Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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fracture costale l.f.

costal fracture

Lésion osseuse avec solution de continuité des corticales, qu'il y ait ou non un déplacement des fragments.
C'est la lésion la plus fréquente au cours des traumatismes thoraciques de l'adulte, elle est quasi constante chez les vieillards. La fracture est due à une hyperflexion de la côte dans les traumatismes d'avant en arrière, c'est la corticale externe qui cède la première. Dans les traumatismes latéraux, la fracture se fait par redressement de la côte, la corticale interne cède la première venant menacer la plèvre et la corticalité pulmonaire, le trait de fracture se fait au niveau de la zone d'impact.
On opposait jadis les fractures paucicostales considérées comme bénignes et les fractures pluricostales. Or l'enfant et l'adulte jeune peuvent présenter un tableau gravissime avec peu ou pas de fractures costales du fait de la souplesse des côtes, alors que la violence du traumatisme a entraîné de graves lésions viscérales sous-jacentes. Les fractures pluricostales se voient surtout chez le vieillard au thorax rigide et aux côtes ostéoporotiques, liées volontiers à un traumatisme modéré. Le nombre des fractures de côtes joue donc peu dans la gravité qui est liée aux lésions pleuropulmonaires et des organes du médiastin.
Des fractures de plusieurs arcs contigus en deux ou plusieurs endroits de chaque côte constituent un volet costal ; si celui-ci est désolidarisé de la paroi thoracique, il peut causer une grave insuffisance respiratoire par respiration paradoxale.

Étym. lat. frangere: rompre, briser

fracture, respiration paradoxale, volet thoracique

[I2]

Édit. 2018

fracture du col du fémur l.f.

femoral neck fracture

Fractures de l'extrémité supérieure du fémur, englobant ausssi les fractures du massif trochantérien.
On distingue de dehors en dedans: les fractures cervicotrochantériennes à deux ou plusieurs fragments (extra-articulaire) , les fractures basicervicales, les fractures transcervicales ou cervicales vraies et les fractures sous-capitales (intra-articulaires).
Très nombreuses (plus de 60.000/an en France), ces fractures affectent principalement la personne âgée, essentiellement les femmes ostéoporotiques dont elles peuvent mettre en jeu le pronostic vital.
Elles surviennent souvent au décours d’une chute, avec impotence fonctionnelle immédiate et complète. Le membre fracturé apparaît accourci, en adduction et rotation externe.
Il existe plusieurs classifications des fractures du col, la plus utilisée étant la classification de Garden, qui analyse le déplacement des travées osseuses de la tête fémorale sur le cliché radiologique de face. Cette classification, dont l'intérêt pronostique est majeur, guide les indications thérapeutiques. Elle va du stade 1, où le trait est horizontal et où la tête s'impacte sur le col sans se déplacer, au stade 4 où la tête est déplacée sans connexion avec le col, en passant par le stade 3 où le trait est vertical. Plus le stade de Garden est grand, plus le risque de nécrose de la tête du fémur est élevé.
Les deux traitements principaux sont l’ostéosynthèse et la prothèse de hanche.

R. S. Garden, chirurgien orthopédiste britannique (1961)

Étym. lat. frangere: rompre, briser

fracture, Garden (classification de), ostéoporose, ostéonécrose, ostéosynthèse

[I2]

Édit. 2018

ostéogenèse imparfaite type 2 l.f.

osteogenesis imperfecta type 2

Forme précoce et létale de fragilité osseuse congénitale à transmission autosomique dominante ou autosomique récessive, de prévalence Il en existe trois sous-types (A, B et C) selon des critères cliniques, radiologiques et évolutifs (classification de Sillence).
Le type 2A, prénatal, comporte un nanisme et une microcéphalie avec crâne mou. Les os, malléables et fragiles, ostéoporotiques, présentent des séquelles de fractures et sont déformés : les tibias sont angulaires, les fémurs incurvés, les vertèbres aplaties ; les côtes ont des renflements « en bambou ». La fibroélastose cardiaque, l’insuffisance respiratoire entraînent une mort précoce : dès la naissance, dans les premiers jours ou dans la première enfance. L’affection étant létale, elle n’apparaît que de façon sporadique par mutation de novo. Les mutations affectent le gène COL1A1 codant pour la chaîne α1 du collagène I en 17q21.31-q22.05.  Ce type correspond à la forme décrite par Porak et Durante et par Vrölik.
Le type 2B est également sévère, avec d’importantes déformations des membres et du tronc. Les côtes sont normales ou fines avec quelques fractures et un aspect de chapelet costal discontinu ; le défaut de modelage du fémur est léger. La survie est plus prolongée. Assez comparable au type 3, il est parfois classé en type 2-3. Le type 2B est soit autosomique dominant et due à des mutations des gènes COL1A1 et COL1A2, soit autosomique récessif et dû à des mutations du gène CRTAP (3p22).
Le type 2C (Sillence, 1984) comporte une ostéoporose extrême, des fractures spontanées, une rupture prématurée des membranes, une thrombopénie responsable d’hémorragies ante partum et une mort périnatale. . Le type 2C est extrêmement rare et son existence est même remise en cause.
D’autres types de forme létale ont été décrits. Un type particulier (type 8 de Sillence), de transmission récessive, avec nanisme, sclères blanches, épiphyses bulbeuses et hypominéralisation majeure est lié à une mutation du gène LEPREI codant pour l’enzyme P3H1 (prolyl 3-hydroxylase 1) dont le déficit modifie la constitution hélicoïdale des deux chaînes α1 du collagène I. La mutation du gène CRTAP (3p22) est parfois décrite comme type 7. La mutation du gène LEPRE1 (1p34) est parfois décrite comme type 8 et celle du gène PPIB (15q21-q22) comme type 9.

