Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

79 résultats 

Goeckerman (traitement de) l.m.

Goeckerman’s technique

Méthode de traitement du psoriasis surtout utilisée aux États-Unis, consistant en une application de pommade au goudron, éventuellement sous occlusion, suivie le lendemain d'une exposition aux rayons ultraviolets B.

W. H. Goeckerman, dermatologiste américain (1925)

coaltar, goudron

hypertension artérielle (traitement de l') l.m.

antihypertenseur (médicament)

induction (traitement d') l.f.

induction therapy, induction period

Phase initiale d'un traitement visant à obtenir une réduction tumorale maximale, utilisé le plus souvent dans le traitement des hémopathies malignes.
Elle est parfois suivie, selon les protocoles thérapeutiques, d'une phase de consolidation destinée à parfaire la réduction tumorale et à prévenir une rechute éventuelle.

Étym. lat. inductio : action d'introduire, de conduire (inducere : tirer dedans, vers)

infarctus cérébral (symptômes, évolution, traitement) l.m.

cerebral infarct (symptoms, outcome, treatment)

Accident ischémique qui peut être transitoire (AIT, trop bref pour déterminer une nécrose, souvent révélateur d'athérome des vaisseaux du cou) ou durable (infarctus proprement dit).
Qu'ils soient de nature hémodynamique (rétrécissement serré avec débordement des suppléances par le polygone de Willis et les anastomoses corticales) ou liés à la migration de thrombus formés sur une plaque ulcérée, les AIT peuvent comporter en clinique : amaurose transitoire, hémiparésie, hémi-paresthésies, aphasie ou troubles visuospatiaux pour les sténoses de l'une ou de l'autre carotide ; vertige, diplopie, chute ("drop attack") pour l'athérome des artères vertébrales.
Selon le siège de l'obstacle et le jeu des suppléances, la sémiologie durable des infarctus peut comporter : un ictus apoplectique (coma et hémiplégie massive) dans les thromboses de la carotide interne, bien qu'une compensation totale ou partielle soit possible (lésions alors maximales dans le territoire des branches profondes, terminales, de la cérébrale moyenne et dans les "derniers prés" des zones limitrophes des artères du cortex) ; hémiplégie proportionnelle, troubles arthriques, voire aphasie sous-corticale des infarctus sylviens profonds ; hémiplégie brachiofaciale avec, en fonction de l'hémisphère lésé, aphasie de Broca ou de Wernicke, apraxie ou syndrome de l'hémisphère mineur, dans les infarctus sylviens superficiels ; monoplégie crurale des infarctus du territoire de la cérébrale antérieure ; hémianopsie latérale homonyme et éventuellement hémianesthésie thalamique dans ceux de la cérébrale postérieure ; syndrome cérébelleux ou divers syndromes alternes (de Wallenberg notamment).
Le scanner X visualise l'infarctus après 24 à 48 heures, sous forme d'une zone d'hypodensité. L'IRM le manifeste comme un hypersignal en T2) Dans les deux cas, l'utilisation d'une méthode de contraste révèle la rupture de la barrière sang-cerveau.
L'évolution des infarctus cérébraux est défavorable dans 20 à 30% des cas : aggravation des troubles neurologiques (transformation hémorragique, œdème, engagement) ou complications intercurrentes. Sinon, une régression débute après quelques semaines, qui reste limitée. Après six mois, les déficits persistants sont généralement définitifs. Interviennent aussi les risques de récidive et ceux liés à l'état cardiovasculaire.
Leur prévention se fonde sur le dépistage et le traitement de ce dernier (hypertension artérielle, coronaropathie, etc.). Lors d'un accident constitué, la désobstruction par une médication thrombolytique risque de provoquer une transformation hémorragique. Les conditions d'une telle thérapeutique sont exceptionnellement réunies. Le traitement symptomatique vise à maintenir le statut hydroélectrolytique, à réduire l'œdème cérébral, à prévenir les fausses routes et les complication de décubitus.

Étym. lat. infartus (terme de cuisine) : enfarci (bourré avec de la farce) ; le c de infarctus est une faute d'orthographe latine.

information en psychiatrie (traitement de l') l.m.

data processing in psychiatry

cognitivisme

intention de traitement (analyse en)   l.f.

intention to treat analysis

Au terme d’un essai randomisé, analyse des résultats selon le traitement qui a été théoriquement alloué par le tirage au sort, même si le sujet a reçu un autre traitement que celui qui était prévu par le tirage au sort, qu’elle qu’en soit la raison.

interféron (traitement par l') l.m.

