Berkeley (canule de) l.f.
Berkeley's cannula
Canule d'aspiration en polyester rigide, droite ou courbe, utilisée pour les interruptions volontaires de grossesse.
Étym. Berkeley : ville de Californie
Édit. 2017
bêtaméthasone n.f.
betamethasone
Antiinflammatoire stéroïdien de la classe des glucocorticostéroïdes.
Elle possède un pouvoir anti-inflammatoire et un effet stimulant sur la néoglucogénèse environ 25 fois plus grand que celui du cortisol, mais elle est pratiquement dénuée de pouvoir rétenteur du sodium. Son action inhibitrice sur l'axe hypothalamohypophysaire est marquée.
Son injection intramusculaire pendant la grossesse accélère la synthèse du surfactant par les cellules alvéolaires de type II et donc la maturation du poumon fœtal, et s'oppose aux détresses respiratoires du prématuré. Elle réduit aussi la fréquence des hémorragies dans les ventricules cérébraux des grands prématurés.
C’est un médicament essentiel de l'OMS.
→ glucocorticostéroïdes, gluconéogénèse
Édit. 2017
biodisponibilité d'un médicament l.f.
bioavailability
Fraction de la dose d’un médicament qui, après administration, atteint, par la circulation générale, un site d’action donné ainsi que la vitesse avec laquelle il l’atteint.
Taux et vitesse d’absorption sont déterminés à partir de la courbe temps/teneur dans le sérum ou de la mesure de l’excrétion urinaire du principe actif.
Il faut distinguer la biodisponibilité galénique, fraction du médicament effectivement libérée de son excipient, la biodisponibilité pharmacocinétique, fraction du médicament qui atteint la circulation générale, la biodisponibilité pharmacodynamique, fraction du médicament qui réagit avec son récepteur spécifique. Seule la voie d’administration intraveineuse assure une biodisponibilité pharmacocinétique proche de 100%.
Pour la plupart des médicaments il existe une relation entre leur teneur sanguine (reflet de la teneur au niveau des sites d'action) et leur activité pharmacologique. Les études de la biodisponibilité sont faites au cours de la mise au point d'un nouveau médicament, ou dans les évaluations comparatives de produits identiques fabriqués sous une forme galénique différente. Elles consistent à mesurer les teneurs des médicaments et/ou de leurs métabolites, dans des liquides biologiques, après administration de doses uniques ou répétées.
La biodisponibilité des médicaments varie selon les caractéristiques physicochimiques des molécules (solubilité, dissolution, ionisation), selon la formulation galénique, selon certains facteurs physiopathologiques (âge, pH gastro-intestinal, motricité gastro-intestinale, vidange gastrique, état de la sécrétion biliaire, malabsorption, métabolisme hépatique, grossesse, insuffisance cardiaque), et selon les médicaments associés qui peuvent modifier certaines étapes de la résorption.
Syn. disponibilité biologique des médicaments
Édit. 2017
biopsie de l'endomètre l.f.
endometrial biopsy
Prélèvement d'un fragment de tissu endométrial, nécessitant un geste intra-utérin, qui peut être obtenu à l'aide de différents instruments, tels qu’une canule de Novak ou, mieux, la pipelle de Cornier.
Ses principales indications sont la recherche d'une insuffisance lutéale, l'exploration de métrorragies, les cultures bactériologiques pour l'identification de germes pathogènes. Ses principales contre-indications sont la grossesse et toute infection cervicovaginale en cours.
Étym. gr. bios : vie ; opsis : vue
→ biopsie
Édit. 2017
biopsie du trophoblaste l.f.
chorionic villus sampling
Prélèvement de trophoblaste, pouvant être réalisé en début de grossesse à partir de 12 à 13 semaines d'aménorrhée pour l’étude du caryotype.
