Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

50 résultats 

équilibre radioactif l.m

radioactive balance

Situation dans laquelle la quantité d'un radio-isotope fils reste constante dans la mesure où son taux de désintégration égale son taux de production dû, par exemple à la désintégration d'un radio-isotope père.
L’équilibre d'une chaîne de désintégration est atteint après un temps égal à environ dix fois la période du fils dont la période est la plus longue. Par ex. le radon (élément fils dont la période est de 3,8 j) est en l’équilibre avec le radium (élément père dont la période est de 1 620 ans) en deux semaines environ.
La radioactivité est la transformation spontanée (désintégration) du noyau atomique de certains éléments instables (radio-isotopes, ou nucléïde) en d’autres éléments plus stables avec émission d’un rayonnement ionisant. On appelle père (ou mère ou parent) le noyau d’origine et fils (ou fille) le noyau qu’il produit. La période ou demi-vie est le temps nécessaire pour que la moitié des atomes se désintègrent. Celle du père est en général beaucoup plus longue que celle du fils.
Ces particularités sont mises à profit en médecine nucléaire, dans l’industrie atomique (238U et ses descendants), pour les datations (14C)…

Étym. lat. aequus : égal; libra : balance à un plateau

Syn. Equilibre séculaire

filiation radioactive, radioactivité, radioactivité d'un nucléïde

[B1, C1]

Édit. 2020

espèce atomique l.f.

atomic species

Ensemble des atomes ayant le même numéro atomique Z et de ce fait, les mêmes propriétés chimiques, le même nom et symbole.
Ils peuvent différer par leur nombre de masse (isotopes).

[B1]

Édit. 2018  

explorations fonctionnelles rénales l.f.p.

renal functional tests

Examens ayant pour but soit d'apprécier quantitativement le déficit fonctionnel global du rein, soit d'analyser l'altération de fonctions rénales bien définies, soit de mesurer les paramètres de la circulation rénale.
L'appréciation de la masse de néphrons sains est donnée par le débit de filtration glomérulaire mesuré par la clairance de l'inuline ou, en pratique courante, de la créatinine. En raison des difficultés d’un recueil complet des urines émises pendant un temps déterminé, diverses formules (Cockcroft, MDRD,…) sont également proposées pour estimer le débit de filtration glomérulaire à partir de la valeur de la créatinine plasmatique.
L'analyse de fonctions rénales bien définies implique les épreuves de concentration-dilution (épreuves de Volhard), les épreuves d'acidification et la mesure des masses tubulaires de réabsorption (bicarbonate, phosphate et glucose) ou de sécrétion (acide paraaminohippurique).
L'exploration de la circulation rénale est basée sur la mesure du flux plasmatique rénal par la clairance de l'acide paraaminohippurique.
Des explorations fonctionnelles plus complexes sont possibles. Elles nécessitent soit des techniques invasives (prélèvement de sang veineux rénal, injection de substance dans l'artère rénale), soit l'utilisation d'isotopes radioactifs (mesure de la fonction séparée des deux reins avec comptage externe de la radioactivité), soit des analyses mathématiques basées sur des modèles (mesure des paramètres de la filtration glomérulaire par analyse de la courbe d'excrétion de dextrans de masse moléculaire croissante).

F. Volhard, médecin interniste allemand (1940: D. W. Cockcroft, pneumologue et M. H. Gault, néphrologue canadiens (1976)

créatinine, créatinine (clairance de la), Cockcroft et Gault (formule de), MDRD (formule), débit de filtration glomérulaire, Volhard (épreuves de), acidification (épreuves d'), mesure des masses tubulaires de réabsorption et de secrétion, p-amino-hippurique (acide)

[B3,M1]

Édit. 2018  

fluor radioactif l.m.

radioactive fluorine

Isotope radioactif du fluor, émetteur de positons, dont la période est de 110 minutes.
Produit dans le cyclotron, c'est le plus utilisé des isotopes du fluor dans le domaine médical, soit sous forme de fluorure (métabolisme osseux), soit pour la préparation de produits radiopharmaceutiques tels que le fluorodésoxyglucose (Utilisé, alors en scintigraphie par émission de positons marqués.(TEP), la fluoroDOPA, certains acides aminés et certains acides gras marqués ou encore des ligands de divers récepteurs cérébraux.