interferon treatment

Utilisation thérapeutique de deux types d’interféron : l’interféron "classique" et l’interféron pégylé, dans le traitement des hépatites virales B et C.
L’interféron "classique", α 2a ou 2b et alphacon 1, est prescrit dans les formes chroniques actives de l’hépatite B, par voie injectable, en cures prolongées de plusieurs mois. L’interféron pégylé ou peg-interféron α 2a ou 2b, forme retard d’interféron, est utilisé, par voie injectable, dans certaines formes évolutives d’hépatite C, en monothérapie ou associé à la ribavirine et aussi, très récemment, au cours de l’hépatite B.
Dans ces deux indications, ce traitement, en dépit de contraintes importantes et d’effets indésirables fréquents, a fait la preuve de son efficacité.

hépatite B, hépatite C

lithium (traitement par) l.m.

lithium (treatment)

Traitement qui doit respecter les indications, et l'absence de contrindications : régime désodé, insuffisance rénale ou cardiaque sévère, usage de contraceptifs.
Il est de règle d'augmenter progressivement la posologie avec des contrôles lithiémiques hebdomadaires puis mensuels, permettant d'atteindre un taux plasmatique de 0,4 à 1,2 mmol/1, en fonction du rapport effets thérapeutiques/effets indésirables chez chaque patient. Ensuite, un contrôle de ce taux est effectué toutes les quatre à huit semaines.
La survenue d'effets indésirables peut inciter à revoir la posologie (les tremblements sont dose-dépendants), les conditions de prescription (plus grande fréquence du syndrome polyuropolydipsique en prises fractionnées qu'en monoprise vespérale), la nature de celle-ci (coprescription nécessaire devant certains effets secondaires, par exemple d'hormones thyroïdiennes pour une hypothyroïdie litho-induite).
L'évaluation de l'action de la lithiothérapie se fait après 10 à 15 jours dans un syndrome maniaque, après 12 à 24 mois d'un traitement prophylactique. Chaque année, seront vérifiées certaines fonctions hormonales (thyroïdienne, parathyroïdienne), l'état cardiaque (ECG) et rénal (créatininémie).
L'arrêt brutal du traitement de maintenance ou une chute brusque des taux sériques comportent un risque de récidive, notamment sous la forme d'épisode maniaque. L'arrêt doit donc être progressif en deux à quatre semaines. Le risque de rechute est important pour les troubles bipolaires de type I dans les six mois à un an suivant l'arrêt. Un risque de résistance secondaire à l'arrêt après six à 15 ans de lithium a été rapporté.

obésité (traitement chirurgical de l') l.m.

chirurgie bariatrique

Édit. 2017

observance d'un traitement l.f.

compliance

Respect par le patient des règles d'utilisation d'un médicament qui doivent avoir été exposées clairement par le médecin afin que le patient puisse bénéficier au mieux du médicament.
On insiste actuellement sur l’importance du « taux de maintien thérapeutique » qui souligne que c'est la durée thérapeutique et pas seulement l’observance du nombre de médicaments ou de la quantité prescrite qui est importante.

Édit. 2017

œuf de caille (traitement par l') l.m.

quail egg

Base ancienne du traitement des états allergiques, consistant en la prise matinale de séries d'œufs de caille.
Ce traitement était prôné en particulier en Europe de l'Est, en Russie, en Pologne. Aucune étude contrôlée de l'effet clinique de l'œuf de caille n'a été possible. Certains allergiques à l'œuf de poule peuvent présenter des accidents d'allergie immédiate à la prise d'œuf de caille.

Édit. 2017

plan de traitement l.m.

treatment protocol

Document comportant toutes les indications nécessaires à la réalisation d’une irradiation thérapeutique.
Il spécifie le type de rayonnement, les dimensions et directions des faisceaux, la dose totale et sa distribution dans le temps - dose par séance et étalement -.
Il est préparé par un repérage du volume-cible, une étude dosimétrique pour optimiser la balistique, un contrôle par simulateur des régions anatomiques traversées par les faisceaux.

balistique, film de contrôle, repérage, simulateur

probabiliste (traitement antibiotique) l.m.

Traitement antibiotique entrepris, devant un syndrome infectieux, sur des arguments cliniques, sans prélèvements bactériologiques préalables ou avant les résultats de ceux-ci.

sels d'or (traitement par) l.m.

chrysotherapy, gold treatment

Administration par voie parentérale de composants auriques, polymères hydrophiles, dans le traitement de la polyarthrite rhumatoïde.
L'auranofin qui est un monomère apolaire, liposoluble, pouvant traverser la barrière intestinale, est prescrit par voie orale.
On ignore le mécanisme de l'efficacité des sels d'or, pourvus de nombreuses propriétés in vitro et in vivo, dans cette affection. La posologie la plus répandue consiste à pratiquer à titre d'essai une injection de 25 mg, suivie d'une injection hebdomadaire de 50 à 100 mg jusqu'à une dose totale 1,20 à 1,25 g. La forme orale est administrée à raison de 6 mg/jour. La rémission n'apparaît en général qu'au bout de deux mois. La recherche d'une éventuelle albuminurie doit être pratiquée avant toute injection. Une surveillance de la formule sanguine et une recherche de protéinurie sont instaurées tous les 15 jours en début de traitement,  puis tous les mois.

