Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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connectome n.m.

connectome

Le connectome est le plan complet des connexions neuronales dans un cerveau ; il révèle les aires cérébrales et leurs connexions.
La connectomique étudie la production et l'étude des connectomes. À l'échelle microscopique, elle décrit la disposition des neurones et des synapses à l'intérieur d'une partie ou d'une totalité du système nerveux d'un organisme. À l'échelle «macroscopique», elle étudie la connectivité fonctionnelle et structurelle entre toutes les aires corticales et les structures sous-corticales. On visualise ainsi le cerveau au repos et le cerveau accomplissant des tâches cognitives. Ils sont caractérisés par deux réseaux activés en alternance.
Le projet du connectome humain, financé par l'Institut national de la santé des États-Unis, a pour but de construire un plan du réseau de cerveaux d'humains adultes en bonne santé.

→ omiques (sciences), connectomique

[A1,H1,H5]

conotoxine n.f.

conotoxin

Toxine polypeptidique du venin des cônes (Mollusques de la famille des Conidae); constituée de 10 à 40 acides aminés.
Chaque venin de cône contient plusieurs types de toxine ; il y a une centaine de peptides par espèce. On classe schématiquement les conotoxines en six types :
ω (oméga) – toxines, bloquant le canal calcique, d'où interruption de la transmission des messages nerveux par le glutamate notamment,
μ (mu) – toxines bloquant les canaux sodiques post-synaptiques des muscles squelettiques, ce qui entraîne une paralysie flasque,
α (alpha) – toxines bloquant les récepteurs nicotiniques à l'acétylcholine, aussi bien neuronaux que musculaires, ce qui produit un effet curarisant avec paralysie flasque,
ψ (psi) - toxines bloquant aussi les récepteurs nicotiniques, ce qui produit une paralysie flasque,
κ (kappa) – toxines bloquant les canaux potassium voltage-dépendants et / ou les canaux calcium.
La grande diversité des effets produits par chaque conotoxine et la spécificité du récepteur sur lequel agit chacune d'elles en font des outils de choix pour les pharmacologues et laissent espérer des effets intéressants pour le traitement de nombreuses maladies du système nerveux. Le Ziconotide, en particulier, est une ω – conotoxine de Conus magus utilisée comme analgésique.

→ piqûre de cône

[D2]

Édit. 2015

conscience n.f.

awareness, consciousness

1. Perception que nous avons de notre existence, des états et des actes de notre esprit, de ce qui se passe en nous, et de l'effet produit en nous par ce qui se passe hors de nous.
Par rapport à la vigilance, la conscience dépasse un niveau surtout psychophysiologique et se situe dans l'ordre subjectif de l'activité psychique. Appréhendée notamment comme un "état", un "courant", puis une "intentionnalité" qui s'écarte vers l'objet et se trouve toujours en situation, et comme "l'expérience sensible du présent représenté" (H. Ey). Dans la perspective organodynamique, la conscience occupe le sommet de la pyramide psychique.
2. Fonction d'un système perception-conscience, où cette dernière a le rôle d'un organe sensoriel pour la perception des qualités psychiques, sans rien de proprement quantitatif


S. Freud, neuropsychiatre autrichien (1915)

→ inconscient, instance

[H4]

constante de temps l.f.

time constant

1)Temps où une valeur caractérisant un phénomène décroissant est réduite au 1/3.
2)Temps au bout duquel cette valeur a augmenté des 2/3 pour un phénomène croissant, tendant exponentiellement vers un état d'équilibre.
Quand, p. ex. chez un sujet en état d'équilibre, la concentration d'une substance donnée est modifiée par l'injection ou l'inhalation de la même substance, on va vers un nouvel équilibre humoral, caractérisé par une nouvelle valeur plus grande de la concentration, la constante de temps est le temps au bout duquel la concentration a augmenté des 2/3. De même, lors du retour à l'état antérieur, la constante de temps est le temps où la concentration est réduite au 1/3 de la valeur maximale atteinte.
Dans tous les domaines, une action lente amenant le passage d'un état d'équilibre à un nouvel équilibre ne se fait pas instantanément mais de façon exponentielle, les constantes de temps d'aller et de retour peuvent être égales s'il n'y a pas eu de métabolisme de la substance donnée. En présence d'une inertie, les choses sont moins simples, une action rapide peut induire des oscillations qui se superposent à l'exponentielle. En réanimation, du fait de l'inertie du système circulatoire, ces oscillations peuvent être cause d'accidents : p. ex. l'injection intraveineuse trop rapide d'un produit actif peut induire un collapsus. D'une manière générale la correction trop rapide d'un déséquilibre humoral peut provoquer des complications. Le collapsus de reventilation en est un exemple.

