décollement postérieur du vitré l.m.
posterior vitreous detachment
Séparation partielle ou complète du cortex vitréen postérieur de la rétine.
Ce décollement du vitré postérieur peut être brutal, souvent secondaire à un traumatisme oculaire, ou progressif lié au vieillissement du gel vitréen.
Syn. décollement du vitré
décollement prématuré du placenta normalement inséré l.m.
abruptio placentae, premature placental separation
Détachement de la plaque basale du placenta par rapport à la caduque utérine avant l'expulsion du fœtus par le fait d’un hématome rétroplacentaire.
Il est dû à la formation d'un hématome par rupture d'un sinus veineux périphérique, l’hématome décidual marginal, ou d'une artère centrale, l’hématome décidual basal. Le décollement physiologique du placenta ne se produit normalement qu'après l'expulsion du fœtus, lors de la délivrance. C'est un accident aigu de la grossesse, complication d'une toxémie gravidique, d'un traumatisme ou d'une intoxication par le tabac, la cocaïne, ou de l'accouchement après rétraction brutale du myomètre suivant la vidange d'un hydramnios ou l'expulsion d'un premier jumeau. La symptomatologie est dominée par une douleur abdominale brutale, des métrorragies de sang noir incoagulable et un état de choc disproportionné par rapport aux pertes sanguines vaginales. A l'examen, le signe principal est l'hypertonie utérine, l’utérus de bois. Le diagnostic est conforté par l'existence d'une protéinurie. L'hématome rétroplacentaire présente des degrés de gravité variable, avec des formes mineures ou latentes et survie du fœtus, et des formes graves avec état de choc et mort fœtale. Son traitement nécessite une extraction par césarienne en urgence lorsque l'enfant est vivant et une évacuation utérine rapide lorsque l'enfant est mort.
A. Couvelaire, gynécologue obstétricien français, membre de l'Académie de médecine (1912) ; E. W Page, gynécologue obstétricien américain (1954)
→ Couvelaire (syndrome de), Page (classification de) , hématome décidual basal, hématome décidual marginal
[O3]
Édit. 2018
décollement séreux du neuro-épithélium maculaire l.m.
macular serous detachment
Clivage entre les couches interne et externe de la rétine par un liquide exsudatif secondaire à une rupture de la barrière hématorétinienne interne.
Le DSNE maculaire peut être secondaire à de multiples pathologies vasculaires, inflammatoires ou métaboliques. Les causes les plus fréquentes sont la DMLA et l'association diabète-hypertension artérielle. Le DSNE s'accompagne toujours d'un épaississement important du neuro-épithélium.
Syn. décollement exsudatif du neuro-épithélium
Sigle : DSNE
décollement sous-cutané traumatique l.m.
subcutaneus detachment
Épanchement sérohématique après un traumatisme tangentiel qui sépare la peau de l’aponévrose sous-jacente.
Il siège habituellement à la face externe de la cuisse, à la fesse ou à la région lombaire. Un épanchement séreux chronique peut lui succéder. Un décollement important peut être suivi de nécrose de la peau par dévascularisation.
V. Morel-Lavallée, chirurgien français (1863)
Syn. épanchement de Morel-Lavallée
décompensation n.f.
decompensation
Altération progressive ou brutale de l’état de santé survenant au cours de l’évolution de diverses maladies jusque-là latentes ou bien tolérées après la disparition des processus de suppléance.
Ce sont les décompensations des insuffisances cardiaque, pulmonaire, hépatique et rénale.
En ophtalmologie, c’est la décompensation des processus sensoriels et moteurs de suppléance d’une perturbation de l’oculomotricité
ou de la vision binoculaire (décompensation d’une hétérophorie à l’origine d’une diplopie et d’une déviation oculaire).
La décompensation peut être de nature psychologique lorsqu’elle survient après un traumatisme physique ou affectif et revêtir différents aspects : dépression, agressivité, etc.
décompensation cardiaque l.f.
cardiac failure
Rupture de l’équilibre cardiovasculaire entraînant une défaillance du cœur.
La décompensation cardiaque peut être soudaine (collapsus cardiovasculaire) ou s’installer progressivement après une période de compensation plus ou moins efficace.
On dit aussi : une cardiopathie décompensée.
décompensation névrotique l.f.
neurotic decompensation
Dans une perspective psychodynamique, rupture de défenses névrotiques jusqu'alors relativement compensatrices.