Étym. lat. fluor : écoulement (le minerai contenant cet élément sous forme de fluorure de calcium a été appelé fluorine, car il se présente comme un verre assez fusible).

Symb. 18F

[B2]

Édit. 2018

gadolinium n.m.

gadolinium

Élément métallique de la famille des terres rares, de numéro atomique 64, de masse atomique 157, constitué d'un mélange d'isotopes 154Gd à 160Gd, premier produit de contraste expérimenté en imagerie par résonance magnétique.
La toxicité élevée de l'ion gadolinium est réduite grâce à sa chélation par l'acide diéthylène-triamine-pentaacétique (Diethylene-Triamine-Pentaacetic Acid = DTPA) ou par l'acide tétraazacyclo-dodécane-tétraacétique (1, 4, 7, 10-tetraazacyclododecane-1, 4, 7, 10-tetraacetique acid = DOTA). Le pH des chélates Gd - DTPA ou Gd - DOTA, fortement acide, est ramené à 7,4 par addition de méglumine.
Ces complexes sont hyperosmolaires (1800 mosm/kg H2O pour le Gd- DTPA ; 1400 mosm/kg H2O pour le Gd - DOTA), ce qui correspond à peu près à l'osmolalité des contrastes triiodés hydrosolubles à haute osmolalité ;
Le gadolinium possède un moment magnétique important qui entraîne un raccourcissement du temps de relaxation T1 des tissus normaux ou pathologiques sur lesquels il se fixe : ceux-ci vont apparaître en hypersignal sur les séquences pondérées en T1, surtout après saturation du signal de la graisse, qui supprime l’hypersignal graisseux.
La pharmacocinétique des produits de contraste gadolinés est proche de celle des produits iodés : après injection, ils passent rapidement du secteur vasculaire au secteur interstitiel et sont évacués par filtration glomérulaire. Ils ne franchissent pas la barrière hémato-encéphalique saine.
Les dérivés gadolinés sont utilisés par voie intraveineuse ou, très dilués, par voie intra-articulaire (arthro-IRM) et sont, dans l’ensemble bien tolérés. Cependant, il a été récemment constaté qu’à la suite d’une injection IV, de faibles quantités de gadolinium pouvaient être retenues dans le tissu cérébral et dans d’autres tissus, Une rétention plus importante de gadolinium dans le cerveau a été observée avec les produits linéaires par rapport aux produits macrocycliques. Bien qu’il n’existe pas de preuve de la toxicité d’une telle rétention, par mesure de prudence, la suspension des AMM de l’acide gadopentétique et du gadodiamide utilisés en intraveineux, et la restriction de l’AMM de l’acide gadobénique à l’imagerie du foie a été décrétée en 2018.

J. Gadolin, chimiste finlandais (1794)

Symb. Gd

[C1,B2]

Édit. 2018

histohybridation in situ l.f.

in situ hybridization.
Formation in vitro de molécules double-brin d'ADN, d'ARN ou d'hybrides ADN-ARN par appariement des séquences nucléotidiques complémentaires appartenant à un même brin ou à deux brins différents.
Elle peut être appliquée sur des cellules en suspension recueillies à partir de liquide biologique (sang périphérique, liquide cérébro-spinal, produit de lavage bronchoalvéolaire), de cellules cultivées in vitro, et sur coupes histologiques de tissu. Une séquence nucléique complémentaire de l’ARNm recherché est utilisée comme “sonde” ; cette sonde nucléotidique, destinée à reconnaître un fragment d’acide nucléique, est couplée à un système de détection, pour la mise en évidence de l’hybridation, système de détection qui utilise soit des radio-isotopes (sonde chaude), soit des traceurs, fluorochromes ou enzymes (sonde froide). Dans ce dernier, cas, la visualisation en microscopie photonique de l’acide nucléique recherché auquel est fixée la sonde froide, utilise des méthodes identiques à celles de l’immunohistochimie.