Il est toujours pratiqué sous contrôle échographique, soit par voie transabdominale à l'aide d'une aiguille, soit par voie transcervicale à l'aide d'une pince de type ORL pédiatrique, ou par aspiration grâce à un cathéter souple ou rigide, muni d'un mandrin déformable échogène. Ses principales indications sont : l’âge maternel, la notion d’une anomalie chromosomique équilibrée chez l'un des parents, d’une anomalie chromosomique chez l'un des enfants du couple, la découverte échographique d'une anomalie morphologique faisant suspecter une anomalie chromosomique (à ce terme un hygroma cervical évoque une monosomie X ou trisomie 21, une omphalocèle suggére une trisomie 18, 13 ou 21, une hydrocéphalie signe une triploïdie). La biopsie est aussi indiquée pour le diagnostic de sexe lors du diagnostic prénatal des maladies héréditaires récessives liées au sexe : la myopathie de Duchenne de Boulogne, l'hémophilie A ou B, le syndrome de l'X fragile. La biopsie permet aussi l'analyse de l'ADN par biologie moléculaire pour le diagnostic anténatal de la mucoviscidose, la drépanocytose, les thalassémies, certaines maladies métaboliques, la détermination du groupe sanguin et du groupe rhésus dans les formes sévères d'immunisation fœtomaternelle. Cet examen est de plus en plus fréquemment remplacé par l'amniocentèse précoce, qui peut être réalisée à partir de 13 semaines d'aménorrhée.
Étym. gr. bios : vie ; opsis : vue
→ biopsie
Édit. 2017
bi-ovulaire adj.
bi-ovular
Qui est issu de deux œufs.
Ce terme est habituellement utilisé pour définir une grossesse gémellaire.
Syn. bivitellin, dizygote
Édit. 2017
Bishop (score pelvien de) l.m.
Bishop’s pelvic score
Cotation numérique qui permet d'évaluer la qualité du col utérin chez une femme enceinte en fin de grossesse, pour apprécier soit l'imminence d'un accouchement spontané, soit les chances de réussite d'un déclenchement artificiel du travail.
Il prend en compte cinq paramètres : la dilatation cervicale appréciée en centimètres, le degré d'effacement du col, la consistance du col, sa position, le niveau de la présentation par rapport aux épines sciatiques. A chaque paramètre est attribuée une valeur en points allant de 0 à 3. Le score varie de 0 à 15 points. Le pronostic du déclenchement est jugé favorable à partir d'un score de 5. Il s'agit d'un des scores les plus utilisés ; les autres principaux scores sont les scores de Friedman, de Burnett ou de Fields.
E. H. Bishop, gynécologue américain (1964) ; E. A. Friedman, gynécologue américain (1955) ; J. E. Burnett Jr, gynécologue américain (1966) ; H. Fields, gynécologue américain (1966)
Édit. 2017
Blaton (méthode de) l.f.
Blaton's method
Méthode dérivée de la réaction de Galli-Mainini, qui utilisait le crapaud Bufo vulgaris pour le diagnostic biologique de grossesse.
A. Blaton, gynécologue belge (1954) ; C. Galli-Mainini, médecin endocrinologue argentin (1948)
Édit. 2017
bradycardie fœtale l.f.
fetal bradycardia
Ralentissement prolongé de la fréquence cardiaque fœtale au-dessous de 120 battements par minute (bpm).
Selon la nomenclature du Comité d'Amsterdam de 1972, on distingue les bradycardies légères avec un rythme compris entre 100 et 119 bpm, et les bradycardies marquées avec un rythme inférieur ou égal à 99 bpm. Le pronostic fœtal est d'autant plus sévère que la bradycardie est profonde et prolongée, et qu'elle s'associe à un aplatissement des oscillations, d'une amplitude inférieure à 5 bpm. Pendant le travail, elle est due soit à une compression funiculaire soit à une contracture utérine, exceptionnellement à une hémorragie fœtale aigüe, et elle exige une extraction fœtale. Pendant la grossesse, une bradycardie fœtale prolongée, inférieure à 60 bpm, reconnue sur l’échographie ou la cardiotocographie, peut être à l'origine d'une insuffisance cardiaque ou de troubles du rythme ventriculaire à l'origine d'une anasarque. Dans 50% des cas ces troubles sont associés à une malformation cardiaque type canal atrioventriculaire, atrésie pulmonaire, ou dus à un bloc auriculo-ventriculaire d'origine auto-immune comme dans le lupus avec anticorps RO/SSA ou anticorps SSB.