→ demi-vie, échanges gazeux, exponentielle (fonction), inertie

[C2]

continuation azygos de la veine cave inférieure l.f.

interrupted inferior vena cava

Malformation congénitale du retour veineux au cœur dans laquelle la veine cave inférieure au lieu de se jeter dans le pôle inférieur de l’atrium droit, monte se jeter dans la veine azygos et par l’intermédiaire de celle-ci dans la veine cave supérieure.
Liée à une agénésie segmentaire de la veine cave inférieure (VCI) dans sa portion sous-hépatique, elle réalise la persistance d’une disposition embryonnaire avec dilatation du système veineux azygos à l’étage sous diaphragmatique. Cette malformation morphologique n’aurait pas en elle-même de conséquence fonctionnelle (hémodynamique ou physiologique). Mais elle peut être responsable de thrombose veineuse profonde chez l'adulte jeune. Elle peut compliquer techniquement l’établissement d’une circulation extracorporelle (CEC).
 

Syn. interruption de la veine cave inférieure

[K1, K2, K3, K4, Q2]

Édit. 2020

convulsion n.f.

convulsion

Contraction violente et involontaire de tous les muscles d'une région ou de tout le corps produisant des mouvements désordonnés, avec parfois des arrachements ligamentaires.
Selon la durée des contractions on distingue les convulsions cloniques (suite de contractions rapides plus ou moins régulièrement espacées) et des convulsions toniques (spasmes plus ou moins durables), interrompues parfois par une secousse.
La convulsion est une réponse du système nerveux central à une irritation locale de l'encéphale (cicatrice, infection, compression, hyperthermie), à un déséquilibre ionique du sang ou à une intoxication (ex. toxicité de l'oxygène), si elle comporte plusieurs contractions successives on parle de crise convulsive.
Bien que les convulsions puissent être, ou non, en rapport avec une comitialité, elles signifient souvent traditionnellement des crises épileptiques.
On réserve le terme de myoclonie aux contractions convulsives d'un seul muscle.

Étym. lat. médiéval convulsio : convulsion (de convello : arracher la laine du mouton)

→ épilepsie, crise convulsive, oxygène (accident et toxicité de l'), myoclonie

[H1]

coordination

coordination

Association harmonieuse des contractions des muscles permettant d’accomplir un mouvement volontaire.
Elle est sous la dépendance du système nerveux central et en particulier du cervelet. Les troubles de la coordination constituent l’ataxie.

→ ataxie

[H1]

coronarite et psychisme

coronaritis and psychism

1) L'athérome coronarien, la décompensation d'une coronarite latente et surtout l'infarctus du myocarde surviendraient préférentiellement chez les personnalités de type A.
Dans ses caractères sont regroupés l'impatience, l'incapacité à attendre et à différer une décision, le sentiment de l'urgence du temps et la compétitivité permanente. Ces sujets seraient deux fois plus exposés à l'infarctus du myocarde que le type B, défini surtout par l'absence des caractéristiques du type A. Par contre, avec ce dernier, les suites seraient plus favorables.
En fait, l'accord n'est pas réalisé sur la spécificité ni même le rôle de cette disposition. Les diverses particularités psychologiques avancées semblent passer au second plan par rapport aux facteurs de risque classiquement décrits : tabagisme et hypercholestérolémie notamment.
2) De profonds dysfonctionnements neurovégétatifs secondaires à des circonstances plus ou moins éprouvantes peuvent conduire à des thromboses aigües.
Un déséquilibre du même système autonome expliquerait le lien admis désormais entre la dépression et les cardiopathies ischémiques.
La distinction entre causes et effets reste bien difficile.

