusieurs années en traitement adjuvant du cancer du sein non métastatique soit seuls soit suivis d’un traitement par tamoxifène. Dans les formes métastatiques elles sont utilisées soit de première intention soit après échec d’autres hormonothérapies.
La plus ancienne anti-aromatase est l’aminoglutéthimide nécessitant la prise d’un traitement substitutif corticoïde, abandonnée, au profit des nouvelles anti-aromatases ne nécessitant pas une corticothérapie. Deux catégories de ces dernières sont actuellement utilisés dans la traitement des cancers du sein les inhibiteurs stéroïdiens irréversibles, tels que l'exémestane ou le formestane qui forment un lien désactivant permanent avec l'aromatase ; les inhibiteurs non-stéroïdiens, tels que l'anastrozole, le létrozole, qui inhibent la Synthèse d'œstrogènes via une compétition réversible avec les autres substrats qu'utilise l'aromatase pour produire les œstrogènes.
Une résistance à l’une des familles de produits (stéroïdiens ou non stéroïdiens) n’implique pas une résistance à l’autre.
Ces médicaments ne sont pas dépourvus d’effets secondaires, en particulier bouffées de chaleur, sécheresse vaginale, douleurs articulaires et une diminution de la densité minérale osseuse, facteur de risque d'une ostéoporose. Chez les femmes atteintes ou à risque d'ostéoporose avant le début du traitement, une ostéodensitométrie osseuse est effectuée et réalisée à intervalles réguliers dans tous les cas si le traitement est prolongé.

Syn. inhibiteurs de l’aromatase

→ aromatase, cancer du sein, hormonothérapie, hormonothérapie du cancer du sein, récepteur hormonal

[F2, G5, O5]

Édit. 2018

antibiotiques (association synergique d') l.f.

antibiotics synergic association

Association de deux antibiotiques développant, vis-à-vis d’une souche bactérienne, une activité bactéricide que ne possédait pas isolément chacune des deux molécules.

[D1,!G5]

Édit. 2020

anticorps monoclonal l.m.

monoclonal antibody

Anticorps homogène produit par un clone de lymphocytes B descendant d’une seule et unique cellule mère et ne détectant généralement qu’un seul déterminant antigénique.
Ces anticorps ont la particularité d’avoir une structure (classe d’immunoglobuline, allotypie, idiotypie) et une fonction identiques (spécificité pour le même antigène ou le même épitope).
La production d’un anticorps monoclonal peut survenir « in vivo » comme c’est le cas dans certaines gammapathies monoclonales (myélome multiple, maladie de Waldenström, leucémies lymphoïdes chroniques, lymphomes malins). Cette production peut également être réalisée « in vitro » à partir d’hybridomes formés par la fusion de lymphocytes B normaux de spécificité connue avec des cellules de myélome. Des anticorps monoclonaux sont produits par la Souris auxquelles sont conférées des propriétés spécifiques de l’espèce humaine.
Un grand nombre de tels anticorps monoclonaux produits industriellement et de spécificités variées sont couramment utilisés en recherche et en biologie clinique pour le diagnostic et le traitement de plusieurs affections, particulièrement en cancérologie, en pathologie inflammatoire et immunitaire.

→ anticorps, antigène, immunoglobuline, allotypie, épitope, hybridome, gammapathie monoclonale, humanisé

[C1, G5]

Édit. 2019

anticorps monoclonaux chimériques n.m.p.

Anticorps dont les régions variables sont d’origine murine et les régions constantes d’origine humaine reconnaissables dans la littérature par le suffixe ximab

Un exemple est le rituximab dirigé contre la protéine CD20 et utilisé dans le traitement des lymphomes et de la leucémie lymphoïde chronique. Ce type d’anticorps limite mais ne supprime pas le risque de xénoimmunisation. Il est de plus en plus remplacé par les anticorps humanisés (zumab) obtenus par d’autres techniques que celle de l’hybridome (expression phagique ou « phage display » et souris transgéniques). Ces anticorps humanisés sont mieux tolérés et plus efficaces, leur duré de vie étant celle des IgG humaines naturelles.

→ chimère, humanisé

[C1,G5]

Édit. 2017

anticorps humanisés n.m.p.

Dénomés zu-mab, ils sont moins immunogènes que les anticorps chimériques xi-mab.

→ anticorps monoclonaux chimériques, chimère

[C1,G5]

Édit. 2017

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