Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

67 résultats 

anesthésie locale et locorégionale l.f.

local and regional anaesthesia

Anesthésie d'action locale ou portant sur une région limitée du système nerveux, qui se fait par injection soit intravasculaire, soit sur un gros tronc nerveux (bloc) ou sur une partie des racines médullaires (épidurale, extradurale, péridurale, rachianesthésie).
On distingue l'anesthésie :
- locale topique sur la peau (gel ou crème), ou par pulvérisation sur les muqueuses, par infiltration sous-cutanée ou par instillation oculaire (cornée, conjonctive) ;
- locorégionale par injection intraveineuse après exsanguination de l'extrémité du membre supérieur puis pose de garrots (un proximal pour arrêter la circulation artérielle dans un premier temps, remplacé ensuite par un garrot distal en zone anesthésiée) ;
- régionale périphérique (bloc d'un nerf ou d'un plexus nerveux) ou infiltration sous-cutanée ;
- régionale centrale (extradurale ou intra-durale).
Dans la rachianesthésie (intra-durale) la densité de la solution anesthésique est choisie plus forte que celle du liquide céphalorachidien (solution hyperbare) pour localiser l'effet anesthésique vers le bas de la moelle et donc n'intéresser que la région inférieure si le patient est demi-assis ou en position proclive.

Étym. gr. anaisthesia : insensibilité, inconscience

anesthésie, anesthésie extradurale, anesthésique local, bloc anesthésique de nerfs ou de plexus, EMLA, rachianesthésie

[G1]

Édit. 2017

analgésie obstétricale locorégionale l.f.

regional obstetrical analgesia

Ensemble des techniques d'anesthésie obstétricale agissant au niveau des émergences des nerfs sensitifs périphériques.
Ce terme générique recouvre les analgésies caudale, épidurale, extra-arachnoïdienne, intra-dure-mérienne, péridurale et rachidienne.

Étym. gr. an, privatif; algos: douleur

[B3,G1,G3,G5]

Édit. 2017

accident d'anesthésie l.m.

anaesthetic accident

Accident péri-anesthésique se produisant au cours de l’anesthésie (générale, locorégionale ou locale), de sa mise en train et de ses suites immédiates.
Il peut être imputable à l’anesthésie proprement dite, aux conditions opératoires (notamment aux pertes de sang), à l’état antérieur du patient (qui a dû être évalué lors de la consultation préopératoire) ou à une combinaison de ces trois causes donnant des risques souvent intriqués.
Si l'accident est entièrement lié à l'anesthésie il peut s'agir soit d'une défaillance humaine ou matérielle (notamment par non-respect des normes), soit d'une réaction anormale lors de l'administration d'un produit anesthésique (choc anaphylactique ou anaphylactoïde, hyperthermie maligne). La consultation anesthésique préopératoire, la normalisation de l'appareillage, le contrôle des distributions de gaz avant la mise en service et les vérifications qui doivent être faites avant toute anesthésie ont considérablement réduit le nombre des accidents.

Étym. lat. accidens : ce qui survient ; gr. anaisthesia : insensibilité, inconscience

accident, ASA (classification), certification d'un dispositif médical, contrôle de qualité des dispositifs médicaux, contrôle de qualité des soins, risque

[E3,G1]

Édit. 2017

alcoolopathie et anesthésie l.f.

alcoolopathy and anaesthesia

Ensemble des précautions à prendre lors de l'anesthésie de patients souffrant d'alcoolopathie.
L'usage abusif et prolongé d'alcool lèse de nombreux organes de façon indépendante et variable. Il ne peut y avoir de règle générale pour l'anesthésie d'un tel patient : lors de la consultation pré-anesthésique on doit évaluer les différentes atteintes et en tenir compte pour prendre les précautions nécessaires lors de l'anesthésie et de la réanimation postopératoire. Toutefois, l'inhibition ou l'induction de certains enzymes hépatiques peut modifier l'action de certains médicaments anesthésiques : on peut observer une certaine «résistance» au thiopental ou au propofol et la demande en médicaments analgésiques est augmentée dans la période postopératoire. Le risque principal, bien qu'actuellement faible, est le syndrome de sevrage alcoolique (delirium tremens) dans les suites opératoires.

