Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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antimétabolite n.m.

antimetabolite

Substance inhibant spécifiquement une voie métabolique en se substituant sur un enzyme au métabolite naturel par analogie structurale.
Cette inhibition compétitive, empêche l'utilisation par un organisme d'un métabolite ou d'un substrat.
Ex. Les sulfamides vis-à-vis de l’acide p-aminobenzoïque.
Les antimétabolites sont utilisés en chimiothérapie anticancéreuse, en particulier les antagonistes foliques, les antagonistes pyrimidiques ou puriques ou les analogues des purines

chimiothérapie anticancéreuse

[F2 G3 G5]

Édit. 2020

chimiothérapie anticancéreuse l.f.

cancer chemotherapy

Traitement des tumeurs cancéreuses par des médicaments à action cytotoxique puisque la principale caractéristique des cellules cancéreuses est leur capacité de multiplication autonome, anarchique et illimitée.
Cette action cytotoxique se fait par interaction avec certains substrats cellulaires indispensables à la vie ou à la division des cellules (ADN, ARN, enzymes, protéines).
On distingue :
- les antimétabolites qui inhibent la synthèse de l'ADN, essentiellemnt  antagonistes foliques , pyrimidiques, puriques , anologues des prurines, 5 fluoro-uracile et lméthotrexate;
- les alkylants qui provoquent des anomalies des brins d'ADN, telles les moutardes à l'azote, les éthylènes imines, les organoplatines, les alkylosulfonates, les nitrosourée; 
- les intercalant,s telle l'adriamycine, la bléomycine, la mitoxantrone et les inbiteurs de la topoisomérase I et II;
- les poisons du fuseau comme les vinca-alcaloïdes (vindésine, vincristine) et les taxanes. 
On renforce l'efficacité de ce traitement par l'association de produits appartenant à des classes différentes.Ces associations sont généralement codifiées et utilisées dans le cadre de protocoles admis internationalement. Leur mode d'administration dépend de chaque médicament, généralement par voie intraveineuse, mais peut se faire aussi par voie intra-musculaire ou orale, voire intracaviaire.
Du fait de leur action sur les celules, les cytotoxiques ont de nombreux effets secondaires, témoins de leur action, sur les cellules saines. Leur prescription et leur surveillance doivent être assurées par des spécialistes du traitement des cancers. Certains effets secondaires sont communs à la plupart d'entre eux, atteinte de la moelle osseuse entraînant une baisse des globules blancs et des plaquettes, atteinte des follicules pileux responsable d'une perte des cheveux, atteinte digestive. De plus chaque produit a sa toxicité propre.
La chimiothérapîe cytotoxique est indiquée dans les formes évoluées et dans les formes localisées en complément du traitement loco-régional soit pour renforcer l'action de ce dernierl soit pour éviter la survenue d'une récidive ou de métastases.

antimétabolites, alkylants, intercalants, poisons du fuseau,

[F2, G3, G5 ]

Édit. 2020

cytotoxique n.m.et adj.

cytotoxic agent, cytotoxic

Substance médicamenteuse capable de s’opposer à la division cellulaire et de tuer les cellules.
Les cytotoxiques manifestent pratiquement tous en commun une toxicité hématologique portant principalement sur les polynucléaires et les plaquettes. Ils exercent souvent en outre des effets alopéciants et émétisants.
On distingue plusieurs familles de ces anticancéreux : agents alkylants, antimétabolites, inhibiteurs des topo-isomérases, poisons du fuseau.
Cette action est également appliquée en agrophysique : un rayonnement ionisant à doses définies (irradiation β ou γ) permet de réduire la charge bactérienne de matériaux fragiles et d’empêcher le développement d’organes végétaux (germes de pomme de terre). 
On dit aussi cytolytique

[G3]

fluoro-uracile n.m.

