Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

344 résultats 

crise n.f.

crisis, fit

1) Changement subit et généralisé dans l'évolution d'une maladie qui se manifeste par divers symptômes (ex. polyurie soudaine au cours d'une pneumonie - crise de diurèse - annonçant souvent une évolution favorable).
2) Par extension, accident subit survenant chez une personne en bonne santé apparente (ex. crise d'appendicite) ou aggravation brutale et passagère de l'état d'un malade (par ex. crise d'asthme).

Étym. gr. krisis : action ou faculté de distinguer, d'où phase décisive de l'évolution d'une maladie (Hippocrate)

[N1]

critères d'Ottawa l.m.p.

Ottawa rules, Ottawa criteria

Guide dans les démarches cliniques, radiologiques et thérapeutiques en cas de traumatisme articulaire aigu permettant d’éviter un examen radiologique inutile ou, au contraire, d’en poser l’indication.
1)- Critères d’Ottawa pour traumatisme aigu de la cheville (angl. Ottawa ankle rules)
Après examen clinique, l’examen radiologique n’est indiqué qu’en présence des signes suivants :
- patient de plus de 55 ans ;
- impossibilité de mettre en appui et de faire quatre pas sans aide ;
- douleur à la palpation osseuse du bord postérieur de la fibula ou du tibia sur une hauteur de 6 cm ou à la pointe des malléoles ;
- douleur à la palpation de l’os naviculaire ou à la base du cinquième métatarsien.
La sensibilité de ces critères est de 98% (en excluant les fragments osseux de moins de 3mm). En cas de doute et avant de prescrire l’examen radiologique, le protocole GREC (glace, repos, élévation, compression par bas de contention) peut être appliqué trois à cinq jours.
Ces critères permettent d’éviter environ 20% de radiographies inutiles avec toutefois un risque de passer à côté de lésions associées (dôme talien).
Chez un patient ayant présenté ou présentant une douleur aigüe post traumatique du genou de moins de sept jours une fracture est exclue si :
- le patient a moins de 55 ans,
- peut faire quatre pas sans aide (deux de chaque côté),
- si la douleur à la palpation de la rotule n’est pas limitée à l’os seul,
- l’extrémité proximale de la fibula n’est pas douloureuse ni celle du tibia ni l’extrémité distale du fémur, explorées sur 8 cm.
- et si la mobilité du genou peut atteindre 90°.
Dans ces cas, une radiographie d’urgence n’est pas indiquée ; l’examen clinique et paraclinique recherchera la lésion capsulo-ligamentaire en cause. Ce protocole a permis une réduction de 35% des radiographies en urgence dans les traumatismes aigus germés du genou. Sa sensibilité approche les 100%

I. G. Stiell, médecin urgentiste canadien (1993, ankle rules ; 1996, knee rules)

[I2,B2,N1]

cryptogénétique adj.

cryptogenetic

Se dit à propos d’une affection pathologique dont les causes ne sont pas établies.

Étym. gr. kruptos : caché

[N1]

cystalgique (syndrome) l.m.

Syndrome clinique associant pollakiurie, impériosités mictionnelles et douleurs vésicales, évoluant de façon intermittente et fantasque en dehors de toute infection urinaire et de toute cause organique.
Il est l'apanage de la femme et les douleurs peuvent avoir une irradiation uréthrovaginale. Il peut s'accompagner de dyspareunie. Il est généralement admis que les facteurs psychogènes sont prédominants dans cette affection qui peut être très invalidante.
Il convient d'éliminer, pour son diagnostic, une cystite interstitielle, une cystite chimique médicamenteuse ou une neurovessie.

Syn. cystalgie à urines claires, névralgie vésicale

syndrome uréthral de l'homme

[M3,N1]

ectomorphie n.f.

Type d’individu qui, dans la classification de Sheldon.

Sheldon (classification de)

[N1]

Édit. 2019

électrosensibilité n. f.

electrohypersensitivity

Sensations multiformes, principalement d’échauffement, perçues lors d’expositions aux champs électromagnétiques et aux radiofréquences par des personnes qui se disent sensibles à ces phénomènes physiques.

[N1]

Édit. 2019

émaciation n.f.

emaciation

Maigreur accentuée due à une carence alimentaire ou à un processus pathologique grave.

amaigrissement

[N1, R2]

Édit. 2019

enflure n.f.

swelling

Dénomination en langage courant d’une augmentation de volume, du gonflement d'une partie limitée du corps, bien visible à l'examen, d'apparition spontanée ou traumatique, douloureuse ou non.

oedèmes

[N1]

Édit. 2020

entraînement n.m.

training, coaching

En médecine du sport, pratique par une personne d'une activité physique en vue de l'amélioration des performances.
L'importance de l'entraînement se juge par le nombre d'heures qui lui sont consacrées par semaine. Des contrôles médicaux peuvent être pratiqués au cours de l'entraînement autant pour apprécier la santé du sujet, pour éviter les excès ou une activité inappropriée, que pour éviter la syndrome de surentraînement : la fréquence cardiaque, la ventilation, la consommation d'oxygène, la lactatémie dans le sang capillaire, etc.