Cet effondrement est lié à une situation vécue par le sujet comme si éprouvante sur le plan affectif que ses ressources ne lui permettent plus de la maitriser, de la réduire, ni de l'assumer.
Il peut s'agir d'une angoisse panophobique, voire d'un état psychotique, confusionnel ou délirant, le plus souvent transitoire et de type réactionnel. Rarement, chez un patient très vulnérable, pourra se développer une évolution psychotique chronique.
Il arrive aussi qu'une affection dite pychosomatique se substitue à la névrose antérieure.
→ défense (mécanismes de), panophobie
décompensé adj.
deteriorated
Se dit d’une manifestation pathologique privée des processus de compensation.
Il y a décompensation.
décomplémentation n.f.
heat-inactivation.
Inactivation du système du complément et d'autres enzymes par chauffage à 56° pendant 30 mn.
In vivo chez l'animal, la décomplémentation est obtenue par injection de facteur de venin de cobra.
décomplété adj.
frank (breech presentation)
→ présentation du siège décomplété
décompression n.f.
decompression
En chirurgie, geste opératoire visant à libérer un organe comprimé : vaisseau, nerf, viscère, etc.
décompression (accident de plongée par) l.m.
decompression accident in diving
La décompression correspond à la baisse de pression rapide à l’origine de barotraumatismes : rupture des parois des cavités closes de l'organisme par dilatation des gaz contenus dans la cavité (à glotte fermée, les poumons se comportent comme une cavité close) selon la loi de Boyle-Mariotte, qui montre que le volume d’un gaz augmente quand la pression diminue.
Il y a simultanément libération des gaz dissous dans le sang et dans les tissus (azote principalement), surtout lors d'une remontée trop rapide et sans paliers de désaturation. On parle alors d’accidents de désaturation (loi de Henry).
Après un séjour plus ou moins prolongé sous l'eau, la remontée rapide à l'air libre entraîne des accidents immédiats par dilatation de l'air dans les poumons (au niveau de la mer un volume gazeux double entre dix mètres de profondeur et l'arrivée à l'air libre, à 5000 mètres d'altitude (ex. lac de montagne), le volume double pour cinq mètres seulement).
Au niveau de la mer, à partir d'une remontée de neuf mètres déjà, il se forme des bulles d'azote dans les tissus et dans le sang. Ces petites bulles s'entourent d'une couche lipidoprotéique sur laquelle se fixent des plaquettes, puis des leucocytes qui activent le facteur XII de la coagulation. Cela peut être à l'origine d'une coagulation intraveineuse disséminée si on ne réduit pas rapidement les bulles par recompression. De toute façon, ces bulles forment des corps étrangers qui augmentent la viscosité du sang et sont à l'origine de micro-embolies capillaires. Elles se déplacent dans les vaisseaux avec violence et frappent les parois en les agressant, d’où un appel de plaquettes in situ. Si elles sont nombreuses elles ralentissent l'élimination des gaz par les voies aériennes et entraînent une stase pulmonaire et cérébrale. Au niveau pulmonaire, cette stase surcharge le cœur droit et peut causer un œdème pulmonaire. Elle se traduit cliniquement par une douleur thoracique, une dyspnée et des signes de choc. Au niveau du système nerveux elle se manifeste par des signes plus ou moins graves : parésie, hémiplégie, coma au niveau central et monoplégie ou paraplégie au niveau de la moelle, surtout pour la moelle lombaire qui est moins bien vascularisée, avec un lacis veineux très important, pouvant se thromboser en masse.
La poursuite du phénomène entraîne une coagulopathie généralisée, à l’origine de thromboses massives par agrégats de multiples cellules sanguines, et on parle alors de la maladie de désaturation, peu sensible au passage en caisson et de très mauvais pronostic. Des accidents tardifs peuvent s'observer ensuite car les tissus à faible irrigation peuvent être lésés par le dégagement d'azote, notamment au niveau des cartilages articulaires (signe des douleurs aux genoux et aux coudes - "bends" - après la plongée).
La prévention de tels d'accidents se fait par le respect de règles de sécurité précises tenant compte du temps de plongée et de la vitesse de remontée. Des tables de plongée instituant des paliers de décompression à la remontée permettent une bonne évacuation des gaz dissous et évitent les accidents. Ces tables sont établies à partir du niveau de la mer, mais pour les plongées dans les lacs de montagne il faut être plus sévère car la pression atmosphérique diminuant, le diamètre des bulles augmente. Pour les plongées profondes l'emploi de mélanges d'hélium et même d'hydrogène après une dénitrogénation préalable sont indispensables. L’utilisation d’ordinateurs de plongée de plus en plus perfectionnés est utile.