Étym. arabe al -cohol : liquide distillé ; gr. pathê : maladie

alcoolopathie, delirium tremens

[G1,G3,G4]

Édit. 2017 

anesthésie n.f.

anæsthesia

Suppression de la sensibilité à la douleur à la suite d'une lésion nerveuse, de l'action d'un médicament ou de celle du froid.
L'anesthésie post-traumatique d'un territoire est souvent définitive.
L'anesthésie pour fins médicales ou expérimentales est obtenue parfois par l'emploi du froid (qui arrête la propagation de l'influx nerveux), ou, très généralement, d'agents chimiques (anesthésiques). Elle peut être locale, locorégionale ou générale.
L'anesthésie générale est induite par des agents administrés par voie intraveineuse (parfois intra-rectale ou intramusculaire) ou pulmonaire (oxyde nitreux, xénon ou vapeurs anesthésiques). Elle évolue en 3 phases, induction, entretien et récupération (réveil) et s'accompagne d'une perte de conscience ou narcose. Pour les interventions mineures, on se contente souvent de diminuer seulement la vigilance et la perception de la douleur.
L'anesthésie locale est induite par l'injection d'anesthésique, l'application sur la peau de crème anesthésique (EMLA) ou du froid (par ex. évaporation de chlorure d'éthyle) près du site opératoire.
L'anesthésie locorégionale agit sur une partie limitée du système nerveux par injection de produits près de la structure à anesthésier (moelle épinière, racines rachidiennes, troncs nerveux) : c’est le bloc d'un nerf, d'un plexus, etc.

Étym. gr. anaisthesia : insensibilité, inconscience

action (potentiel d'), analgésie, anesthésie (profondeur), anesthésique général, anesthésique local, anesthésique volatil, EMLA, exigences essentielles de sécurité et de performance en anesthésie, accident d'anesthésie

[G1]

Édit. 2017

anesthésie affective l.f.

affective anesthesia

Absence de tout sentiment et intérêt manifeste pour autrui, y compris à l'égard des proches.
Le patient est conscient de l'abrasion de ses émotions et de l'impossibilité de les moduler.
Il s'agit de la forme extrême du repli dépressif et de l'enfermement dans la douleur morale, qui aggrave d'autant plus le vécu d'inutilité et de culpabilité.
Dans ces dépressions majeures, dites encore souvent endogènes, et surtout dans les formes mélancoliques délirantes, la mort est souvent désirée et les conduites suicidaires fréquentes.

Étym. gr. anaisthesia : insensibilité, inconscience

[H3,H4]

Édit. 2017

anesthésie ambulatoire l.f.

ambulatory anaesthesia, day-case anaesthesia, outpatient anesthesia

Anesthésie réalisée chez un patient devant quitter la structure médicale le jour même.
Elle est utilisée pour des actes chirurgicaux ou médicaux, diagnostiques ou thérapeutiques (radiologie interventionnelle, endoscopie, etc.). Elle doit être réalisée dans des structures adaptées, hospitalières ou extrahospitalières.

Étym. gr. anaisthesia : insensibilité, inconscience

exigences essentielles de sécurité et de performance en anesthésie

[G1]

Édit. 2017

anesthésie caudale l.f.

caudal anaesthesia

analgésie caudale, anesthésie locale et locorégionale

[G1]

Édit. 2017

anesthésie congénitale de la cornée l.f.

corneal congenital anesthesia

Affection rare caractérisée par une insensibilité cornéenne, le plus souvent bilatérale, tantôt asymptomatique, tantôt révélée par une kératite neuroparalytique ou un ulcère de la cornée.
Débutant entre 6 et 12 mois, elle peut être isolée ou associée à certaines neuropathies héréditaires sensitives en particulier de type III (syndrome de Riley-Day ou dysautonomie familiale) ou de type IV (insensibilité congénitale à la douleur avec anhydrose). Elle peut aussi être accompagnée de syndromes polymalformatifs tels que l’association MURCS (aplasies du canal de Müller, du rein et dysplasie des vertèbres cervicales), l’association VACTERL ( anomalies vertébrales, imperforation ou atrésie anale, fistule trachéo-oesophagienne, cardiopathie congénitale, dysplasie des membres) ou encore le syndrome de Goldenhar (syndrome auriculo-oculaire).
L'ulcère cornéen est rebelle au traitement et s'accompagne souvent de traumatismes ou d'automutilations dont la prévention est essentielle.

