Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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antigène spécifique de prostate l.m.

prostatic specific antigen (PSA)

Protéase sécrétée par les cellules épithéliales bordant les acinus prostatiques et les glandes péri-uréthrales, dont le rôle physiologique est la liquéfaction du liquide séminal, et dont le taux sérique est utilisé comme marqueur de l'activité du tissu prostatique normal et pathologique.
Le PSA, protéine d'un poids moléculaire de 33Dd, circule dans le sérum sous plusieurs formes : deux sont complexées, l'une principale liée à l'alpha1-antichymotrypsine, dosable, l'autre liée à l'alpha2 macroglobuline, non détectable et sans pouvoir enzymatique, une troisième forme est libre et dosable. Le PSA est très faiblement exprimé dans d'autres tissus que la prostate : endomètre, sein, sérum féminin, tumeurs du sein et du rein.
Les dosages de PSA s’effectuent par techniques immuno-néphélémètriques. Le dosage du PSA total mesure le PSA complexé avec l’alpha1-antichymotrypsine et le PSA libre. La concentration sérique normale est classiquement de 2,5 à 4 ng/mlL. Le seuil d’alerte augmente toutefois avec l’âge.
D’une manière générale, il existe une corrélation entre la concentration de PSA et le volume du tissu prostatique présent. Tout processus pathologique, tumoral, inflammatoire, infectieux, augmente cette teneur dans des proportions très variables. Par ex. le tissu carcinomateux secrète dix fois plus de PSA à poids égal que l'HBP. Des variétés individuelles sont néanmoins fréquentes. Son taux peut également être altéré par divers agents pharmacologiques et manœuvres urologiques locales.
Le PSA est un marqueur du tissu prostatique mais non de l'adénocarcinome pour lequel sa sensibilité est bonne, mais sa spécificité médiocre. L'on essaie d'affiner la signification des variations de taux de PSA par l'étude de son rapport avec le poids prostatique, sa courbe d'évolution, le rapport de ses différentes fractions. Ainsi, lorsque le PSA total est élevé, une diminution du rapport PSA libre /PSA total est en faveur de l’existence d’un cancer de la prostate.
Le PSA est un marqueur très précieux dans la surveillance de l'évolution des cancers traités. Il est utilisé en immunohistochimie pour la reconnaissance des cellules prostatiques.

→ PSA (densité du), PSA libre, PSA (vélocité du), cancer de la prostate

apoferritine n.f.

apoferritin

Protéine de stockage des ions ferriques dans le foie, la rate ou la muqueuse intestinale des vertébrés.
Sa masse moléculaire est de 445 kDa et elle peut se charger de 4 500 atomes de fer pour constituer la ferritine.

apolipoprotéine (a) n.f.

apolipoprotein (a)

Protéine plasmatique de structure voisine du plasminogène, qui se lie spécifiquement à l'apo B100 des lipoprotéines de basse densité pour former une lipoparticule plus lourde, la lipoprotéine (a), dont la présence dans le plasma chez certains individus constitue un facteur de risque de maladies cardiovasculaires.

Abrév. apo(a)

apolipoprotéine A-I n.f.

apolipoprotein A-I

Protéine de liaison des lipides circulant dans le sang des vertébrés, composant principal des lipoprotéines de haute densité (HDL).
Elle active la lécithine-cholestérol-acyltransférase. Sa masse moléculaire est de 28 kDa et sa concentration plasmatique est normalement voisine de 1,2 g/L. Sa molécule comporte 243 acides aminés. Biosynthétisée dans le foie, d'abord comme une préproapoA-I de 267 acides aminés, qu'une première protéolyse transforme en proapoA-I de 249 acides aminés, clivée ensuite en apoA-I sur laquelle une palmityltransférase fixe un radical palmityle.
Le dosage de l’apolipoprotéine A-I est effectué par immuno-néphélémètrie. Il est fait en complément de l’exploration d’une anomalie lipidique lorsque celle-ci met en évidence une diminution de la concentration sérique en cholestérol-HDL en dessous de 0,77 mmol/L (0,30 g/L ) ou dans l’exploration de certaines dyslipèmies complexes.