[C2, N1]

Édit. 2020

éosinophilie n.f.

eosinophilia

1) Affinité d'une cellule ou d’un tissu pour un colorant acide tel que l'éosine.
2) Augmentation à plus de 500/mm3 du nombre des granulocytes éosinophiles circulants.
Les éosinophiles sont caractérisés par la présence de granules spécifiques identifiés en microscopie optique par leur affinité tinctoriale pour les colorants acides comme l'éosine.
Par extension, l'éosinophilie correspond à une augmentation anormale du nombre de granulocytes éosinophiles dans le sang qui s’observe dans différentes affections, allergiques, parasitaires et cancéreuses ainsi que dans les maladies du collagène ou après radiothérapie. L’hyperéosinophilie parasitaire ne s’observe en fait que dans les verminoses tissulaires, de manière permanente (strongyloïdose, trichinose, fasciolase) ou transitoire (ascaridiose à la phase d’invasion où l’hyperéosinophilie est un des éléments du syndrome de Löffler).
Alors que les éosinophiles ont une distribution surtout tissulaire, l'éosinophilie sanguine résulte de l’équilibre entre le passage dans le compartiment sanguin des éosinophiles, lié à la production médullaire, et la migration de ces cellules dans les tissus.
Dans la gastroentérite à éosinophiles, l'hyperéosinophilie est associée à une infiltration des parois de l'ensemble du tube digestif par des polynucléaires éosinophiles.

polynucléaire éosinophile

[A2, F1, N1]

Édit. 2020

éosinophilie-myalgie (syndrome) l.m.

eosinophilia myalgia syndrome

Syndrome subaigu fait de fatigue, de myalgies, de signes cutanés, de manifestations respiratoires fugaces et d'œdèmes des membres inférieurs, accompagnés d'une franche éosinophilie, dû à la consommation de tryptophane.
L'arrêt de l'ingestion de tryptophane entraîne une disparition lente des signes cliniques.

tryptophane

[N1,F1,R2]

Édit. 2018

érythermalgie n.f.

erythermalgia, erythromelalgia

Variété d'acrosyndrome caractérisé par un érythème et des sensations de brûlure intense des extrémités, survenant par accès déclenchés par l'exposition à la chaleur et calmés par l'eau ou à l'air froids.
Les formes secondaires, les plus fréquentes, se rencontrent surtout au cours de certains syndromes myéloprolifératifs (en particulier la maladie de Vaquez ou polyglobulie vraie), l’hypertension artérielle, l’insuffisance veineuse, la prise d’inhibiteurs calciques, le lupus systémique.
Cette affection peut être primitive  : elle est alors familiale, héréditaire à transmission sur le mode autosomique dominant ; elle est souvent soulagée par la prise d'aspirine à faible dose.
Chez l’enfant les formes familiales sont rattachées à une canalopathie sodique responsable de l’activation de neurones nociceptifs. Chez l’adulte, il s’agit soit d’une neuropathie des petites fibres soit d’une maldistribution microcirculatoire.

S. Weir-Mitchell, neurologue et écrivain américain (1829-1914) en l’honneur duquel l’érythromélalgie a été nommée « maladie de Weir-Mitchell »; C. Gerhardt, médecin interniste allemand (1892)

Étym. gr. éruthêma : rougeur de la peau ; algos : douleur

Syn. érythromélalgie, maladie de Weir-Mitchell, causalgie

érythème, acrosyndrome, polyglobulie vraie, maladie de Vaquez,  inhibiteur calcique, canalopathie ionique

[J1,Q2,N1]

Édit. 2018 

érythrocyanose n.f.

erythrocyanosis

Modification de la coloration des téguments qui associe rougeur et bleuissement.
Observée surtout à la partie inférieure des jambes, elle entraine une cyanose symétrique, un refroidissement permanent, et une hyperkératose rouge ponctuée.

Étym. gr. eruthros : rouge; kuanos: bleu

[J1,N1]

Édit. 2018 

érythrocyanose sus-malléolaire des jeunes filles l.f.

erythrocyanosis

Érythème violacé en nappes, mal limité, du tiers inférieur de la face externe des jambes, touchant avec prédilection les jeunes filles.
L'érythrocyanose est souvent associée à une kératose pilaire rouge et à un empâtement profond diffus, pseudo-œdémateux, cylindrique de la jambe (adiposité cyanotique de Milian). Aggravée par le froid, elle peut atteindre d'autres territoires (genoux, cuisses, seins, membres supérieurs) et se compliquer d'engelures.