  néphrotoxicité des sels d' or

thrombolytique (traitement) l.m.

thrombolysis

Traitement utilisé par voie intraveineuse ou intraartérielle destiné à provoquer la lyse d'un caillot sanguin artériel afin de rétablir la perméabilité de l'artère.
La thrombolyse est effectuée par voie intraveineuse en unité de soins intensifs cardiologique ou au domicile du patient par une équipe du SAMU ou encore par voie intraartérielle en salle d'hémodynamique. La thrombolyse précoce dans les premières heures a transformé le pronostic de l'infarctus du myocarde. Ce traitement s'applique aussi à l'embolie pulmonaire massive et l'ischémie aigüe des membres.
Les principaux thrombolytiques utilisés sont l'activateur tissulaire du plasminogène (rtPA), la streptokinase, l'urokinase, le lys-plasminogène-streptokinase. Ils agissent en transformant le plasminogène circulant inactif en plasmine, à l'origine de la dégradation de la fibrine et de la lyse du caillot. La fibrinolyse générale observée avec la plupart de ces médicaments entraine un effondrement du taux de fibrinogène circulant, ce qui amène un risque hémorragique majeur, et jstifie le respect draconien des contre-indications (interventions chirurgicales, accident vasculaire cérébral récent, hémopathie, coagulopathie, etc.).

anticoagulant

traitement de la maladie alcoolique l.m.

treatment of alcoholic disease

Programme thérapeutique cohérent, comprenant un ensemble de moyens thérapeutiques envisagés et mis en œuvre conjointement ou successivement, dans le but d'aider le sujet alcoolique et son entourage à changer leur mode de vie.
Les objectifs sont de traiter les complications somatiques et psychiques, d'obtenir l'abstinence, d'aider la personne à reconstituer ses capacités relationnelles et à retrouver une autonomie.
Les outils thérapeutiques (médicaments, techniques psychothérapiques individuelles ou de groupe) sont nombreux et ne se bornent pas au recours à la "cure de désintoxication" qui, dans l'opinion publique et dans une partie du corps médical, résume encore la prise en charge de l'alcoolo-dépendant.

Étym. arabe al -cohol : liquide distillé 

abstinence, alcoolique (cure de désintoxication), aversion, centre d'hygiène alimentaire et d'alcoologie, disulfirame

[G3,G4,G5]

traitement de l'eau destinée à la consommation humaine l.m.

Ensemble des techniques et équipements mis en œuvre pour produire de l’eau de consommation humaine à partir d’une eau issue du milieu naturel, non distribuable.
Les eaux de surface ou souterraines ne sont pas toujours d’une qualité conforme aux normes de qualité requises pour leur distribution en vue de la consommation humaine ; elles doivent donc subir une ou plusieurs phases de « nettoyage » qui peuvent être physiques (filtration), chimiques (notamment chloration de l’eau) et/ou biologiques.

traitement en parallèle l.m.

parallel processing

Hypothèse d'une transmission et d'un traitement indépendant de chacune des composantes du stimulus, p. ex. la forme et la couleur, le long des voies visuelles.
Cette hypothèse s'appuie sur les connaissances anatomiques des voies magnocellulaire (M) et parvocellulaire (P) bien individualisées jusqu'au corps géniculé latéral, et physiologiques comme les caractéristiques des champs récepteurs de ces ensembles. Cette hypothèse est confortée par le grand nombre d'aires visuelles corticales et de connexions qui les relient.

traitement en série l.m.

serial processing

Hypothèse d'une transmission et d'un traitement progressif des signaux rétiniens.
Les caractéristiques de l'image seraient extraites les unes après les autres par un traitement séquentiel dans les aires corticales. Cette hypothèse est largement invalidée.

traitement hiérarchique l.m.

hierarchical processing

Hypothèse dun traitement progressif de l'image à partir d'éléments très simples, les champs récepteurs circulaires concentriques, puis les champs récepteurs des cellules simples, puis complexes.
Cette hypothèse a été largement invalidée par la découverte de projections directes du corps géniculé latéral sur les cellules complexes.

traitement immunosuppresseur l.m.

immunosuppressive treatment

Traitement qui consiste à réduire les réponses immunitaires normales ou pathologiques.
Tous les immunosuppresseurs sont dotés d’effets secondaires très puissants qui rendent leur utilisation prudente et délicate 

traitement moral l.m.