Abrév. apoA-I

apolipoprotéine A-II n.f.

apolipoprotein A-II.
Protéine de liaison des lipides circulant dans le sang des vertébrés, un des composants des lipoprotéines de haute densité (HDL).
Dimère de deux chaînes de 77 acides aminés, sa masse moléculaire est de 16,5 kDa et sa concentration plasmatique est normalement de 0,3 à 0,4 g/L.

Abrév. apoA-II

apolipoprotéine A-IV n.f.

apolipoprotein A-IV

Protéine de liaison des lipides circulants dans le sang des Vertébrés, composant mineur des chylomicrons et des lipoprotéines de haute densité (HDL).
Elle est facilement détachable des lipoprotéines et se trouve aussi sans lipides dans le plasma. Sa masse moléculaire est de 46 kDa (393 acides aminés) et sa concentration plasmatique est normalement comprise entre 40 et 160 mg/L.

Abrév. apoA-IV

apolipoprotéine A-V

apolipoprotein A-V

Protéine présente dans les lipoprotéines de très basse densité impliquée dans l’hypertriglycéridémie.

apolipoprotéine B 48 n.f.

apolipoprotein B 48

Protéine synthétisée dans les entérocytes et sécrétée avec les chylomicrons.
Sa structure correspond à la première partie de la chaîne des apoB correspondant à 265 kDa (2 152 acides aminés).
Elle n'est normalement présente dans le plasma que dans la période postprandiale.

Abrév. apoB 48

apolipoprotéine D n.f.

apolipoprotein D

Protéine de liaison des lipides circulants dans le sang des Vertébrés, composant mineur des lipoprotéines de haute et de très haute densité (HDL et VHDL).
Sa masse moléculaire est de 29 kDa (169 acides aminés) et sa concentration plasmatique est normalement de 70 à 120 mg/L.

Abrév. apoD

apolipoprotéine J n.f.

apolipoprotein J

Protéine associée à des lipides circulant dans le sang des vertébrés, composant mineur des lipoprotéines de haute densité (HDL).

Syn. clustérine

apolipoprotéine K n.f.

apolipoprotein K

Protéine associée à des lipides circulant dans le sang des vertébrés, composant mineur des lipoprotéines de haute et de très haute densité (HDL et VHDL), présentant des propriétés estérasiques.

→ para-oxonase

apolipoprotéine S n.f.

apolipoprotein S

Protéine mineure des lipoprotéines de haute et de très haute densité (HDL et VHDL).
Plusieurs polypeptides voisins composés d'environ 80 acides aminés sont trouvés dans les HDL en pathologie. Normalement absentes du plasma, leur synthèse est activée spécifiquement au cours du Syndrome inflammatoire, où les apoS se substituent à l'apoA-I. Elle est aussi induite par les perfusions de glucose.

Abrév. SAA, ou apoS

apoptine n.f.

apoptin

Protéine basique, riche en proline, de masse moléculaire 14 kDa, induisant l'apoptose de cellules malignes.
Elle n'est pas bloquée par Bcl-2 et n’a pas d’effet sur les cellules lymphoïdes normales.

ARN de transfert l.m.

transfer RNA

Acide ribonucléique de petite dimension comportant 70 à 90 nucléotides, impliqué dans l’assemblage séquentiel des acides aminés lors de la Synthèse des protéines au niveau des ribosomes.
Chaque ARNt est spécifique d’un acide aminé donné et contient un triplet de bases complémentaires (anticodon) à un triplet (codon) du RNA messager. Tous les ARNt présentent une extrémité CCA-OH 3' sur laquelle peut être attaché l'acide aminé correspondant, et trois boucles en épingle à cheveux constituant des domaines « doubles brins » ; la deuxième boucle présente à son extrémité un triplet de nucléotides dit « anticodon » complémentaire antisens du codon de l'ARNm sur lequel il se fixe lors de la biosynthèse d'une protéine.
Les ARNt sont Syn.thétisés à partir d'une séquence complémentaire d'ADN par l'action d'une ARN-polymérase III.