Syn. hybridation moléculaire

[Q1]

hydrogène n.m.

hydrogen

1) Elément de numéro atomique 1, de masse atomique 1,008, de valence 1.
L'atome d'hydrogène est constitué d'un proton et d'un électron. Les deux isotopes de l'hydrogène, le deutérium et le tritium sont dits hydrogènes lourds, car la présence dans leur noyau d'un ou de deux neutrons multiplie la masse par 2 ou 3.
Il est un élément fondamental de toutes les molécules biologiques. Il est présent dans l'eau et dans les composés organiques. Il constitue 10% du poids frais de l'organisme. L'oxydation de l'hydrogène en eau est la source essentielle de l'énergie utilisable de toute cellule en aérobiose.
2) Corps simple diatomique, dont la molécule est formée de deux atomes d'hydrogène, de formule H2.
Gaz incolore, inodore et insipide ; il brûle en dégageant beaucoup de chaleur et en formant de l'eau.
Il est utilisé en plongée profonde pour réduire le travail ventilatoire car c'est le plus léger des gaz (densité par rapport à l'air 0,09). Au-dessous d'une concentration de 4% d’O2, les mélanges O2 /H2 ne sont plus explosifs. A 500 m sous la mer (soit une pression de plus de 50 ATA), la PO2 d'un mélange à 0,42% d’O2/99,58% de H2 est égale, à celle de l'air ambiant au niveau de la mer où la densité est 13,52 fois plus forte. Un mélange O2 /N 2 aurait une densité 13 fois plus élevée et empêcherait le plongeur de ventiler à cette profondeur. Les mélanges
O2 /He, ont une densité 2 fois plus forte que ceux O2 /H2, mais ils ne sont jamais explosifs ; aussi, après avoir dénitrogéné le plongeur en surface par une inhalation prolongée d'un mélange He /O2, on passe ensuite en profondeur à un mélange H2 /O2, qui permet de dépasser les 500 m en plongée libre.

L. Guyton de Morveau, chimiste français : «hydrogène qui engendre l’eau » (1787)

Étym. mot formé à contre sens (par analogie avec oxygène) sur le gr. hudôr : eau ; genos : descendance

Syn. dihydrogène

Symb. H

explosion, hélium, inflammabilité, oxygène

[C1]

imagerie médicale l.f.

medical imaging

Ensemble des techniques permettant d'obtenir une représentation morphologique ou fonctionnelle d'une région anatomique ou d'un organe dans un but de diagnostic médical ou de surveillance thérapeutique.
L’imagerie médicale utilise de nombreuses techniques et appareils. Elle met à profit des rayonnements divers : radiations ionisantes telles que rayons X (radioscopie, radiographie, tomodensitométrie) ; rayons gamma (scintigraphie avec radio-isotopes) ; radioactivité bêta dans la tomographie par émission de positons ou TEP ; rayonnements non ionisants tels que les infrarouges (thermographie), les ultrasons (échographie et échodoppler) ; ondes électromagnétiques (imagerie par résonance magnétique ou IRM)…
Actuellement les termes « radiologie » et « imagerie médicale » sont de plus en plus utilisés comme synomymes.

