dommages dus à la ventilation mécanique l.m.p.
mechanical ventilation (damages caused by the)
→ ventilation mécanique (dommages dus à la)
ventilation mécanique (dommages dus à la) l.m.p.
mechanical ventilation (damages caused by the)
Dommages qui résultent des grands volumes courants et des fortes pressions d'insufflation en ventilation artificielle assurée par un respirateur.
Le système poumon-cage thoracique du patient subit les oscillations forcées que lui impose le respirateur quelle que soit sa fréquence. Il y a donc lieu de considérer l'énergie fournie par le respirateur et dissipée dans les poumons, énergie qui dépend de la résistance des voies aériennes, de la compliance pulmonaire et de l'inertie des masses en mouvement (notamment celle de l'air) qui constituent l'impédance ventilatoire. Celle-ci est minimale pour la fréquence propre de la mécanique ventilatoire qui est de l'ordre de 90 mvt./min chez l'adulte normal et plus élevée chez l'enfant : l'énergie dissipée dans les poumons est minimale pour cette fréquence et par conséquent les dommages causés par la ventilation artificielle (barotraumatismes) sont alors minimaux. La respiration artificielle au voisinage de la fréquence propre est donc particulièrement indiquée pour la ventilation des poumons fragiles.
L'énergie dissipée par cycle respiratoire est proportionnelle au produit : volume courant x pression d'insufflation.
Comme la compliance, c, est sensiblement constante pour les petits volumes autour de la position d'équilibre, (V = c. P), l'énergie par cycle est proportionnelle au produit : (pression d'insufflation)2 .c ou à celui équivalent (volume courant)2 / c. Ces formules montrent que la pression génératrice de barotraumatismes est rapidement dangereuse quand la pression ou le volume courant deviennent trop forts.
On peut assimiler l'énergie dissipée dans les poumons à un toxique inhalé dont la concentration serait équivalente à la puissance dissipée (puissance = énergie x fréquence). Cette puissance suit donc la loi de Haber : il y a un seuil au-dessous duquel il n'y a pas de dommage, la respiration physiologique le prouve, au-dessus du seuil les dommages croissent comme le carré du volume insufflé, de plus la pression d'insufflation (proportionnelle au volume insufflé), comprime les vaisseaux pulmonaires et retentit sur le travail du cœur, ainsi les dommages ne sont pas limités aux poumons, ils peuvent intéresser le cœur droit, en réduisant le débit de retour des veines pulmonaires et par là retentir sur tout l'organisme. C'est pourquoi il faut réduire le volume de chaque insufflation et éviter que l'on se place sur la portion inspiratoire non linéaire de la courbe de compliance.
Mais pour que la ventilation soit efficace il faut que le volume courant reste supérieur au volume de l'espace mort, toutefois, à ventilation alvéolaire égale, on réduit quand même de moitié environ le volume courant à la fréquence propre et par conséquent, à impédance constante, l'énergie dommageable peut être réduite au quart. Comme l'impédance est minimale à la fréquence propre, la réduction d'énergie nocive est beaucoup plus faible encore. On peut encore réduire l'impédance en utilisant les mélanges à l'hélium, ce qui élève la fréquence propre par réduction de la densité du mélange gazeux. Enfin l'injection de l'air insufflé par une sonde au voisinage de la carène réduit considérablement l'espace mort et permet donc de réduire le volume courant d'autant. Toutes ces améliorations permettent une ventilation mécanique efficace de poumons très fragiles.
Étym. lat. ventilatio : aération (terme d'architecture), repris par Gréhant (1860) en physiologie
→ ventilation artificielle, respirateur, compliance pulmonaire, barotraumatisme, Haber (loi de), espace mort, fréquence propre, impédance, ventilation à haute fréquence par oscillation, ventilation x fréquence (diagramme)
scintigraphie pulmonaire par ventilation l.f.
pulmonary ventilation scintigraphy
Scintigraphie obtenue après inhalation soit d'un gaz radioactif (133xénon ou 81mkrypton), soit d'un aérosol (microgouttelettes ou grains de poussière ultrafins marqués en général au 99m technétium).
