narcolepsie-cataplexie n.f.
narcolepsy-cataplexy
Maladie primitive de la vigilance dont la prévalence n'est pas encore connue avec certitude, caractérisée principalement par des périodes brèves et incoercibles d'endormissement diurnes, nommées narcolepsie, survenant même lors de l'activité ou d'une conversation.
Celle-ci est souvent associée à des épisodes paroxystiques d'abolition du tonus musculaire liés à une intense émotion, totalement distincts de l'accès de sommeil, appelés attaques de cataplexie (C. Westphal, 1877, J.B. Gélineau, 1880).
Des symptômes dits accessoires car non indispensables au diagnostic, ont été décrits : hallucinations hypnagogiques apparaissant à l'endormissement, parfois terrifiantes, et épisodes de "paralysie du sommeil" où, bien que se vivant éveillé, le patient ne peut pas bouger la tête, les membres, ni respirer avec une amplitude normale. Le sommeil est habituellement perturbé, notamment par de nombreux éveils et par une somniloquie.
Le diagnostic est essentiellement clinique. Cependant la notion polygraphique d'endormissement direct en sommeil paradoxal est généralement caractéristique.
Une association très forte avec les allèles des gènes HLA (DBQ1* 0602)) est presque toujours retrouvée. Elle est utile dans les cas incertains et pour la prédiction (certes probabiliste et nécessitant une grande circonspection) d'une telle pathologie chez les enfants de malades.
L'évolution générale ne peut être systématisée sur le plan du handicap ni de ses conséquences sociales. L'appel à des produits comme les amphétamines ou les antidépresseurs tricycliques n'est pas sans effets secondaires. Le modafinil est efficace habituellement sur l'hypersomnie et sur les accès narcoleptiques, mais non sur les phénomènes cataplexiques.
C. Westphal, psychiatre allemand (1877) ; J-B. Gélineau, neurologue français (1880)
hallucination n.f.
hallucination
"Perception sans objet à percevoir", ou plutôt altération des perceptions qui peut être simple et élémentaire, complexe ou élaborée, qui peut intéresser tous les domaines, visuel surtout, auditif, tactile, cénesthésique.
Dans ces derniers cas, l’hallucination affecte la sensibilité interne : sensations de torsion viscérale, de grossesse, d’éprouvés sexuels (« J’ai vu, j’ai entendu, j’ai senti »).
Dans les formes psychosensorielles, l’hallucination est caractérisée par la sensorialité ou esthésie avec spatialité (projection dans l’espace ou xénopathie qui situe l’objet de l’hallucination à l’extérieur du sujet) et croyance (conviction de sa réalité).
Dans les formes dites psychiques, il existe seulement une perception psychique, non sensorialisée, de « voix intérieures ».
De survenue aigüe et transitoire dans les états confuso-oniriques, en particulier toxiques (alcool, hallucinogènes), les bouffées délirantes ou les épilepsies temporales, les hallucinations sont durables dans la psychose hallucinatoire chronique et dans de nombreuses schizophrénies.
En marge de la clinique psychiatrique, on décrit des hallucinations hypnagogiques (lors du passage de la veille au sommeil) et hypnopompiques (passage du sommeil à l’éveil), le plus souvent non pathologiques, ainsi que des éprouvés sensoriels au cours de certaines épilepsies temporales.
H. Ey, psychiatre français (1900-1977)
Étym. lat. hallucinare : se tromper
[H3]
Édit. 2015
hallucination colorée l.f.
coloured hallucination
Fausse perception colorée au cours de laquelle le sujet est persuadé que sa perception est réelle.
On dit alors que le sujet adhère à sa fausse perception.
Étym. lat. hallucinare : se tromper
[H3]
Édit. 2015
hallucination gullivérienne l.f. .
gulliverian hallucination
Étym. lat. hallucinare : se tromper
[H3]
Édit. 2015
hallucination haptique l.f. .
tactile hallucination
Étym. lat. hallucinare : se tromper ; gr. haptein :toucher
[H3]
Édit. 2015
hallucination hypnagogique l.f. .
hypnagogic hallucination
Ensemble de phénomènes perceptifs de nature variée, qui surviennent lors du passage de la veille au sommeil.
Ils sont surtout visuels, colorés et toujours à distance dans l'espace (lignes, étoiles, lueurs entoptiques, dessins changeants, scènes kaléidoscopiques), mais aussi auditifs (bruits, paroles, mélodies), somesthésiques (tactiles), voire synesthésiques. En fait, il est exceptionnel que soit retrouvé pleinement le caractère d'hallucination proprement dite.