Étym. lat. imago : image, représentation

radiations ionisantes, rayons X radioscopie, radiographie, tomodensitométrie-scanographie, rayons gamma, scintigraphie avec radioisotopes, radioactivité β+, tomographie par émission de positons, rayonnements non ionisants, infrarouges, ultrasons, échographie, échodoppler, rayonnement électromagnétique, imagerie par résonance magnétique

[B2,B3]

Édit. 2018

Mg

Symb. du magnésium.
Le magnésium naturel contient 3 isotopes 24Mg (79%), 25Mg et 26Mg.

molybdène n.m.

molybdenum

Métal de numéro atomique Z= 42 et de masse A= 96, température de fusion 2600°, qui fait partie des oligoéléments et dont les besoins alimentaires chez l’Homme est de l’ordre de 100 à 200µg/j.
Le molybdène naturel contient plusieurs isotopes : 92Mo, 94Mo, 95Mo, 96Mo, 97Mo, 98Mo, 100Mo.
Le molybdène utilisé en imagerie médicale comme anode de tubes à rayons X destinés à la mammographie émet un rayonnement monoénergétique de 20 keV (raie K du spectre caractéristique).
Le 99Mo, radioélément de période 66 h., est à l’origine de la production du 99mTc (période de 6 h.) qui est son descendant.
Apporté par les aliments sous forme de molybdate, il est utilisé dans le foie pour la biosynthèse des molybdoptérines et des molybdoenzymes.

Étym. gr. molybdos : plomb (la molybdénite, minerai de sulfure de molybdène où il a été découvert, ayant l'aspect physique du plomb).

Symb. Mo

technétium, molybdoptérine, molybdoenzyme

[C1]

Édit. 2017

Na

Symbole chimique du sodium

A côté du sodium naturel 21Na, on a préparé artificiellement deux isotopes radioactifs 22Na, de période 2,6 ans, et 24Na, de période 15 h

Étym. arabe natroun : (de l'égyptien) carbonate naturel de soude et lat. moderne (1842) natrium

sodium

nickel n.m.

nickel

Élément, de numéro atomique 28 et de masse atomique 58,69, métal blanc grisâtre, présent dans divers minerais, en général combiné avec le soufre et l'arsenic.
Il est pratiquement inoxydable à froid et non attaqué par les acides. On le trouve également en faibles quantités, dans les tissus animaux et végétaux, notamment dans les organismes marins. Le nickel sert à la préparation d'alliages résistants et inaltérables pour la fabrication d'instruments de chirurgie, d'appareils de laboratoires et de divers ustensiles de cuisine.
Le nickel naturel contient 5 isotopes 58Ni (68%), 60Ni (26%), 61Ni , 62Ni et 64Ni.

Symb. Ni

positon n.m.

positron, positon

Électron positif, e+, antiparticule du négaton (électron e-) localisé dans le noyau alors que le négaton est à la périphérie et circule facilement dans la matière.
Cette particule est de même masse que l'électron négatif et porte une charge positive de même valeur absolue. Le positon est la particule d'antimatière correspondant à l'électron négatif. Il est émis lors de certaines désintégrations atomiques (émission bêta+). Sa vie est très courte car il se combine quasi-immédiatement avec un négaton pour donner deux photons de 511 keV qui partent dans deux directions diamétralement opposées.
Dans une caméra à positons, ce mode de désintégration permet de localiser avec précision le lieu d'émission du positon par un procédé de coïncidence. On peut par ex. mesurer la consommation d'oxygène ou de glucose des différentes régions du cerveau et suivre l'activité respiratoire des cellules nerveuses lors des différentes opérations intellectuelles (commandes de mouvements, réception des perceptions visuelles ou auditives) ce qui permet d'esquisser une anatomie fonctionnelle du cerveau normal et pathologique (par ex. chez les toxicomanes).
Les émetteurs de positons sont particulièrement intéressants en médecine :
- d'une part sur le plan physique, ils sont commodes pour la détection en coïncidence des deux photons de 511 KeV émis lors de leur annihilation;
- d'autre part, les isotopes radioactifs des atomes biologiquement les plus importants sont souvent émetteurs de positons (en particulier le carbone 11, l'azote 13, l'oxygène 15 et le fluor 18) et peuvent être produits artificiellement dans un cyclotron à usage médical. Du fait de leur très courte période, leur emploi est limité et onéreux. Cette technique connaît cependant aujourd'hui un important développement, notamment en cancérologie

Étym. angl. crase de positive electron

Syn. positron (la forme positon, symétrique de négaton, paraît préférable).

caméra à positon, radio activité bêta+

produit de contraste l.m.