La scintigraphie par ventilation est en général couplée à la scintigraphie par perfusion pulmonaire. En effet, la dissociation entre une altération localisée de la perfusion et un aspect normal de la ventilation est très caractéristique d'une embolie pulmonaire.
Étym. lat. scintilla : étoile ; gr. graphein : écrire
→ scintigraphie, technétium, aérosol marqué
ventilation artificielle à haute fréquence par oscillations l.f.
high frequency oscillation ventilation
Ventilation comprise entre 300 et 3 000 mouvements par minute.
On distigue, très arbitrairement, la ventilation mécanique en pression positive, à fréquence élevée (60 à 100 mvt/min), la jet ventilation (100 à 200 mvt/min) et la ventilation par oscillation (300 à 3 000 mvt/min). Ce dernier mode de ventilation est surtout utilisé chez le jeune enfant.
En fait toutes les ventilations, naturelles ou artificielles, se font par oscillations et celles à haute fréquence utilisent des artifices pour réduire l'espace mort afin de permettre des volumes courants très réduits (ventilation en pression positive : 3 à 5 mL/kg) ; jet ventilation (2 à 5 mL/kg) ; ventilation par haute fréquence (1 à 3 mL/kg).
Étym. lat. ventilatio : aération (terme d'architecture), repris par Gréhant (1860) en physiologie
→ jet ventilation, volume courant
ventilation par bouche à bouche l.f.
mouth to mouth ventilation
Procédé de ventilation artificielle le plus simple, toujours appliquable en urgence: le sauveteur insuffle directement son air expiré dans la bouche de la victime.
C'est la seule méthode utilisable par un sauveteur en mer. Pour être efficace le sauveteur doit pincer les narines de la victime afin que l'air insufflé ne ressorte pas par le nez. Chez le jeune enfant la bouche du sauveteur peut recouvrir le nez et la bouche. Une position défléchie de la tête en arrière est très importante pour maintenir la glotte ouverte, sinon l'air insufflé va dans l'estomac.
Comme l'air insufflé est plus riche en oxygène au début de l'insufflation (il provient de l'espace mort), il y a avantage à utiliser une fréquence rapide (20 à 25 /min). Des canules spéciales (formées par deux canules de Guedel juxtaposées, une dans la bouche du sauveteur, l'autre dans celle de la victime) permettent d'augmenter l'espace mort et d'éviter les risques de contamination du sauveteur lors d'un bouche-à-bouche direct.
A.E. Guedel, anesthésiologiste américain (1883-1956)
Étym. lat. ventilatio : aération (terme d'architecture), repris par Gréhant (1860) en physiologie
ventilation par haute fréquence l.f.
ventilation by high frequency
→ ventilation à haute fréquence par oscillations
dilatations des bronches (causes des) l.f.p.
bronchiectasis etiology
Affection habituellement acquise et parfois congénitale.
Les formes congénitales correspondent à des formes diffuses qu'elles soient observées au cours d'une mucoviscidose, d'une polykystose rénale, d'un déficit immunitaire humorale ou cellulaire, ou d'un syndrome du cil immobile.
Les formes acquises secondaires sont localisées ou diffuses.
Les formes diffuses sont le plus souvent la conséquence d'une bronchopneumopathie sévère de l'enfance, telle une coqueluche, une rougeole, surtout une infection à virus respiratoire syncytial ou à adénovirus.
Les bronchectasies localisées sont des séquelles d'une sténose bronchique par traumatisme, corps étranger, tuberculose, ou de lésions infectieuses telles qu'abcès, mycoses, aspergilloses bronchiques.
Les dilatations des bronches doivent être distinguées de la bronchite chronique où l'inflammation des bronches ne s'accompagne pas de dilatations
hyperéosinophilie sanguine (causes des) l.f.p.
Les causes d’hyperéosinophilie sont multiples et se répartissent en formes secondaires et primitives.
On différencie les éosinophilies secondaires à une stimulation cytokinique (notamment via l’IL-5) des éosinophilies primaires. Il existe des formes rares d’éosinophilie familiale.