M. Friedman, RH Rosenman, médecins américains (1959)

→ cardiopathie et psychisme

[K2,H4]

correction d'épreuve l.f.

proof-reading

En génétique, système de reconnaissance et d'élimination des erreurs apparaissant au cours de la réplication de l'ADN et au cours de la traduction.
Dans la réplication de l'ADN, c'est l'ADN polymérase III elle-même, qui, par son activité nucléasique, reconnaît, enlève et remplace les nucléotides mal appariés.

→ appariement des bases, réparation de l'ADN

[Q1]

coulomb (C) n.m.

coulomb

Unité de charge ou de quantité d’électricité du système S.I., il correspond à un courant de 1 ampère pendant 1 seconde.
En radiodiagnostic on exprime la quantité d’électricité traversant le tube à rayons X en « milliampères-secondes » (= millicoulombs). La charge de l’électron (1,6.10-19C) est généralement utilisée comme unité pour exprimer la charge des particules.

C. Coulomb, physicien français (1736-1806)

→ force de Coulomb

[B1]

courbe d'accord l.f.

tuning curve

Courbe traduisant les propriétés de sélectivité fréquentielle du système auditif.
Depuis l’oreille interne jusqu’au cortex temporal, les diverses structures sensorielles auditives (cellules, fibres) sont douées de propriétés de sélectivité fréquentielle. Cette sélectivité fréquentielle s’étudie en recherchant le seuil de réponse d’une structure donnée en fonction de la fréquence du son stimulant. La courbe obtenue est la courbe d’accord. Elle présente habituellement deux parties : la pointe et la queue de la courbe. La fréquence pour laquelle le seuil de réponse est le plus bas est nommée fréquence caractéristique.

[P1]

cozymase n.f.

cozymase

Facteur dialysable de l'extrait de levure indispensable à l'activité enzymatique de la fermentation du glucose, qui complète l'ensemble des protéines enzymatiques, non dialysables, auxquelles on a donné le nom d'apozymase, pour constituer le système actif de la zymase.
La cozymase a été identifiée au NAD, qui fut appelé initialement coenzyme I, puis codéshydrogénase I.

[C1]

crèche familiale l.f.

Service de crèche assuré par des gardiennes agréées (assistantes maternelles le plus souvent) pour garder des enfants de moins de trois ans durant la journée de travail de leur mère.
Ce système à effectifs réduits, comparé à la crèche collective, a un coût moindre d’investissement et de fonctionnement et de bonnes conditions de vie psychoaffective, ce qui favorise son expansion. Des puéricultrices diplômées sont chargées de contrôles réguliers auprès des gardiennes.

Syn. garderie d’enfants, halte-garderie

[O1,E]

crise épileptique partielle l.f.

epileptic partial fit, seizure

Crise épileptique dont les premières manifestations cliniques sont en rapport avec un système anatomique et fonctionnel de neurones, limitées à une partie d'un seul hémisphère et dont les signes ou symptômes dépendent de l'origine et de la propagation des décharges critiques.
Ces crises sont subdivisées en trois groupes :
- simples, avec signes moteurs (crises somatomotrices avec développement jacksonien, ou crises localisées toniques, cloniques ou tonicocloniques, ou crises dites versives, ou crises phonatoires), avec signes sensitifs ou sensoriels (crises sensitives extensives ou non, visuelles, auditives, olfactives, gustatives, vertigineuses), avec signes végétatifs (digestifs, cardiovasculaires, urogénitaux, respiratoires, oculaires intrinsèques, touchant la thermorégulation), enfin avec signes psychiques (crises cognitives, état de rêve, notamment) ;
- complexes, intéressant une partie suffisante du cerveau pour altérer la conscience, mais insuffisante pour provoquer une crise tonicoclonique généralisée ;
- partielles simples ou complexes, secondairement généralisées.
L'expression électro-encéphalographique est une décharge rythmique de pointes et/ou d'ondes lentes plus ou moins localisées, quelquefois bilatérales et alors symétriques et asynchrones. L'absence de traduction graphique est également possible.