En imagerie médicale, substance qui augmente artificiellement le contraste entre la structure qui le contient et le milieu voisin. On peut y avoir recours quand le contraste naturel est insuffisant. La nature des produits de contraste dépend du type d’imagerie.
1) En imagerie X (radiographie, scanner à rayons X) le sulfate de baryum est réservé à l’opacification de la lumière du tube digestif et les produits iodés hydrosolubles aux autres indications. Le baryum comme l’iode absorbent les rayons X en raison de leur numéro atomique élevé. Ils sont à l’origine d’un «moule» radio-opaque de la structure qui les contient. Introduits dans le système vasculaire, les produits de contraste iodés ont une phase vasculaire brève, suivie d’une phase de diffusion extravasculaire puis d’une phase d’élimination urinaire par filtration glomérulaire. Leur utilisation implique donc une fonction rénale satisfaisante. Les produits iodés peuvent être injectés par voie intraveineuse (urographie, scanner…), intra-artérielle (artériographie), intra-articulaire (arthrographie), locale (hystérographie, uréthrographie ou cystographie rétrogrades, kystographie, fistulographie…..). Ils peuvent être, surtout par voie intraveineuse, à l’origine d’une sensation transitoire de chaleur sans gravité, de nausées ou, beaucoup plus rarement, de réaction allergoïde allant de la simple sensation de démangeaison à l’œdème de Quincke voire au choc anaphylactique.
2) En IRM, les produits de contraste modifient le comportement magnétique des tissus. On distingue les produits de contraste paramagnétiques (chélates de gadolinium, dont la pharmacocinétique est voisine de celle des produits iodés et qui peuvent être injectés par voie intraveineuse ou intra-articulaire) et les agents de contraste superparamagnétiques, constitués de nanoparticules d’oxyde de fer nommées SPION (superparamagnetic iron oxide nanoparticles) ou USPION (ultrasmall superparamagnetic iron oxide nanoparticles). Les produits de contraste gadolinés augmentent le signal des tissus vascularisés en T1. Ils ne franchissent pas la barrière hémato-encéphalique normale.
3) En imagerie nucléaire, on parle de radio-traceurs : ce sont des isotopes qui se fixent sur certains organes-cibles et dont l’émission est repérée par une gamma-caméra.
4°) En échographie, on utilise des microbulles injectées par voie IV, à l’origine d’une différence d’échogénicité des vaisseaux qui les contiennent et qui permettent de préciser le mode de vascularisation d’une lésion.
Edit. 2018

Syn. opacifiant, agent de contraste

gadolinium

[B2,B3]

radio-immunodosage n.f.

Technique de dosage radio-isotopique permettant la mesure de très faibles concentrations d’un antigène donné dans un liquide biologique

Les radio-immuno-dosages sont basés sur le principe d’une compétition entre un antigène marqué par un radio-isotope,  présent en concentration connue, et le même antigène en concentration inconnue dans le liquide biologique à étudier,  pour fixation sur un anticorps spécifique : plus la concentration d’antigène à doser sera élevée dans le liquide biologique à étudier, moins l’antigène radio-marqué pourra se fixer sur l’anticorps spécifique. La radioactivité des complexes antigène-anticorps formés sera donc inversement proportionnelle à la concentration de substance à doser. Après séparation des complexes antigène-anticorps et mesure de leur radioactivité, la comparaison du résultat trouvé à une gamme d’étalonnage donnera la concentration de l’antigène dans le liquide biologique étudié. Sur ce principe de base ont été développées de nombreuses variantes et de multiples applications, particulièrement en hormonologie. Toutefois, en raison des contraintes liées à l’utilisation de radio-isotopes, beaucoup de radio-immuno-dosages tendent actuellement à être remplacés  par des méthodes dites « froides », non radio-isotopiques, telles que les immuno-enzymodosages (« ELISA ») ou l’électro-chimioluminescence

Syn.  : dosages radio-immunologiques, radio-immunoessais

Abrév.  : RIA

scintigraphie placentaire l.f.

placentography

Technique de localisation placentaire par fixation élective d'isotopes radioactifs liés à la sérumalbumine. préalablement introduits par voie intraveineuse.
Elle est pratiquée à l'aide d'un scintigraphe en position fixe (scintigraphie statique) ou qui se déplace automatiquement (scintigraphie par balayage).