moral therapy

Forme de relation thérapeutique symbolisée en France par l'image de Ph. Pinel rompant les chaines des aliénés pendant la Révolution, et inscrite dans un courant qui situait déjà la maladie mentale au centre du problème posé par les rapports entre "physique" et "moral" au sens le plus large.
Précédé notamment par W. Tuke en Grande-Bretagne, Pinel considérait le patient comme un "aliéné" auquel il suffisait bien souvent de "parler avec douceur", de "compatir à ses maux" et aussi de "donner l'espoir consolant d'un sort plus heureux", mais avec une directivité de type pédagogique et au besoin autoritaire.
Au milieu du XIXème siècle, ce type de relation a cédé au profit de règles concernant l'organisation et le travail dans les asiles où ont afflué les patients. Par la suite, la liberté dans la relation a constitué une dimension majeure de la prise en soins.
Plus récemment, H. Baruk a repris cette qualification, en se fondant sur le recherche de la justice et de la charité dans la relation thérapeutique. Il nommera sa méthode "chitamnie", terme hébreux qui traduit la confiance et la foi.

W. Tuke, philanthrope britannique (1732-1822) ; P. Pinel, médecin aliéniste français (1745-1826) ; H. Baruk, psychiatre français, membre de l’Académie de médecine (1945)

traitement obligatoire l.m.

Traitement comportant hospitalisation ou non, imposé dans certaines circonstances par un texte législatif ou réglementaire, à une personne malade considérée comme dangereuse pour elle-même ou pour autrui.
Les textes visent quatre catégories de malades : certains malades mentaux, les personnes atteintes de l’une des quatre maladies vénériennes à déclaration obligatoire, les alcooliques dangereux, les toxicomanes. Dans la pratique, hormis pour certains malades mentaux, aucune hospitalisation ni thérapeutique active n’est imposée à une personne sans son adhésion.

hospitalisation sans consentement

tuberculose pulmonaire chez les sujets infectés par le VIH (traitement de la) l.m.

pulmonary tuberculosis in AIDS patients (treatment)

Traitement antituberculeux des patients infectés par le VIH.
Il est aussi efficace que chez les autres patients tuberculeux.
Dans le cas d'une tuberculose à bacilles sensibles, la quadrithérapie est faite pendant 2 mois, puis l'on passe à une bithérapie et la durée totale du traitement est de 10 mois. Si les cultures de crachats, après 2 mois de traitement, restent positives, il faut poursuivre la quadrithérapie jusqu'à négativation, puis l'on passe à une bithérapie pour les 9 mois suivants.
Si le patient a un chiffre de lymphocytes CD4 inférieur à 200/mm3 et n'est pas déjà traité pour son Sida, il faut toujours commencer par le traitement antituberculeux. Le traitement antirétroviral ne doit pas être instauré avant 15 jours de traitement antituberculeux, mais le mieux est d'attendre 2 mois, lorsque la situation de la tuberculose est stabilisée.
Du fait des interactions médicamenteuses, des adaptations de la posologie des antiviraux et des antituberculeux sont nécessaires. Il faut donc que les décisions soient prises par des spécialistes de ces problèmes.

vasodilatateur (traitement) l.m.

vasodilator treatment

Traitement utilisant la vasodilatation des vaisseaux sanguins pour en augmenter le débit ou en diminuer la pression afin de faciliter le travail du cœur par réduction des pressions de remplissage (précharge) ou de vidange (postcharge) des cavités cardiaques.
De nombreuses molécules aux propriétés très différentes sont regroupées sous cette appellation :
- vasodilatateurs directs artériels (dihydralazine), veineux (dérivés nitrés, molsidomine) ou mixtes (nitroprussiate de Na) ;
- vasodilatateurs anti-ischémiques périphériques (papavérine, dérivés de l'ergot de seigle, vincamine...) ;
- inhibiteurs calciques (nifédipine, vérapamil, diltiazem, etc.) ;
- inhibiteurs de l'enzyme de conversion de l’angiotensine (captopril, énalapril, lisinopril,etc.) ;
- antagonistes des récepteurs de l'angiotensine II (losartan, valsartan, etc.) ;
- inhibiteur de la rénine (aliskiran) ;
- labétalol (alpha et bêta-bloquant à la fois) ;
- prostacycline (iloprost).

vasodilatation, précharge, postcharge,vasodilatateur, dihydralazine, trinitrine, molsidomine, nitroprussiate de sodium, papavérine, ergot de seigle (alcaloïdes de l’), vincamine, inhibiteurs calciques, nifédipine, vérapamil, diltiazem, captopril, énalapril, lisinopril, antagonistes des récepteurs de l’angiotensine II, losartan, valsartan, inhibiteur de la rénine, aliskaran, labétalol, prostacycline, iloprost

[G3, G5, K2, G1]

Édit. 2020

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