Étym. gr. bradus : lent ; kardia : cœur
Édit. 2017
brièveté du cordon ombilical l.f.
funiculus umbilicalis brevis
short umbilical cord
Cordon ombilical anormalement court, de longueur inférieure à 35-40 cm.
Cette anomalie n'entraîne aucune manifestation pendant la grossesse ; elle peut être à l'origine d'un arrêt de la descente du fœtus au cours de l'accouchement, d'une souffrance fœtale, voire d'une présentation anormale ou d'un décollement placentaire par tiraillement.
Édit. 2017
Budd-Chiari (syndrome de) l.m.
Budd Chiari’s disease (or syndrome)
Entité anatomoclinique rare, consécutive à une obstruction des veines hépatiques, de leur abouchement dans la veine cave inférieure ou du segment terminal rétrohépatique de la veine cave inférieure, provoquant une hypertension portale.
Le syndrome de Budd Chiari est le plus souvent « primitif », ou peut être secondaire à une tumeur envahissant les veines sus-hépatiques (tumeur du foie, du rein, corticosurrénalome, myxome du cœur, léiomyosarcome de la veine cave).
L’affection peut être asymptomatique de découverte fortuite ou plus souvent aiguë ou chronique. La forme aigue se manifeste par une ischémie aigue transitoire conduisant à l’insuffisance hépatique. Il s’y associe une insuffisance rénale fonctionnelle très fréquente. La forme chronique se manifeste par une augmentation du volume du foie, des hépatalgies, de l’ascite.
L’échodoppler, l’IRM ou le scanner permettent le diagnostic. L’échodoppler visualise un matériel échogène dans une veine élargie, une sténose avec dilatation en amont, des dérivations veineuses et un foie hétérogène.
En cas de syndrome de Budd Chiari « primitif », il faut rechercher les facteurs prothrombotiques acquis ou héréditaires. Parmi les facteurs prothrombotiques acquis, le syndrome myéloprolifératif est présent chez 50% des patients; la difficulté est que l’hypersplénisme et l’hémodilution masquent les manifestations classiques du syndrome myéloprolifératif. La recherche de la mutation V617F du gène JAK2 (janus tyrosine kinase-2 gene) sur l’ADN des granuleux périphériques est la première étape diagnostique. Quand elle est négative, une biopsie médullaire pour rechercher des amas de mégacaryocytes dystrophiques est la deuxième étape.
Parmi les facteurs prothrombotiques acquis, citons hémoglobinurie paroxystique. Pour des raisons inconnues, la thrombose des veines sus hépatiques est une complication fréquente de cette maladie exceptionnelle. Le syndrome des antiphospholipides rend compte de 15 à 20 % des thromboses veineuses sus-hépatiques.
Parmi les facteurs prothrombotiques héréditaires, sont à rechercher la mutation du facteur V Leiden, présent chez environ 25 % des malades, la mutation G20210A du gène F2 de la prothrombine, la recherche de déficits en inhibiteurs de la coagulation : protéine C, protéine S, antithrombine. La difficulté est que la diminution de ces protéines, lorsqu’elle est constatée peut être génétique, mais ces protéines étant synthétisée par le foie, leur diminution peut être acquise et secondaire à la maladie. L’enquête familiale, quand elle est possible, est une aide au diagnostic.
Dans 25 % des cas plusieurs causes sont présentes.
Lorsqu’il existe un facteur hormonal favorisant est présent (grossesse, contraception orale), il existe habituellement une autre cause associée.
De nombreuses autres maladies ont été rapportées associées au syndrome de Budd Chiari parmi lesquelles la maladie de Behçet.