Syn. crise épileptique focale

→ épilepsie

[H1]

cryomicroscopie électronique l.f.

electronic cryomicroscopy

La cryomicroscopie utilise une technique de vitrification qui permet d’obtenir un échantillon à examiner en microscopie électronique qui ne soit ni gelé ni liquide.
Un examen normal en microscopie électronique nécessite que l’échantillon soit déshydraté, coloré ou exposé aux rayons X. Ces techniques altèrent l’échantillon et ne permettent pas de l’examiner à l’état naturel. Pour qu’une molécule conserve son état originel au moment de l’observation il faut le refroidir. On ne peut pas se contenter de la congeler car l’eau contenue dans l’échantillon deviendrait solide (cristallisation) et ce gel l’altèrerait. La vitrification permet d’obtenir un échantillon ni gelé ni liquide. Pour y arriver, il faut soit utiliser des produits, des cryoprotecteurs, pour faire chuter la température, soit provoquer une baisse extrêmement rapide de la température, de sorte que le gel n’ait pas le temps de se former. L’eau se solidifie tout en gardant sa forme liquide. Les échantillons biologiques gardent ainsi leur forme naturelle. Cette méthode, utilisée en biochimie et en biologie moléculaire, permet de «voir» l'enchaînement des atomes dans de grosses molécules biologiques dans de l'eau. L'idée a été d'adapter la microscopie électronique à des protéines, des molécules très complexes du vivant, dont certaines propriétés dépendent de leurs «forme». Pour figer ces protéines avant de les regarder sous un microscope électronique, les protéines en solution ont été «figées», avec de l'eau «vitrifiée». C'est-à-dire qu'elles sont gelées très rapidement en les plongeant dans un bain d'azote liquide (- 196°C). La rapidité de la congélation fige les biomolécules. Leur état est alors préservé malgré la pression du système de mise sous vide des microscopes électroniques. Grâce à cette technologie, il est possible d’observer des mécanismes vivants complexes à l’échelle de l’atome
J. Dubochet a mis cette technique au point dans les années 1980. De 1975 à 1986, J. Frank a élaboré une méthode de traitement des images adaptée aux protéines, leurs formes en 3 dimensions étaient recréées au moyen d'un flux d'électrons qui les éclairent sous différents angles. Enfin, en 1990, R. Henderson a permis de préciser la méthode de visualisation pour déterminer l'enchaînement des atomes. Il a, le premier, produit une image en 3D en microscopie électronique d'une protéine, la rhodopsine, une avancée qui a permis de démontrer tout le potentiel de l'approche de Dubochet.
L'image pour mieux comprendre la cryomicroscopie électronique a, depuis l'époque des pionniers, fait des progrès. Les chercheurs ont désormais accès à des processus moléculaires inconnus jusqu'ici et qui permettent non seulement de mieux comprendre les ressorts chimiques de la vie mais aussi de développer de nouveaux médicaments. Récemment lorsque le rôle du virus Zika a été mis en cause dans la survenue des anomalies cérébrales des nourrissons au Brésil, les scientifiques « ont eu recours à la cryo-EM (cryomicroscopie électronique) pour visualiser le virus », comme l’a rappelé le comité Nobel.

J. Dubochet, chimiste suisse (1980) ; J. Frank, chimiste américain (1986) ; R. Henderson, chimiste britannique (1990), ; tous trois prix Nobel de chimie en 2017

Étym. gr. kruos: froid ; micros : petit : scopein : voir

[A2,A3,B1,B3]

Édit. 2017

CYBA gene acr. angl. pour cytochrome b-245 alpha chain

Localisé en 16q24.2, ce gène code pour la chaîne alpha du cytochrome b-245, dénommée aussi p22-phox, qui est une sous-unité du groupe enzymatique NADPH-oxydase dont le rôle est essentiel dans le système immunitaire.
Au sein de ce groupe enzymatique, la chaîne alpha du cytochrome b-245 est la partenaire d’une chaîne bêta produite par le gène CYBB. Ces deux chaînes alpha et bêta sont nécessaires à l’action de la NADPH-oxydase.
Les mutations de ce gène sont à l’origine de la granulomatose septique.