fluoro-uracile

Médicament antimitotique de la classe des antimétabolites, de type anti-pyrimidique, utilisé dans la chimiothérapie, notamment des cancers digestifs, de l’ovaire et du sein.
Il s’administre par voie veineuse. Sa prodrogue est la capécitabine qui s’administre par voie orale. Des pommades au 5 FU sont utilisées dans les cancers baso-cellulaires de la peau, ou les états précancéreux tels la maladie de Bowen ou l’érythroplasie de Queyrat.
5 FU et capécitabine ont les mêmes risques de toxicité, hématologique, digestive (nausées, vomissements, diarrhée, mucites), syndrome main-pied, beaucoup plus rarement cardiaques.
Le métabolisme des fluoropyrimidines dépend majoritairement de l’activité de la dihydropyrimidine déshydrogénase (DPD), enzyme clé du métabolisme et de l’élimination des fluoropyrimidines, qui inactive plus de 80 % du 5-FU au niveau hépatique permettant la réduction du 5-FU en 5-fluoro-5,6-dihydrouracile, lui-même hydrolysé puis éliminé. Il existe des variabilités interindividuelles importantes de l’activité de cette enzyme liées à des mutations du gène de la DPD, responsables d’une réduction, avec pour conséquence, une accumulation des métabolites actifs du 5-FU et un risque accru de toxicité aiguë, précoce et grave.

Sigle 5 FU

capécitabine, maladie de Bowen, érythroplasie de Queyrat, syndrome main-pied

[F2,G5,L1,O3,O5]

Édit. 2018

immunosuppresseur n.m.

immunosuppressor

Substance diminuant ou supprimant la réponse immunitaire.
Tous les médicaments génotoxiques et les antimétabolites utilisés dans le traitement des leucémies et des cancers sont des immunosuppresseurs. Les agents alkylants (cyclophosphamide, melfalan, chlorambucil) sont utilisés comme immunosuppresseurs dans les formes sévères de maladies auto-immunes bien qu’ils soient tératogènes et mutagènes. Les inhibiteurs du métabolisme des purines et des pyrimidines, sont largement utilisés comme immunosuppresseurs chimiques (azathioprine, méthotrexate, mycophénolate mofétyl, déoxyspergualine). Les ligands des immunophilines inhibent la biosynthèse de certaines cytokines (ciclosporine A, tacrolimus ou FK506) ou bien inhibent la transduction du signal au niveau des récepteurs de cytokines (rapamycine ou sirolimus). Les glucocorticoïdes de synthèse inhibent la biosynthèse des cytokines et exercent divers effets antiinflammatoires. Les immunosuppresseurs biologiques comprennent des anticorps polyclonaux (globulines antilymphocytaires ou anticorps antithymocytes) et des anticorps monoclonaux (anticorps CD3 ou OKT3, anticorps CD25...) ainsi que des protéines hybrides obtenues par fusion génétique telles que les formes solubles de récepteur de TNF ou de CTLA-4. D’autres protéines de fusion associent une cytokine ou un anticorps monoclonal à une toxine bactérienne (Pseudomonas, toxine diphtérique) ou végétale (ricine). Ces substances sont appelées des immunotoxines.
Les traitements immunosuppresseurs sont très largement utilisés dans les greffes et dans certaines maladies auto-immunes ou inflammatoires chroniques. Ces traitements provoquent un déficit immunitaire iatrogène qui peut être à l’origine de complications infectieuses particulières, telles que les syndromes lymphoprolifératifs associés au virus d’Epstein-Barr observés chez les transplantés, les tumeurs et cancers de la peau et des muqueuses génitales associés aux virus des papillomes (HPV), les hépatocarcinomes associés au virus B de l’hépatite et les maladies de Kaposi associées au virus HHV8.