dysautonomie familiale, insensibilité congénitale avec anhidrose, MURCS (syndrome), VACTERL (syndrome)

[P2,Q2]

Édit. 2017

anesthésie douloureuse l.f.

dolorosa anesthesia

Hyperalgie combinée surtout à l'anesthésie tactile dans le même territoire nerveux.
On la rencontre :
- dans les polyneuropathies, où une dysesthésie douloureuse est mise en évidence par le frôlement des téguments ou la pression des masses musculaires, contrastant avec une hypoesthésie, notamment à la piqûre ;
- dans l'hyperpathie thalamique, spontanée, renforcée en paroxysmes lancinants par des excitations très variées (depuis un frôlement jusqu'à une émotion), avec intégration de toutes les perceptions dans la douleur, accompagnée d'anomalies de la discrimination sensitive et plus discrètement d'une hypoesthésie thermique et douloureuse habituelle, avec seuils élevés mais, dès lors, exacerbation pénible et diffuse, parfois dans tout l'hémicorps, prolongée au-delà de la stimulation.

Étym. gr. anaisthesia : insensibilité, inconscience

[H1]

Édit. 2017

anesthésie électrique l.f.

electro-anaesthesia

Anesthésie générale provoquée par le passage d’impulsions électriques de très basse fréquence appliquées entre le front et les régions rétro-mastoïdiennes.
C'est une anesthésie très légère, de profondeur comparable à celle que donne l'inhalation d'un mélange à 80% de N2O et 20% de O2. Le courant de Limoge, actuellement utilisé, (quelques mA) est formé d'impulsions rectangulaires brèves suivies d'impulsions inverses plus larges de faible intensité (pour neutraliser l'électrolyse aux électrodes). L'application de ce courant peut être prolongée pendant des heures sans inconvénient. Mais l'installation des électrodes et leur bonne fixation prennent du temps, il faut encore surveiller un appareil supplémentaire, de telle sorte que ce mode d'anesthésie peu efficace est inusité.

St. Leduc, médecin français (1903)

Étym. gr. anaisthesia : insensibilité, inconscience

[G1]

Édit. 2017

anesthésie en obstétrique l.f.

anaesthesia for obstetrics

Anesthésie chez la femme enceinte.
Elle comporte des particularités pour un acte en rapport avec la grossesse (accouchement par voie vaginale ou par césarienne, extraction d'un enfant mort-né, délivrance artificielle, suture d'épisiotomie):
- les complications respiratoires (difficultés d'intubation) ou vasculaires (syndrome de compression de la veine cave inférieure) sont plus fréquentes ;
- le passage transplacentaire des anesthésiques et leurs effets sur le fœtus doivent être pris en compte : il faut utiliser de faibles doses, ce qui impose une anesthésie superficielle ;
- la mémorisation peranesthésique est une complication possible de l'anesthésie générale.
On utilise l'anesthésie générale et l'anesthésie locorégionale, surtout rachidienne (rachianesthésie, péridurale et rachipéridurale combinées) qui permettent l'analgésie du travail et la réalisation de la césarienne. Sauf contrindication, on préfère l'anesthésie rachidienne en raison de la sécurité maternelle et fœtale qu'elle procure.

[G1,O3]

Édit. 2017

anesthésie et alcoolopathie l.f.

alcoolopathy and anaesthesia

alcoolopathie et anesthésie

[G1,G3,G4]

Édit. 2017

anesthésie extracônique l.f.

extraconique anesthesia

anesthésie péribulbaire

[G1]

Édit. 2017

anesthésie extradurale l.f.

extradural anaesthesia

anesthésie péridurale

[G1]

Édit. 2017

anesthésie intra-arachnoïdienne l.f.

intra arachnoid anaesthesia

analgésie intra-arachnoïdienne, rachianesthésie

[G1]

Édit. 2017

anesthésie intracônique l.f.

intraconique anesthesia

anesthésie rétrobulbaire

[G1,P2]