G. Milian, dermatologue français, membre de l'Académie de médecine (1927)

Étym. gr. erythros : rouge ; kyanos : bleu

érythème, engelure

[J1,N1]

Édit. 2018 

érythrodermie bulleuse avec épidermolyse l.f.

toxic epidermal necrolysis, Lyell's syndrome

Éruption douloureuse débutant à la face, formée de placards infiltrés qui se couvrent rapidement de bulles.
Cette dermatose évolue comme une brûlure grave, parfois mortelle surtout chez l'adulte, laissant la peau à vif lorsqu'elle se décolle. La surface corporelle atteinte est de 10 à 70 % et les lésions peuvent s'étendre aux muqueuses.
Le syndrome apparaît sur un terrain génétique particulier (souvent corrélé à l'antigène HLA A29, B 12 et DR7). Dans 70 % des cas il est consécutif à l'absorption de médicaments, tels que des sulfamides ou des anti-inflammatoires non stéroïdiens : il semble qu'une déficience des mécanismes de détoxification de ces molécules favorise la nécrose des cellules basales de l'épiderme, cause du syndrome. Des atteintes infectieuses (staphylocoques ou virales) ont été évoquées, surtout chez l'enfant.
Les troubles électrolytiques dus à la perte de plasma et à la surinfection de la surface lésée entraînent une atteinte grave de l'état général.
Le traitement est celui des grands brûlés.

A. Lyell, dermatologue britannique (1956)

Étym. gr. eruthros : rouge ; derma : peau

Syn. syndrome de Lyell

érythrodermie, brûlure

[J1,N1]

Édit. 2018 

érythromélalgie n.f.

erythromelalgia

S. Weir-Mitchell, neurologue et écrivain américain (1829-1914) en l’honneur duquel l’érythromélalgie a été nommée «maladie de Weir-Mitchell» ; M. Raynaud, médecin français, membre de l’Académie de médecine (1862)

Étym. gr. eruthros: rouge; melos: membre; algos: douleur

Syn. syndrome de Weirr-Mitchell, érythermalgie, causalgie

érythermalgie

[K4,N1]

Édit. 2018 

escarre n.f.

Nécrose cutanée sèche secondaire à une ischémie tissulaire par compression prolongée des parties molles sur une saillie osseuse sous-jacente au niveau d'une surface d'appui du corps.
Rapidement, après la survenue d'un érythème localisé, s'installe une plaque nécrotique, noirâtre, indolore, bordée d'un sillon d'élimination qui laisse place, après détersion spontanée, à une ulcération profonde irrégulière et indolore pouvant atteindre l'os. Assez rapidement la nécrose s'infecte sous la croûte.
Favorisée par le collapsus vasculaire, l’escarre peut apparaître assez rapidement aux points d'appui au cours de l'hospitalisation des comas ou lors des interventions chirurgicales de longue durée. En décubitus, les zones de prédilection se situent au niveau des talons, de la région sacrée et de l'occiput, en latérocubitus les zones sont latéralisées (moignon de l'épaule et crête iliaque).
La prévention consiste à déplacer les points d'appui, à masser les parties comprimées au niveau de l'appui (plusieurs fois en cours d'intervention chirurgicale si la durée dépasse une heure environ), à combattre la vasoplégie en assurant une bonne pression artérielle. Le nursing, les soins de réanimation et de kinésithérapie doivent être poursuivis lors du retour au lit pour assurer une bonne circulation cutanée. Ces soins peuvent être facilités par l'emploi d'un matelas pneumatique anti-escarre qui augmente la surface de contact et déplace périodiquement les points d'appui.
Le traitement principalement chirurgical vise à combattre l'infection, à exciser les parties mortes, à assécher les surfaces à vif et, dans les cas favorables, à faire des greffes de peau pour assurer la cicatrisation.

Étym. gr. eschara : croûte

Syn. eschare, sphacèle

[N1,N2,J2]

Édit. 2018 

escarre de décubitus l.f.

bedsore

Nécrose cutanée survenant chez les patients maintenus en position allongée prolongée au niveau d'une zone de pression: région sacrée, trochantérienne, talonnière etc.

décubitus (ulcère de)

[N1,N2,J2]

Édit. 2018 

escarre des paraplégiques l.f.

paraplegic shore

Nécrose cutanée et tissulaire siégeant sur les zones de pressions insensibles : ischion, sacrum, zone d’appui des pieds, talons.
Elle peut apparaître au cours d'intervention chirurgicale si la durée dépasse une heure environ. Il faut la combattre la vasoplégie en assurant une bonne pression artérielle. Le nursing, les soins de réanimation et de kinésithérapie doivent être poursuivis lors du retour au lit pour assurer une bonne circulation cutanée. Ces soins peuvent être facilités par l'emploi d'un matelas pneumatique anti-escarre qui augmente la surface de contact et déplace périodiquement les points d'appui.
Le traitement palliatif principalement chirurgical vise à combattre l'infection, à exciser les parties mortes, à assécher les surfaces à vif et, dans les cas favorables, à faire des greffes de peau pour assurer la cicatrisation.