Les éosinophilies secondaires ou réactionnelles sont de loin les plus fréquentes et représenteraient plus de 95% des cas. Elles sont induites par une stimulation des lymphocytes TH2 (parasitose, allergie…) ou par l’activation d’autres cellules immunitaires, dont les mastocytes. Elles peuvent également être paranéoplasiques en raison de la production de cytokines par les cellules lymphomateuses ou cancéreuses.
Le tableau détaille les causes principales d’éosinophilie sanguine dans les pays occidentaux :
→ hyperéosinophilie sanguine, hyperéosinophilies sanguines secondaires, hyperéosinophilies sanguines primaires, hyperéosinophile sanguine idiopathique, hyperéosinophilie de signification indéterminée, hyperéosinophile sanguine (variante lymphocytique), éosinophilie familiale, cytokine, éosinophilie familiale, mastocyte, syndrome paranéoplasique
hypoxie (causes de l') l.f.p.
aetiology of the hypoxia
Les principale cause d'hypoxie sont les pneumopathies, les cardiopathies cyanogènes, les troubles ischémiques cérébraux et périphériques, les accidents par atmosphère viciée (incendie, etc.), l'inhalation de mélanges pauvres en oxygène et la vie en altitude.
L'hypoxie peut être la conséquence de l'hypoxémie, ou d'une ischémie par obstruction vasculaire liée à l'artériosclérose, à une thrombose ou à une compression, d'une diminution de la diffusion de l'oxygène dans le tissu, d'une oxygénation incomplète du sang par insuffisance cardiorespiratoire, d'une diminution de la capacité de transport de l'oxygène du sang en cas d'anémie ou d'intoxication par l'oxyde de carbone ou encore d'un exercice musculaire intense, entrainant une glycolyse lactacidogène
En suivant le passage de l'oxygène de l'air ambiant jusqu'à l'intérieur des cellules, on peut distinguer des causes exogènes ou endogènes d'hypoxie, chacune correspond à un aspect clinique un peu différent.
Dans cette énumération, à partir de l'hypoxie ischémique on n'observe pas de cyanose car il n'y a pas d'hypoxémie.
Hypoxie exogène : manque d'oxygène dans l'air inspiré (respiration en altitude, inhalation de mélanges pauvres en O2 ou n'en contenant pas du tout (gaz inertes), par ex. en anesthésie, l'inhalation d'oxyde nitreux pur (erreur humaine, appareillage défectueux). Au-dessus de 2 500 m d'altitude environ on commence à voir des signes nets d'hypoxie, au-dessus de 8 à 9 000 m il est impossible de survivre sans un apport d'O2.
Hypoxies endogènes générales, entraînant une hypoxémie artérielle :
- par consommation excessive d'oxygène, se voit la plupart du temps au cours d'exercices physiques exténuants, de l'agitation et de l'état de mal convulsif ou d'une hyperthermie grave et prolongée ;
- par oligopnée centrale : traumatisme du bulbe, action sur le centre respiratoire des anesthésiques généraux ou intoxication ;
- par insuffisance de la mécanique ventilatoire : curarisation, traumatisme du thorax, obstruction des voies aériennes ;
- par trouble de la distribution intrapulmonaire de l'air : p. ex. respiration paradoxale du volet thoracique ;
- par trouble de la diffusion alvéolocapillaire : lésion de la paroi alvéolaire par des gaz ou des vapeurs toxiques, œdème aigu du poumon ;
- par contamination veineuse : court-circuit de la circulation pulmonaire ;
- par anémie par manque d'hémoglobine (anémie, hémorragie) ;
- par hémotoxicité : par diminution de l'affinité ou destruction de l'hémoglobine (hypothermie, hémolyse, oxyde de carbone, substances méthémoglobinisantes).
Hypoxies endogènes locales (n'entrainant pas d'hypoxémie artérielle) :
- de stase : par insuffisance cardiaque ralentissant le retour veineux dans de larges secteurs ou par compression partielle des veines d'un territoire ;
- ischémique : obstruction artérielle plus ou moins complète (embolie, compression) ;
- par trouble de la distribution capillaire (fermeture des sphincters précapillaires au cours du choc) ;
- par œdème tissulaire entravant la diffusion extracellulaire ;
- histotoxique par blocage des chaines d'enzymes respiratoires (acide cyanhydrique, etc.). Il est classique de parler d'hypoxie dans ces intoxications bien qu'il s'agisse en réalité d'un défaut d'utilisation de l'oxygène au niveau des cellules.