Syn. CY24A_HUMAN, cytochrome b-245 light chain, cytochrome b-245, alpha polypeptide, cytochrome b(558) alpha chain, cytochrome b558 subunit alpha, cytochrome b light chain, flavocytochrome b-558 alpha polypeptide, neutrophil cytochrome b 22 kDa polypeptide, p2

→ granulomatose septique, CYBB, cytochrome b

CYBB gene sigle angl. pour cytochrome b-245 beta chain

Localisé en Xp21.1-p11.4 ce gène code pour la chaîne bêta du cytochrome b-245, dénommée aussi p91-phox, qui est une sous-unité du groupe enzymatique NADPH-oxydase dont le rôle est essentiel dans le système immunitaire.
Au sein de ce groupe enzymatique, la chaîne bêta du cytochrome b-245 est la partenaire d’une chaîne alpha produite par le gène CYBA. Ces deux chaînes alpha et bêta sont nécessaires à l’action de la NADPH-oxydase.
Les mutations de ce gène sont à l’origine de la granulomatose septique.

Syn. CGD91-phox, CY24B_HUMAN, cytochrome b-245 heavy chain, cytochrome b-245, beta polypeptide, cytochrome b(558) subunit beta, GP91PHOX, cytochrome b558 subunit beta, neutrophil cytochrome b 91 kDa polypeptide, p91-PHOX, superoxide-generating NADPH oxidase he

→ granulomatose septique, CYBA, cytochrome b

cybernine n.f.

cybernin

Substance sécrétée par une glande endocrine ou paracrine modulant la sécrétion d'une autre glande, en particulier en l'inhibant, dans un système "cybernétique" de rétro-inhibition.
Ce terme caractérise l'effet de la somatostatine qui joue un rôle de rétro-inhibiteur sur la sécrétion d'hormones digestives comme la gastrine, la cholécystokinine ou la sécrétine, hormones qui stimulent la sécrétion de somatostatine ; celle-ci inhibe aussi la sécrétion de la somathormone.

R. Guillemin, médecin endocrinologue américain, membre de l’Académie de médecine, prix Nobel de Médecine en 1977

Étym. gr. kubernein : diriger

[C1,O3]

cysticercose cutanée l.f.

subcutaneous cysticercosis

Parasitose due à la larve cysticerque (Cysticercus cellulosae) du Tænia solium.
L'Homme peut être parasité par la forme adulte du Tænia ou par la forme larvaire (cysticerque) dont l'hôte habituel est le Porc. En l'absence de cannibalisme, la cysticercose est une impasse parasitaire chez L'Homme. Celui-ci se contamine soit en ingérant des œufs, ou embryophores, par l'intermédiaire d'eau ou de végétaux souillés par des selles humaines, soit par auto-infestation après ouverture dans l'estomac d'anneaux provenant d'un ver adulte localisé dans l'intestin. Après éclosion, les embryons gagnent la grande circulation et se disséminent dans certains tissus : tissu sous-cutané, muscle, œil, système nerveux central,… où ils se transforment en larves cysticerques. Dans la cysticercose sous-cutanée, on observe un nombre variable de lésions, de 1 à plus de 1000, sous forme de petits grains fermes ou durs, mobiles, indolores, de la taille d'un plomb de chasse ou d'un grain de riz, surtout sur le tronc et les membres, avec parfois du prurit. Lorsque les larves sont calcifiées, elles sont visibles radiologiquement dans les parties molles. La sérologie est positive dans la phase active de la parasitose mais se négative par la suite ; l'hyperéosinophilie disparaît également lorsque les larves se calcifient. La confirmation diagnostique est apportée par l'examen anatomo-pathologique d'un nodule sous-cutané. Contrairement aux formes graves liées à une localisation cérébrale ou oculaire, la cysticercose cutanée ne nécessite habituellement aucun traitement.

→ cysticercose

[D1,J1]

cystolyse n.f.

bladder denervation

Technique chirurgicale visant à améliorer les troubles de capacité ou de compliance vésicale par section de toutes les afférences nerveuses.
Ce but est théoriquement obtenu par dissection totale périvésicale. Les échecs sont fréquents en raison du réseau multisynaptique du système nerveux végétatif, qui permet la réinnervation de l'organe.