La première étape du traitement consiste à traiter la cause du syndrome de Budd Chiari. Lorsqu’il existe des facteurs de risque de thrombose, un traitement anticoagulant doit être institué et poursuivi à vie en l'absence de contre-indication. Le traitement de ces malades doit être confié à un centre hyperspécialisé. Un traitement habituel des éventuelles complications de l'hypertension portale est également mis en place selon les recommandations applicables à la cirrhose. Chez les malades symptomatiques ou l'ayant été, une sténose courte est systématiquement recherchée et traitée lorsqu'elle existe. Environ un mois après la mise en route de ces différentes thérapeutiques, une évaluation clinique, biologique, et radiologique est effectuée : en cas de persistance ou d'aggravation des symptômes, une dérivation porto-systémique par anastomose portocave transjugulaire (TIPS) est alors envisagée. En cas d'échec la dérivation, une transplantation est effectuée.
thrombophilie, protéine C, protéine S, antithrombine, syndrome des antiphospholipides, hémoglobinurie nocturne paroxystique, Behcet (maladie de), F2 gene
G. Budd, médecin britannique (1845), H. Chiari, anatomopathologiste autrichien (1899)
Syn. maladie de Chiari, thrombose des veines hépatiques
→ hypertension portale, syndrome myéloprolifératif, JAK2 gene, facteur V Leiden,
Édit. 2017
Burnett (score de) l.m.
Burnett's score
Evaluation chiffrée de l’état du col de l’utérus chez une femme enceinte en fin de grossesse, pour apprécier soit l'imminence d'un accouchement spontané, soit les chances de réussite d'un déclenchement du travail.
Il prend en compte cinq paramètres : la dilatation cervicale (appréciée en centimètres), le degré d'effacement du col, la consistance du col, sa position, le niveau de la présentation par rapport au détroit supérieur (mobile ou amorcée, fixée ou engagée). A chaque paramètre est attribuée une valeur en points allant de 0 à 2. Le score varie de 0 à 10 points ; le pronostic est jugé satisfaisant au-dessus de 8 et défavorable au-dessous de 5.
J. E. Burnett Jr, gynécologue obstétricien américain (1966)
Édit. 2017
calcification placentaire l.f.
placental calcification
Dépôts calciques dans le placenta, plus fréquents en fin de grossesse et en cas de nécrose intervilleuse et d’infarctus placentaire.
[O3]
calcitonine n.f.
calcitonin
Hormone polypeptidique sécrétée par des cellules épithéliales, dites para-folliculaires ou cellules C, de la glande thyroïde, qui a un effet hypocalcémiant.
Son action s’exerce :
1) sur le rein où elle augmente discrètement l’excrétion du calcium, des phosphates et du sodium par un mécanisme faisant intervenir l’AMP cyclique et une protéine –kinase ;
2) sur l’intestin où elle accroît l’absorption du calcium et diminue son excrétion ;
3) sur les cellules osseuses en s’opposant à l’ostéolyse.
Calcitonine et parathormones sont antagonistes pour le métabolisme du calcium mais synergique pour celui des phosphates. La sécrétion de la calcitonine est indépendante de celle des hormones iodées et de l’action de l’hypophyse. Ses propriétés ostéoclastiques la font utiliser dans le traitement de la maladie de Paget, l’ostéoporose et les hypercalcémies par ostéolyse maligne.
Le dosage de la calcitonine peut être effectué sur le sérum ou le plasma par technique immunométrique. Une élévation de la concentration de calcitonine est observée dans les cancers médullaires de la thyroïde, avec une bonne spécificité et une sensibilité satisfaisante. Sa concentration peut, toutefois, également augmenter chez les patientes prenant des contraceptifs oraux, dans les intoxications éthyliques, au cours de la grossesse, dans les thyroïdites, dans l’insuffisance rénale chronique et dans certaines autres pathologies tumorales.