Sigle  : ARNt (ou tRNA)

ARN messager mature l.m.

mature messenger RNA

ARN messager obtenu après excision-ligature de l'ARN prémessager : sa séquence est intégralement traductible en une protéine.

Syn. ARN messager définitif

→ exon, intron, traduction

aspartylglucosaminidase n.f.

aspartylglucosaminidase

Enzyme catalysant l'hydrolyse de la liaison amide de l'asparagine liée à une acétylglucosamine (point de branchement des chaînes glycaniques sur une protéine).

Syn. aspartyl-N-acétyl-bêta-D-glucosaminidase, aspartamidase

atrophie multisystématisée l.f

multiple system atrophy

Maladie neurodégénérative rare caractérisée par l'association variable de signes parkinsoniens, cérébelleux, autonomes et pyramidaux.
La maladie débute entre 30 et 50 ans et évolue rapidement avec une durée moyenne de 9 ans. Chez la plupart des patients, elle se manifeste d'abord sous forme d'un syndrome parkinsonien akinéto-rigide et de symptômes autonomes, par exemple des troubles érectiles et urinaires. L'ataxie cérébelleuse peut alternativement dominer le phénotype clinique. Dépendant de la prédominance des symptômes parkinsoniens (P) ou cérébelleux (C), l'AMS est subdivisée entre la forme P (MSA-P) et la forme C (MSA-C). Les symptômes parkinsoniens répondent bien à la thérapie par Levodopa®.
Seule l'autopsie permet de confirmer le diagnostic d'AMS. Des inclusions cytoplasmiques gliales qui contiennent la protéine alpha-synucléine sont retrouvées dans les cerveaux de patients AMS et constituent un signe pathognomique de la maladie.
AMS appartient au groupe des alpha-synucléinopathies au sein duquel on retrouve la démence à corps de Lewy, la maladie de Parkinson et la maladie d'Hallervorden-Spatz, aussi caractérisées par l'accumulation d'alpha-synucléine dans les régions affectées du cerveau.

J. C. Graham et D. R. Oppenheimer, médecins britanniques (1969) ; R. Krüger,  neurologue allemand (2004)

Syn. atrophie multisystémique, dysautonomie dégénérative, AMS, MSA, syndrome de Shy-Drager

Réf. R. Krüger - Orphanet - novembre 2004

→ démence à corps de Lewy, Parkinson (maladie de), Hallervorden-Spatz (maladie de), syndrome de Shy-Drager, atrophie olivopontocérébelleuse, dégénérescence striatonigrique, hypotension orthostatique

atténuateur n.m.

attenuator

Séquence de l’ARN capable de diminuer l’efficacité de la traduction (production de protéine) bactérienne, apparaissant dans certains opérons.

→ atténuation, ARN, opéron

[Q1]

Édit. 2017

atténuation n.f.

attenuation

1) En biologie moléculaire : système de contrôle de la traduction d’un ARN messager consistant en l’interruption prématurée de la biosynthèse protéique en réponse à un métabolite, une protéine ou même à la température.
L’atténuation a lieu en un site appelé « atténuateur » et aboutit à la formation d’ARN messagers incomplets.
2) En microbiologie : diminution, artificiellement provoquée, de la virulence (pouvoir pathogène) d’une bactérie ou d’un virus, permettant par exemple d’utiliser la souche ainsi traitée comme vaccin.