Le traitement de l'hypoxie est essentiellement étiologique. L'inhalation de O2 n'est que palliative, elle ne corrige pas toutes les hypoxies, mais elle fait gagner du temps et réduit les complications ultérieures.
→ acidose lactique, choc (physiopathologie du), défaillance multiviscérale (syndrome de), hypoxie, respiration
[G1,G2,H1,K1,K2,K4]
Édit. 2017/1
infections respiratoires chez l'immuno
- la sémiologie clinique et radiologique,
- l'examen de l'expectoration à la recherche de légionnelles, mycobactéries, aspergillus, etc.,
- le lavage broncho-alvéolaire et les prélèvements distaux protégés, méthodes de choix pour les recherches bactériologiques.
Les principales infections respiratoires opportunistes sont pour :
- les parasitoses : la pneumocystose, la toxoplasmose, l'anguillulose, plus rarement la leishmaniose et la cryptosporidiose,
- les mycoses : l'aspergillose, la mucormycose, les candidoses, la cryptococcose,
- les infections virales : le cytomégalovirus, les virus herpès zoostères et simplex, les virus de la grippe, le virus syncytial respiratoire.
- les infections bactériennes, les plus fréquentes : les pneumococcies, les bacilles gram—, les légionnelloses, la nocardiose, le rhodococcus.
- la tuberculose et certaines mycobactérioses atypiques (M. avium-intracellulare, M. xenopi, M. kansasii).
Étym. lat. infectio : teinture, souillure, déverbal d'inficere : imprégner
→ sida
maladies virales respiratoires aigües des voies aériennes inférieures (causes des) l.f.p.
viral disease of lower respiratoiry tract (etiology)
Les maladies respiratoires aigües sont d'origine virale dans près de 2/3 des cas.
Elles appartiennent à 8 genres différents représentant plus de 200 virus anti
Ces virus sont :
- des rhinovirus,
- des coronarovirus,
- le virus respiratoire syncytial,
- le virus para-influenzae,
- des adénovirus,
- les virus influenzae A et B,
- des entérovirus,
→ pneumonies et bronchopneumonies virales
pneumopathies d'hypersensibilité des professions agricoles (causes des) l.f.p.
Type de pneumopathies provoquées par des agents fongiques ou des protéines déclenchant des réactions d'hypersensibilité.
Le poumon du fermier est lié au foin moisi contenant des actinomycètes thermophiles.
Il en est de même pour le poumon du grainetier lié à des graines moisies, pour la bagassose liée aux résidus de canne à sucre contenant des actinomycètes thermophiles. La maladie des champignonnistes liée au compost a pour étiologie les actinomycètes thermophiles et des agents fongiques.
Les agents fongiques sont en cause dans la maladie des fromagers (moisissures des fromages), la maladie des travailleurs du bois, la subérose, la séquoïose, la maladie des vignerons, le poumon des ouvriers du paprika.
Enfin la maladie des éleveurs d'oiseaux est due aux protéines des déjections aviaires.
→ éleveurs d'oiseaux (maladie des), poumon du fermier, alvéolite
diagramme ventilation x fréquence l.m.
ventilation x frequency diagram
→ ventilation x fréquence (diagramme)
jet ventilation l. angl.f.
Ventilation artificielle par jets pulsés, injectés directement dans la trachée avec une fréquence généralement élevée.