Étym. lat. scintilla : étoile ; gr. graphein : écrire

Syn. placentographie

scintigraphie

sélénium n.m.

selenium

Élément de numéro atomique 34 et de masse 79, analogue au soufre, qu’on trouve sous forme de séléniures dans plusieurs minerais naturels, mais aussi dans certaines molécules protéiniques des êtres vivants dites sélénoprotéiques.
À ce titre, le sélénium est un oligoélément indispensable dont on estime le besoin chez l’Homme entre 50 et 200 μg/j. Le sélénium naturel contient plusieurs isotopes : 74Se, 76Se, 77Se, 78Se, 80Se, 82Se. Les deux plus abondants sont les 78Se et 80Se.
La concentration plasmatique de sélénium conditionne la biosynthèse de glutathion-peroxydase et la lutte des cellules contre les peroxydations ; elle est de l’ordre de 30 à 50 nmol/L.
Symb. Se

synchrotron n.m.

synchrotron

Accélérateur circulaire de particules chargées, utilisant un champ électrique de très haute énergie.
En médecine, il sert principalement à fabriquer des radio-isotopes.

technétium 99m n.m.

technetium 99m

Élément 43 (99mTc) de la classification de Mendeleïev, radioélément artificiel le plus utilisé en médecine sous forme de générateur ; descendant du molybdène 99, c'est le seul élément qui n'existe pas sur terre à l'état naturel car tous ses isotopes sont radioactifs et constituent la première espèce chimique créée artificiellement (1937).
Le technétium 99m, radiopharmaceutique courant, présente des propriétés physiques particulièrement bien adaptées à la détection (période physique de 6 heures ; émission de photons gamma monoénergétiques de 142 KeV facilement décelés par les gamma-caméras  (irradiation faible du patient).
Sur le plan clinique, il est relativement facile à incorporer à des molécules très variées (complexes phosphatés se fixant sur le squelette; microsphères d'albumine utilisées en scintigraphie de perfusion pulmonaire, molécules détoxiquées par le foie) permettant d'effectuer les examens de divers organes. Sous forme d'ion pertechnétate, il est utilisé en scintigraphie thyroïdienne. Actuellement, on l'associe à un colorant pour la détection d'adénopathies axillaires dans le cancer du sein et d’adénopathies iliolomboaortiques dans le cancer du testicule ou de la maladie de Hodgkin.
A noter que le technétium 99m (période de 200 000 ans) constitue un rejet mineur des centrales nucléaires.

traceur radioactif l.m.

radiotracer, radioactive tracer

Indicateur (radionucléide) utilisé dans l'étude des phénomènes biologiques, chimiques, immunologiques.
L'isotope radioactif, émetteur de rayonnement γ, est introduit dans l'organisme. Il est suivi à la trace et détecté par des compteurs à scintillation : sa concentration est matérialisée sur des graphiques, cartographies, scintigraphies. L'étude dynamique de la diffusion des radio-isotopes et de leur élimination de l'organisme permet d'en déterminer le métabolisme.
Cette méthode est également utilisée en industrie.

radiopharmaceutique

U

1) Symb. des isotopes de l’uranium : 238U, 233234U et 235U
2) Abrév. d'unité.
3) Symb. de l'uracile ou de l'uridine dans la formule des nucléotides ou de l'acide uridylique dans la formule des acides ribonucléiques.

acide ribonucléinique

uranium n.m.