Étym. gr. eschara : croûte

[N1,N2,J2,H1]

Édit. 2018 

eschare n.f.

eschar, slough, bedsore, pressure sore, decubitus ulcer

Syn. escarre

escarre

[N1,N2,J2]

Édit. 2018 

essentiel adj.

essential, idiopathic

Qualifie une maladie ou un syndrome qui ne peuvent être rattachés à aucune cause connue.
Ex. scoliose essentielle, pied plat, kystes essentiels des os.
Les termes essentiel ou idiopathique sont souvent des termes d’attente et la pathologie qu’ils recouvrent est progressivement démembrée lors de la découverte de leurs étiologies.

Étym. lat. essentialis : qui est défini par sa nature même.

Syn. idiopathique

[N1,E1]

Édit. 2018  

exclusion duodénale (syndrome d') l.m.

massive bowel resection

Exclusion intestinale extensive en particulier du grêle qui donne une diarrhée, une stéatorrhée, une hypoprotidémie avec malnutrition.
Une dystrophie rétinienne mixte peut apparaître de même que des troubles neurologiques par avitaminose. Elle ressemble aux affections avec déficit en vitamine E.

déficit en vitamine E

[L2,N1]

Édit. 2018  

exquis adj.

exquisite

Qualifie une douleur très intense et très localisée : douleur de la fracture, à la mobilisation d’un foyer de fracture, douleur à la pression d’une zone d’ostéomyélite aigüe.

Étym. lat. exquisitus : recherché

[N1]

Édit. 2018  

fatigue n.f.

tiredness, fatigue

Sensation subjective de difficulté d'agir après un travail ou un effort physique, intellectuel, mental ou autre, que le sujet considère comme excessif.
Baisse des performances de l'action d'un muscle après une activité prolongée ou répétée, notée à l'ergomètre comme à l'électromyogramme.

accommodation (fatigue de l'), fatigue auditive, fatigue chronique (syndrome de), fatigue ophtalmologique

[N1]

Édit. 2018

fatigue chronique (syndrome de) l.m.

systemic exercice intolerance disease (SEID)
Maladie ou syndrome d’intolérance systémique à l’effort (entité précisée par l’Institute of Medicine of the National Academy en 2015) qui associe trois symptômes obligatoires :
1.- fatigue depuis au moins 6 mois, intense, nouvelle ou d'un début défini, ne résultant pas d'un effort excessif continu et non améliorée par le repos, avec réduction substantielle ou altération du niveau des activités personnelles, professionnelles ou sociales auparavant réalisées ;
2- malaise après l’effort ;
3- sommeil non réparateur et au moins une des deux manifestations suivantes : altération cognitive ou intolérance orthostatique.
Tous les âges peuvent être atteints y compris les enfants, les femmes sont 2 à 4 fois plus concernées que les hommes.
Outre les manifestations énoncées ci-dessus, des douleurs musculaires et pharyngées peuvent être présentes.
L’étiologie est inconnue. Les causes suspectées sont virales : famille des herpes virus (HHV-6, HHV-7, cytomégalovirus), entérovirus (Coxsackie B et Echovirus), ainsi que le Parvovirus B19. Le virus Epstein-Barr n'est plus considéré comme une cause potentielle. Les symptômes pourraient aussi être d'origine auto-immunitaire sans que le déclencheur de la réponse soit connu.
Le microbiote de ces patients pourrait présenter un déséquilibre, certaines espèces bactériennes (Faecalibacterium, Roseburia, Dorea, Coprococcus, Clostridium, Ruminococcus, Coprobacillus) seraient retrouvées beaucoup plus fréquemment que chez les témoins.
Au moins les deux tiers des personnes atteintes de ce syndrome satisfont aux critères psychiatriques existants pour les troubles anxieux, la dépression ou la dysthymie, mais il reste à élucider si ces troubles sont la cause ou le résultat. Une fatigue chronique est également associée à la myofasciite à macrophages.
Une thérapie cognitive du comportement et l'exercice physique (en douceur au début et plus poussé par la suite) semblent être les plus bénéfiques.

Syn. encéphalomyélite myalgique

microbiote, dysthymie, myofasciite à macrophage, fatigue

[N1]

Édit. 2018

| page précédente | /14 | page suivante