Édit. 2017

anesthésie intradurale l.f.

intra dural anaesthesia

Syn. analgésie intra-dure-mérienne

[G1]

Édit. 2017

anesthésie intra-dure-mérienne l.f.

intradural anaesthesia

analgésie intra-dure-mérienne

[G1]

Édit. 2017

anesthésie intraveineuse à objectif de concentration l.f.

target controlled infusion (TCI)

Administration intraveineuse d'un anesthésique par un pousse-seringue dont le débit est réglé par un système informatisé prenant en compte les caractéristiques du patient et les propriétés pharmacocinétiques du produit anesthésique.

Étym. gr. anaisthesia : insensibilité, inconscience

Sigle AIVOC

[B3,G1]

Édit. 2017

anesthésie locale l.f.

local anaesthesia

1) Disparition de la sensibilité douloureuse dans un territoire limité, par atteinte neurologique.
2) Technique d'insensibilisation locale dans le but de supprimer la douleur lors d'une intervention ou d'un prélèvement biopsique sur une zone localisée ou superficielle, principalement cutanée. Le médicament le plus utilisé en France est la xylocaïne en injection transcutanée in situ

Étym. gr. anaisthesia : insensibilité, inconscience

Sigle AL

[G1]

Édit. 2019

anesthésie obstétricale l.f.

obstetrical anaesthesia

Suppression de la conscience ou de la douleur chez la parturiente en travail.
Elle présente des spécificités liées au risque fœtal et à l'absence de vacuité gastrique chez la femme en travail. Elle associe habituellement l'usage d'un hypnotique et d'un curare. Les analgésiques centraux sont peu utilisés du fait du risque de dépression respiratoire néonatale. L'induction est la période dangereuse du fait du risque d'inhalation du contenu gastrique acide et nécessite une intubation orotrachéale dans des conditions particulières de neuroleptanalgésie. Les techniques spécifiques dites « à la Reine » ou « toulousaine » ne sont plus guère employées.

Étym. gr. anaisthesia : insensibilité, inconscience

[G1,O3]

Édit. 2017

anesthésie oculaire l.f.

ocular anesthesia

Procédure d'anesthésie appliquée localement, en l'occurrence à l'œil, autour de lui ou dans la région oculo-orbitaire.
Elle fait appel à des produits anesthésiants qui agissent directement à l'endroit où ils sont appliqués ou à proximité de leur site d'administration.
Suivant les modalités de l'anesthésie pratiquée et ses tissus-cibles, on distingue l'anesthésie locale cornéenne ou topique de contact, et l'anesthésie locorégionale par injection péribulbaire ou rétrobulbaire.

Étym. gr. anaisthesia : insensibilité, inconscience

[G1,P2]

Édit. 2017

anesthésie par inhalation l.f.

inhalation anaesthesia

Administration d'un mélange anesthésique gazeux par les voies respiratoires.
L'anesthésique volatil inhalé va dans les alvéoles d'où il est capté par le sang capillaire pulmonaire et distribué dans la circulation générale. Sa fixation, sa distribution et son élimination pulmonaire sont régies par la ventilation et la circulation, ils dépendent aussi des propriétés physicochimiques et du métabolisme éventuel de l'anesthésique.

Étym. gr. anaisthesia : insensibilité, inconscience

système anesthétique

[G1]

Édit. 2017

anesthésie péribulbaire l.f.

peribulbar anaesthesia

Technique d'anesthésie locorégionale consistant en l'injection du produit anesthésique en dehors du cône musculo-aponévrotique.
L'injection d'une grande quantité de produit permet son passage à l'intérieur du cône, par diffusion, facilitée par une compression orbitaire. Les effets de l'anesthésie péribulbaire sont superposables à ceux de l'anesthésie rétrobulbaire, avec cependant une akinésie du globe moins constante, mais la présence d'une akinésie palpébrale (orbiculaire). Elle possède les mêmes avantages que l'anesthésie rétrobulbaire, tout en réduisant les risques locaux et généraux.

Étym. gr. anaisthesia : insensibilité, inconscience

Syn. anesthésie extracônique

[G1,P2]

Édit. 2017

| /3 | page suivante