→ vaccin vivant atténué, ARN messager, opéron

[D1, Q1]

Édit. 2019

autotaxine n.f.

autotaxin

Protéine transmembranaire de la famille des phospho-diestérases/nucléotide-pyrophosphatases (PDNPases), dont une forme soluble stimule la motilité des cellules tumorales.
On en trouve une forme soluble dans le sérum sanguin, qui constitue un marqueur de cancer du foie. Elle comporte deux domaines somatomédine B (comme la vitronectine) et un site RGD (Arg-Gly-Asp) d’attachement aux intégrines.

avidine n.f.

avidin

Protéine du blanc d'œuf, de masse moléculaire 45 ou 68 kDa, qui a la propriété de fixer la biotine et de la rendre inapte aux réactions enzymatiques dans lesquelles elle intervient.
Elle est utilisée dans certaines techniques histochimiques pour fixer sur un support les macromolécules (protéines ou acides nucléiques) sur lesquelles a été attachée une molécule de biotine ; c'est généralement une avidine d'origine microbienne, synthétisée par Streptomyces avidinii, la streptavidine, qui est utilisée en pratique.

BCR sigle angl. pour B Cell Receptor

Protéine transmembranaire réceptrice d'antigène, localisée à la surface de la membrane plasmique des lymphocytes B.
Le BCR est constitué par des immunoglobulines membranaires possédant la même chaîne légère et le même domaine VH que la chaîne lourde.
Les lymphocytes B naïfs, avant immunisation, expriment des IgM et IgD membranaires. Après immunisation, les lymphocytes B à mémoire expriment des immunoglobulines membranaires de différentes classes et sous-classes.
L’activation d’un lymphocyte B par sa rencontre avec un antigène qui s'attache à ses récepteurs, entraîne sa prolifération et sa différenciation en plasmocytes et cellules mémoires.

→ leucémie lymphoïde chronique (thérapeutique ciblée de la),

Édit. 2017

bêta-hydroxy-bêta–méthylglutaryl-CoA-réductase n.f.

β-hydroxy-β-methylglutaryl-coenzymeA-reductase (HMG-CoA-reductase)

Enzyme catalysant la réduction du β-hydroxy-β-méthylglutaryl-coenzyme A en acide mévaldique par le NADPH (nicotinamide-adénine-dinucléotide-phosphate hydrogéné).
Cette enzyme, présente dans le réticulum endoplasmique, joue le rôle d'enzyme clé dans la biosynthèse des composés isopréniques et des stérols ; le cholestérol et ses dérivés oxydés sont des rétro-inhibiteurs.
Le jeûne et le diabète diminuent l'activité de cette enzyme. Il est inhibé par phosphorylation par une protéine-kinase dépendant de l'ADP ou de l'AMP, kinase qui inactive par ailleurs une enzyme de la voie de biosynthèse des acides gras, l'acétyl-CoA-carboxylase. Plusieurs types d'inhibiteurs de l'HMG-CoA-réductase sont utilisés en thérapeutique antihypercholestérolémique ou antitumorale.

→ acide mévaldique, nicotinamide-adénine-dinucléotide-phosphate hydrogéné, isoprène, stérol, acétyl-CoA-carboxylase

[C1]

Édit. 2020

biotine n.f.

biotin

Nutriment indispensable à la vie de la plupart des animaux, cofacteur de nombreuses carboxylases.
La biosynthèse de la biotine est faite par les végétaux et les micro-organismes. Une ligase spécifique lie la biotine avec une lysine de l'apocarboxylase (biocytine), ce qui permet l'activation de l'enzyme. La biotine est un ligand spécifique d'une protéine du blanc d'œuf, l'avidine ; cette propriété est mise à profit pour le dosage de molécules marquées par un résidu de biotine.

Syn. vitamine B8, parfois appelée aussi vitamine H

→ streptavidine

[C1]

Édit. 2020

biotinyl-enzyme n.f.

biotinyl enzyme

Enzyme dont le cofacteur est la biotine, liée par une liaison amide sur la protéine enzymatique.
On connaît de nombreux enzymes de ce type parmi les carboxylases, transcarboxylases, décarboxylases ; la biotine pouvant fixer un reste carboxyle.

→ biotine

Édit. 2017

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