Parfois intenses et terrifiantes, ces expériences perceptives font partie, avec les paralysies et les perturbations du sommeil, des signes accessoires de la narcolepsie-catalepsie. Mais le plus souvent, et alors dans la passivité, elles ne relèvent pas de la pathologie.
A. Maury, érudit français, membre de l’Académie des inscriptions et belles lettres (1861)
Étym. lat. hallucinare : se tromper, gr. hupnos : sommeil, et agôgos : qui conduit, accompagne
→ somesthésie, synesthésie, hallucination,narcolepsie-catalepsie
[H3]
Édit. 2018
hallucination hypnopompique l.f.
hypnopompic hallucination
Phénomène perceptif de nature variée, qui survient lors du passage du sommeil à l'éveil.
Plus rares que les hallucinations hypnagogiques, ces expériences ont des caractères et des significations analogues.
Étym. gr. psukê : âme, et pompos : qui accompagne (psychopompe : celui qui faisait traverser le Léthé aux âmes des morts. En fait, ici, acception peu claire).
[H3]
Édit. 2015
hallucination lilliputienne l.f. .
lilliputian hallucination
[H3]
Édit. 2015
hallucination olfactive l.f.
olfactory hallucination
Perception d’odeurs en l’absence de tout stimulus olfactif.
Elle survient sur un mode paroxystique et signe l’atteinte centrale.
Étym. lat. hallucinare : se tromper
→ parosmie
[H3]
Édit. 2015
hallucination psychique l.f.
psychical hallucination
Hallucination seulement observée sur l'écoute, caractérisée par l'absence ou la faible part de la sensorialité, mais toujours vécue par le patient comme une intrusion de l'autre dans son intimité ("xénopathique"), avec croyance en sa réalité (J. Baillarger, 1846).
Il s'agit de "voix" intérieures, avec notamment transmission de pure pensée, idées imposées, conversation d'âme à âme.
Elles tiennent un rôle fondamental dans le syndrome d'automatisme mental, et surtout d'influence (idées, ordres, commentaires des actes).
Parmi les synonymies, on cite les fausses hallucinations (C.F. Michéa), les hallucinations aperceptives (K.L. Kahlbaum), les hallucinations motrices verbales (J. Séglas). On en rapproche aussi les pseudo-hallucinations (V. Kandinsky), représentations mentales vives mais sans aucune extériorité.
G. Clérambault assimilait les hallucinations psychiques aux intuitions.
J. Baillarger, neuropsychiatre français, membre de l'Académie de médecine (1846) ; C.-F. Michéa, psychiatre aliéniste français (1846) ; K. L. Kahlbaum, psychiatre allemand (1874) ; J. Séglas, psychiatre français (1888) ; V. Kandinsky, psychiatre russe (1884) ; G. de Clérambault, psychiatre français (1921).
Étym. lat. hallucinare : se tromper
[H3]
Édit. 2015
hallucination psychomotrice n.f.
psychomotor hallucination
1) Expérience sensorielle proche des hallucinations cénesthésiques, à type de sensations de déplacement des membres, de soulèvement du corps, d'impulsions ou d'arrêt.
2) Dans les hallucinations psychomotrices verbales1, le patient n'entend pas de voix, mais il les sent à l'intérieur de son corps. En pratique, il s'agit d'un aspect particulier des hallucinations psychiques.
Ces voix parlent dans l'estomac, le larynx et peuvent s'accompagner de mouvements involontaires de la langue, des lèvres, voire de prononciation de mots (impulsions verbales). Une sorte d'émancipation du langage intérieur se réalise, qualifiée d'hyperendophasie par les hellénisants. Au cas d'hallucinations incessantes, le classique mutisme vésanique peut survenir.
J. Séglas, psychiatre français (1892)
Étym. lat. hallucinare : se tromper
→ influence (idées, syndrome d')
[H3]
Édit. 2015
hallucination tactile l.f.
tactile hallucination
Expérience pathologique dans le domaine de la sensibilité cutanée, accompagnée d'une croyance absolue.
Isolées et peu thématisées ou participant à une organisation délirante plus ou moins élaborée, avec notamment éléments d'influence et hypocondriaques, ces fausses perceptions peuvent concerner : des sensations cutanéomuqueuses élémentaires de pincements, brûlures, courants électriques, etc. ; de fausses perceptions et élaborations d'objets ayant une matérialité, une forme, une consistance précise, comme le contact d'une main ; divers troubles attribués par le patient (très fréquemment une femme âgée) à des vers, insectes ou autres parasites : délire dermatozoïque.
H. Ey, psychiatre français (1973)
Étym. lat. hallucinare : se tromper
Syn. hallucination haptique (H. Ey)
[H3]
Édit. 2015
spéculaire (hallucination) l.f.
specular hallucination