D. H. Copp, physiologiste canadien (1962) ; P. Hirsch, biologiste américain (1963) ; J. Paget, Sir, chirurgien britannique, membre de l'Académie de médecine (1874)
Étym. lat. calx : chaux, d’où calci- calcium, tonus : tension (d’une corde)
Syn. thyrocalcitonine
Sigle TCT
→ thyroïde, AMP cyclique, parathormone, Paget (maladie de), cancer médullaire de la thyroïde, thyroïdite, insuffisance rénale chronique
[O4,C2]
Édit. 2018
cancer du sein l.m.
breast cancer
Tumeur maligne de la glande mammaire naissant dans la grande majorité des cas à partir des revêtements épithéliaux des lobules ou des canaux galactophores.
Il s’agit dans plus de 90% des cas d’adénocarcinomes. Les sarcomes et les lymphomes malins mammaires sont beaucoup plus rares (environ 1% des cas). La grande majorité des adénocarcinomes du sein sont des cancers "invasifs", c'est à dire envahissant les structures sous-jacentes à la glande mammaire elle-même (canaux ou lobules). Mais, il existe des cancers(ou carcinomes) in situ canalaires ou lobulaires qui avec les cancers dits micro-invasifs, (c’est-à-dire avec un envahissement minime du tissu sous-jacent) représentent environ 15% des cas diagnostiqués lors du dépistage par mammographies et dont les taux de guérison avoisinent 100%.
Parmi les formes invasives, on distingue les adénocarcinomes canalaires infiltrants (70 à 80% des cas), les adénocarcinomes lobulaires infiltrants (10% des cas), les adénocarcinomes tubuleux (environ 5% des cas), les adénocarcinomes colloïdes ou mucineux (2% des cas) et les adénocarcinomes médullaires (environ 1% des cas)
On distingue des cancers de type "luminal" qui se développent à partir des cellules épithéliales des canaux ou des lobules . Les cancers de type "luminal A" ont plus de récepteurs d'oestrogènes que ceux de type "luminal B". A côté il existe des cancers de type "basal like" plus agressifs, dont les cellules ressemblent aux cellules basales des canaux galactophores amènant le lait dans les canaux, par opposition aux cellules luminales.
A la surface des cellules cancéreuses des adénocarcinomes mammaires se trouvent dans 75 % des cas environ des récepteurs hormonaux (aux oestrogènes et ou aux progestatifs). Ces cancers sont alors souvent sensibles à une action hormonale. A la surface de ces cellules on retrouve dans un quart des cas une surexpression d’un récepteur appelé HER2/neu qui, activé, entraîne une activation de la prolifération tumorale; ce type de cancer sera sensible à une immunothérapie spécifique. On dit qu'un cancer du sein est "triple négatif" quand à la surface des cellules, il n'y a ni récepteurs hormonaux, ni surexpression d'HER2/neu.
C’est le plus fréquent des cancers féminins dans les pays occidentaux à haut niveau socio-économique. Il peut atteindre l’homme dans 1% des cas. En France, selon les estimations de Santé publique France, son incidence annuelle est de 58 546 cas en 2018 et la mortalité qui lui est liée de 12 146 cas annuels. Rare avant 30 ans, son pic d’incidence se situe entre 60 et 65 ans. Il est favorisé par le jeune âge à la puberté, la nulliparité ou une première grossesse après 35 ans, l’absence d’allaitement, des cycles anovulatoires, un traitement œstrogénique prolongé, une ménopause tardive. Dans 5 à 8 % des cas, il s’agit de formes familiales parmi lesquelles on met en évidence une mutation des gènes BRCA1, BRCA2.
Il peut être diagnostiqué soit à l’occasion d’un dépistage par mammographie recommandé tous les deux ans de 50 à 74 ans, soit lors de la découverte d’une anomalie mammaire, le plus souvent une tuméfaction. Il existe dans 2 à 3% des cas des formes qui s’accompagnent de signes inflammatoires. Le diagnostic s’ aide de l’imagerie, mammographie, échographie,image de résonnance magnétique.