M. Kaposi, dermatologue austro-hongrois, membre de l'Académie de médecine (1872)

Étym. lat. immunis : exempt de

pesticide n.m.

pesticide

Produit chimique pouvant détruire des organismes vivants considérés comme dangereux et nuisibles.
Dans l'agriculture, ces produits phytosanitaires sont utilisés pour la protection des plantes contre les ravageurs (y compris les rongeurs et les oiseaux) et les infections bactériennes, fungiques et virales. L'emploi des pesticides couplé avec les fertilisants et les engrais a triplé les rendements agricoles, permettant ainsi de faire face à l'augmentation de la population.
Les principales catégories de pesticides sont : les toxiques contre les animaux supérieurs (raticides, rodenticides, corvicides, contre les vers et les mollusques (nématocides, hélicides), contre les insectes et les acariens (insecticides, acaricides), contre les champignons (xyloprotecteurs fungicides) et contre les mauvaises herbes (herbicides). De très nombreuses substances chimiques ont été  utilisées et pour beaucoup interdites d’emploi : organochlorés du type DDT, organophosphates du type parathion, dérivés de l'urée, du pyridinium (Paraquat®), antimétabolites (glyphosate), extraits naturels et de synthèse (pyrèthre, pyréthroïdes, roténone). Leur mise sur le marché est soumise à une réglementation rigoureuse, nationale et internationale, touchant leur toxicité pour l'homme et leurs impacts possibles sur l'environnement.
En médecine du travail les pesticides  sont reconnus responsables de syndromes parkinsoniens pris en charge par le tableau 58 du RA avec un délai d'un an sous réserve d’une durée d’exposition de 10 ans.

Étym. angl. pest : insect ou animal nuisible (lat. pestis : maladie contagieuse épidémique, fléau) ; cide : qui tue). Cet anglicisme d’usage courant dans le sens de « produit phytosanitaire » est déconseillé.

Paraquat® (intoxication par le)

[E2, G4]

Édit. 2018

résistance aux antipaludiques l.f.

antimalarial drug resistance

Résistance des Plasmodium aux médicaments dirigés contre eux.
À des degrés divers, elle touche tous les antipaludiques actuels à l’exception des dérivés de l’artémisinine et concerne surtout, en pratique, la chloroquine, la pyriméthamine, le proguanil et les autres antimétabolites. La résistance à la chloroquine est liée à un phénomène multigénique (gènes PfMDR et, surtout, PfCG2 et PfTCR). Les résistances à la pyriméthamine résultent de mutations ponctuelles du gène PfDHFR. Quels qu’en soient les mécanismes, ces résistances présentent une énorme importance médicale en rendant plus difficile, moins efficace et plus onéreux le traitement de la principale endémie mondiale qu’est le paludisme.

antipaludique

traitement immunosuppresseur et transplantation l.m.

Ensemble des thérapeutiques médicamenteuses favorisant la tolérance d'un greffon par le système immunitaire du receveur.
Ces thérapeutiques utilisent dans des associations variables la prednisone, les antimétabolites (azathioprine, acide mycophénolique), les inhibiteurs de la calcineurine ( ciclosporine et  tacrolimus), les inhibiteurs de la mTOR (sirolimus, évérolimus), l’inhibiteur du second signal des lymphocytes T (nulojix), les anticorps monoclonaux anti-récepteurs de l’IL 2 (simulect) et les globulines antilymphocytaires.
Tous les immunosuppresseurs sont dotés d’effets secondaires très puissants qui rendent leur utilisation prudente et délicate 
On distingue le traitement immunosuppresseur d'induction, utilisé au décours immédiat de la transplantation, du traitement immunosuppresseur d'entretien, utilisé au long cours et dont le maintien est nécessaire pour la survie du greffon.

mycophénolate mofetil

mycophénolate mofetil l.m.

mycophenolate mofetil

immunosuppresseur sélectif de la famille des antimétabolites.
C'est un ester de l'acide mycophénolique (MPA), inhibiteur sélectif, non compétitif et réversible de l'inosine monophosphate déshydrogénase. Il inhibe la synthèse des nucléotides à base de guanine.
Médicament antirejet utilisé en prévention de rejet des greffes rénale, hépatique, hématologique et cardiaque. Il se montre efficace dans le traitement du purpura thrombocytopénique immun. 

Charlotte A. Bradbury, hématologiste britannique (2021)

purpura thrombocytopénique immun

[G5, F5, F1, K2, L1, M1]

Édit. 2021