Les accidents immédiats de décompression se voient plus facilement chez les amateurs, mais peuvent survenir chez tout plongeur : prurit cutané («les puces») avec urticaire localisée (« moutons »), douleurs ostéomusculaires des grosses articulations ("bends") ; décompression a minima ou explosive (forme pulmonaire avec rupture des poumons, accidents cérébraux, médullaires, de l'oreille moyenne, troubles cardiaques). Des accidents tardifs d'ostéonécrose par répétition de micro-embolies gazeuses (maladie des caissons, classée comme maladie professionnelle) se voyaient chez certains plongeurs professionnels, mais sont devenues exceptionnelles. Le tableau 29 des maladies professionnelles en permet l’indemnisation.
En urgence, tout signe neurologique central ou périphérique doit être recherché. Le traitement d'urgence est basé sur la recompression en caisson, allant de 6 ATA à 2 ATA (des caissons de transport individuel sont utilisés en premier secours) pour réduire et si possible supprimer les bulles, l'inhalation d'oxygène évite l'entrée d'azote et abaisse l'importance de la recompression, mais celle-ci peut durer 8 h selon les tables thérapeutiques. Les soins de réanimation d'urgence seront administrés selon la clinique. Si l'on ne dispose pas de caisson l'oxygénothérapie a déjà une certaine efficacité. S'il n'y a pas de troubles graves, un retour en plongée pour effectuer correctement les paliers de décompression est une solution de fortune chez un plongeur bien conscient.
→ barotraumatisme, bends, hélium, oxygénothérapie hyperbare
décompression explosive l.f.
explosive decompression
Chute brutale de pression en une petite fraction de seconde (ex. accident aéronautique en altitude) qui entraîne très rapidement un aéroembolisme massif et généralisé par dégazage du sang et des tissus.
Une telle chute de pression provoque un bruit intense et s'accompagne de brouillard dans la cabine. Le souffle d'air projette des objets et les victimes peuvent être blessées ou même éjectées avant leur mort si l'ouverture de la paroi est suffisamment grande.
En cas de rupture d'un hublot dans un avion de ligne, le risque de décompression explosive est infime, sauf en cas de large ouverture accidentelle de la paroi (explosion criminelle).
→ décompression (accident de plongée par), décompression rapide en aéronautique, ébullisme
décompression rapide en aéronautique l.f.
aeronautical fast decompression
En altitude, l'ouverture accidentelle sur l'extérieur d'une cabine pressurisée (explosion d'une verrière, ouverture d'une porte de l'aéronef, etc.) entraîne une décompression qui décroit avec le temps : si la pression cabine chute plus rapidement que la pression alvéolaire des passagers, la pression alvéolaire est plus élevée que la pression ambiante, ce qui peut entraîner une entrée d'air dans les veines pulmonaires et causer une embolie gazeuse, massive, parfois mortelle.
La chute de pression est fonction de la surface de l'ouverture sur l'extérieur, de la différence de pression entre la cabine et l'extérieur et fonction inverse du volume de la cabine.
→ fuite du poumon (coefficient de), décompression explosive, embolie gazeuse
déconditionnement émotionnel par le mouvement des yeux
eye movemet desentization and reprocessing EMDR
Méthode de psychothérapie par stimulation sensorielle, faisant référence aux mouvements oculaires qui accompagnent le traitement et permettent la résolution rapide et souvent même la guérison de traumatismes psychologiques du passé.
Syn. psychothérapie de déconditionnement par le mouvement des yeux
Abrév. DEMY
déconnexion interhémisphérique (syndrome de) l.m.
interhemispheric disconnection, callosal disconnection, split brain
Conséquences de la section du corps calleux ou d'une lésion de fibres calleuses et éventuellement extracalleuses, mais passées par celui-ci.
Parmi les signes observés chez le droitier, seront cités les suivants : l'image d'un mot, projetée sur écran pour n'apparaître que sur la moitié du champ visuel, est lue seulement si elle parvient à l'hémichamp droit, donc au cortex visuel de l'hémisphère gauche (pseudohémianopsie) ; la même procédure permet d'explorer les fonctions "émotionnelles" de l'hémisphère droit ; il existe également une anomie tactile gauche ; l'"apraxie diagonistique" résulte d'un conflit ouvert entre les deux hémisphères : la main gauche vient contrarier certains gestes volontaires de la main droite, ou bien elle effectue des actes non voulus par le sujet.