L'appareil, un tronçonneur de débit, fonctionne en principe à une fréquence ventilatoire de 80 à 150 par minute (HFJV : high frequency jet ventilation), c'est-à-dire au voisinage de la fréquence propre de la ventilation chez l'adulte, ce qui limite les barotraumatismes, laisse les poumons presque immobiles et évite la curarisation. Ce type de ventilation peut aussi se faire manuellement à une fréquence plus basse et, dans ce cas, on se rapproche d'une fréquence ventilatoire normale (mais le thorax n'est pas immobile). Chez l'enfant, compte tenu de la loi de similitude (la fréquence est inversement proportionnelle à la taille), il faut utiliser des fréquences plus élevées. Le mélange respiratoire est injecté par une petite sonde qu'on glisse dans la trachée un peu au-dessus de la carène, des sondes d'intubation spéciale avec un canal pour l'insufflation sont aussi utilisées. Primitivement, Sanders utilisait une aiguille rigide coudée dont il plaçait le bec dans l'axe se la trachée. Il faut installer cette petite sonde à l'intérieur d'une assez grosse sonde d'intubation pour assurer l'expiration sans risque de surpression pulmonaire dangereuse que le rétrécissement glottique risque d'entrainer.
R. D. Sanders, médecin anesthésiste américain (1967)
→ fréquence propre, similitude biologique, ventilation artificielle, ventilation à haute fréquence par oscillations
méthodes de ventilation artificielle l.f.p.
artificial ventilation (methods of)
Étym. lat. ventilatio : aération (terme d'architec
→ ventilation artificielle (méthodes de)
ventilation n.f.
Partie de la respiration qui concerne qualitativement le renouvellement de l'air dans les poumons et, quantitativement, le débit global d'air assurant ce renouvellement.
1) Chez le sujet normal, les mouvements ventilatoires sont périodiques à une fréquence f. Chaque mouvement déplace un volume courant VT.
Ces mouvements produisent un renouvellement d'air ou ventilation, V' = f. VT, qu'on exprime en général en litres par minute, aux conditions alvéolaires.
La ventilation se mesure à l'aide d'un spiromètre.
En clinique, l'observation en respiration spontanée de l'expansion thoracique, forte ou faible, et de sa fréquence, rapide ou lente, permettent d'apprécier si la ventilation est normale. Une ventilation irrégulière avec des pauses est une oligopnée (ex. rythme de Cheyne-Stokes), une respiration forte, ample et régulière est une polypnée ou une hyperpnée.
2) En hygiène, la ventilation des locaux est un des moyens de lutte contre les infections liées à l’environnement dans lequel séjournent les malades.
L. Gréhant, physiologiste français, membre de l’Académie de médecine (1838-1910) ; J. Cheyne, médecin écossais (1818) et W. Stokes, médecin irlandais (1854)
Étym. lat. ventilatio : aération (terme d'architecture), repris par Gréhant (1860) en physiologie
→ respiration, oligopnée, Cheyne-Stokes (respiration de), polypnée, hyperpnée, alvéolaires (conditions), hypercapnie, polypnée, oligopnée, spiromètre, ventilation x fréquence (diagramme), volume courant
ventilation alvéolaire l.f.
alveolar ventilation
Débit d’air qui assure le renouvellement de l’air alvéolaire.
Tout l’air d’un volume courant ne va pas jusqu’aux alvéoles, une partie reste dans l’espace mort sans prendre part aux échanges respiratoires. La différence entre le volume courant VT et le volume mort VD, représente le volume d’air VA, qui assure le renouvellement effectif de l’air alvéolaire : VT=VA+VD.
En terme de ventilation, la ventilation globale est la somme de la ventilation alvéolaire VA+f. VA et de la ventilation de l’espace mort, f.VD, soit V’=V’A+f.VD.
On calcule la ventilation alvéolaire à partir du rejet de l’anhydride carbonique, V’CO2 et de sa pression partielle dans le sang artériel, PaCO2, en utilisant l’hypothèse d’Enghoff (la pression partielle du CO2 dans les alvéoles est égale à celle dans les artères) et la formule de Rossier (la concentration alvéolaire du CO2 est égale au quotient du rejet de CO2 par la ventilation alvéolaire) soit avec B, la pression barométrique et en exprimant les débits V’A et V’CO2 aux conditions alvéolaires :
V’A=B. V’CO2 /PaCO2.
Si les centres respiratoires ne sont pas déprimés par un médicament ou un toxique, la ventilation alvéolaire est maintenue stable par les centres respiratoires bulbaires qui stabilisent la PaCO2.
