Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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bêtaméthasone n.f.

betamethasone

Antiinflammatoire stéroïdien de la classe des glucocorticostéroïdes.
Elle possède un pouvoir anti-inflammatoire et un effet stimulant sur la néoglucogénèse environ 25 fois plus grand que celui du cortisol, mais elle est pratiquement dénuée de pouvoir rétenteur du sodium. Son action inhibitrice sur l'axe hypothalamohypophysaire est marquée.
Son injection intramusculaire pendant la grossesse accélère la synthèse du surfactant par les cellules alvéolaires de type II et donc la maturation du poumon fœtal, et s'oppose aux détresses respiratoires du prématuré. Elle réduit aussi la fréquence des hémorragies dans les ventricules cérébraux des grands prématurés.
C’est un médicament essentiel de l'OMS.

glucocorticostéroïdes, gluconéogénèse

Édit. 2017

Cushing (syndrome de) l.m.

Cushing’s syndrome

Ensemble de manifestations provoquées par un excès d’hormones glucocorticostéroïdes.
Cet hypercorticisme peut être dû à une hyperplasie bilatérale des glandes surrénales ACTH-indépendante ou à des sécrétions de corticostimulines non hypophysaires, entrant dans le cadre d’une affection paranéoplasique au cours d’un cancer hormono-sécrétant bronchique, thyroïdien, pancréatique, thymique, etc. Il se voit aussi au cours d’un traitement prolongé par des corticostéroïdes. Le tableau clinique est comparable à celui de la maladie de Cushing par adénome hypophysaire ; il est souvent incomplet. Les examens biologiques montrent le caractère ACTH dépendant ou non du syndrome et l’IRM l’absence de tumeur hypophysaire.

H. W. Cushing, neurochirurgien américain, membre de l'Académie de médecine (1932)

Cushing (maladie de), hypercorticisme, paranéoplasiques (affections musculaires)

[O4]

glucocorticostéroïde n.m.

glucocorticoid

Stéroïde sécrété par les glandes corticosurrénales, et plus précisément par la zone fasciculée, exerçant une activité sur le métabolisme glucidique en stimulant la biosynthèse des enzymes de la gluconéogénèse dans le foie.
Les glucocorticostéroïdes sont caractérisés par un atome d'oxygène sur le C11. Le plus important est le cortisol.

néoglucogénèse n.f.

neoglucogenesis

Biosynthèse de glucose ou de glycogène à partir de composés non glucidiques.
Les précurseurs utilisés pour cette biosynthèse sont essentiellement les acides aminés (dits glucoformateurs), dont la désamination conduit indirectement à l'acide malique, soit par l'acide pyruvique (alanine, cystéine, sérine, glycine) et l'acide oxaloacétique (acide aspartique, asparagine), soit par l'acide alpha-cétoglutarique (acide glutamique, glutamine, histidine, proline, arginine), l'acide succinique (thréonine, méthionine, valine, isoleucine) et l'acide fumarique (tyrosine, phénylalanine). La voie de la gluconéogénèse qui se déroule dans le cytoplasme hépatique et qui part de l'acide malique utilise les enzymes de la glycolyse, mais avec quelques enzymes spécifiques : phosphoénolpyruvate-carboxykinase (PEPCK) et fructose-1,6-diphosphatase.
La gluconéogénèse est déclenchée par l'hypoglycémie après quelques heures de jeûne ou par le diabète ; elle est stimulée par les acides gras, par le glucagon et par les glucocorticostéroïdes. Elle est au contraire inhibée par l'insuline. Les déficiences enzymatiques ou hormonales correspondantes sont à l'origine d'hypoglycémies qui peuvent entraîner coma et mort.

Syn. gluconéogenèse, glyconéogenèse, néoglycogenèse

hormones corticosurrénales l.f.p.

cortical hormones

Ensemble des hormones sécrétées par le cortex surrénal.
On en distingue une trentaine, toutes de stucture stéroïde, classées en trois groupes : les minéralocorticostéroïdes comme l'aldostérone et la désoxycorticostérone, synthétisés dans la zone glomérulée, contribuant à la réabsorption tubulaire du sodium et de ce fait au contrôle de la volémie et de la pression artérielle, les glucocorticostéroïdes comme le cortisol, synthétisés dans la zone fasciculée et ayant une activité essentiellement sur le métabolisme glucidoprotidique, et les sexocorticoïdes synthétisés par la zone réticulée comme l'androstène-dione, la déhydro-épiandrostérone sécrétée sous forme sulfoconjuguée, androgènes mineurs précurseurs de testostérone et d’estradiol.