C. Porak, gynécologue, membre de l’Académie de médecine et G. Durante, médecin français (1905), W. Vrölik, anatomiste néerlandais (1849)

ostéogénèse imparfaite, Sillence (classification de)

[A4,O6,Q2]

Édit. 2017

ostéoporose n.f.

osteoporosis

Affection généralisée du squelette caractérisée par une masse osseuse basse et des altérations micro-architecturales du tissu osseux, avec raréfaction des travées osseuses des os spongieux et amincissement des corticales conduisant à une augmentation de la fragilité osseuse et du risque de fracture.
Elle survient chez la femme après la ménopause et chez le sujet âgé, et le risque de fractures ostéoporotiques (poignet, vertèbres, col du fémur) augmente avec l’âge. La fréquence de l’ostéoporose chez la femme serait de 10% à 60 ans, de 20% à 65 ans et atteindrait 40% à 75 ans. En ostéodensitométrie elle se définit par un T score égal ou inférieur à  -2,5.
Elle s’oppose à l’ostéomalacie par une raréfaction des travées osseuses et par l’absence de bordure ostéoïde, et à l’ostéopénie, qui est une diminution de la charge minérale de l’os sans modification notable de son architecture.
L’ostéoporomalacie associe, à l’examen histologique, une ostéoporose et une bordure de tissu ostéoïde témoignant d’une carence associée en vitamine D.

Étym. gr. osteon : os ; poros : pore

décalcification, ostéomalacie, ostéoporomalacie, ostéodensitométrie

Édit. 2017

volume trabéculaire osseux l.m.

trabecular bone volume

Quantité de tissu osseux contenu dans une unité de volume d'os spongieux.
On peut l'évaluer par histomorphométrie à l'aide d'un oculaire qui comprend un réticule avec 25 points. Le nombre de points du reticulum se projetant sur des travées osseuses permet de calculer le pourcentage de la coupe occupé par du tissu osseux. La mesure est répétée sur plusieurs champs d'un nombre suffisant de coupes. La valeur moyenne obtenue représente le pourcentage de volume de l'os occupé par du tissu osseux. Le volume trabéculaire osseux est de 22% chez l'adulte jeune. Le seuil en dessous duquel apparaissent des fractures ostéoporotiques est de 11%.

bisphosphonate n.m.

bisphosphonate

Analogue des pyrophosphates utilisé en thérapeutique dans la prévention et le traitement des fractures ostéoporotiques, qu’elles soient vertébrales ou périphériques, en raison de son action inhibitrice sur la résorption ostéoclastique.
Les bisphosphonates sont caractérisés par une faible absorption intestinale et une forte affinité osseuse. Ils sont excrétés sans être métabolisés. Ils sont également utilisés dans le traitement de la maladie de Paget et des hypercalcémies dues à des métastases osseuses, en particulier du cancer de la prostate et  du sein, et au myélome multiple. Dans cette dernière indication  ils peuvent être prescrits dans un but préventif  Le chef de file en est l’étidronate disodique. Désormais, la panoplie des bisphosphonates s’est considérablement enrichie ayant en particulier très probablement contribué à la réduction de l’incidence des nouvelles fractures dans le cadre de la maladie ostéoporotique.

Syn. diphosphonate

pyrophosphates, ostéoporose, ostéoporotiques, résorption ostéoclastique, Paget (maladie de), hypercalcémie, cancer de la prostate, cancer du sein, myélome multiple

[F1, F2, G5, L1, R1]

Édit. 2018