P. H. Rossier, médecin interniste suisse (1954) ; L. Gréhant, physiologiste françai, membre de l’Académie de médecine s (1838-1910)
Étym. lat. ventilatio : aération (terme d'architecture), repris par Gréhant (1860) en physiologie
Symb. V’A
→ gaz alvéolaire, espace mort, respiratoire (centre), ventilation x fréquence (diagramme), Enghoff (hypothèse d'), formule de Rossier
ventilation artificielle l.f.
artificial ventilation
Ventilation mise en œuvre lorsqu'un patient ne respire plus ou que sa ventilation est insuffisante.
On utilise en premier secours des ressuscitateurs, appareils manuels ou pneumatiques simples.
Au cours du transport à l'hôpital ou en clinique on utilise des ventilateurs à alimentation électrique ou pneumatique.
| ventilation artificielle : abréviations usuelles | ||||
| Français | anglais | |||
| VC | Ventilation Contrôlée | Controlled Ventilation | CV | |
| VAC | Ventilation Assistée-Contrôlée | Assisted Controlled Ventilation | ACV | |
| VCI | Ventilation Contrôlée Intermittente | Intermittent Mandatory Ventilation | IMV | |
| VACI | Ventilation Assistée- Contrôlée Intermittente | Synchronized Intermittent Mandatory Ventilation | SIMV | |
| VPC | Ventilation en Pression Contrôlée | Pressure-Controlled Ventilation | PCV | |
| Ventilation en Pression Contrôlée | Pressure-Controlled Inverse Ratio | PCIRV | ||
| avec rapport I/E supérieur à 1 | Ventilation | |||
| AI | ventilation avec Aide Inspiratoire | Pressure Support Ventilation | PSV | |
| VS | Ventilation Spontanée | Spontaneous Ventilation | SV | |
| VS-PEP | Ventilation Spontanée avec Pression Expiratoire Positive | Continuous Positive Airway Pressure | CPAP | |
| PEP | Pression Expiratoire Positive | Positive End Expiratory Pressure | PEEP | |
| ventilation à haute fréquence par jet | High-Frequency Jet Ventilation | HFJV | ||
| ventilation à haute fréquence par oscillations | High-Frequency Oscillation | HFO | ||
| ventilation à haute fréquence en pression positive | High-Frequency Positive Pressure Ventilation | HFPPV | ||
| ventilation à deux niveaux de pression expiratoire positive | BIphasic Positive Pressure ventilation | BIPAP | ||
| ventilation avec soupape de sécurité en pression | Airway Pressure Release Ventilation | APRV | ||
Étym. lat. ventilatio : aération (terme d'architecture), repris par Gréhant (1860) en physiologie
→ ressucitateur, respirateur, ventilation artificielle (méthodes de), ventilation artificielle (réglage de la), ventilation artificielle : abréviations usuelles, ventilation assistée, ventilation assistée contrôlée intermittente, ventilation avec pression positive expiratoire, ventilation contrôlée, ventilation contrôlée intermittente, ventilation en pression assistée
ventilation artificielle (méthodes de) l.f.p.
artificial ventilation (methods of)
Ventilation mise en œuvre lorsqu'un patient ne respire plus ou si sa ventilation est insuffisante.
Il est possible de faire face à la situation par diverses méthodes de ventilation artificielle que l'on peut classer schématiquement en méthodes externes ou internes (par insufflation).
En premier secours on n'utilise plus d'appareils mécaniques à action externe : on emploie en général des ressuscitateurs (appareils autonomes simples, manuels ou pneumatiques).
En clinique (à l'hôpital, à domicile ou en cours de transport), on utilise des respirateurs (ventilateurs) à alimentation électrique ou pneumatique.