[M2]

cytotactine n.f.

cytotactin

Protéine composée de six chaînes polypeptidiques de masse moléculaire de 190 à 250 kDa attachées entre elles à leur extrémité NH2-terminale par des ponts disulfure (d'où le nom d'hexabrachion qui lui a été donné), et qui joue un rôle dans la morphorégulation des tissus au cours de l'embryogénèse.
Dans le système nerveux, elle est synthétisée par la glie et dirige la migration des neurones.

Étym. gr. kutos : cellule ; lat. tactus : toucher

Syn. ténascine

[C1]

débitmètre de pointe l.m.

peakflowmeter

Petit appareil portable, peu encombrant, permettant la mesure instantanée du débit expiratoire de pointe.
En soufflant à travers un embout, le sujet déplace un curseur devant une échelle graduée permettant la lecture immédiate du débit en litres par minute. Ce système permet la surveillance à domicile de certaines affections respiratoires chroniques telles la BPCO et l'asthme. Il peut aider à la reconnaissance de maladies asthmatiques professionnelles grâce à son utilisation possible pendant le travail.

Étym. déverbal du verbe franco-normand débiter : couper un tronc en morceaux

débranchement (accident de) l.m.

disconnecting accident

En anesthésie-réanimation, ces accidents, qui peuvent être très graves, se voient dans de nombreuses circonstances.
1) Interruption inopinée de la connexion entre les composants d'un système anesthésique utilisé chez un patient en ventilation spontanée, assistée ou contrôlée (risque d'hypoxie).
2) Interruption des raccordements reliant le patient à un appareil de ventilation artificielle.
3) Déconnexion d'un cathéter intravasculaire d'avec son dispositif de perfusion ou de mesure (risque d'hémorragie).
4) Débranchement de l'alimentation (électrique ou en gaz moteur) qui assure la marche d'un appareil suppléant une fonction vitale.
Une alarme de débranchement accidentel et un dispositif de secours doivent être prévus sur tout appareil assurant une fonction vitale (ex. appareil d'anesthésie, respirateur). Même si le débranchement est rapidement détecté et pallié, cet incident critique doit être signalé et l'on doit veiller à ce qu'il ne se reproduise pas.
1) La déconnexion inopinée du circuit respiratoire doit être localisée et corrigée immédiatement. Pour éviter les accidents, les raccords doivent être solidement fixés.
2) Même si le patient a conservé une certaine ventilation spontanée, le débranchement d'un tuyau du respirateur ne lui permet pas en général d'assurer une ventilation efficace du fait de l'espace mort d'appareillage. Aussi tous les respirateurs doivent être équipés de dispositifs de mise à l'air libre à faible espace mort et d'alerte au débranchement.
3) Le débranchement d'un cathéter vasculaire peut entraîner une embolie gazeuse s'il est placé dans une portion vasculaire en dépression (veine cave, oreillette droite) ou une hémorragie s'il est dans une portion vasculaire à pression supérieure à la pression atmosphérique.
4) La panne d'alimentation électrique ou de gaz moteur est un risque très grave pour une unité de réanimation, une salle d'opération ou une salle de réveil.

G. B. Venturi, physicien italien (1746-1822)

→ accident, espace mort, incident critique, fonction vitale (appareil assurant une), Venturi (effet)

décomplémentation n.f.

heat-inactivation.
Inactivation du système du complément et d'autres enzymes par chauffage à 56° pendant 30 mn.
In vivo chez l'animal, la décomplémentation est obtenue par injection de facteur de venin de cobra.

décompression (accident de plongée par) l.m.