Étym. gr. hormaô : j'excite

aldostérone, désoxycorticostérone, cortisol, androstène-dione

[O4]

hormones stéroïdes l.f.p.

steroid hormones

Hormones ayant une structure dérivée des stérols.
Plus précisément ce terme désigne les hormones caractérisées par les doubles liaisons conjuguées (delta) 4-3-céto.
On distingue les hormones dérivées du prégnane (progestérone, minéralocorticostéroïdes, glucocorticostéroïdes), de l'androstane (testostérone, androstène-dione, déhydro-épiandrostérone) et de l'œstrane (œstrogènes).

Étym. gr. hormaô : j'excite

androstane, œstrane, prégnane

[O4]

Édit. 2015

immunodépresseur n.m.

immunodepressor

Désigne un effet ou un médicament utilisé pour atténuer ou supprimer la réponse immunitaire.
Ils appartiennent à plusieurs catégories : les immunodépresseurs cytolytiques (azathioprine, cyclophosphamide, méthotrexate) ; les glucocorticostéroïdes ; la ciclosporine ; le tacrolimus et la rapamycine. Ils sont actuellement utilisés dans la transplantation d'organe, les affections auto-immunes et iso-immunes.

Étym. lat. immunis : exempt de

Syn. immunosuppresseur

lipocortine n.f.

lipocortin

Protéine périmembranaire de la famille des annexines, de masse moléculaire voisine de 20 kDa, dont l'activité antiinflammatoire explique en partie le mode d'action des hormones glucocorticostéroïdes.
La Leur forme déphosphorylée exerce un effet inhibiteur sur certaines phospholipases A2, responsables de la libération de l'acide arachidonique et par suite de la formation des prostaglandines au cours des réactions inflammatoires. Leur affinité pour le calcium et pour les phospholipides est sans doute en relation avec leur effet anticoagulant et antiinflammatoire. On a isolé au moins neuf lipocortines, appelées aussi macrocortines dans les polynucléaires neutrophiles, et rénocortine dans les cellules rénales.
La lipocortine I est identique à la calpactine II ; elle a été trouvée dans le milieu extracellulaire ; sa structure est proche de celle d'un substrat de la tyrosine-kinase du récepteur de l'EGF.
La lipocortine II est identique à la calpactine I ; elle est substrat de la tyrosine-kinase dépendant de l'oncogène src.

Syn. lipomoduline

régulateur cis adj.

cis-regulator

Qualifie une séquence d'un acide désoxyribonucléique, située en amont d'un gène et capable de fixer un facteur, dit transrégulateur, sous l'effet duquel la transcription de l'ARN messager est modifiée, soit induite, soit parfois réprimée (ou éteinte).
Parmi les éléments cis-régulateurs on range les boites ou cassettes TATA (qui fixe le facteur de transcription TFIID), GC (qui fixe le facteur Sp1), TGACGTCA (qui répond au CREB, sensible à l'AMPcyclique), octamère ATGCAAAT (qui fixe des protéines nucléaires appelées OCT, impliquées dans la synthèse des immunoglobulines), des séquences qui répondent aux récepteurs d'hormones (œstrogènes, glucocorticostéroïdes, etc.).

rhumatisme articulaire aigu l.m.

acute rheumatic fever

Maladie inflammatoire aigüe survenant dans les suites d’une infection pharyngée à streptocoque bêta-hémolytique du groupe A et caractérisée par un état fébrile avec polyarthrite touchant surtout les grosses articulations, fugace et guérissant sans séquelles apparentes, mais pouvant se compliquer, surtout chez l’enfant, d’atteintes cardiaques (endocardite, myocardite, péricardite ou pancardite) qui font la gravité de la maladie, et parfois d’atteintes extracardiaques (érythème marginé, nodules sous-cutanés de Meynet, chorée).
Biologiquement, il n’y a pas de test spécifique du rhumatisme articulaire aigu mais seulement un syndrome inflammatoire  non spécifique très prononcé (augmentation de la vitesse de sédimentation, élévation de la protéine C-réactive, de l'haptoglobine) et des stigmates directs et indirects de l’infection streptococcique, à savoir la présence de streptocoques bêta-hémolytiques au prélèvement de gorge fait au tout début de la maladie et élévation des anticorps anti-streptococciques (antistreptolysines O et autres) à sa période d’état.
Le traitement fait appel au repos au lit en phase aigüe, associé à une surveillance cardiaque. La pénicilline est mise en route d'abord dans un but curatif, puis à titre prophylactique. Les salicylés à forte dose et les glucocorticostéroïdes ont une action favorable sur la fièvre, les arthrites et les manifestations cardiaques.

J-B. Bouillaud, médecin français, membre de l'Académie de médecine (1832)

Étym. gr. rheuma : fluxion

Sigle RAA

endocardite rhumatismale, Meynet (nodules de)