Cependant ces patients semblent se comporter normalement dans la vie quotidienne. Il est vrai que seul le cortex se trouve "coupé en deux" et qu'une certaine capacité d'intégration, encore mal précisée, est assurée par les structures sous-corticales.
Les lésions spontanées responsables de ces troubles sont les infarctus du corps calleux, les tumeurs du corps calleux, la maladie de Marchiafava-Bignami et les agénésies du corps calleux.
E. Machiafava et A. Bignami, anatomopathologistes italiens (1903)
Syn. cerveau dédoublé, cerveau divisé, disconnexion interhémisphérique
→ calleux (corps), dominance hémisphérique, pseudohémianopsie
décontamination n.f.
decontamination
Opération, au résultat momentané permettant d’éliminer, de tuer ou d’inhiber les micro-organismes indésirables ainsi qu’une contamination radioactive.
Le résultat de cette opération est limité aux microorganismes présents au moment de l’opération.
Note : l’usage du terme « désinfection » en synonymie du terme « décontamination » est prohibé.
déconvolution (méthode de) n.f.
deconvolution method
Opération inverse de la convolution.
Ant. convolution
décorine n.f.
decorin
Protéine membre de la famille des petits protéoglycanes riches en leucine, qui agit comme organisateur de la matrice extracellulaire.
Elle active le récepteur de l'épidermal growth factor (EGF). Elle s'associe à diverses formes de TGF-b. Elle participe à la différenciation des muscles squelettiques et est impliquée dans certaines dystrophies musculaires.
décorporant n.m.
décorporant
Substance chimique utilisée pour éliminer de l’organisme des éléments radioactifs ou chimiques.
décorporation n.f.
decorporation
Traitement visant à éliminer de l’organisme, au moyen d’une substance chimique à valeur de médicament, des éléments radioactifs ou toxiques qui ont été incorporés.
La substance chimique utilisée est appelée “décorporant”.
décortication n.f.
decortication
1) Au sens général, dégagement chirurgical d’un viscère des tissus normaux ou pathologiques qui l’enserrent et gênent sa fonction.
2) En chirurgie osseuse, soulèvement de copeaux ostéopériostés autour d’une pseudarthrose diaphysaire dans le but de provoquer l’apparition d’un cal osseux..
R. Judet, chirurgien français (1909-1980)
→ décortication du cœur, décortication pulmonaire
décortication du cœur l.f.
heart decortication
Ablation chirurgicale, la plus complète possible, d’un péricarde constrictif, plus ou moins calcifié.
décortication pulmonaire l.f.
decortication of lung
Ablation d'une poche pleurale chronique plus ou moins infectée à parois épaisses, incarcérant le poumon sous-jacent.
L'épaississement de la plèvre pariétale est toujours plus important que celui de la plèvre pulmonaire. La pachypleurite est souvent calcifiée surtout dans les vieilles poches chroniques. Pour obtenir la réexpansion pulmonaire, il faut toujours enlever la totalité de la pachypleurite viscérale engainante et libérer le poumon de toute la paroi de l'hémithorax. L'ablation de la couenne pariétale est nécessaire mais au niveau de la cupule pleurale ou des récessus pleuraux, elle peut être partiellement abandonnée si n'existent pas de calcifications en ces zones. C'est une intervention hémorragique qui nécessite des malades en bon état général, bien préparés. L'ablation de la pachypleurite viscérale doit être faite minutieusement pour éviter les plaies pulmonaires et bronchiolaires. Les fuites aériennes alvéolaires simples se tarissent rapidement, au contraire des fuites bronchiolaires.
découplage n.m.
uncoupling
Dissociation de deux réactions habituellement solidaires.
Ce terme est employé pour désigner la possibilité pour des cellules d'effectuer l'oxydation d'un substrat sans transférer l'énergie correspondante dans une liaison anhydride phosphorique d'ATP.
Le découplage a pour effet d'augmenter les oxydations cellulaires et la production de chaleur. Elle est mise en jeu dans la thermogénèse des animaux hibernants, dans le tissu adipeux brun, dont les mitochondries contiennent une protéine découplante. Elle peut aussi résulter de l'effet de certains agents toxiques sur les membranes mitochondriales, p. ex. le dinitrophénol, type de l'agent découplant. L'arséniate est également un poison découplant par son effet d'analogue structural du phosphate dans les réactions d'oxydoréductions phosphorylantes.