decompression accident in diving

La décompression correspond à la baisse de pression rapide à l’origine de barotraumatismes : rupture des parois des cavités closes de l'organisme par dilatation des gaz contenus dans la cavité (à glotte fermée, les poumons se comportent comme une cavité close) selon la loi de Boyle-Mariotte, qui montre que le volume d’un gaz augmente quand la pression diminue.
Il y a simultanément libération des gaz dissous dans le sang et dans les tissus (azote principalement), surtout lors d'une remontée trop rapide et sans paliers de désaturation. On parle alors d’accidents de désaturation (loi de Henry).
Après un séjour plus ou moins prolongé sous l'eau, la remontée rapide à l'air libre entraîne des accidents immédiats par dilatation de l'air dans les poumons (au niveau de la mer un volume gazeux double entre dix mètres de profondeur et l'arrivée à l'air libre, à 5000 mètres d'altitude (ex. lac de montagne), le volume double pour cinq mètres seulement).
Au niveau de la mer, à partir d'une remontée de neuf mètres déjà, il se forme des bulles d'azote dans les tissus et dans le sang. Ces petites bulles s'entourent d'une couche lipidoprotéique sur laquelle se fixent des plaquettes, puis des leucocytes qui activent le facteur XII de la coagulation. Cela peut être à l'origine d'une coagulation intraveineuse disséminée si on ne réduit pas rapidement les bulles par recompression. De toute façon, ces bulles forment des corps étrangers qui augmentent la viscosité du sang et sont à l'origine de micro-embolies capillaires. Elles se déplacent dans les vaisseaux avec violence et frappent les parois en les agressant, d’où un appel de plaquettes in situ. Si elles sont nombreuses elles ralentissent l'élimination des gaz par les voies aériennes et entraînent une stase pulmonaire et cérébrale. Au niveau pulmonaire, cette stase surcharge le cœur droit et peut causer un œdème pulmonaire. Elle se traduit cliniquement par une douleur thoracique, une dyspnée et des signes de choc. Au niveau du système nerveux elle se manifeste par des signes plus ou moins graves : parésie, hémiplégie, coma au niveau central et monoplégie ou paraplégie au niveau de la moelle, surtout pour la moelle lombaire qui est moins bien vascularisée, avec un lacis veineux très important, pouvant se thromboser en masse.
La poursuite du phénomène entraîne une coagulopathie généralisée, à l’origine de thromboses massives par agrégats de multiples cellules sanguines, et on parle alors de la maladie de désaturation, peu sensible au passage en caisson et de très mauvais pronostic. Des accidents tardifs peuvent s'observer ensuite car les tissus à faible irrigation peuvent être lésés par le dégagement d'azote, notamment au niveau des cartilages articulaires (signe des douleurs aux genoux et aux coudes - "bends" - après la plongée).
La prévention de tels d'accidents se fait par le respect de règles de sécurité précises tenant compte du temps de plongée et de la vitesse de remontée. Des tables de plongée instituant des paliers de décompression à la remontée permettent une bonne évacuation des gaz dissous et évitent les accidents. Ces tables sont établies à partir du niveau de la mer, mais pour les plongées dans les lacs de montagne il faut être plus sévère car la pression atmosphérique diminuant, le diamètre des bulles augmente. Pour les plongées profondes l'emploi de mélanges d'hélium et même d'hydrogène après une dénitrogénation préalable sont indispensables. L’utilisation d’ordinateurs de plongée de plus en plus perfectionnés est utile.
Les accidents immédiats de décompression se voient plus facilement chez les amateurs, mais peuvent survenir chez tout plongeur : prurit cutané («les puces») avec urticaire localisée (« moutons »), douleurs ostéomusculaires des grosses articulations ("bends") ; décompression a minima ou explosive (forme pulmonaire avec rupture des poumons, accidents cérébraux, médullaires, de l'oreille moyenne, troubles cardiaques). Des accidents tardifs d'ostéonécrose par répétition de micro-embolies gazeuses (maladie des caissons, classée comme maladie professionnelle) se voyaient chez certains plongeurs professionnels, mais sont devenues exceptionnelles. Le tableau 29 des maladies professionnelles en permet l’indemnisation.
En urgence, tout signe neurologique central ou périphérique doit être recherché. Le traitement d'urgence est basé sur la recompression en caisson, allant de 6 ATA à 2 ATA (des caissons de transport individuel sont utilisés en premier secours) pour réduire et si possible supprimer les bulles, l'inhalation d'oxygène évite l'entrée d'azote et abaisse l'importance de la recompression, mais celle-ci peut durer 8 h selon les tables thérapeutiques. Les soins de réanimation d'urgence seront administrés selon la clinique. Si l'on ne dispose pas de caisson l'oxygénothérapie a déjà une certaine efficacité. S'il n'y a pas de troubles graves, un retour en plongée pour effectuer correctement les paliers de décompression est une solution de fortune chez un plongeur bien conscient.

→ barotraumatisme, bends, hélium, oxygénothérapie hyperbare

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