Le tableau ci-dessous résume les diverses méthodes de ventilation artificielle classiques qui ont été proposées. Une * marque celles qui ont des indications spéciales, ** marquent celles qui sont peu efficaces ou ont des indications très restreintes et *** celles qui sont pratiquement abandonnées. Actuellement, les respirateurs simples so
nt de plus en plus remplacés par des appareils polyvalents qui, grâce au déclencheur et à des programmateurs, permettent d'assurer de nombreux modes de ventilation.
| ventilation artificielle (méthodes de) | |||
| méthodes externes | |||
| manuelles | victime couchée sur le dos*** victime couchée sur le ventre*** | SilvesterNielsen | |
| par balancement | brancard basculant** | Eve | |
| lit basculant* | |||
| par compression abdominale | ceinture pneumatique*** | ||
| par compression thoracique | appareil de Cot*** | ||
| par dépression sur le thorax | cuirasse thoracique*** | ||
| par dépression sur le thorax et l'abdomen | cuirasse thoracoabdominale** | ||
| par dépression sur tout le corps (sauf la tête) | poumon d'acier* | ||
| méthodes électriques par excitation des nerfs phréniques** | |||
| méthodes internes (par insufflation) | |||
| - en premiers secours : méthodes orales : | bouche à bouche, bouche à nez | ||
| ressuscitateurs manuels : | ballons autogonflables ou soufflets pneumatiques | ||
| ressuscitateurs pneumatiques : | découpeurs de flux | ||
| semiautomatiques | |||
| à fréquence fixe | |||
| relaxateurs de pression* , relaxateurs de volume** | |||
| mécaniques à alimentation électrique** | |||
| - en cours de transport : * | |||
| ressuscitateurs (en secours) manuels : | ballons autogonflables ou soufflets | ||
| respirateurs pneumatiques : | découpeurs de flux | ||
| relaxateurs de pression** | |||
| relaxateurs de volume** | |||
| - en clinique ressuscitateurs mécaniques à alimentation électrique*respirateurs mécaniques à alimentation électrique ou pneumatiquerespirateurs à haute fréquence* | |||
| ressuscitateurs (en secours) manuels : | ballons autogonflables ou soufflets | ||
| respirateurs pneumatiques : | découpeurs de flux | ||
| relaxateurs de pression** | |||
| relaxateurs de volume** | |||
| - en clinique ressuscitateurs mécaniques à alimentation électrique*respirateurs mécaniques à alimentation électrique ou pneumatiquerespirateurs à haute fréquence* | |||
Étym. lat. ventilatio : aération (terme d'architec
→ ventilation artificielle, ressucitateur, respirateur, ventilation artificielle (dommages causés par la), ventilation artificielle : abréviations usuelles
ventilation artificielle (réglage de la) l.m.
artificial breathing adjustement
Réglage qui doit être fait sur les volumes (volume courant, ventilation) et sur la pression de fin d'insufflation.
La ventilation artificielle doit être quantita
Réglage quantitatif : la ventilation (V', en litres par minute) du respirateur doit assurer la demande ventilatoire. Si les centres respiratoires fonctionnent normalement on peut s'assurer que cette demande est satisfaite par une épreuve d'apnée. Si les centres respiratoires sont déprimés soit par la maladie, soit sous l'effet de médicaments il faut se substituer au mécanisme naturel en ajustant au mieux l'équilibre des gaz du sang compte tenu de la pathologie (l'équilibre sur les valeurs normales ne convient pas dans beaucoup de situations).
Réglage qualitatif : les trop grands volumes courants insufflés peuvent être source de barotraumatismes. Le réglage doit toujours être fait sur un volume courant, VT, n'exigeant pas une pression trop élevée.
En ventilation contrôlée, on calcule la fréquence, du réglage du volume courant (en tenant compte du volume mort) et de celui de la ventilation :
Étym. lat. ventilatio : aération (terme d'architec
→ ventilation artificielle,barotraumatisme, débranchement (épreuve de), volume mort, ventilation, ventilation (dommages causés par la), ventilation x fréquence (diagramme), volotraumatisme
ventilation assistée l.f.
assisted ventilation
Mode de ventilation artificielle consistant à laisser le patient respirer spontanément, en se contentant de compléter l'inspiration de manière à apporter l'appoint de ventilation jugé nécessaire.
En anesthésie ce mode de ventilation se fait très simplement en appuyant à la main sur le ballon pour accompagner le mouvement inspiratoire. En réanimation les respirateurs mécaniques munis d'un déclencheur détectent le mouvement inspiratoire du patient et insufflent une quantité d'air supplémentaire qui peut être prédéterminée. Les relaxateurs de pression fonctionnent naturellement sur ce mode de ventilation mais ils ne contrôlent pas le volume insufflé.