92e élément de la classification de Mendéléev, métal lourd qui possède 26 isotopes connus, tous radioactifs, dont 3 seulement sont présents à l'état naturel : 238U à 99,28% (période : 4,5 milliards d’années), 235U à 0,72%  (période : 704 millions d’années) et traces de 234U.
Le 233U est un isotopoe radioactif artificiel obtenu par irradiation du thorium. L’uranium est essentiellement utilisé dans l’industrie nucléaire.
La radioactivité naturelle des sels d'uranium a été mise en évidence en 1896 par Henri Becquerel. C'est du minerai d'uranium (pechblende) que Pierre et Marie Curie ont extrait en 1898 le polonium et le radium (le Prix Nobel de physique de 1903 fut partagé entre les trois physiciens).
La fission de l'uranium, décrite en 1938, a eu pour conséquence le développement de la bombe atomique, mais aussi de l'énergie nucléaire par fission maîtrisée.
Les cancers tardifs contractés par les premiers ouvriers extrayant le minerai ont été particulièrement étudiés en tant qu'exemple quasi-expérimental de cancérogénèse induite par les rayonnements. L'uranium est un radiotoxique faisant l'objet d'une surveillance systématique chez les personnes exposées.

radium

xénon radioactif (133Xe) l.m.

radioactive xenon

Isotope radioactif du gaz inerte xénon, qui est le seul couramment utilisé en médecine.
Isotope 133 du xenon, émetteur β et γ (80 KeV), il est employé avant tout pour la scintigraphie pulmonaire de ventilation (sous forme gazeuse par inhalation) couplée à une scintigraphie de perfusion pulmonaire, dans la recherche d'embolies et aussi pour l'étude fonctionnelle de certaines insuffisances respiratoires. En IRM, il peut être utilisé comme opacifiant des voies respiratoires.
Mis en solution liquidienne et injecté localement par voie artérielle, il permet, grâce à sa diffusibilité, de mesurer des débits sanguins régionaux (cerveau, myocarde, muscles, etc.). Ce gaz, de période physique relativement longue (5,3 jours), pose quelques problèmes particuliers de radioprotection du personnel et de l'environnement qui limitent son emploi.
Le xénon a une vingtaine d'isotopes radioactifs, Knipping et coll. (1951) utilisèrent le 133Xe pour le dépistage des cancers du poumon par des compteurs Geiger à l'époque.

W. de Almeida, médecin brésilien, H. W. Knipping, médecin interniste allemand (1951)

[B1 ]

zinc n.m.

Le zinc contient 5 isotopes naturels, dont les principaux, 64Zn et 66Zn, constitue 76 %, les autres, 67Zn, 68Zn, 70Zn, n'étant présents qu'en faible proportion.
Métal indispensable à la croissance des plantes et des animaux, qu'on trouve en petites quantités dans de nombreux aliments. Le besoin pour l'Homme est de 20 mg/j. Il joue un rôle dans la structure de certaines protéines et dans l'activité de certains enzymes.
De nombreux métalloenzymes contiennent du zinc : anhydrase carbonique, carboxypeptidases, superoxyde-dismutase, aldolase, phosphatase alcaline, et des déshydrogénases à NAD, alcool-déshydrogénase, malate-déshydrogénase, glutamate-déshydrogénase.
Les protéines à doigts de zinc (ou« protéines digitées" ») qui se fixent sur les chaînes d'ADN pour régler l'expression des gènes, servent de récepteurs pour certaines hormones. Symb. Zn
Protéines à doigts de Zinc

calcium radioactif l.m.

radioactive calcium

Ensemble des isotopes radioactifs du calcium parmi lesquels trois ont été utilisés pour étudier le métabolisme calcique chez l'animal, voire chez l'Homme :45Ca , 47Ca , 49Ca
Pour l'Homme, cette technique a été remplacée par des procédés plus directs et moins lourds; elle sert encore chez l'animal pour des études du métabolisme osseux (phénomènes de nucléation et de croissance).

activation neutronique (analyse par)

[C1]

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