Il existe deux principaux marqueurs tumoraux sériques relativement peu sensibles mais intéressants pour suivre et apprécier tout au moins partiellement l’efficacité thérapeutique, lorsqu’ils sont élevés, l’antigène carcino-embryonnaire, peu sensible et peu spécifique, le CA 15-3 plus sensible et plus spécifique, en aucun cas, il ne peut s’agir d’outils de dépistage.Le diagnostic est histologique porté soit par une biopsie guidée soit lors de l’intervention par une biopsie extemporanée confirmée et affinée lors de l’inclusion en paraffine.
Son pronostic dépend des caractéristiques cliniques et histologiques dont le grade histopronostique (grade de Scarff Bloom et Richardson adapté par Elston et Ellis), la présence ou non de récepteurs hormonaux, de la surexpression ou non d’HER2/neu et par l’envahissement ganglionnaire axillaire (les formes invasives sont lymphophiles) qui est évalué soit par curage axillaire, limité quand cela est possible grâce à la technique dite du ganglion sentinelle. Les métastases sont principalement osseuses, hépatiques et pulmonaires.La taille de la tumeur, l’envahissement clinique ganglionnaire et les métastases sont à la base de la classification internationale T N M.
En l’absence de métastases, le traitement est local intéressant la tumeur et les aires ganglionnaires satellites, basé sur la chirurgie et la radiothérapie dont l’étendue dépend du stade initial. Au niveau mammaire la chirurgie complétée alors, au besoin par la radiothérapie, s’efforce d’être la moins mutilante possible. De même avec la technique dite du ganglion sentinelle, lorsqu’on peut l’utiliser sans risque, l’évaluation de l’envahissement des ganglions axillaires devient de moins en moins agressive.
Ce traitement est souvent complété par un traitement médical dit « adjuvant » dépendant des caractéristiques anatomiques et biologiques de la tumeur. Ce peut être une chimiothérapie cytotoxique, une hormonothérapie à visée anti-œstrogène (en présence de récepteurs hormonaux), une immunothérapie spécifique en cas de surexpression du gène HER2/neu).
La chirurgie est contre-indiquée, tout au moins de première intention dans les rares formes inflammatoire, le traitement reposant sur les traitements médicaux et la radiothérapie. Le traitement des formes métastatiques est essentiellement médical dépendant des caractères de la tumeur : présence ou non des récepteurs hormonaux, du statut HER2/neu et bien sûr de l’état général de la patiente.
W. S. Halsted, chirurgien américain (1894)
Syn. carcinome mammaire
→ adénocarcinome, antigène carcinoembryonnaire, BRCA, cancer inflammatoire du sein, cancer médullaire du sein, cancer in situ, carcinome canalaire in situ du sein, carcinome lobulaire in situ du sein, classification TNM, dépistage, échographie, Scarff Bloom et Richardson
[F2, O5]
Édit. 2020
candidose vulvo-vaginale l.f.
vulvo-vaginal candidiasis
Mycose superficielle localisée à la muqueuse vulvo-vaginale et dont l'agent habituel est Candida albicans.
Il s'agit d'un saprophyte présent chez 25% des femmes, même sans symptômes, et qui devient pathogène à la faveur d'une modification du statut immunologique de l'hôte (grossesse, diabète, immunodépression) mais aussi après la prise d'antibiotiques modifiant la flore vaginale. Les candidoses vulvo-vaginales se manifestent par une vulvo-vaginite aiguë érythémateuse associée à un prurit intense. Sur la vulve, on peut parfois observer des pustules ou vésicules à l'origine d'ulcérations superficielles. Ces lésions sont associées à des leucorrhées blanchâtres et épaisses.
Étym. lat. candica : blanc
[D1,O3]
cannabis n.m.
cannabis
Nom botanique du Chanvre (Cannabis sativa L.), grande plante herbacée annuelle dont la variété riche en résine correspond au chanvre indien aux effets délétères variés, principalement neuropsychiatriques, particulièrement graves.
Le chanvre indien comporte, parmi quelque 450 constituants identifiés, une soixantaine de dérivés cannabinoïdes, dont plusieurs d’entre eux développent des effets psychotropes. C'est le cas du plus abondant d'entre eux : le Δ 9 tétrahydrocannabinol ("T.H.C.") aux effets toxicomanogènes et hallucinogènes.