La ventilation assistée est le bon mode de ventilation artificielle avant le sevrage du respirateur car il oblige le centre respiratoire à fonctionner à chaque cycle respiratoire.
Étym. lat. ventilatio : aération (terme d'architec
→ ventilation artificielle, trigger
ventilation assistée contrôlée intermittente l.f.
synchronized intermittent mandatory ventilation
Ventilation contrôlée dans laquelle les cycles respiratoires ne sont déclenchés qu'en présence d'une caractéristique spécifique de la respiration spontanée du malade, si, p. ex. le débit expiratoire tombe au-dessous d'une limite donnée.
Ce mode de ventilation est particulièrement intéressant pour faciliter le sevrage.
Étym. lat. ventilatio : aération (terme d'architecture), repris par Gréhant (1860) en physiologie
→ ventilation artificielle, sevrage, ventilation contrôlée, ventilation assistée
ventilation avec pression positive expiratoire l.f.
ventilation with positive expiratory pressure
Condition de ventilation dans laquelle la pression des voies aériennes d'un patient respirant sponta
La ventilation avec pression positive expiratoire se fait en maintenant une pression permanente dans le dispositif ventilatoire plutôt que par une simple résistance ou une soupape tarée à l'expiration.
Ce mode de ventilation est le contraire de la ventilation assistée qui laisse la pression expiratoire retourner à la pression ambiante. Il est intéressant en respiration spontanée avec un masque nasal, notamment pour le traitement des bronchopathies et des apnées du sommeil. Il peut aussi se faire par règlage d'un ventilateur mécanique notamment pour combattre un œdème pulmonaire. Il a l'inconvénient d'augmenter la pression veineuse et par là la pression intracérébrale.
Étym. lat. ventilatio : aération (terme d'architecture), repris par Gréhant (1860) en physiologie
→ ventilation artificielle, ventilation assistée, ventilation en pression assistée, CPAP
ventilation contrôlée l.f.
controlled ventilation, mandatory ventilation
Mode de ventilation artificielle consistant à prendre entièrement en main la ventilation, les centres respiratoires étant mis au repos (ils sont «en apnée»).
Ce mode qui impose de régler la grandeur de la ventilation suppose qu'on satisfasse à la demande ventilatoire du patient. Si cette demande n'est pas satisfaite (ventilation insuffisante) les centres respiratoires réagissent et déclenchent des mouvements inspiratoires incoordonnés avec les insufflations : il y a «lutte» contre le respirateur.
Les respirateurs modernes perfectionnés comportent des programmes permettant à l'appareil de s'adapter automatiquement à la demande ventilatoire.
Ce mode de ventilation s'impose quand les centres respiratoires sont déprimés (notamment au cours de l'anesthésie générale ou chez les patients comateux), mais il a l'inconvénient d'installer une certaine hyperventilation génératrice d'hypo
Avant d'arrêter une ventilation contrôlée il faut toujours passer en ventilation assistée ou du moins en ventilation contrôlée intermittente ou encore en ventilation imposée variable : on assure ainsi le sevrage dans de meilleures conditions qu'en faisant des essais de débranchement du ventilateur pendant un certain temps sous prétexte «d'entraîner le patient à respirer seul». Il y a là un risque non négligeable d'accident par oligopnée entraînant une hypoxie : le débranchement intempestif du respirateur peut entraîner un arrêt cardiaque.
Étym. lat. ventilatio : aération (terme d'architecture), repris par Gréhant (1860) en physiologie
→ ventilation artificielle, demande ventilatoire, ventilation assistée, ventilation assistée contrôlée intermittente, ventilation imposée variable
ventilation contrôlée intermittente l.f.
intermittent mandatory ventilation (IMV)
Combinaison de la respiration spontanée et de cycles respiratoires périodiquement engendrés par un respirateur.
Ce mode de ventilation est intéressant pour préparer le sevrage du respirateur en diminuant progressivement le réglage de la ventilation.
Étym. lat. ventilatio : aération (terme d'architecture), repris par Gréhant (1860) en physiologie