Les toxicomanes utilisent la plante entière pour confectionner des "joints"; c'est "l'herbe, la "beuh" la « marijuana », ou bien les globules de résine, obtenue par battage de la plante, agglomérés au moyen d'adjuvants variés, pas toujours dénués d'une toxicité intrinsèque; c'est la résine, ou "shit" ou "haschisch" (qui est égrenée dans du tabac pour confectionner des "pétards" ou pour être fumée dans des pipes à eau, ou pour être vaporisée dans des dispositifs ad hoc.
Dès les très faibles doses (de l’ordre d’une dizaine de µg) le THC induit d’importants effets sur le système nerveux central et périphérique et sur le système nerveux autonome. Effet vasodilatateur (yeux rouges), baisse de la pression artérielle, diminution de la pression de l'humeur aqueuse, broncho dilatation. Il induit surtout une grande variété d'effets centraux : analgésie, myorelaxation, sédation, euphorie, ébriété, potentialisation majeure des effets de l'alcool, perturbation de l'équilibre et de la coordination des mouvements (à l'origine de nombreux accidents de la route et du travail), modification des perceptions sensorielles, élévation du seuil épileptogène.
L’anxiolyse ressentie lors d’un usage aigu fait place lors des répétitions à des troubles anxieux. Il en est de même des effets pseudo-antidépresseurs qui virent au long cours à des troubles dépressifs graves (suicides). A ces effets s’ajoutent une toxicité cardio-vasculaire, une immunodépression des perturbations du cours de la grossesse avec des conséquences sur le nourrisson.
La dépendance psychique peut conduire à une psychose cannabique (qui régresse en quelques mois sans réapparaître en l'absence d'une reprise de la consommation) et qui peut aussi décompenser une vulnérabilité à la schizophrénie, la faisant éclater, créant une résistance au traitement antipsychotique et déterminant de grands accès délirants, hallucinatoires, auto ou hétéro agressifs.
La dépendance s’associe à une tolérance qui incite le toxicomane à recourir à des drogues supplémentaires (polytoxicomanies).
Le cannabis suscite, d'une façon particulièrement malencontreuse à l'âge des apprentissages et de l'éducation, une nette perturbation de la mémoire à court terme (sans laquelle ne peut se constituer une mémoire à long terme). Il fait perdre la notion de temps et rend le sujet incapable d'évaluer les troubles qu'il s'inflige du fait de cette consommation (anosognosie).
Tous ces effets sont liés à la dose, avec des sensibilités individuelles assez variables. Les produits en circulation, par différents artifices ont vu leur taux de THC croître considérablement au cours des dernières décennies, tandis que certaines modalités de consommation (pipe à eau, dispositifs de vaporisation) ont permis de décupler la cession du THC à l'organisme. Le THC, de par son exceptionnelle lipophilie se concentre dans les graisses de l'organisme, en particulier dans les lipides cérébraux. Chaque consommation incrémente la quantité fixée qui, relarguée au très long cours, passe par le foie qui forme des métabolites hydrosolubles, que le rein éliminera sur plusieurs semaines.
Le cannabis n'est pas létal en consommation aigue tandis qu’au long cours il peut être responsable de cancers O.R.L., broncho-pulmonaires et testiculaires, ainsi que de comportements imprudents de tous types, de suicides et d'accès à d'autres drogues létales par surdose.
Étym. gr. kannabis : chanvre (emprunt à l’akkadien ?)
Syn. bhang, ganjah, chara, haschich, kif, takrouri, hafioum, yamba, dagga, marihuana, djamba, pacalolo….
→ toxicomanie, addiction, chanvre, psychose cannabique
[G3]
carboplatine n.m.
carboplatin
Agent cytotoxique, complexe organique du platine, homologue du cisplatine. Inscrit sur la liste des médicaments essentiels de l'OMS, il est utilisé, en mono- ou polychimiothérapie. Dans le traitement de divers carcinomes (ovariens d’origine épithéliale, bronchiques à petites cellules et épidermoïdes des voies aérodigestives supérieures). C’est le seul médicament cytotoxique dont la posologie est adaptable en fonction de la filtration glomérulaire du patient. Il est contre-indiqué en cas d’insuffisance rénale sévère et de grossesse potentielle ou avérée. Sa néphrotoxicité est bien moindre que celle du cisplatine. On observe également des toxicités gastro-intestinales, une ototoxicité et, parfois, des réactions allergiques.
myocardiopathie du postpartum l.f.
post-partum cardiomyopathy
Insuffisance cardiaque globale survenant dans les jours ou semaines qui suivent un accouchement, très souvent mortelle.
Autrefois considérée comme idiopathique, elle est imputable dans certains cas au retentissement sur le myocarde, au cours de la grossesse, d’une valvulopathie méconnue ou à une myocardite virale. Elle peut être la conséquence d’une tocolyse par médicaments β-mimétiques, soit directement quand l’effet antidiurétique des β-mimétiques se conjugue à un excès d’apport de solutés intraveineux, soit indirectement par désensibilisation des récepteurs β-adrénergiques du myocarde qui ne répondent plus à l’adrénaline à l’arrêt de la tocolyse. Elle serait plus fréquente quand les corticoïdes injectés pour accélérer la maturation du poumon fœtal ont été associés aux β-mimétiques.
W. R. Meadows, médecin cardiologue américain (1957)
Étym. gr. mus, muos : muscle, souris ; kardia : cœur ; pathos : souffance, maladie
Syn. syndrome de Meadows
→ tocolyse
[K2,O3]
Édit. 2018
cardiotachygraphe n.m.
cardiotachygraph
Appareil d’enregistrement qui mesure la durée du cycle cardiaque du fœtus, par phonocardiographie, électrocardiographie ou échographie doppler et la transforme instantanément en fréquence.
Dans les appareils actuels, le signal de l’horloge qui mesure la durée du cycle cardiaque est activé soit par l’onde R de l’ECG fœtal capté par une électrode fixée sur le scalp pendant le travail, membranes rompues, soit par le mouvement de la valve mitrale détecté par effet Doppler, sur un faisceau d’ultrasons. Pendant la grossesse, la fluctuation du rythme cardiaque fœtal de battement à battement représente le paramètre principal ; pendant le travail, ce sont les ralentissements ou décélérations du rythme.
[K2,O3,O6,B3]
cardiotocographie n.f.
cardiotocography
Enregistrement du rythme cardiaque fœtal et des contractions utérines pendant la grossesse ou pendant le travail.
[K2,O3,O6]
carnet de maternité l.m.
maternity notebook
Document délivré par la Sécurité sociale aux femmes assurées sociales ayant déclaré leur grossesse avant trois mois.
Il comporte les feuillets qui correspondent au sept visites prénatales obligatoires puis aux visites pédiatriques du nourrisson permettant de bénéficier de l’assurance maternité : prise en charge des examens prénatals obligatoires, de l’hospitalisation en maternité à partir de six mois et de l’accouchement, paiement des indemnités du congé de maternité et en dessous d’un plafond de revenu, des allocations prénatales, prise en charge des consultations du nourrisson et de l’enfant jusqu’à six ans.
[E,O3]
ceinture eutocique l.f.
eutocic belt
Ceinture destinée à maintenir le fœtus en bonne position à la fin de la grossesse.
[O3]
cellule de Hofbauer l.f.
Hofbauer’s cells
Histiocyte des villosités placentaires de 3ème ordre, présente entre le 3ème et le 4ème mois de la grossesse, identifiée par son noyau réniforme.
J. I. I. Hofbauer, gynécologue américain (1878-1961)
[O6]
Édit. 2015
cellule en placards l.f.
aggregate cell
Constituant d’un amas de cellules sur les frottis cervicovaginaux réalisés en phase lutéale et pendant la grossesse, qui témoigne d’une imprégnation progestéronique.
[A2,O3]